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 ~| Un contrat alambiqué |~

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Kawakami Gensai
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MessageSujet: ~| Un contrat alambiqué |~   Mer 11 Mai 2011, 16:13

Gensai Kawakami luttait pour ne pas laisser son aura déborder de son enveloppe. Son rythme cardiaque était anormalement élevé, toute proportion gardée, et risquait de le trahir à tout moment. C'était un de ces moments difficiles dans la vie d'un assassin qui ne laissait plus la place à aucune sorte d'erreur, sous peine de se faire chassé et abattre sur le champ. Ce contrat, décidément, lui causait bien du souci...


Cela avait commencé dès la réception du parchemin, apporté par un aigle différent de celui habituellement envoyé chez lui. Un oiseau de mauvais augure, qui portait entre ses serres un contrat du même acabit. Gensai attendait pourtant impatiemment ces messages en général. Mais dès la lecture du contenu de celui-ci, il su qu'il était quitte pour ce genre d'assassinat compliqué et politiquement controversé qui lui tombaient souvent dessus. Sa cible n'était autre qu'un seigneur féodal du Pays du feu. Autrement dit, un ennemi de l'intérieur. Du moins, c'est ce qui semblait le plus logique... ou le plus naïf. Les manœuvres politiques ne le regardaient pas, mais l'artiste qu'il était avant tout ne pouvait s'empêcher de se poser des questions sur les motivations d'un tel ordre.
N'en restait pas moins que ce n'était pas son travail de poser les questions, et qu'il devait rester à sa place de Poignard de l'ombre sans rechigner, ce qu'il faisait au demeurant très bien. La difficulté de cet assassinat n'en n'était pas pour le moins rabaissée: c'était bien connu, les seigneurs étaient défendus à toute heure du jour et de la nuit par une ribambelle de guerriers surentraînés relevés selon un timing variable, ce qui rendait leur approche quasi impossible.

Gensai ne se découragea pas, cependant. Il le savait, tout assassinat était à sa portée, il en avait les capacités, c'était une évidence. Une bizarrerie était venue troubler sa confiance, malgré tout: l'absence totale de données pouvant lui faciliter ne serait-ce qu'un brin la tâche qui lui incombait. Il partait de zéro, avec tout ce que cela impliquait de dangereux et de libérateur. Il avait carte blanche, mais ses capacités seraient mises à rude épreuve, tel était le message implicite que les hauts dirigeants de Konoha avaient voulu lui faire passer.
Le jeune homme avait donc mûri plusieurs stratégies, envisageant même des tactiques de repli qui pourraient se révéler salvatrices au cas où le chemin jusqu'au seigneur se retrouvait aléatoirement obstrué. Et s'étant mis en route prestement, les problèmes n'avaient pas tardé à pointer le bout de leur nez.


Il faisait nuit noire, et il était encore très tôt. La période hivernale idéale pour assassiner un seigneur, qui malgré l'absence du jour ne pouvait se résigner à aller se coucher immédiatement, et prolongeait donc sa soirée, inconscient des dangers qui pouvaient le guetter. C'est dans cet interstice que Gensai comptait frapper. Le palais était encore loin, et pourtant, les gardes étaient déjà nombreux sur sa route. Pas plus attentifs que ce à quoi il était habitué, ils ne causèrent néanmoins aucun souci à l'assassin, qui joua de son arrogante agilité et de son don pour la dissimulation pour passer outre leur surveillance, progressant dans le sous bois entourant la résidence étendue du seigneur. Il lui fallait évoluer avec prudence, et lentement si cela était nécessaire. Nul besoin de se presser, se dit-il, conscient qu'il disposait, au pire, de toute la nuit pour accomplir son devoir.
Mais alors que la perspective du succès se faisait en fin de compte de plus en plus réaliste dans son esprit pourtant tourné exclusivement vers l'analyse de son environnement, la situation tourna, pour ainsi dire, au vinaigre.
Tel un rapace scrutant la nuit sur sa branche, Gensai songeait à progresser davantage vers l'enceinte du bâtiment, quand quelque chose qu'il n'aurait pas pu prévoir arriva...
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MessageSujet: Re: ~| Un contrat alambiqué |~   Jeu 12 Mai 2011, 12:55



Spoiler:
 


