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 On joue à chat?

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Moana Tilika
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MessageSujet: On joue à chat?   Jeu 24 Déc 2009, 18:46


« Bon écoute moi. »

L'écouter? Et pourquoi donc? Tilika n'en avait pas la moindre envie! D'autant plus qu'elle-même n'avait actuellement en sa possession aucun moyen de lui répondre, à la kunoïchi se prenant pour un héroïne venue la sauver des griffes du trèèès dangereux inconnu. Rhalala, barbants ces adultes, toujours à vous faire la morale et vous interdire des trucs sans se soucier un instant de votre envie de liberté ou de recueillement, votre besoin de solitude et d'isolement...

« On va retourner au village d'accord ? Je te demande pas ton avis, tu vas me suivre. »

Pourquoi lui demander si elle était d'accord, si elle n'avait de toutes façons pas le choix ni son mot à dire, pour autant qu'elle ait seulement pu en lâcher un, de mot? L'en avait de bonne, celle-là! Pour qui se prenait-elle, à jouer les nounous et à la surveiller ainsi? Qu'elle ne se préoccupe pas du sort de Tilika aurait mieux arrangé l'inconsciente gamine qui, trop téméraire et audacieuse pour comprendre le danger de pareilles fugues, toute seule, en dehors du village, n'en faisait qu'à sa tête.

« Tant qu'à faire tu n'as qu'à me dire où t'habites et je te ramènerais chez toi saine et sauve. Je vais pas te faire la morale, tu dois savoir que c'est pas tip top ce que tu viens de faire là, en te barrant comme ça. Et moi, je ne peux pas te laisser toute seule ici, et j'ai pas non plus envie de jouer les nounous, 'fait froid. »

Vraiment chiante. Une parfaite emmerdeuse. Voilà comment Tilika voyait désormais sa geôlière, qui la détenait toujours captive par l'arrière du col, finalement, malgré sa tentative pour lui échapper. Ses tentatives, même, la première n'ayant pas vraiment fonctionné non plus... Lui donner son adresse? Puis quoi encore! Elle pouvait toujours rêver! Quant à jouer les nounous, Tilika ne le lui demandait pas non plus, bien au contraire... Tout ce que voulait la gamine, c'était qu'on lui foute la paix, justement. Et si elle avait froid, qu'elle rentre chez elle sans enquiquiner son monde, la dame, d'abord! Au lieu de s'entêter à vouloir jouer les sauveuses d'enfants égarés... D'ailleurs, Tilika n'était même pas perdue! Elle savait pertinemment où elle était, comment elle y était parvenue, et savait également qu'il n'était pas évident pour elle, justement, de parvenir jusqu'à ces zones qu'elle affectionnait tant, hors du village, avec la clôture électrique entourant ce dernier et les gardes surveillant l'entrée...

Elle allait devoir refaire tout le chemin dans ce labyrinthe puant des égouts de la ville pour revenir en ces lieux isolés et tranquilles. C'était en effet dans ces galeries souterraines que l'enfant avait trouvé une faille, juste assez large pour qu'elle puisse y passer, toute petite et agile qu'elle était, du haut de ses six ans, et lui donnant accès à l'extérieur de Kumo.. Restait à espérer que la pluie et la boue qui la couvraient à présent de la tête aux pieds, après s'être ainsi roulée dans la terre détrempée des vastes plaines foudroyées, aurait suffisamment ôté d'elle l'odeur des égouts, qui aurait sinon offert à sa geôlière actuelle un indice non négligeable quant au chemin et au moyen utilisé par la petite fripouille pour quitter ainsi l'enceinte protectrice du village...

* Rha, mais je veux PAS rentrer, ni au village, ni à la maison! C'est même pas ma maison, c'est celle de Seridan, et il y est sûrement, et je veux pas le voir, là, je veux pas, je veux pas, je veux pas!!! Tu m'énerves, lâche-moi!!! *

Loin de se calmer et de jouer la petite fille sage et docile, Tilika se débattait de plus belle, cherchant à mordre Raï, la griffer, tout ce qui pourrait la faire lâcher prise, même si c'était au prix de strangulations par le col de son vêtement, toujours fermement retenu par la kunoïchi... Le son du grelot qu'avaient entendus Raï et Mahito plus tôt ne cessait de teinter férocement, au gré des mouvements de la petite. Sans doute une petite clochette qu'elle portait quelque part sur elle? Au cou, au bout d'une ficelle... Et si elle faisait à nouveau appel à ses invocations, finalement? Une dernière fois, par derrière, sans que cette bonne femme n'ait le temps de comprendre ce qui lui arrivait? Hésitant un long moment, tandis que Raï l'embarquait en direction du village, Tilika finit par se décider.

* Khanuk? S'il te plaît? Tu veux bien...? *

Pour une fois qu'elle daignait faire appel à lui pour autre chose que de la sauver de tel ou tel cauchemar, le bélier ne se fit pas prier. D'autant plus que l'idée l'amusait malgré lui... Depuis quand n'avait-il pas botté un arrière-train? Et celui-ci lui paraissait tellement charmant qu'il n'allait pas hésiter à y donner un bon coup de tête! Sans les cornes, histoire de ne pas blesser ou abîmer si joli petit cul, mais par plaisir d'enfin se montrer utile à sa jeune invocatrice ailleurs qu'en songe, et dans une situation qu'il trouvait de plus en plus stupide et comique, le bélier surgit soudain de nulle part, dans le dos de Raï, et lui botta l'arrière train d'un puissant coup de tête, avant de disparaître illico presto. Le temps qu'elle se relève de la boue dans laquelle il venait de la faire se vautrer à plat ventre et qu'elle tourne la tête dans sa direction, il n'était déjà plus là. En revanche, profitant du réflexe naturel de l'être humain qui avance ses mains en avant pour se rattraper ou au moins protéger son visage lors de ce genre de chute, Tilika, enfin lâchée par sa geôlière, s'était vautrée un peu plus loin, dans l'élan de Raï partie violemment en avant sous le choc. Se relevant dare dare, elle ne demanda pas son reste et fit demi tour, courant aussi vite qu'elle le pouvait, de ses petites jambes, dans la direction opposée au village. Pas question de se laisser ramener ainsi!!! Au loin, le tonnerre grondait encore, comme pour encourager la fillette à le rejoindre...

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Ilyena Raï
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MessageSujet: Re: On joue à chat?   Sam 26 Déc 2009, 01:46

    Voyant la gamine qui recommençait à s'agiter, je remontai ma main le long de son épaule afin de l'attraper par le col. Ce n'était pas que cette situation commençait à me lourder, mais un peu. Je voulais me tirer d'ici, incendier les gardiens des portes, et rentrer chez moi. Mon corps était électrique, comme le temps. Si j'avais pu, je me serais mise à sauter partout comme une puce, en poussant des cris stridents. Mais il y a des choses que la décence ne permet pas, et ceci en faisait parti. Même si je faisais toujours un peu tout ce que me passait par la tête -quoi que je m'étais bien calmée depuis que Koma était entré dans ma vie, et dernièrement avec mon emprisonnement chez les pantins-, ma fierté me rappelait toujours à l'ordre. D'autant plus que je faisais désormais parti de la tête de Kumo, alors je ne pouvais pas me permettre que l'on me prenne pour une bouffonne de dernier degré. D'accord, c'était trop tard, mais bon. Ce que je ne pouvais pas acquérir par la parole, je le faisais avec deux trois paires de baffes bien méritées. Je regardais la petite avec un air blasé, me demandant ce qu'il fallait que je fasse. Que je l'assomme ? Non, je ne frappais pas les enfants. La trainer de force au village était une option favorable à mes yeux, même si la tigresse tapie au fond d'elle grondait et avait sorti les griffes. Je poussai un long soupire, et la soulevai à peine en commençant à marcher. Si elle ne voulait pas finir pendue, il fallait qu'elle marche sur la pointe des pieds. Oh, elle pouvait bien tenter de me mordre si elle voulait, j'avais déjà vécu bien pire.

    "Arrête de remuer dans tous les sens, tu te fais du mal... Tu sais bien que tu ne pourras pas te barrer... Puis merde, pourquoi tu veux pas me dire où tu habites ? Tu pourrais au moins l'ouvrir pour protester un peu, t'es muette ou quoi ??!"

    A peine ces mots prononcés, je me fis violemment projeter en avant. Non pas comme si on m'avait poussé, mais véritablement foutu un puissant coup de pied au cul. Sous la surprise, je lâchai le col de la petite pour me retrouver à terre dans un juron. Je pris appuie dans la boue, sur mes mains afin de faire volte face, et réatterir habilement sur mes pieds, les jambes pliées. M'attendant à voir un adversaire en face de moi, j'étais à moitié en garde, en m'efforçant de ne pas choir en arrière. Mais rien, juste de la pluie et une petite peste. En y repensant, il y avait ce bruit de grelot. De la magie une fois de plus ? Pour couronner le tout, la foudre tomba non loin, me faisant faire un bond de trois kilomètres de haut, voir plus encore. Tout doucement, je sentais mon corps se réchauffer malgré ma chair de poule. Je sentais chaque mouvement de mon corps, chaque battement de mon cœur. Une petite veine commençait à battre sur ma tempe, annonciatrice d'un énervement habituel. C'était mort. On est lunatique ou on l'est pas, et là, j'étais en rogne. Je me remis sur mes jambes sans demander mon reste, les dents serrées, à chercher autour de moi. La gamine.. C'était elle qui avait fait je ne savais quel tour, et ça commençait à sacrément me les briser. Ne me demandez pas comment je le savais, ce n'était pas vrai, je l'avais simplement supposé, comme j'aurais pu mettre ça sur le dos d'un dieu tout puissant si seulement j'avais été un minimum croyante. " Peste !" Elle en avait profité pour se faire la malle. En regardant autour de moi, malgré la pluie, je parvins à la distinguer un peu plus loin. Celle là, on ne me la faisait pas. Tel un taureau en furie, je fonçai sur elle, jusqu'à la dépasser et lui barrer le chemin. "Petite emmerdeuse, tu commences à sévèrement me les briser !" J'avais plus aboyé ces mots que je n'avais parlé. J'enlaçai son cou de mes doigts rageurs, en tâchant malgré tout de ne pas lui faire de mal, puis la forçai à me regarder dans les yeux.

    "Dors."