    Le temps était frais, pour une nuit aussi sombre, et les gardes se laissaient soit porter par ce vent doux qui venait les rajeunir, soit les endormait doucement en omettant complètement leur tâche. Il était toujours difficile de tenir constamment, en particulier la nuit où, bien que garde du corps, résister à l’appel de l’ombre et du sommeil se révélait être bien plus qu’une mission, mais même une quête ! Hypnos ne pouvait-il pas aller ailleurs, passer à autre chose ? Il devait avoir pactisé avec l’ennemi, pour quelque sombre dessein. Seul cela pouvait expliquer une nuit plus sombre qu’à l’accoutumée, et le calme ambiant qui semblait éloigner ce soir, toute créature détenant la vie. Pas de hululement de hibou, pas de battement d’ailes de quelque chauve-souris. Pas un souffle, pas un bruit, rien. Le calme plat … avant la tempête.
    Les gardes restaient attentifs comme ils le pouvaient, patrouillant sur les remparts, sachant pertinemment que l’environnement n’était pas nécessairement à leur avantage. Il y avait de très grandes chances que l’adversaire puisse attaquer à partir des arbres, qui s’élevaient assez haut dans le ciel pour atteindre le sommet des murs. A l’aide de torches et d’un œil affûté, certains gardes prêtaient attention à la grande forêt s’étendant jusqu’au lointain. Aucun signe des patrouilles qui circulaient sur les chemins ; rien à redouter pour l’instant. De toute façon, la forteresse semblait imprenable à moins d’intervenir avec une petite force armée suffisamment expérimentée. Les soldats étaient au nombre d’une petite vingtaine dans la forteresse, et se trouvaient aujourd’hui secondés par des experts qui avaient été payés par le seigneur afin d’assurer sa survie. La rumeur courait que l’on en avait après sa vie, chose commune, certes, mais qui cette fois-ci semblait se préciser avec une date. Inquiétant, même s’il y avait des chances qu’il ne s’agisse que de racontars. Les principaux suspects étaient certainement les deux experts qui avaient rejoints les rangs de la garde. Aussi fallait-il peut-être s’en méfier. Quant aux seigneurs, les gardes conservaient un certain pincement au cœur, mais comprenaient cette anxiété chez un homme aussi important. Embaucher des inconnus n’était pas une garantie 100% sécuritaire, mais si elle permettait à la fois de préserver la vie du Seigneur et d’épargner peut-être quelques hommes de main au cas d’un assaut surprise, la chose serait déjà prise.

    De leur côté, les deux hommes qui étaient venus prêter main forte restaient calmes et patients, conservant leur position dans la cour centrale, en attente d’un quelconque mouvement suspect. Si l’assaut avait lieu, il serait absolument nécessaire de prendre pied sur la muraille avant de se jeter dans les couloirs. Mais la chose était facile à deviner ; le plus difficile serait de cerner l’identité et la puissance de l’assassin. Le premier individu accordait son violon avec calme, s’assurant que son instrument pourrait jouer des morceaux justes et mélodieux, ne cachant à personne sa chevelure blonde derrière un masque de chat. Si son corps pouvait être étudié comme frêle et quelque peu mince par ceux qui pouvaient l’observer, personne ne parvenait à cerner ce qu’il pouvait faire avec cet instrument sur les lieux. Le second restait intégralement drapé, sans révéler sa personne. Cachant son visage comme ses armes, il était d’une taille considérable en comparaison avec son élève, et ses capacités restaient mystérieuses. Un bien étrange duo. Assis là en tailleur, adossé à un pan de mur, il semblait presque endormi, ne prêtant guère attention à ce qui l’entourait.
    Ils obéissaient tous deux à une mission reçue le matin même. Protéger un seigneur du Pays du Feu par tous les moyens, afin d’assurer sa survie pour la nuit à venir, contre toutes les rumeurs qui assuraient qu’il ne passerait pas la nuit. Son opposition face au nouveau Hokage l’avait privé de tout soutien possible de la part du Village Ninja ; devoir acheter ses propres défenses était bien gênant et quelque peu risqué. Mais peu importe. Pour la Compagnie Shibuya, pouvoir effectuer une mission qui requérait les gros moyens signifiait une prime conséquente. On ne crache pas sur 15.000 Ryos ! En particulier lorsque the President vous y pousse … .

    Circulant sur un pan de la demeure princière, l’un des gardes fut presque jeté par-dessus les remparts, tiré par cette laisse qui retenant l’animal pisteur. Ce dernier, intrigué par une odeur nouvelle apportée par le vent, se mettait soudainement à aboyer en direction des arbres, le regard enragé et la bave à la lèvre, cherchant presque à sauter dans le vide afin d’attraper ce qu’il venait de sentir. Face à ce comportement brusque, le garde ne pouvait être qu’intrigué, voire perturbé. Interpelant un collègue qui se trouvait à une trentaine de pas et qui se trouvait alerté par les aboiements du canidé, les deux hommes scrutaient maintenant la cime des arbres, sans savoir s’il y avait véritablement source à s’inquiéter. Se jetant un regard, les deux hommes s’emparèrent de deux flèches et les bandèrent à leurs armes, restant concentrés pendant un bref instant. Le chien ne cessait pas ses hurlements ; il y avait quelque chose. Du gibier ? Ou un individu ? Qui n’aurait pas été pris par la patrouille au sol ?

    ‘Dès que la flèche est tirée, vas prévenir le seigneur et veille à ce que les deux étrangers fassent leur travail. S’ils ne le font pas, passe leur à travers le corps !’
    ‘Entendu. On y va !’

    Les deux flèches furent décochées et sifflèrent pour aller se réfugier à toute allure dans les branches en contrebas, une nouvelle volée chantant dans le vent quelques minutes plus tard, pour que les deux soldats observent attentivement l’orée des bois. Bandant une nouvelle fois son arc, le soldat effectuait un signe de tête, prêt à tirer une nouvelle flèche.

    ‘Allez, fonce ! On n’a pas le droit à l’erreur !’



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Kawakami Gensai
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MessageSujet: Re: ~| Un contrat alambiqué |~   Jeu 12 Mai 2011, 16:43

Un aboiement dans la nuit... Et la certitude nouvelle que son escapade allait se transformer en parcours du combattant, à défaut de lui empêcher tout simplement d'accéder à sa cible. De façon générale, les seigneurs détestaient les chiens... Que ce soit à cause d'allergies, ou bien d'une simple aversion pour les créatures poilues et odorantes. Mais celui-là avait su passer outre, redoutant à ce point pour sa sécurité qu'il était prêt à faire ce "sacrifice" sans rechigner, ou si peu. Voilà une chose à laquelle Gensai, en tout professionnel qu'il était, avait malgré tout négligé. Le vent avait tourné en sa défaveur, et le canidé qu'il venait d'entendre se rapprochait à présent de sa position, irrémédiablement. La muraille de l'imposant bâtiment lui parut alors aussi accessible que lointaine: s'il se décidait à franchir le pas, les choses pourraient se précipiter de telle sorte qu'il ne pourrait plus rien contrôler. Rester là n'était pas non plus un choix judicieux: le pisteur animal qui avait flairé un ersatz de son odeur causerait sa perte, tôt ou tard.

Mais la présence inopinée d'un chien devint le cadet des soucis rencontrés par l'assassin lorsqu'il aperçut non loin sur la muraille un des gardes bander son arc, bientôt rejoint par un de ses confrères. Non... Ils ne pouvaient pas l'avoir repéré, c'était tout bonnement impossible. Mais les hurlements insistants du canidé difficilement retenu par son maître devaient avoir poussé les deux hommes à la prudence la plus barbare: ils allaient tirer au jugé ! Gensai sentit un léger spasme lui saisir la hanche, hésitant l'espace d'une seconde sur la marche à suivre dans une situation aussi délicate. Mais le temps de la réflexion ne lui fut pas accordé, et les flèches furent promptement décochées sans autre forme de procès. Et il fallait dire que les bougres suivaient là une fort bonne intuition, guidés par le bruyant canidé, les traits passant à à peine deux mètres du jeune homme camouflé dans la verdure verticale. La situation lui échapperait très vite s'il ne réagissait pas... Gensai détestait les complications dans ce genre, décidément, et se pinça durement la lèvre comme pour stimuler ses neurones.