    Comment avoir la paix en deux minutes, grâce à un magnifique petit genjutsu qui me permit de l'endormir en l'espace de quelques secondes. Enfin la paix, s'en fut presque jouissif. Je relâchai la pression de ma main, et la laissai tomber mollement sur le sol. Tout était détrempé, elle ne risquait pas de se faire mal, et moi, j'avais besoin de m'en griller une. Je sortis une clope à peu près intact de ma poche, et la portai à ma bouche avant de l'allumer, en la protégeant de l'une de mes deux mains. Après l'avoir allumé, je tirai une longue bouffée dessus, et put me détendre un minimum. Et je retirai ma main. Et là, ce fut le drame. Mon précieux s'éteignit, et la foudre retomba non loin. J'attrapai mon tube de nicotine d'un air rageur, me mit à hurler contre ce damné ciel qui semblait prendre un malin plaisir à se foutre de moi, et jetai mon artefact par terre. Tant pis, fallait que je file d'ici. Je pris l'enfant par ses fringues, et la mis sur l'une de mes épaules. Là, je me rendis compte de mon erreur. Ce n'était pas que de la boue qu'elle avait d'accroché aux vêtements, il y avait aussi une odeur... infecte qui s'échappait de son être. Bon sang, je pensais qu'il n'y avait que les chiens pour se rouler dans les rejets de leurs semblables. Fallait croire que non. J'haussai les épaules, puis couru vers les portes. Là-bas, j'engueulais les gardes pendant deux bonnes minutes, en faisant valoir mon grade. Ça avait du bon de pouvoir crier sur quelqu'un, et de voir leur mine déconfite. Ils n'avaient rien à me répondre, j'étais leur supérieure. De quoi flatter mon égo, mais surtout me calmer un tantinet. Et pourtant, ce ne fut pas suffisant, je filais dans le village en pestant. Pour une petite balade tranquille sans embrouille, juste de quoi changer d'air et tâcher de combattre ma phobie, j'avais tout faux.

    Une fois prostrée devant chez moi, dégoulinante d'eau de pluie, je me demandais ce que je faisais. Pourquoi je prenais la peine de la ramener chez moi, alors qu'il m'aurait suffit de la coller dans les bras d'un autre pour qu'il s'en charge. Aucune idée, peut-être l'esprit maternel, ou bien l'envie de savoir qui elle était. Je luttai pour ne pas coller un coup de pied dans la porte pour l'ouvrir, et pris la peine d'employer les moyens traditionnels -à savoir abaisser la poignée puis pousser en suivant, et la refermer dans un élan de grande bonté sans la claquer-. "C'est moi... Avec un paquet puant sur l'épaule." Rien n'était plus vrai. Elle allait avoir besoin d'une douche, et moi aussi dans le même temps. Mais avant tout, il fallait que je la réveille. Et que je l'endorme de nouveau si elle s'agitait de nouveau, j'étais plus d'humeur pour essayer de marchander un minimum de civilité avec une peste qui avait enfreint les règles du village. J'allai en de grandes enjambées dans la cuisine, et résistai une nouvelle fois à l'une de mes pulsions. Au lieu de lâcher tout bêtement le corps inerte, je pris soin de la déposer délicatement à terre, sur le carrelage gelé. La contemplant l'espace de quelques secondes, je la laissai ainsi, le temps d'arriver. J'attrapai une bière dans le frigo, une clope dans un paquet sec déposé sur l'une des étagères et l'allumai, bien que je savais pertinemment que Koma n'aimait pas ça. Tant pis, de toute manière vu l'odeur qu'on laissait derrière nous -les deux femelles-, je n'étais plus à ça près. Je pris place sur une chaise, dossier dirigé vers Tilika sans ne me soucier du fait qu'il y ai du mouvement ou non dans la pièce, les avant-bras posés mollement sur le bois. Une gorgée, une taffe, un rot. Je prenais toujours soin d'avoir un minimum de tenue en présence d'autrui, mais je crois bien que dans l'état dans lequel j'étais, j'en avais rien à foutre. Il y aurait pu y avoir une réunion des Kages de tous les pays possibles et imaginables que ça aurait été la même.

    "Ce truc griffe, se débat, fait de la magie... Qu'est ce qu'elle va encore me sortir la peste."

    Les yeux dans le vague, je remuais lentement la tête, et ôtai mon emprise sur son esprit. Il ne me restait plus qu'à attendre qu'elle se réveille, chose qui ne serait sans doute pas longue étant donné que ce n'était pas un sommeil comme un autre. J'espérais juste qu'elle ne fasse pas un autre caca nerveux, vu que je ne voulais pas la frapper, je risquais fort de lui hurler dessus. Mais à quoi bon, elle n'en aurait certainement rien à faire. Je n'étais pas sa mère, ni rien pour elle, et la hiérarchie n'importait pas à son âge qui semblait bien juvénile, beaucoup trop pour se retrouver seule hors des murs du village.
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Kaguya Koma
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MessageSujet: Re: On joue à chat?   Sam 26 Déc 2009, 16:24

Le tonnerre retentit une nouvelle fois, suivant l’éclair qui avait zébré le ciel quelques instants plus tôt. Mon regard tourné vers la fenêtre fermée qui me donnait une vue parfaite sur le déluge qui sévissait dehors. Un temps à ne pas mettre un pied dehors et a rester bien emmitouflé dans ses couvertures en observant d’un œil fasciné le spectacle de l’orage, de ses sons et lumières et de la beauté brutale de la nature ravivant ses droits sur la terre. Face à cela, que pouvait bien être des petits humains, insignifiantes fourmis que nous étions ? Même les ninja étaient bien moins magique que cela, malgré leur pouvoir sur la nature…Je ne connaissais pas les limites de la puissance des shinobi, mais il me semblait que aucun d’entre eux ne pourrait faire spectacle aussi beau et aussi puissant que celui que j’observai depuis ma chambre.

Je secouai la tête pour me réinteresser à ce que je faisais, c'est-à-dire, lire. Une occupation comme une autre en cette fin d’après midi lorsque l’on était seul, Raï étant de sortie malgré le déluge. J’aurai put invoquer Namima pour me tenir compagnie mais la pauvre avait bien d’autre chose à faire que de se plier au moindre de mes caprices. Et puis cette lecture était intéressante, présentant de façon plus précise le monde dans lequel je m’étais engagé. Et surtout les différentes compétences que pouvaient apprendre les ninja.
Depuis que j’avais parlé avec le tuteur de mon amie, ses mots avaient fait leur chemin dans mon esprit et aujourd’hui, j’y voyais un peu plus clair. Soigner. Aider. Il y avait des compétences chez les shinobi qui permettait cela, notamment si je choisissais la voie du medical nin. Pouvoir soigner les autres et être un soutien pour mon équipe…C’était ça que je visai depuis tant de temps ! Si je possédai cette compétence, alors je pourrai aider même si je ne me protégeai pas forcement. Peut être que je devrai demander à Raï de m’apprendre quelques genjutsu…J’hésitai encore sur plusieurs points. Déjà parce que je ne voulais pas faire perdre du temps à ma tutrice même si elle m’avait déjà signifié que ce n’était pas un problème et que justement, je ne devrai pas hésiter à lui demander. Mais la seconde raison était un peu plus forte, puisqu’elle concernait la capacité en elle-même. Je savais que le genjutsu était l’art des illusions, et qu’en cela, en l’utilisant, on ne faisait pas de blessures physique à l’adversaire…Mais les blessures psychiques étaient bien plus perfides et moi-même, je le savais pour en posséder des traces, même si elles n’avaient pas été créer par un genjutsu. Mais comme pour toutes les techniques, il y avait autant des illusions offensives que défensives, celles-ci ne traumatisant pas l’esprit qui les subissait mais les entravant seulement.
Je soupirai en arrivant à la fin de ma page alors que mes réflexions personnelles prenaient le pas sur ma lecture. Sans doute avais je trop d’apriori, mais le genjutsu me semblait être une violation pure et simple de l’esprit, et je devais avouer que cela ne m’enchantai guère. Même si créer des illusions semblaient, en soi, très séducteur. Mon imagination parfois un peu trop débordante pourrait au moins être utile à quelque chose de pratique.
Peut être que je devrai en parler à Raï…Ou bien à un autre genjutsu-ka qui pourrait m’en apprendre un peu plus sur son art. Je me ferai sans doute une meilleur idée comme cela…J’essayerai de faire de même avec le medical nin, même si j’avais beaucoup moins d’hésitation de ce coté là puisque me restreignant simplement à une utilisation pour soigner. Je pourrai sans doute faire de même avec le genjutsu, utiliser que ce qui me semblera correcte à mes yeux… ?

Je secouai la tête de droite à gauche pour m’ôter ses pensées parasites alors qu’au même instant, la voix de Raï résonnait dans l’appartement. J’haussai un sourcil surprit alors que je refermai mon bouquin pour aller à sa rencontre après l’avoir déposé sur ma table de chevet. Sorti de ma chambre, je ne vis personne dans le salon – mise à part des traces d’eau et de boue qui me fit comprendre facilement que Raï c’était prit une bonne douche et que le sol devait être particulièrement glissant – alors je me dirigeai vers les bruits – l’odeur également…pas une bonne odeur de pluie mais…autre chose. Je grimaçai malgré moi.

J’allais dans la cuisine et fut accueillit par une scène sortant directement de la quatrième dimension. Raï assise sur une chaise – rien de surprenant en soi – mais au vu de son état boueux et trempé, du fait qu’elle fumait à l’intérieur – ce qu’elle ne faisait jamais – qu’elle buvait en plus…J’en conclu rapidement que tout n’allait pas pour le mieux. Une nouvelle grimace plus tard à cause de la fumée – en plus du reste – et mon regard tomba sur ce que ma tutrice observait.
Un hoquet de surprise ébranla mon corps lorsque je la remarquai.

« Tilika ! »

C’était sorti tout seul, et je savais que ça ne pouvait être qu’elle-même malgré la boue et la pluie qui la recouvrait. Je reconnaitrai ses cheveux parme et son visage entre mille autres. Alors sans me poser davantage de question, je me précipitai vers elle, ignorant la réaction de Raï si réaction elle avait eut à ma venue soudaine. L’inquiétude m’avait fait oublier tout le reste. M’agenouillant à ses cotés, avec une hésitation rapidement écarté par l’angoisse, je posai la paume de ma main sur sa joue. Elle était froide et mouillée, mais au moins elle respirait. Une tension dont je n’avais pas eut immédiatement s’envola en partie mais pas suffisamment pour m’empêcher d’angoisser. C’était comme si elle dormait…Sur du carrelage froid, trempée et boueuse. De quoi attraper une pneumonie en une nuit pour une petite fille de son âge. Ne sachant vraiment que faire devant cette situation, je fis ce qui me semblait le plus important. Avec précaution et douceur, j’installai la tête de la fillette inconsciente – ou plus pour longtemps – sur mes cuisses, l’observant toujours avec une lueur d’inquiétude.