Passer en force n'était pas une option pour lui. Il devait analyser les facteurs environnementaux et en tirer le maximum pour s'en sortir. Une grosse seconde plus tard, son cortex en ébullition fit émerger une idée pertinente, qu'il n'allait pas se faire prié pour vite mettre à exécution. L'un des deux gardes semblait décidé à aller prévenir le reste de la garnison, c'était donc lui que Gensai devait mettre de côté en priorité. Se mouvant avec la même agilité qui lui avait déjà permis de s'infiltrer aussi loin, l'artiste resta à la lisière du sous bois entourant la bâtisse en suivant la course dudit garde, un Mudra formé par sa main droite. Il devait à tout prix corrompre les sens de l'obstacle qu'il représentait, et pour cela, le Genjutsu était tout indiqué, à cette distance. La vue et le toucher... Cela ferait parfaitement l'affaire, se dit-il. Ses yeux d'un bleu scintillant se figèrent alors sur l'homme courant à toute allure vers ce qui signerait la perte de Gensai, et firent circuler en lui un flux de chakra étranger, brouillant les signaux que lui envoyaient ses yeux, ses mains, ses pieds,... Et soudain, le garde dû stopper net sa course, tombant nez à nez avec un pan de muraille imposant et empêchant toute progression. Plus qu'un mur immatériel créé de toute pièce par son cortex dont l'intimité avait été violée, son toucher même le tromperait s'il essayait de toucher le dit mur pour attester de son existence inexplicable.


Une bonne chose de faite. Mais la situation ne s'en voyait pas améliorée pour autant. L'autre garde resté en poste pouvait toujours alerter ses coéquipiers, et malgré sa nouvelle position mettant son odeur hors de portée du canidé, Gensai était toujours soumis aux aléas du climat, qui pouvait se montrer fort capricieux. Une bourrasque de trop et l'animal réitèrerait ses aboiements en courant à toute allure vers lui. Ce ne fut qu'alors que le jeune assassin réalisa que duper cette source primaire d'ennui aurait été d'un bien plus grand bénéfice, inhibant les sens de la seule entité pouvant le détecter dans ce huit clos forestier. Une première erreur qu'il pourrait payer cher par la suite... Et après une réflexion fulgurante, Kawakami Gensai prit une décision qui le fut tout autant. Le temps était venu de fouler cette muraille de malheur qui le séparait de son objectif.

Comme un murmure furtif, son corps transita de l'arbre à la roche à la vitesse de la lumière. Son henge, où l'imitation quasi parfaite du garde qu'il venait de stopper par la force de l'illusion, n'aurait aucune utilité si son odeur restait la même. Il n'avait pas prévu de phéromones pour cette mission, et le regrettait pour le coup amèrement, mais les vêtements du pauvre garde en plein délirium feraient parfaitement l'affaire pour bypasser les sens du chien à problème. Plongeant l'homme dans un sommeil qui n'avait rien d'une illusion grâce à une de ses toxines favorite, Gensai s'empressa de se vêtir des principales pièces qui composaient son habit, envoyant le corps presque dénudé du pauvre homme rouler le long de la muraille légèrement inclinée. Le bruit provoqué par sa chute dans le buisson bordant la roche n'avait pas été très important, mais restait une source d'ennuis potentielle... Au moins, l'artiste de la mort avait réussi à camoufler le corps inerte mais toujours en vie de cette nuisance, et pouvait maintenant procéder.


S'offraient désormais à lui plusieurs options, toutes aussi risquées les unes que les autres. Il pouvait décider de jouer le rôle de celui dont il usurpait l'identité, infiltrant le bâtiment avec finesse mais courant le risque de se faire démasquer par ses collègues supposés. Ou bien, profiter du couver de l'illusion pour se diriger droit vers la salle de jeu où devait se trouver le seigneur en mettant à profit la crédulité relative des gardes, au risque de surestimer celle-ci. Son choix fut fait promptement. Et, reprenant à l'identique la course laissée en plan par l'homme gisant à présent dans un fourré, Gensai se mit à arpenter la muraille afin de trouver ceux qui devaient en théorie être "ses" supérieurs... Feignant l'halètement, il finit néanmoins par hurler à gorge déployée, préférant sur-jouer son rôle plutôt que de se faire prendre par trop de finesse:



" Aleeerte ! Intrus repéré près de l'aile Est ! "


Ce qui n'était pas faux, en soit...
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MessageSujet: Re: ~| Un contrat alambiqué |~   Sam 14 Mai 2011, 11:31



    Devant l’agitation, difficile de définir qui se trouve où et qui est parvenu à s’en sortir. Le garde au poste de maître chien poursuivait dans son élan, conformément à la rage du chien, tandis que le second garde connaissait le sort qui lui était réservé. Rapidement alertés par les aboiements du canidé, quelques hommes ne tardèrent pas à faire leur apparition sur les remparts, se précipitant vers celui qui continuait à arroser frénétiquement les cimes des arbres. Peu à peu, les hurlements du cabot se firent moins présents, puis se turent pour laisser place à un chien observant d’un air inquiet et absent en contrebas, tentant de comprendre ce qui l’avait mis en alerte, alors qu’il ne percevait rien désormais. Face à cette réaction de l’animal, l’archer perdait peu à peu de son entrain, surtout face à ses collègues qui l’observaient sans savoir s’ils devaient intervenir pour l’aider ou l’empêcher de continuer. L’un des hommes présents se penchant au dessus de la muraille pour observer l’étage inférieur revint sur son partenaire avec un regard sévère.

    ‘ Tirer à l’aveugle ne risque pas d’avoir d’effets si tu ne repères pas ta cible.’
    ‘Oui, monsieur. Mais le chien a senti qu’il y avait un intrus !’
    ‘Le chien ne se trompe certainement pas. Contactez la bridage au sol et qu’elle prenne le chien pour repérer les traces.’


    Sur un ordre posé et clair, le groupe se dispersa afin de renforcer les patrouilles dans la demeure, tandis que le garde au chien se rendait à l’entrée du domaine pour confier la bestiole à la troupe. L’ambiance semblait devenir plus calme, mais tout le monde se trouvait en vérité sur le qui-vive ; si le garde avait fait preuve de trop de zèle, il est évident que le chien n’avait pas été dupé. Aussi fallait-il s’attendre à ce qu’un étranger ait pu pénétrer dans nos murs afin de commettre quelque méfait. Circulant par groupe de trois, les hommes arpentaient les couloirs, montaient sur le toit, s’approchaient de la chambre du seigneur pour s’assurer que personne ne rodait. Celui qui avait fait preuve de tant d’empressement avait repris son poste, mais se trouvait plus anxieux que les autres : l’ennemi était-il déjà dans les murs, ou avait-il fui sous la menace du chien et des flèches tirées au hasard ? Et par ailleurs … où était passé son partenaire ?!


    Ayant intercepté un garde qui hurlait à l’alerte concernant l’aile Est, les trois hommes changèrent immédiatement de visage, pour se raidir et adopter un air sérieux et concerné. Obtenant davantage d’informations, les trois individus n’étaient pas au courant que l’incident était déjà clos et que le véritable ennemi était déjà face à eux, sous une fausse identité. Prenant leur rôle au sérieux, comme cela ne requérait, le soldat au grade le plus important prit la parole afin de donner deux ou trois commandements.

    ‘Nous nous y rendons pour neutraliser l’adversaire ! Toi, rends-toi auprès du seigneur afin de l’avertir de la situation et protèges le coûte que coûte ! Allons-y !’
    ‘Yesss-sa !’


    Laissant ainsi le garde masqué face à une position très avantageuse puisqu’il ne trouverait désormais plus d’obstacles sur son chemin, le trio se rendait au pas de course vers le lieu au problème cité. La vérité est que si notre personnage était maintenant libre, il pouvait également se trouver rapidement en danger. En effet, une fois que le trio se trouverait sur place et que la situation leur serait révélée, il serait tout à fait possible de faire le rapprochement entre un garde qui était venu à eux pour les envoyer vers un lieu sans réelle raison alors qu’il aurait du être averti de l’inutilité des secours peu après. Ainsi, l’assassin disposait-il maintenant d’un temps raisonnable pour effectuer sa mission, sans prendre trop de temps non plus. Il pouvait désormais se diriger vers la chambre, où le seigneur était endormi à coups d’assommoirs et de calmants pour lui permettre de profiter de sa nuit. D’une dernière nuit… .
    Sans qu’il ne le sache, deux individus observaient la scène depuis le début, s’étant éclipsé hors de la cour pour observer en contrebas les actions de l’assassin. Portant sur lui un regard critique, en jugeant ses méthodes et prenant connaissance des capacités qui étaient les siennes, les deux personnages restaient silencieux ; l’un par nature, l’autre par obéissance. Prêtant attention à chaque mouvement, à la manœuvre employée, établir un jugement était la première étape pour cet apprentissage, du maître à l’élève. Si leurs styles n’étaient pas le même, ils étaient déjà capable d’échanger afin que l’un apprenne et que l’autre lui enseigne.