« Tilika… ? Tilika est ce que ça va ? »

Je couvris sa petite main de la mienne, plus chaude.
Je redressai la tête vers Raï que mon esprit venait de remettre en place dans la pièce.

« Qu’est ce qui s’est passé ? »

Lâchais-je un peu brutalement à l’intention de Raï, sans doute avec une once de reproche inhabituelle dans la voix. Je ne savais pas ce qui c’était passé, mais laisser la petite fille ainsi sur le sol carrelé ne ressemblait pas à ma tutrice…Pauvre petite Tilika…
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Moana Tilika
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MessageSujet: Re: On joue à chat?   Sam 26 Déc 2009, 21:33

Peste et emmerdeuse furent les derniers mots qu'entendit Tilika avant de se retrouver face à la kunoïchi qui, l'air plutôt énervé, lui donna un seul ordre... « Dors » En un clin d'œil, et plus rapidement sans doute que jamais auparavant, si épuisée aurait-elle pu être, Tilika sombra dans un sommeil profond, instantané, irrésistible. Tout se fit noir autour d'elle, le ciel sombre et parsemé d'éclairs lumineux et de pluie disparut, ainsi que l'image de son interlocutrice et babysitter malgré elle.

* Que... Qu'est-ce qui m'arrive? Je... suis où...? *

Debout au milieu de nulle part, entourée de ténèbres uniquement, la fillette avait l'impression de rêver. Oui, c'était cela, en fait. Elle ne s'expliquait ni comment, ni pourquoi, mais elle dormait. Et, comme à chaque fois que le sommeil la gagnait, elle allait se voir propulsée, de gré ou de force, dans un songe, probablement celui d'une tierce personne, pour ne pas déroger aux vieilles habitudes de sa foutue malédiction.

* Non! Je veux pas! Je veux pas dormir! Je veux pas rêver! Y a pas de raison, en pleine après-midi!!! Pourquoi je me suis endormie? Khanuk!!! Au secours! *

Le décor apparut, peu à peu, les ténèbres environnantes cédant leur place au songe qui commençait. Quoi que veuille ou désire l'enfant, elle venait de subir ce qui, pour elle, devrait représenter le pire des genjutsu: celui qui la menait droit aux royaumes des songes, qu'elle préférait fuir autant que possible. Elle devait subir les rêves et cauchemars des autres chaque nuit; n'était-ce pas déjà suffisant? Fallait-il encore qu'on l'y envoie en plein jour, à présent... Et comme elle avait renvoyé Khanuk, celui-ci n'ayant sans doute pas non plus prévu ce genre de coup, il ne pouvait l'aider, retourné dans son monde immédiatement après avoir fait valser la kunoïchi dans la gadoue, sur demande de sa petite invocatrice. Avant de s'endormir, chaque soir, Tilika faisait appel à son ami de laine, qui veillait alors, dans la mesure de ses possibilités, à ce qu'elle ne passe pas de nuits trop affreuses dans les songes d'autrui. Mais dans le présent cas, il n'avait pas pensé un instant que sa petite protégée serait envoyée ainsi au pays des songes. Assommée, à la limite, mais le genjutsu, Khanuk n'y avait fichtrement pas pensé, malheureusement pour Tilika...

* Khanuuuk!!! *

Sur l'épaule de Raï, durant le trajet, le petit corps endormi s'agita, un peu, puis un peu plus. Rien de bien méchant ni qui puisse vraiment gêner la kunoïchi dans sa démarche, des plaines foudroyées à chez elle, en somme. Elle dormait, après tout, plongée dans un sommeil forcé suite au jutsu illusoire que lui avait balancé la jeune femme, ne supportant plus le caractère de la petite et son refus d'obéir et de se montrer sage. Seules ses paupières vibrant sous l'effet des images vues et vécues dans ses songes, ainsi que les léger soubresauts de son petit corps, laissaient deviner qu'elle rêvait. Mais quelle inquiétude pouvait avoir la kunoïchi pour si peu? Rêver, c'était normal, lorsqu'on dormait, après tout, non? Tout le monde rêvait, dans son sommeil, qu'il s'en souvienne au réveil ou pas. Et forcément, Raï ne pouvait pas deviner que pour sa jeune captive, les songes ne représentaient pas de simples tableaux illusoires issus de son esprit à elle, mais un danger réel, quotidien, qu'elle devait fuir ou affronter, selon les circonstances, pour survivre...

Froid. Tilika grelottait, frigorifiée. Son cauchemar, ou plus précisément celui du Rêveur dans le songe duquel avait atterrit la pauvre gamine, cette fois, n'avait rien de bien rassurant, et les sensations vécues par son petit corps trempé posé sur le carrelage de la cuisine de Raï jouant sur ses sensations dans le songe ne la rassuraient pas davantage. Elle fuyait, tentait de se cacher, mais ses pas ne la portaient nulle part. Où qu'elle tente de courir, la boue sous ses pieds la faisait tant et tant glisser qu'elle courrait en fait sur place, s'effondrait dans une surface meuble, froide et presque gluante, humide, tandis que son corps tout entier lui paraissait de plus en plus lourd et visqueux. Pour Raï et Koma, elle s'agitait, simplement en train de rêver, endormie sur le sol de la cuisine. Tilika s'était repliée sur elle-même, dans une attitude angoissée face à l'ennemi de son rêve, qui la rattrapait quoi qu'elle tente. Si elle avait pu gémir ou crier, sans doute l'aurait-elle fait, au vu de l'expression de son visage, qui devenait de plus en plus stressée, angoissée, inquiète.
Puis, quelque chose s'empara de sa tête, doucement, délicatement. Le contact était chaud et agréable, mais, dans son rêve, ce qui s'emparait de son crâne n'avait rien de bien rassurant, et dans les bras de Koma, la fillette eut un vif soubresaut lorsqu'il tenta de mieux l'installer. Il l'appelait, tentait de la faire revenir à elle... Dans le songe, une voix lointaine s'était faite entendre, floue, d'abord, puis de plus en plus nette...

Loin de se formaliser à l'idée d'un contact avec son amie ainsi arrangée, trempée, dégoulinante de boue et le bas de son pantalon ainsi que ses chaussures empestant encore le contenu des égouts traversés pour sortir incognito du village, Koma tentait de l'éveiller, de la réconforter. Elle aurait sans nul doute besoin d'une douche chaude et de beaucoup de savon, ainsi que de vêtements propres et secs, si elle ne voulait pas attraper la crève de sa vie, c'était certain. Mais pour l'heure, Tilika ne pensait même pas à ces détails, insignifiant pour elle. Seule comptait cette lumière, là-bas, comme une porte de secours menant hors du songe de ce Rêveur, duquel elle resterait prisonnière jusqu'à ce qu'il s'éveille, lui, ou que quelqu'un la réveille, elle...

* K... Koma... kun...? *

Elle tremblait, et sa main, que le jeune garçon avait prise dans la sienne, se referma soudain sur la sienne, comme pour s'y accrocher. Tendue, elle faisait la grimace, comme très concentrée, cherchant à atteindre un objectif difficile. Sortir du songe d'un autre Rêveur qu'elle-même relevait de l'exploit, pour elle. Sans la voix de Koma pour la guider, sans doute n'y serait-elle pas parvenue, même si Raï avait brisé son genjutsu d'un kaï, avant que le Rêveur en question ne se soit éveillé ou n'ait terminé le dit songe. Mais grâce à la voix de son ami, Tilika venait de trouver la 'porte de secours' et de l'emprunter. Doucement, elle ouvrit les yeux...

Elle ne savait pas ce qui lui était arrivé. Elle n'avait pas compris ce que lui avait fait la kunoïchi. Et à première vue, alors qu'elle émergeait péniblement, s'extirpant tant bien que mal du songe, grâce à cette voix qui l'en avait sortie en la guidant, Tilika n'apercevait plus l'ennemie... Il n'y avait que Koma, juste-au-dessus d'elle. Il ne la regardait plus, s'adressant à quelqu'un d'autre. Mais Tilika s'en moquait. Elle avait eu peur, elle avait sombré dans un songe qui, une fois de plus, n'était ni le sien, ni agréable, encore moins rassurant. Alors, sans autre forme de procès, elle se jeta soudain dans les bras du gamin, s'accrochant à lui comme à une bouée de sauvetage, tandis que, tremblant de la tête au pieds, tant de froid que de la frayeur tout juste passée, elle se remettait de ses émotions, revenant lentement, mais sûrement, à la réalité. Lorsqu'elle se rendrait compte de la présence de 'l'ennemie' sur les mêmes lieux qu'elle et Koma, sans doute Tilika réagirait-elle autrement. Mais pour l'heure, elle sortait d'un nouveau cauchemar, et n'aurait pas pu espérer présence plus agréable, rassurante, familière et chaleureuse que celle de son 'seul et unique ami à deux pattes'. Toute son attention n'était portée que sur lui... pour le moment.

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Ilyena Raï
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MessageSujet: Re: On joue à chat?   Lun 28 Déc 2009, 01:36

    J'avais relevé la tête en entendant Koma débarquer dans la cuisine, sans ne dire un mot. La lumière était encore allumée dans mon esprit, mais il n'y avait plus personne pour ouvrir la porte. Je buvais et fumais dans une lenteur atroce, comme si le fait de bouger me couter beaucoup. J'étais ailleurs, perdue dans un univers vaste et blanc, sans aucune pensée pour troubler le regard vide qui habitait mes prunelles en cet instant. J'observai sans réellement comprendre... Koma semblait connaître la petite, mais je ne le compris pas sur le moment. Je regardais avec un désintérêt complet, comme déconnectée de la réalité. Je me sentais flotter dans les airs, comme si quelqu'un avait actionné un interrupteur directement relié à mon corps. Le ton qu'employa le petit à mon encontre me fit cependant l'effet d'une épée glacée s'enfonçant dans mon cœur bien que je n'en laissais rien paraitre. Le visage dénué de tout sentiment, je le fixai droit dans les yeux. La bouteille de bière alla trouver sa place sur la table posée à mes cotés, et ma main libre fila dans l'air. Un bruit de puissante claque retentit dans tout l'appartement, offrant aux yeux de tous la trace d'une main sur une joue. La mienne, en une magnifique trace rouge. Je devais reprendre mes esprits, et pourtant je n'y parvenais pas. C'était comme si j'étais complètement shootée, bourrée de médicaments et que mon âme menaçait de s'échapper de mon être.