    ‘Qu’en penses-tu ? Ses capacités sont-elles à la hauteur ?’
    ‘Je pense qu’il est très capable, meilleur que moi, Maître. Mais il usurpe sa réputation d’assassin. La méthode employée est trop classique.’
    ‘Elle reste acceptable pour une situation où les soldats ne sont pas habitués à se trouver face à ce genre de sortilège. Le seigneur ciblé n’est pas un homme d’une grande importance, mais d’une grande fortune. La plupart des assassins qui ont tenté de l’éliminer fonçaient dans le tas pour se faire massacrer comme des vauriens.’
    ‘Que faisons-nous, dans ce cas, Maître ?’
    ‘Continuons à observer, nous saurons prendre les mesures qui s’imposent par la suite.’



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Kawakami Gensai
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MessageSujet: Re: ~| Un contrat alambiqué |~   Dim 15 Mai 2011, 00:20

Feignant l'excitation à peine contrôlée d'un garde peu entraîné, Gensai fit mine de reprendre son souffle lorsqu'il arriva nez à nez avec un trio de ses soit disant homologues. Son cri d'alerte sembla assez convaincant, les trois hommes mordant à l'hameçon qui n'était de toute façon que trop appétissant, étant donné le contexte. Là où l'artiste fut néanmoins surpris, c'est de la chance dont il joua lorsque le meneur du trio lui intima l'ordre de se rendre auprès du seigneur afin de le protéger. Retranscrite grossièrement, la pensée qui traversa l'esprit du jeune assassin à cet instant fut qu'il n'allait pas se faire prier. En guise de réponse, et juste avant de se remettre en route, il acquiesça simplement.

" Entendu ! "

Suite à la désagréable surprise du canidé, celle-ci mettait les comptes à zéro, pour ainsi dire, mais les comptes justes, Gensai s'en méfiait comme de la peste. A choisir, il eut préféré qu'un autre coup du sort le pousse à élaborer un tout nouveau plan plutôt que de voir une telle opportunité se présenter. En effet, il était encore loin de sa cible... Et les preuves de sa présence commenceraient inévitablement à s'accumuler à mesure que le temps passerait. Un état d'alerte général était tout sauf souhaitable. La rapidité de ses prochaines actions serait décisive, quoi qu'elles fussent. Mais dans l'immédiat, mieux valait concilier son rôle et son but: rejoindre le seigneur était sa priorité. Le tout était de faire en sorte que la disposition des pièces sur l'échiquier lui soit favorable une fois qu'il aurait atteint cet objectif.
Gensai se remit donc en route et se mit à gravir les escaliers menant à l'atrium central. Observant avec attention l'architecture des lieux, il nota non sans intérêt que les couloirs étaient torturés, probablement issus d'une école de construction peu baignée dans le classicisme. Autant d'opportunités pour lui lorsqu'il serait temps de s'exfiltrer. La salle d'agrément se situait en dessous de la salle de réunion... Et c'était à peu près la seule information qu'il avait pu vérifier avant de se lancer dans ce contrat pour le moins compliqué. La rejoindre en petites foulées comme il le faisait ne serait plus long. Restait à savoir de quelle garde rapprochée le seigneur disposait lorsqu'il se divertissait. Gensai ne doutait pas de sa capacité à tous les subjuguer par le Genjutsu si nécessaire, mais la configuration des lieux pourraient éventuellement lui poser problème... Cela néanmoins, il fallait qu'il le découvre.


Il ouvrit finalement en trombe la porte de la salle d'agréments, son chakra malaxé et prêt à l'emploi pour quoi que ce fut. Seulement, seule la plus honteuse désillusion s'offrit au regard de l'artiste mortel. Dans la salle, personne. Des tables et des chaises, rangées, laissaient l'impression à Gensai d'arriver des jours après une fête. Sa présomption selon laquelle le seigneur à cette heure et en ce jour se divertirait se révélait être fausse... A son plus grand damne, et surtout, mettant sa vie en péril bien plus qu'il ne l'aurait souhaité. L'homme dont il jouait le rôle savait-il où était le seigneur, était-il supposé le savoir ? Son ignorance serait-elle crédible s'il venait à poser la question à un garde patrouillant non loin derrière, dans une coursive ? Cela malheureusement il n'en avait aucune idée. L'assassinat était un art fait de bien des composantes. Mais il y en avait une qui si elle venait à trop manquer signait d'emblée la fin de toute entreprise: l'information. La connaissance du terrain, de sa cible, de son entourage. Tout cela manquait cruellement à Gensai, qui avait pensé pouvoir compenser ces handicaps par son talent avéré d'improvisation. Seulement... Il était là dos au mur. Il pouvait tenter sa chance... Mais quel serait le prix de l'échec... ? La réponse à cette dernière question, il ne la connaissait que trop bien.