    "..."

    Sans répondre ou même émettre le moindre son, je détournai le regard puis me mis debout. Là, je me dirigeai hors de la pièce pour rejoindre ma chambre, et y attraper une couverture. Toute pensée avait déserté de ma tête, et pourtant je continuais à agir comme un automate sous le commandement de ma conscience. Une fois de retour à coté des deux petits -deux ou trois dizaines de secondes après mon départ-, je dépliai le linge propre et l'étendit sur la dénommée Tilika. Elle devait avoir froid, mais je m'en fichai, curieusement. Elle que j'avais tiré des griffes du froid et du danger, là au-delà des murs de Kumo, avait complètement quitté mon attention. Pourquoi l'avoir sauvée pour la laisser ainsi, ruisselante sur le sol gelé d'une cuisine. Peut-être que l'orage agissait sur mon esprit, ou bien tout autre chose. L'assaut de mes souvenirs longtemps refoulés, puis recherchés, pour enfin regretter que la mémoire soit de nouveau en moi. Je partis me rassoir en reprenant ma position initiale, bouteille et clope réparties dans leur main respective. J'ouvris la bouche pour articuler quelques mots d'une voix monocorde, pendant que Tilika reprenait conscience. "Je l'ai trouvée dehors, sous la pluie. Je l'ai suivit un peu, puisqu'elle a l'air bien trop jeune pour se balader toute seule. Ces crétins ont du la laisser sortir sans faire gaffe... Elle a croisé un type, et je les ai écouté parler." Je n'avais pas entendu la gamine, mais vu le temps de merde, il était probable que sa voix n'ait pas pu porter jusqu'à mes oreilles. Et puis, ce n'était pas marqué sur son front qu'elle était muette, je n'en savais foutrement rien. "Je le connaissais pas ce mec, mais bon. Il s'est barré maintenant, et j'ai voulu la ramener au village. Sauf que c'est une peste qui n'a pas voulu se laisser faire, donc je l'ai juste endormie avec un genjutsu rassure toi, elle n'a rien de mal. Et comme je sais pas où elle crèche, je l'ai ramenée ici histoire qu'elle choppe pas la mort." Je me tus, reprenant une gorgée de mon nectar divin.

    Je détournai une nouvelle fois le regard, pour le poser sur la bouteille tout juste relevée devant ma tête. Je restais à la contempler l'espace de quelques secondes, sans ciller. Ma voix se fit de nouveau entendre, plus dans un murmure pour moi-même, mais audible pour le reste de l'assemblée. "P'tain... Tu parles un exemple d'adulte responsable... T'es vraiment ... pitoyable.." Ma cigarette passa par le goulot de la bouteille pour aller s'éteindre dans la moitié de liquide restant, et le contenant vola à travers la pièce, en direction de la poubelle. J'avais dans l'idée de faire un panier si l'on pu dire, mais je ratais mon coup. Elle tapa sur le mur avant d'atterrir sur le sol -sans casse fort heureusement-, déversant une bonne partie de liquide jaunâtre et moussant par terre. "Et merde..." Toujours avec cette même lassitude dans la voix, je jurai d'une manière brève. Mon visage partit se perdre dans les paumes de mes mains, frottant mes yeux du mieux que je pus en soupirant. Je ne comprenais pas tout à fait pourquoi j'étais ainsi, comme dans une sorte de transe de laquelle je ne parvenais pas à me sortir. Je me sentais lasse, épuisée. Finalement, mon attention se reporta sur Koma, mes yeux rougis partant à la recherche de son regard. "Tu la connais la gamine ?" Ça avait l'air d'être le cas, mais je préférais tout de même m'en assurer. Au moins, ça serait moins chiant pour retrouver son lieu de vie, vu à quel point elle semblait coopérative dans les plaines.
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Kaguya Koma
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MessageSujet: Re: On joue à chat?   Lun 28 Déc 2009, 15:39

A tête reposé, sans doute que j’allais regrette le ton que j’avais employé à l’encontre de ma tutrice, un peu dur, sec, totalement différent de mes habitudes. J’étais calme, passif, mon ton restait souvent égale ou emprunt d’émotion plus enfantine et douce…Mais à cet instant, je m’en moquais, dans mon esprit, l’état de la fillette étant prioritaire dans mon esprit. Elle était gelée, couchée à même un sol trop froid, mouillée et boueuse et laissée là devant le regard absent de Raï…Ce n’était pas normal, tant pour la petite fille que pour le comportement de la kunoichi. Et celui-ci continua à être anormal…Je sursautais brusquement lorsque j’entendis et vis la jeune femme se gifler violement la joue après qu’elle ait posé sa bouteille. Rien n’aurait put me surprendre davantage et c’est à ce moment même, noyé dans l’incompréhension que je regrettai en partie mon ton dur. Elle n’allait pas l’air d’aller bien…Et c’était le moins que je pouvais dire au vu de son comportement ! Mais bien avant que j’ai pu m’excuser ou lui demander ce qui n’allait pas, elle était partie et moi-même j’avais autre chose à penser puisque Tilika c’était réveillée…Une nouvelle bouffée de surprise envahit mon corps qui se tendit de manière imperceptible avant de se calmer un peu et de remettre toutes les informations à leurs places. Elle s’était jetée dans mes bras, apeurée, tremblante de tout son corps me rappelant ce qu’il s’était passé dans ce songes...Mais aujourd’hui, je ne dormais pas. C’était vrai, aussi improbable cela pouvait il être à mes yeux. Je laissai mes interrogations sur son état et sa peur de coté. Dans tous les cas, elle n’aurait pas put y répondre…Et me contentai je, un peu maladroit de refermer l’étreinte qu’elle avait de nouveau provoqué pour la rassurer avec mes maigres moyens.

« Ça va Tilika. Tout va bien maintenant…Tout va bien… Ne t’inquiète pas, il ne t’arrivera plus rien maintenant… »


Même si je ne connaissais pas les raisons de sa frayeur, de son trouble, je tentai de l’apaiser par des mots vide de sens mais qui comblaient en partie le silence qui c’était installé suite au départ de Raï. Au moins mon ton avait il retrouvé son timbre normal, doux, que je souhaitai apaisant pour ramener le calme dans l’esprit de l’enfant qui avait besoin de cette aide. N’avais je pas dis que je protégerai son cœur ? Lui qui avait l’air à cet instant si blessé…Troublé.

Lorsque Raï revint – en réalité, bien peu de temps s’était déroulé, mais je n’en avais pas la même conscience – elle amena avec elle une couverture qu’elle déposa sur mon amie. Elle serait aussi sale que moi, mais au moins, elle aurait un peu plus chaud. Je récupérais un bout du linge pour bien emmitoufler la fillette dedans, desserrant mon étreinte pour passer mes bras aux dessus de la couverture pour qu’elle couvre totalement le corps glacé de la petite.

Et puis finalement…Raï ce décida à parler. Sa voix me fit sursauter, perçant la bulle dans laquelle je m’étais retranché pour m’occuper de Tilika, et je redressai la tête vers elle comme si j’avais besoin de la voir pour comprendre ses paroles. Ça confirmait au moins que la petite avait bien été dehors – tout comme Raï – mais dans dehors, elle parlait du « en dehors du village ». Je mis plusieurs minutes avant de comprendre cela et finalement, ses mots me firent froncer les sourcils et observer la fillette. Que faisait elle donc en dehors de Kumo ? C’était dangereux pourtant, et elle devait bien le savoir ! Encore, qu’elle se balade seule dans le village pouvait passer, au moins était elle un minimum à l’abri, mais en dehors de celui-ci, c’était de la folie ! Je ne doutais pas qu’elle était plutôt forte, mais elle n’était tout de même qu’une enfant au corps frêle et fragile, et qui jouait l’inconsciente !
Au moins…Je comprenais un peu mieux la situation surréaliste dans laquelle j’avais atterrit. Comme elle me semblait bien lointaine à présent mes réflexions sur les demandes que je voulais faire à Raï !
Et elle aussi disait que la fillette était une peste…Comme quoi, elle semblait l’être avec tout le monde…Mise à part moi. Peut être simplement qu’elle voulait faire tourner les adultes en bourriques ? Je chassai cette pensée…ce n’était pas le plus important pour le moment. Enfin peut être que c’était à cause de ça, en partie, qu’elle avait abandonnée la fillette au milieu du carrelage…Mais tout de même, ce n’était pas bien… Je me mordis la lèvre, hésitant sur ce que je devais faire.
Mais sans le savoir, de par son marmonnement, elle me fit choisir.

« Ne dis pas ça Raï… »


Je ne parlais pas fort, au moins autant qu’elle tout du moins.
Puis par la suite, la jeune femme me questionna. Une question tout à fait légitime. J’observais la fillette entre mes bras qui se calmait puis relevais ma tête vers ma tutrice. Je ne savais pas vraiment quoi dire sur elle…j’en savais bien peu sur elle malgré qu’elle soit mon amie. Mais c’était grâce à elle que j’avais réussit à changer…entre autre chose.

« Oui. Elle s’appelle Tilika… C’est mon amie. »
je fis une courte pause avant de préciser, un peu hésitant. « Elle…Elle est muette tu sais, alors c’est peut être pour ça que…qu’elle ne t’a rien dit. Je ne sais pas où elle habite, mais je connais son tuteur…Même si…Même si ça ne sert à rien en fait, vu que je ne sais pas non plus où il habite… »

Mon regard se baissa sur la petite fille. Ce n’était peut être pas le plus urgent…

« Tilika… ? Ça va mieux ? »

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Moana Tilika
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MessageSujet: Re: On joue à chat?   Lun 28 Déc 2009, 21:30

Des mots doux, rassurant, émanant de cet ami de confiance, mêlés à d'autres, plus agressifs, sortis d'une toute autre bouche... Tilika revenait lentement à la réalité, tremblant de moins en moins, se remettant de ses émotions. Se souvenant soudain de l'état de ses vêtements, trempés et dégoûtants, elle s'écarta vivement de Koma, le relâchant et reculant à un bon mètre de lui. Son regard, presque affolé, examina l'étendue des dégâts avec une honte qui venait d'offrir une couleur rose fushia à tout son visage à elle. A cause d'elle, voilà que Koma était lui aussi trempé et sale! Tilika était tout bonnement honteuse, terriblement gênée à la vue de son ami ainsi souillé suite à ses bêtises à elle... Et elle ne pouvait même pas s'excuser. Il ne comprenait pas le langage des signes, et son carnet... Trempé, déchiré, il devait encore gésir quelque part dans la boue des plaines foudroyées, là où il lui avait échappé des mains. Se mordillant la lèvre, Tilika réfléchit à toute vitesse à la conduite à adopter, dès lors, pour montrer à Koma à quel point elle était désolée de l'avoir mis dans cet état. Instinctivement, son regard se porta sur la couverture qui la recouvrait, elle aussi souillée, mais moins que ses vêtements ou ceux de Koma. Elle l'attrapa, et revint vers Koma, lui essuyant maladroitement sa tenue avec un morceau propre et sec de cette couverture. Il comprendrait le message, elle en était sûre. De toutes façons, il devrait se changer, tout comme elle avait bien besoin d'une toilette complète et de vêtements propres et secs. Tout comme l'autre...