Mais son chakra lui souffla une alternative au creux de ses tempes. Un subterfuge qui pourrait lui sauver la mise, et même plus: lui concéder ce contrat. Formant un Mudra discret à l'aide de sa main gauche, encore agrippée à la porte qu'il venait d'ouvrir, l'artiste de la mort insuffla son chakra trompeur et illusionniste dans la pièce. Aux yeux de tous, à présent, c'était le cadavre couché sur le ventre d'un seigneur que l'on pouvait voir au milieu de la salle, son sang maculant le sol et imprégnant les tissus: la scène macabre d'une mort brutale, indigne de ses qualités d'assassin, mais qui se cantonnerait au rôle d'appât. Gensai changea alors d'état d'esprit, se mettant à la place de l'homme dont il avait l'apparence, imaginant sa réaction, son ton de voix,... La seconde qui suivit, il se retourna en fixant le garde patrouillant quelques mètres plus loin dans la coursive de l'atrium, feignant la panique et le trouble.


" Il est moort ! Notre seigneur a été assassinéé !! Venez-voir c'est horrible !! "

Prenant lui même du recul par rapport à la scène, Gensai attendit patiemment. A reculons, il s'éloigna de l'entrebaillure de la porte menant à la salle d'agréments et à sa sinistre illusion. Bientôt les gardes allaient s'agglutiner dans cette salle, emplis de désarroi et du sentiment d'avoir failli. Mais à ce moment, l'artiste aurait déjà disparu. Il aura été temps d'abandonner ce déguisement - tout du moins, son utilité - et de se fondre comme une ombre dans les murs de cette bâtisse luxueuse. Le tumulte ameuterait les gardes, bien sûr, mais aussi le daimiyô, qui, se révélant au grand jour, se verrait administré sans même s'en apercevoir une dose mortelle de poison.
Tel était le nouveau plan qu'allait mettre en oeuvre Gensai, si son Jutsu provoquait l'effet escompté...
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MessageSujet: Re: ~| Un contrat alambiqué |~   Dim 15 Mai 2011, 20:59


    Alertée par les cris d’un garde qui semblait apeuré et complètement perdu, la petite troupe de trois hommes patrouillant dans les parages surgit en peu de temps, déboulant dans la salle en présentant face à elle les armes nécessaires pour arrêter tout individu suspect propageant ces rumeurs. Mais le spectacle d’un soldat détruit par une vision d’horreur et la présence du cadavre mutilé et mis en lambeaux sur la table les sonna à une telle force que le premier d’entre eux ne put s’empêcher de lâcher son arme pour se retourner, plaquant une main contre sa bouche au cas où il viendrait à vomir. Quelle curieuse manie de souhaiter alléger son estomac sur ses doigts, en espérant que le simple fait de placer la main devant ferait repartir le composé intestinal en arrière. Une chose aussi stupide était pourtant inscrite dans la mémoire humaine.
    Les deux autres avaient du mal à garder leur sang froid, l’un d’eux ayant décidé de faire preuve de créativité en laissant son visage adopter les couleurs de l’arc-en-ciel. Un rouge de honte fut rapidement suivi d’un vert de dégoût pour poursuivre avec une couleur démontrant la jaunisse. Il allait certainement suivre son compagnon dans l’acte de régurgitation, mais ne voulait pas abandonner son supérieur comme ça, seul face à un cadavre aussi sauvagement arraché à la vie. Progressant tous les deux dans la pièce en surveillant mutuellement leurs arrières, ils avaient laissé filer l’homme qui avait hurlé au désespoir. Ce jeune fou pouvait s’être trompé ! Peut-être avait-il même bu, chose pourtant interdit pendant le service ! Quoi qu’il en soit, il fallait vérifier les informations avant de se laisser abattre. En se rapprochant de la table, tout en inspectant les angles de la pièce du regard, les deux hommes se trouvèrent bientôt devant la scène macabre. Et c’est seulement à cet instant que le second alla évacuer ce qui lui restait de tripes dans un coin de la pièce.