L'autre? Tilt! Tilika venait de se rappeler qu'elle n'était pas arrivée ici toute seule! Et qu'une autre voix se faisait entendre dans cette pièce inconnue, moins agréable à son oreille que celle de son jeune ami. Aussitôt, le regard de la fillette se porta sur... Raï, toujours assise à califourchon sur sa chaise, à l'envers, les bras posés sur son dossier, et tenant en chaque main une chose tout aussi désagréable l'une que l'autre dans l'effet qu'elles avaient sur leurs consommateurs et leur entourage: du tabac et de l'alcool. Se dressant d'un bond sur ses pieds, Tilika fonça, et se plaça entre Koma et Raï. Elle ignorait où elle se trouvait, et ce que Koma faisait ici, pas plus qu'elle ne savait qui était cette kunoïchi et où elle l'avait ramenée. Tout ce que savait Tilika, c'était que cette bonne femme l'avait bien emmerdée, plus tôt, et l'avait ramenée de force au village. Et qu'à présent, elle fumait et buvait, son regard un peu flou et une odeur désagréable de tabac et d'alcool émanant d'elle. Quoi qu'il en soit, la fillette avait agit avec spontanéité, rapidité et instinct. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle se trouvait dans une pièce, une cuisine inconnue, avec Koma derrière elle, à protéger, et cette femme devant, qui possédait un étrange pouvoir vous endormant sur place sans que vous ne puissiez rien y faire.

* Bon. On est où? Chez elle, je suppose... Vu qu'elle savait pas où j'habite, elle a pas pu me ramener chez Sarian Senseï. Et si elle m'avait laissée ailleurs, elle serait pas restée, si? Donc on doit être... chez elle. Mais alors... Qu'est-ce que Koma fait ici??? Et... *

Et quoi? Un détail, un rien, qui la titillait. En y pensant, en se concentrant un peu sur ce qu'elle avait vaguement entendu précédemment, les deux semblaient se connaître. Était-ce possible? Tilika n'avait que très peu suivi leur conversation, n'ayant que répondu à la dernière question de Koma par un timide hochement de tête affirmatif. Oui, elle allait mieux. Et comme toujours, elle avait vite repris du poil de la bête... A présent, elle tentai d'analyser sa situation, de comprendre ce qui se passait exactement.

Tilika s'était retrouvée hors de l'enceinte du village, sur sa propre décision et volonté. Elle y avait croisé un homme étrange, et cette femme s'était rameutée juste après, faisant alors partir le type. Puis elle avait embarqué Tilika pour la ramener au village, sauf que la fillette n'était pas consentante. Elle s'était débattue, avait demandé l'aide de Khanuk, avait cru pouvoir échapper à la kunoïchi l'espace d'un instant, puis, tout avait basculé. Elle l'avait rattrapée, s'était placée devant elle, et lui avait balancé un jutsu inconnu, qui l'avait instantanément plongée dans un sommeil forcé. Ensuite, Tilika avait erré dans un songe qu'elle préférait oublier au plus vite, et dont Koma l'avait finalement sortie, heureusement. Mais justement... Que faisait Koma ici, chez cette femme? L'avait-elle aussi récupéré quelque part où il ne devait pas se trouver, lui? Tilika en doutait fort. Ce n'était pas le genre du garçon, d'enfreindre les règles comme elle-même le faisait. Bon, ok, elle ne le connaissait pas depuis assez longtemps pour pouvoir l'affirmer, après tout, mais tout de même... Tilika doutait fort que Koma fut du genre à s'attirer des ennuis de cette façon. Et puis, ils se parlaient comme s'ils se connaissaient depuis un moment. Ils se tutoyaient familièrement. Koma ne connaissait pas beaucoup de monde à Kumo, si? Il n'y vivait que depuis peu... Sa tutrice, son senseï, et les élèves de sa classe à l'académie. C'étaient là les gens qu'il devait connaître, à peu près... Tilika savait que son senseï était un monsieur, du moins c'était ce qu'elle avait compris des explications de son ami. Et cette femme n'avait pas grand chose d'une aspirante de l'académie... Ne restait que sa tutrice.

Clignant des yeux, devenus ronds comme des soucoupes, Tilika laissa soudain tomber sa position de défense, pour fixer Koma. Puis Raï. Puis Koma. Puis Raï. Elle se fixa finalement sur le jeune garçon, interrogative, pointant du doigt en direction de Raï. Faute d'avoir un moyen de lui parler, sans son cahier, seul son stylo demeurant encore dans sa poche détrempée, Tilika l'interrogeait du regard. C'était qui, la dame? C'était elle, sa tutrice? Ils étaient chez lui, là...? Avec ses grands yeux ainsi écarquillées, la fillette était presque drôle à voir, toujours détrempée, puante et dégoûtante, mais encore en forme, à présent qu'elle avait complètement émergé de son inconscience. Décidément, le hasard faisait bizarrement les choses, dans ce village...

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MessageSujet: Re: On joue à chat?   Mer 30 Déc 2009, 00:51

    Je pris plusieurs longues inspirations successives, comme pour tenter de me calmer. Il fallait que je régule ma respiration, et que je calme les palpitations de mon cœur qui avaient accéléré de manière un peu trop brutale. Je n'étais pas encore prête à affronter les éléments de la sorte, en y ajoutant une petite pointe de colère. Là, je me sentais à plat, comme totalement vidée de toute énergie vitale nécessaire à ma survie. "Tilika..." Je n'en avais jamais entendu parlé, ou alors très brièvement, n'étant pas véritablement à jour quant aux derniers potins du village. Ma condamnation m'avait pas mal ébranlée, et je ne parvenais pas à penser à beaucoup d'autres choses en cette journée épouvantable, la fatigue me rongeant peu à peu. Je me sentis idiote lors d'un instant, quand Koma prononça le fait que la gamine était muette. Bah, dans un sens ça expliquait son manque de réponse, mais dans l'autre, elle avait du mal prendre mes paroles dans les plaines. Je ne pouvais pas savoir, et avec ma poisse habituelle ça n'avait pas loupé. "Je vois. J'irais faire un tour aux archives pour retrouver son adresse autrement." Un des avantages d'être en charge des interrogatoires et compagnie du village, les archives. Je pouvais y accéder lorsque je le voulais, même en plein milieu de la nuit si cela me plaisait. Cela ne m'avait jamais vraiment été utile, je pensais même que je ne m'y étais jamais rendue, ou peut-être une fois ou deux sans importance.

    Malgré mon regard éteint, les neurones étaient en route derrière, à chercher diverses solutions afin de résoudre la situation actuelle. Mes yeux seuls bougèrent vers Tilika et son activité soudaine, sans que mon corps ne daigne agir. J'avais la flemme de bouger, la flemme de parler, tel un automate d'où on aurait retiré les quelques piles. Un peu sourire amusé prit place sur mes lèvres, ils avaient l'air de bien s'entendre, et voir la gêne de la petite peste envers Koma m'amusait énormément, même si je n'en montrais rien. Si petite, et déjà une femme en quelque sorte. Par contre, je ne pus faire autre chose que hausser les sourcils en la voyant s'interposer entre nous, comme si j'étais une bête sauvage prête à s'abattre sur son protégé. Un petit rire s'échappa du fond de ma gorge, aussi bref qu'un coup de tonnerre. Plus une sorte de rictus incontrôlable qui s'acheva par un haussement d'épaule. "Vous avez l'air de former la paire tous les deux..." Double sens, ou pas. Au moins, la réaction inattendue de la gamine permit à mon esprit de passer la première au lieu de stagner au point mort, et aussi de me faire réagir. Je me remis debout, partant vers la poubelle pour ramasser la bouteille couchée sur le flan, et nettoyer la bière déversée sur le sol avec une éponge posée sur l'évier. Je fis mon petit ménage sans me préoccuper des deux enfants, bien que je pouvais encore les voir dans mon coin d'œil.

    En revenant et voyant Tilika faire bon nombre de mimiques, un flash me revint. Celle de la petite face à l'inconnu, une feuille à la main, et un carnet détrempé à terre aussi... Elle devait s'exprimer de cette manière, par la voie de l'écriture, il était vrai que bien peu de personnes parvenaient à communiquer via le langage des signes. "Bouge pas, j'vais te chercher un truc." Là qu'elle était avec Koma, je doutais qu'elle tente de s'échapper comme ça. Même si je ne la connaissais pas, je sentais comme un lien entre les deux, donc bon. Je sortis une nouvelle fois de la cuisine en passant devant Tilika sans pour autant la toucher, et aussi sans comprendre où elle voulait en venir. De toute manière, il ne me semblait pas que ce fut à moi qu'elle s'adressait. Face à un tiroir ouvert, je farfouillais à la recherche de papier et d'un stylo. Elle semblait jeune, mais je pensais qu'elle savait déjà écrire en vue de son handicap. Et puis même, peut-être était-elle plus âgée que ce que j'imaginais. Une fois munie d'un petit bloc de feuilles blanches et d'un critérium, je refis irruption dans la pièce tout juste quitté. Je posai mes affaires sur la table, avant de m'assoir de nouveau sur une chaise. "Tiens Tilika, pour toi." Ma colère était retombée, et je n'avais plus aucune raison de lui en vouloir. Ce n'était qu'une gamine, et je pouvais comprendre sa réaction. "Tu vas pouvoir m'expliquer ce que tu faisais dehors toute seule Tilika. Je pense que tu es consciente du fait que tu n'en as pas le droit..." Mes yeux dérivèrent sur l'état de la fillette, puis sur Koma, puis sur ma propre personne. A dire vrai, je commençais à avoir froid.