    Le troisième, Capitaine de son rang, restait sain d’esprit malgré le dégoût qui se déployait sur son visage. Comment pouvait-on agir par une telle cruauté ? Et comment était-on parvenu jusqu’au seigneur de cette façon ? Non, il devait y avoir erreur. S’approchant progressivement de la tête du macchabée, il alla jusqu’à chercher le pouls pour s’assurer de sa mort. Mais aucun rythme ne semblait s’extirper de ces peaux mortes. Observant le corps sous tous les angles possibles, il semblait effectivement que le seigneur des lieux avait été massacré par une bête sauvage, ou un homme des plus dérangés. Le système de sécurité avait donc failli ? C’était impossible. Et surtout … pourquoi cet homme était-il là ?!?

    ‘Quelque chose cloche, c’est obligatoire ! J’ai accompagné moi-même le seigneur dans sa chambre, à la dernière porte du couloir. Je l’ai suivi pas à pas, et suis celui qui ai refermé la porte derrière lui ! Ce couloir est surveillé par notre équipe depuis le début de la soirée ! Il est impossible qu’il se soit fait avoir sans que nous n’ayons rien vu !’

    Mais ces mots étaient davantage de l’auto-persuasion, et même si la logique eut été de se rendre dans cette salle si proche pour observer si les faits étaient bien réels, c’était l’esprit dévasté d’un homme incapable de prendre de nouvelles décisions. Il fallait s’y résoudre ! Le cadavre était bien réel, il ne disparaissait pas par enchantement ! C’en était fini du seigneur.
    Le plus terrible pour nos trois hommes, à part la perte de toute dignité ou de tout repas présent dans leurs entrailles, c’était le fait d’avoir laissé la porte sans surveillance. Car en se laissant abattre par cette image plus vraie que nature, la chambre du seigneur se trouvait maintenant sans protection, et l’assassin était certainement déjà en route après avoir perçu ces informations. Si les gardes ne se réveillaient pas, il était certain qu’ils failliraient en tout point à leur mission.

    Un instant passa, sans qu’ils ne sachent quoi faire. Annoncer cela au reste de la troupe ne ferait que détruire le mental des troupes. Mais pouvaient-ils passer par une autre étape ? La chose semblait difficile.
    La musique qui vint interrompre ce silence de mort et de désespoir fut cependant une véritable surprise. Les gardes se saisissant de leurs armes se tinrent en cercle, se défendant tout en étant prêt à protéger chèrement leurs vies. Même si cette musique semblait douce et agréable à l’oreille de l’amateur tout comme de l’expert, le personnage un brin gringalet qui pénétrait dans cette pièce par la grande porte, un violon casé entre son menton et son épaule et tout encapuchonné, pouvait faire figure d’ennemi pour ces gardes qui n’étaient plus sûrs de rien.

    ‘Qui es-tu ? Pour qui travailles-tu ?? Est-ce toi qui a massacré notre seigneur ???’

    Ne pipant mot, continuant à jouer de son instrument, le jeune homme à l’identité secrète poursuivait sur son élan artistique et jouait calmement de son violon, saisissant les oreilles, les spectateurs, les objets, la salle entière ! Mais le plus surprenant fut que la personne décédée du seigneur sembla enveloppée par cette musique sublime, scintillant de plus en plus, sous le regard ébahi des gardes pour disparaître dans un rayon soudain et violent de lumière, sous lequel ils durent ployer. Et sous ce phénomène quasi-divin … toute trace de sang, de violence et de rampage fut balayée du décor. Littéralement déstabilisé par cela, les gardes se tournaient vers l’étranger qui leur rendait la vue.

    ‘Tu es l’un des membres du duo venu aujourd’hui pour défendre notre Seigneur ?’
    ‘Ma mission est de veiller avec mon Maître à la survie du Seigneur. Ce qui a été tendu ici était une illusion. L’assassin est dans la chambre.’
    ‘Alors !! Il nous faut y aller !!!’
    ‘Ne bougez pas, votre patron n’a plus rien à craindre. Mon Maître s’en chargera.’


    déclara le jeune homme en portant son regard vers la porte, qui avait certainement déjà été passé par l’expert envoyé pour assassiner le propriétaire de cette demeure. Il serait certainement heureux de voir le seigneur de ce palace paisiblement endormi dans son lit. Mais ce qui l’attendait ne serait-il pas une bien néfaste surprise … ?


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