    "Enfin... Je pense qu'on va pouvoir aussi se changer avant de chopper la crève. On aura tout le temps de discuter après, mais faudra qu'on te ramène chez toi."

    Oui on, et mes yeux se posèrent sur Tilika. Elle m'avait l'air bien plus docile en présence de Koma, allez savoir pourquoi...
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MessageSujet: Re: On joue à chat?   Mer 30 Déc 2009, 15:50

Le comportement de la fillette me fit hausser un sourcil perplexe. Brusquement, elle s’était écartée de moi, rougissante, m’observant avec des yeux ronds parfaitement réveillée et je nageai dans un océan d’incompréhension…Au moins, je pouvais voir qu’elle allait plutôt bien, qu’elle n’était pas blessée et qu’elle avait reprit des couleurs, ce qui était déjà une bonne chose en soi. Elle ne pouvait pas m’expliquer ce qu’il se passait, aussi j’essayai de faire fonctionner mes méninges pour trouver la raison d’une telle réaction. Peut être qu’elle n’avait pas fait attention à ma présence…Qu’elle avait crue que j’étais quelqu’un d’autre ou autre chose du même acabit ? Je n’allais pas tarder à comprendre la raison de son nouveau trouble puisque la petite fille, après un mouvement d’hésitation, s’approcha de nouveau, couverture à la main pour tenter – en vain, elle étalait davantage la boue qu’elle ne la nettoyait – d’effacer de mon vêtement la salissure qu’elle avait provoquée par son état…cette fois ci, ce fut moi qui fut surpris, puis une fois que mes esprits furent repris, je la rassurai sur cette affaire qui semblait bien grave pour la petite fille...Ce qui était loin d’être le cas pour moi, même si j’allais devoir me changer rapidement.

« Ce n’est rien Tilika, ne t’inquiète pas, ce n’est que quelques tâches, rien qui ne partira pas au lavage ! Ton état est plus important. »


Et je le pensais réellement. Après tout, ce n’était que des vêtements ! Il était aisé de nettoyer ce genre de tâches boueuses malgré la teinte claire de ma tunique. Et puis la fillette était bien plus importante que quelques bouts de tissus, jamais un être vivant ne pourrait passer après un objet aussi pratique pouvait il être dans mon esprit. J’avais mes priorités alors elle n’avait pas à s’en vouloir pour une chose aussi stupide. Surtout que c’était moi qui avais en premier lieu entamé ce geste, c’est donc que c’était loin d’être un problème pour moi.
Mais au moins, Tilika était elle réveillée…Peut être un peu trop vive cependant, et j’espérai qu’elle ne présumait pas de ses forces bien que sur le coup, se fut davantage une nouvelle surprise qu’autre chose. Pourquoi se plaçait elle entre moi et Raï en me tournant le dos ? c’est vrai…Ma tutrice avait dit que la petite fille ne s’était pas montrée particulièrement obéissante, alors…Est-ce que Tilika croyait vraiment que Raï était une ennemie ou quelques choses du même genre ? Elle me…défendait face à ce qu’elle croyait être un adversaire dangereux au vu de ce qu’elle avait elle-même vécue. Cela me toucha et en même temps je ne pus m’empêcher d’en être gêné. Tilika n’était qu’une petite fille ! Même si elle était forte, c’était plus à lui qu’à elle de la protéger…
Je rougis malgré moi après les mots de la kunoïchi, peut être même davantage après son rire bref suite au comportement de la petite fille. Mais au moins, elle avait l’air un peu mieux, un peu moins vide que tout à l’heure…C’était tout de même, une bonne nouvelle, le monde semblant de nouveau tourner dans le bon sens dès cet instant.

Finalement, je me repris un peu pour me relever du sol froid alors que la fillette passait son regard de Raï à moi, puis de moi à Raï comme cherchant à comprendre, ou plutôt, n’étant pas certaine que ses conclusions soient bonnes. Il fallait que je lui explique, la pauvre semblait tellement perdue à cet instant, mais elle était également drôle malgré elle. Raï, elle, s’occupa de ramasser ce qu’elle avait fait tomber un peu plus tôt et je la laissai un peu de coté pour informer la petite fille perdue.

« Raï est ma tutrice Tilika. C’est elle qui m’a amener jusqu’à Kumo et qui s’occupe de moi depuis. Elle n’est pas méchante, elle avait juste peur pour toi. »
Ma voix prit une légère note de reproche pour la suite. « Tu sais que c’est dangereux d’aller en dehors du village, surtout si tu es toute seule. Tu es peut être forte mais il y a beaucoup d’autre personne qui le sont bien plus que toi. Qui sait ce qui aurait put se passer si Raï ne t’avais pas ramené ! Tu aurais pu te faire blesser ou que sais-je encore ! »
Je frissonnai d’appréhension. Si ça c’était mal passé…Je m’en serai toujours voulut. Je me mordis les lèvres avant de reprendre plus doucement.
« Soit plus prudente s’il te plait Tilika…Dans le village, tu es un peu plus à l’abri que dehors…Alors essaye de ne pas y aller toute seule d’accord ? »


J’espérai qu’elle respecte un peu ma demande, même si je savais qu’au fond, cela ne dépendait que d’elle. Raï était revenu et avait tendu à Tilika d’un bloc de feuille et d’un stylo. Au moins, elle pourrait s’exprimer à présent. Il fallait vraiment trouver un autre moyen que celui-ci…Mon songe m’avait presque fait oublier ce moyen de communication habituelle pour la petite muette. Je redressai la tête vers ma tutrice pour acquiescer à ses dernières paroles. En effet, c’était plus prudent de se changer avant tout, surtout pour les deux femmes du petit groupe qui étaient trempée.

« Je vais chercher des vêtements secs pour Tilika. »


Suivant mes paroles, je me rendis rapidement dans ma chambre pour aller chercher quelques choses qui pourrait faire l’affaire. J’étais plus grand qu’elle, et dans tous les cas, il y avait de forte chance pour qu’elle flotte littéralement dedans mais je devais bien avoir des vêtements qui fassent l’affaire. J’avais grandis depuis mon arrivé, pas de beaucoup mais quelques centimètres tout de même aussi je cherchai dans mes anciennes affaires qui ne m’allaient plus. Je trouvai après quelques minutes un simple t shirt noir, un pantacourt clair et un sweet shirt noir lui aussi. Je retournai dans la cuisine avec mes trouvailles puis fit un signe à la fillette de me suivre, me dirigeant de la cuisine à la salle de bain de l’appartement. La pièce carrelé de blanc, composé d’une baignoire, un lavabo et une commode dans laquelle se trouvait tout le nécessaire vitale dans une salle de bain.

« Mes vêtements risquent d’être un peu trop grands pour toi mais je pense que ça devrai aller plus ou moins…»


Je déposai les vêtements sur le rebord de la baignoire puis allait rechercher une serviette propre dans le meuble que je mis à coté des affaires avant de me tourner vers Tilika.

« Si tu veux tu peux prendre une douche ou te faire une toilette rapide. Il y a tout le nécessaire sur les rebords de la baignoire. »
Je me raclai un peu la gorge, gêné malgré moi. « Si tu as un problème…Tu n’aura qu’a frapper à la porte, et Raï pourra venir t’aider. »

Et je m’éclipsai de la pièce pour aller moi-même changer mes vêtements sales, mais avant cela, je passai par la cuisine. Pauvre Raï.

« Raï, Tilika est dans la salle de bain, si tu entend un bruit étrange, tu pourras t’en occuper s’il te plait ? Je lui ai dit que si elle avait un soucie, elle pouvait frapper à la porte pour que tu viennes l’aider… »


J’espérai que cela ne la gênerai pas que j’ai parlé à sa place mais je me voyais mal aider la petite fille pour une affaire de salle de bain. Puis finalement, j’allais me changer dans ma chambre.
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Moana Tilika
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MessageSujet: Re: On joue à chat?   Mer 30 Déc 2009, 18:03

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Les yeux presque exorbités, Tilika considérait la baignoire, la douche, l'ensemble de cette salle de bain luxueuse avec surprise. La tutrice de son ami était-elle donc si riche? Les seules fois où la fillette avait vu ce genre d'habitations, c'était lorsqu'elle et sa mère y travaillaient encore en tant qu'esclaves. Avait-elle vraiment le droit de se servir de cette pièce et de ce qu'elle contenait pour faire sa toilette? Chez Seridan, le coin toilette de l'appartement deux pièces résidait en un lavabo, un gant de toilette, un savon, et une serviette à côté. Propre, mais rêche. Le strict minimum, en somme. S'étant laissée diriger par Koma, Tilika se retrouva seule dans la salle de bains, un peu perdue, les vêtements propres à côté, ainsi que la serviette, et tout ce qu'il fallait pour redevenir propre et sèche. Timidement, elle s'approcha de la baignoire. Pour la minuscule petite fille qu'elle était, ça aurait pu faire office de piscine! Mais bon. Si ce n'était pas l'envie qui manquait à Tilika de profiter au maximum de cette occasion, sans doute unique, de prendre un bain chaud avec plein de mousse et de parfums en sels de bains, tous ces 'trucs de riches' dont profitaient les anciens maîtres de l'enfant, elle était trop gênée pour le faire. D'autant plus que Koma comme sa tutrice lui avaient laissé la salle de bains à elle, en première, alors qu'eux deux aussi étaient trempés et sales, par sa faute en plus. Mieux valait qu'elle se dépêche. Et puis, Koma lui-même avait parlé de toilette rapide.

En y pensant, la tutrice de Koma, elle avait réagi tout différemment, quand elle avait vu que Tilika et Koma se connaissaient. L'emmerdeuse lui avait même prêté de quoi écrire, et lui avait parlé presque... gentiment... Pourtant, Tilika l'avait à nouveau menacée, s'étant vivement interposée entre elle et son ami, ignorant alors où ils se trouvaient, qui était la dame, etc. C'était étrange, pour elle, tout ça. Repensant aux paroles échangées entre les deux habitants de ce luxueux domicile, la fillette analysa sa situation. Ne pas pouvoir parler comme tout le monde n'est pas toujours agréable, mais il fallait reconnaître que, du coup, l'on avait bien plus de temps pour réfléchir au sens de ce que l'on entendait, pour analyser toutes les situations dans lesquelles on pouvait se trouver. « J'irais faire un tour aux archives pour retrouver son adresse autrement. » Pour quoi faire? Elle pouvait la donner, son adresse. Mais, tandis que la fillette se déshabillait dare dare et filait sous la douche pour se décrasser, ainsi que ses vêtements qu'elle avait l'habitude de laver à la main et au lavabo, chez elle, elle se prit à rougir vivement à l'idée que Koma ou sa tutrice ne découvre cet endroit. Comparativement à cet appartement-ci, celui de Seridan leur paraîtrait limite insalubre! Honteuse, Tilika se jura de ne pas le leur montrer. De toutes façons, ni elle, ni Seridan ne recevaient jamais personne, chez eux.

« Vous avez l'air de former la paire tous les deux... » Qu'avait-elle voulu dire par-là? Parfois, les adultes disaient des choses qui lui échappaient complètement. C'était le cas pour cette phrase. La paire? Quelle paire? On parlait de paire de souliers, de paire de ciseaux, mais une paire de... de quoi? D'enfants? Ça n'avait aucun sens. Haussant les épaules, Tilika passa à l'analyse des paroles suivantes, tout en se savonnant énergiquement, décrassant sa peau et ses cheveux, qui reprenaient peu à peu leur jolie couleur fleur de mauve. La dame était allée lui chercher un petit bloc de feuilles blanches et un portemine, qu'elle lui avait tendus en lui disant simplement « Tiens Tilika, pour toi. ». Mal à l'aise, la fillette l'avait alors remerciée d'un léger hochement de tête, mais n'avait pas eu le temps de se servir du nouvel outil de communication. Déjà, les reproches avaient suivi, tant ceux de la kunoïchi que ceux de Koma lui-même, bien qu'il semblait hésitant à utiliser ce ton de voix davantage que sa tutrice, lui. « Tu vas pouvoir m'expliquer ce que tu faisais dehors toute seule Tilika. Je pense que tu es consciente du fait que tu n'en as pas le droit... Enfin... Je pense qu'on va pouvoir aussi se changer avant de chopper la crève. On aura tout le temps de discuter après, mais faudra qu'on te ramène chez toi. » Donc, les explications viendraient après. Sauf que voilà, Tilika n'avait aucune envie d'expliquer quoi que ce soit. Elle n'avait aucun compte à lui rendre, à cette femme, elle! Du moins le pensait-elle. Quant à Koma, c'était une autre histoire...

Il avait d'abord tenté de rassurer la fillette quant à l'état de ses vêtements. Pour lui, ce n'était pas grave, ça. Ce qui n'empêchait pas Tilika de se sentir très gênée à l'idée de l'avoir sali de la sorte. Surtout qu'il se souciait de son état... Mais quel état? Elle n'était pas malade... Elle avait l'habitude. Au pire se choperait-elle une bonne crève, et s'en remettrait, comme à chaque fois. C'était ainsi qu'elle s'endurcissait niveau santé, entre autres, après tout. Un rhume n'allait pas la tuer. Puis, Seridan râlerait, ce qui l'arrangeait. Tant qu'êlle pourrait lui pourrir la vie... Ça faisait son affaire! Le temps passer à s'en remettre, au lit et au chaud, lui permettait d'étudier dans les bouquins empruntés à la bibliothèque, de toutes façons. Que du bénéfice, en somme, même si les maux de gorge et ce qui s'ensuivait n'était pas toujours très agréable, c'était supportable, et Tilika ne se préoccupait donc que rarement de tomber malade, en fait. Seul son bras cassé en voie de guérison l'embêtait, actuellement. Lui, contrairement aux rhumes, lui donnait l'impression de porter une entrave, et ça, la gamine libre comme l'air et par trop indépendante ne le supportait pas. Ce qu'elle pouvait avoir envie d'arracher ce petit plâtre couvrant son avant-bras de ses dents, si elle le pouvait! D'ailleurs... à force d'être trempé encore et encore, et maltraité, il commençait à sérieusement tomber en lambeaux. Il n'en fallait pas plus à Tilika pour tenter de l'ôter, ce qu'elle parvint finalement à faire, avant de le jeter dans la poubelle de la salle de bains. Au moins, ça ne l'embêterait plus, ça! Et si l'os demeurait fragile, et bien elle tenterait de faire un peu plus attention à ne pas trop malmener son bras, voilà tout.

En revanche, suivant le disours de sa tutruice, Koma avait lui aussi prononcé ses reproches à l'égard de la fillette. « Raï est ma tutrice Tilika. C’est elle qui m’a amener jusqu’à Kumo et qui s’occupe de moi depuis. Elle n’est pas méchante, elle avait juste peur pour toi. Tu sais que c’est dangereux d’aller en dehors du village, surtout si tu es toute seule. Tu es peut être forte mais il y a beaucoup d’autre personne qui le sont bien plus que toi. Qui sait ce qui aurait put se passer si Raï ne t’avais pas ramené! Tu aurais pu te faire blesser ou que sais-je encore! Soit plus prudente s’il te plait Tilika…Dans le village, tu es un peu plus à l’abri que dehors…Alors essaye de ne pas y aller toute seule d’accord? » Bon. Elle s'appelait donc Raï. Voilà le point que Tilika avait retenu en premier, et noté noir sur blanc dans un recoin de sa tête. Ensuite, les reproches... et même, une requête. Soupirant, la fillette se demanda ce qu'elle allait bien pouvoir écrire à son ami pour qu'il ne s'inquiète pas ainsi. Après tout, comme il l'avait dit, elle était forte, non? Et si elle devait rencontrer plus fort qu'elle, et bien elle aviserait. Elle n'avait pas peur. Et elle n'était pas seule. Et puis, qui voudrait s'en prendre à une mioche, aussi? Pas un ryo en poche, haute comme trois pommes... Elle ne représentait aucun intérêt pour personne, si? A part, éventuellement, de nouveaux marchands d'esclaves... Et ceux-là, elle leur montrerait de quel bois elle se chauffait, si l'un d'eux tentait encore de faire d'elle ce que fut sa mère avant elle et jusqu'à sa mort... Tilika ne se laisserait pas faire, elle! Même, elle ne demandait qu'à les croiser, ces gens-là, s'il en existait d'autres, pour venger sa maman!

Sortant de la douche, après avoir nettoyé ses vêtements autant qu'elle-même, Tilika s'essuya vite fait, bien fait, et enfila les vêtements prêtés par Koma. Ils n'étaient, en fait, pas beaucoup plus grands que ceux qu'elle portait d'ordinaire, elle qui préférait s'acheter des habits qui dureraient le plus longtemps possible. Et puis, elle aimait ce qui était simple et confortable. Empaquetant ses habits à elle, elle sortit de la salle de bains, la laissant libre pour les suivants. Raï comme Koma auraient eux aussi besoin de se rafraîchir, ou, dans un autre sens, de se réchauffer. Il faisait froid, dehors, et la pluie tant que l'orage continuaient de tomber. Il faisait presque noir, alors qu'on était qu'en milieu d'après-midi, encore... Tilika adorait ce genre de temps, et ne put s'empêcher de s'arrêter devant une fenêtre pour regarder, observer avec admiration, presque avec passion, la couleur du ciel zébré d'éclairs et de gouttes d'eau tombant à verse, continuellement depuis le début de cette merveilleuse journée.

« Si tu as un problème…Tu n’aura qu’a frapper à la porte, et Raï pourra venir t’aider. » Se souvenant de ces mots, sans trop savoir pourquoi, Tilika revint à la réalité. Elle n'avait pas besoin d'aide, non. Et même si c'était le cas, elle était bien trop orgueilleuse pour l'avouer à quelqu'un, surtout à cette femme. Bon, les choses s'étaient calmées, à présent, et Tilika avait conscience qu'elle devrait changer de comportement envers la dénommée Raï, mais tout de même... « Elle n’est pas méchante, elle avait juste peur pour toi. » Elle s'inquiétait pour elle... Oui, mais Tilika n'avait rien demandé à personne, elle ne voulait pas qu'on s'inquiète pour elle! Surtout pas de parfaits inconnus comme cette Raï l'était alors. En revanche, la fillette se rappela également que deux autres personnes devaient attendre son signal pour profiter à leur tour de la salle de bains, du coup! Courant presque en direction de la cuisine, où elle pensait retrouver les deux, elle se demanda, une fois de plus, ce qu'elle allait bien pouvoir leur dire, à présent... Devrait-elle réellement s'expliquer quant à sa présence hors des grilles électriques du village? En son for intérieur, Tilika espérait que non...

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Ilyena Raï
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MessageSujet: Re: On joue à chat?   Jeu 31 Déc 2009, 21:25

    L’attitude de Koma envers sa jeune amie me faisait sourire intérieurement, bien que j’évitais de le montrer ouvertement afin d’éviter de le gêner. Je ne l’avais jamais véritablement entendu parler de ses amis, à dire vrai je ne savais pas grand-chose de la sa vie en dehors de l’appartement. J’avais été absente un petit moment une ou deux semaines auparavant, et j’avais du loupé un bon nombre d’épisode, dont celui de sa nomination au grade génin. Dieu que j’aurais apprécié avoir été présente ce jour-là, ne serait-ce que pour le féliciter. Je secouai la tête ne sachant qu’ajouter en cette situation, gardant le silence pendant que les deux quittèrent la cuisine pour se rendre à leur occupation propre. J’acquiesçai face aux paroles de Koma, mais je doutais fort que Tilika réclame mon aide pour quoi que ce soit. Elle semblait indépendante, têtue, et je ne savais quoi d’autre. En tout cas, je doutais qu’elle ait demandé à une tierce personne l’autorisation de quitter ainsi le village, même pour une distance très courte, mais suffisante pour se faire décapiter par un pareil temps. Pas un seul cri pouvait passer outre des murs du village et alerter un ninja alentour, ou encore la vision d’une chose anormale au loin par cette visibilité nulle. Au dehors, l’orage continuait de gronder, mais au moins, je ne risquai pas de me prendre la foudre. Le bruit me mettait mal à l’aise, mais uniquement quand je laissais mon esprit imaginer tout un tas de scénarios possible et inimaginable. Jamais je ne parviendrais à oublier ce jour, où ma mère me laissa dans cette grande baraque. Elle puait le luxe, et abritait des gamines aussi jeunes que moi, allant jusque vers les quinze ans. Et avec l’éducation que j’y avais reçu, ou encore ma vente à ce type de Suna, je me doutais bien qu’avec le recul je n’aurais pas été amenée à ne devenir qu’une simple femme.

    Je sortais de ma torpeur dans un éternuement, puis me décida à me mettre debout et de remuer un peu avant de chopper une saloperie. J’attrapai rapidement une serpillère pour enfin la jeter sur le sol trempé à l’endroit où j’avais déposé la petite. Certes, le sol était bon pour être nettoyé, mais il constituait bien le cadet de mes soucis. J’épongeai le plus gros de la flaque, le tissu sous mon pied, et le laissai là pour éviter que quelqu’un glisse. Je ressentais chacune des pulsations de mon cœur battre dans ma gorge, comme un avertissement dont la portée m’échappait. Je n’avais pas à me sentir en danger, et pourtant je ne parvenais guère à me débarrasser de cette sensation désagréable. C’était comme si quelqu’un m’épiait, mais je savais que c’était faux. Nous étions en hauteur, et si un intrus était dans mon appartement, je l’aurais senti. De plus, pour arriver à passer outre la vigilance des gardes du palais, il fallait sacrément s’accrocher, ou être monstrueusement doué dans son propre domaine. Une ombre parmi les ombres, s’éclipsant d’un mur à l’autre, pour finir par vous égorger dans votre sommeil. La même crainte, le même cauchemar depuis mon retour. Mon remède ? Détruire le village des pantins, un peu radicale, mais rudement efficace. Ils paieraient, tous, du prix de leur âme, même les innocents. Moi qui avais la fibre maternelle un peu à vif, je crois bien que je n’aurais fait aucune différence entre un ninja d’âge mur et un bambin tout juste sortit de ses langes à Suna. Je me souvenais de la vie menée là-bas, et de l’attache –factice- envers ce village. Tout n’avait été qu’illusion puis cauchemar, et je me gardai bien d’étaler tous les détails de ma vie là-bas même si je me rappelai de tout. Non, je voulais oublier, et mener ma vie comme je l’entendais dans ce nouveau village.

    Une fois retournée dans ma chambre, j’ôtai ma veste pour la jeter dans un coin. Je n’étais plus qu’en débardeur, à moitié transparent vu le taux de substance aqueuse qu’il détenait, mais cela ne m’importait que très peu. Je n’étais pas pudique, et ça n’aurait pas été la première fois que Koma aurait aperçu un morceau de mes sous-vêtements. Quant à notre invitée surprise… Ba, elle en verrait bien d’autres dans son existence, à commencer par elle-même. Je ressortis avec quelques fringues propres à la main, puis me rendis de nouveau dans la cuisine, en attendant que la salle de bain se libère. J’espérais –en vue de son caractère- que la gamine ne s’amusait pas aux pirates dans la baignoire, à tout pourrir et surtout à prendre un temps monstre. Une fois de retour dans la pièce convoitée, j’y trouvai Koma. Je repris ma place initiale sur la chaise tirée d’origine, et déposai mes affaires sur la table ainsi que mon coude dessus afin de trouver une meilleure position en appuyant ma joue sur la paume de ma main. Là, en regardant le petit garçon, plusieurs choses se bousculaient dans ma tête. Non, j’ignorai tout de ses fréquentations, et comment se passaient ses entrainements depuis qu’il avait prit du grade. Est-ce qu’il était seul, ou alors avait intégré une équipe ? Je n’en savais foutrement rien, et l’idée de me coller une nouvelle baffe me passa par la tête. Je ne voulais pas l’étouffer, mais je ne voulais pas non plus qu’il se sente délaissé, ou bien pense que je n’avais rien à faire de sa pomme. Je détournai les yeux en me rendant compte que je le fixai depuis un moment, et ouvris la bouche.

    "Je ne t’ai pas dit ce que j’avais fait hier, je voulais t’en parler mais j’étais crevée. Puis après cet aprem à ton retour, mais bon, y a eu un élément perturbateur."

    Un petit sourire se dessina sur mes lèvres, coupant l’éternelle et mortelle impassibilité dans laquelle mon visage se trouvait depuis mon retour dans cette pièce. Je ne savais pas pourquoi je cherchais à me justifier, mais je continuais sur ma lancée tant qu’à faire. Et puis, cela pouvait faire passer le temps en évitant de parler de Tilika dans son dos. Et je préférais m’adresser directement à elle, qu’elle dise franchement les choses et ne me prenne pas –encore, après le coup de la muette et d’autres…- pour une abrutie. Je ne voulais pas qu’elle se sente mal à l’aise si j’allais chercher des informations ailleurs. Ce n’est pas facile d’être aisé à son âge avec les adultes. "Bref, j’ai pris un élève, pour tenter de former une équipe. Il s’appelle Udai, je ne sais pas si tu le connais. Je ne sais même pas si toi tu es dans une équipe ou non, alors je voulais te proposer de te joindre à nous. Il utilise le Katon et le Genjutsu, mais aussi les invocations, comme toi." Je marquai une pause sur cette affirmation, mon regard se faisant plus vague l’espace de quelques secondes. J’avais une énorme lacune en la matière, et je détestais ça. "Tu as tout le temps d’y réfléchir, je ne te force pas, je ne veux te forcer en rien. Mais tu sais, j’étais un peu comme toi quand j’étais gamine…" Timide, réservée, et tout le tralala. A bien y réfléchir, c’était ainsi qu’il m’apparaissait, mais comment était-il sorti de sous mes plumes ? Mystères… "Enfin je crois", m’empressai-je d’ajouter. Je ne pus rien dire d’autre, entendant la petite sortir de la salle de bain, et courir me sembla t-il…

    Une fois qu’elle fut entrée, ce fut à mon tour de me mettre debout. J’avais froid, et l’odeur de chien crevé que je trimballai derrière moi commençait à vraiment me dégouter. "Bon Koma, je te la confie, et puis vous vous connaissez. Tu seras plus en mesure de la rassurer que moi." Je fis quelques pas vers la porte, avant de me retourner vers la muette. "Tu sais, je ne vais pas te manger. Ni te faire la morale, c’est pas mon job. Mais ce que je veux que tu saches, c’est que tu n’as pas été prudente, et tu dois t’en douter. Alors si jamais plus tard tu veux aller te défouler dehors, demande à quelqu’un de t’accompagner. Ou viens me voir, je m’éclipserais et ça fera comme si je n’étais pas là." J’haussai les épaules, je ne savais pas pourquoi je venais de lui proposer ça. J’avais d’autres chats à fouetter au sein du village, ou alors c’était juste ma conscience qui avait apposé sa lame sur ma nuque. Je préférais encore perdre un peu de temps pour qu’une fillette coure dehors, plutôt que de la laisser se faire abattre comme un lapin hors de sa tanière. Une fois dans la salle de bain, je ne pus m’empêcher de passer par la case douche. Il y aurait pu y avoir un moyen plus rapide, comme une bref toilette au lavabo histoire de sentir un peu meilleur, mais je fis tout de même vite. Dix minutes tout au plus, et j’étais lavée et séchée. Plus qu’à passer les quelques fringues que j’avais récupéré dans mon armoire, à savoir un t-shirt tout bête avec un pantalon noir suffisamment large pour que je prenne une quinzaine de kilo sans qu’il ne me colle. Et je revins là où les enfants étaient, pieds nus.

    J’entrai, croisant mes bras sur ma poitrine et m’adossant au mur coté porte. Je ne souriais plus, mais je n’avais pas non plus l’air détestable. Une douche brûlante m’avait permis de refaire le point, et me dépêtrer un peu des pensées qui m’habitaient. J’avais tellement peur que ces connards reviennent jusqu’à Kumo pour me retrouver et fassent un massacre. C’était une pensée égoïste de ma part, après tout je ne pouvais pas avoir une telle importance pour qu’ils agissent ainsi, aussi idiots soient-ils. Quoi que. J’étais bien prête à détruire un village à main nue et seule, quitte à me faire tuer, torturer, éviscérer, estropier, et bien d’autres choses d’un optimisme pur, juste pour pouvoir respirer un peu plus, et assouvir ma soif de vengeance. "Bon Tilika, tu peux rester un peu là si tu veux, il ne fera nuit que dans deux ou trois heures. Mais il faudra que tu rentres chez toi, ou au moins que tu préviennes, autrement tes parents risquent de s’inquiéter." Je me laissai glisser le long du mur, les jambes à semi-croisées, avant de reprendre presque immédiatement. "Et aussi que tu dises où tu habites, ça pourrait m’arranger pour pouvoir te ramener. Mais si tu ne veux pas, je frapperais à toutes les portes du village s’il le faut." Une menace au ton ironique, que j’étais prête à appliquer pourtant. Il y avait autre chose qui me chiffonnait dans l’histoire, mais qui m’extirpa un sourire à son encontre cette fois-ci. "J’aimerais savoir par contre, c’est comme tu as pu tromper la vigilance des gardiens ? Ils sont formés à surveiller les portes, et si ces crétins arrivent pas à gérer une fillette dans ton genre, je ne sais pas ce qui pourrait advenir de la sécurité de ce village." En fin de compte, n’avait-elle pas fugué ? Plutôt que de juste aller s’offrir du bon temps ? M’enfin, chaque chose en son temps, et j’avais déjà suffisamment monopolisé la parole comme ça.

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Kaguya Koma
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MessageSujet: Re: On joue à chat?   Sam 02 Jan 2010, 21:10

J’étais allé dans ma chambre pour me changer. Il n’y avait pas vraiment d’utilité pour moi de me laver vu que ce n’était que mes vêtements qui avaient prient un peu de la saleté qui avait recouvert Tilika. Rien de bien monstrueux en soi et je m’en débarrassais rapidement pour enfiler un pantalon noir et un de mes hauts à manche longue blanc cassé. J’hésitai un instant devant les affaires. J’avais donné à Tilika un t-shirt à manche courte…Sans davantage réfléchir, je récupérais un sweet chaud qui serait sans doute un peu grand pour elle mais qui ne m’allait plus vraiment, et je me rendis avec mon vêtement dans les bras dans la cuisine dans laquelle il n’y avait plus personne…Mais Raï revint bien rapidement avec des habits propres sous le bras mais trempée quand même. Elle devait être bien gelée, et gêné pour je ne sais quoi, je laissai le silence s’installer callant mon dos contre le mur en face de la chaise de la kunoichi.
Pourquoi avait elle été dehors ?
Est-ce qu’elle voulait partir du village ? Et si elle le voulait, un jour, aujourd’hui, demain ou plus tard, qu’est ce qui l’empêcherait de partir au juste ? Après tout, elle n’était pas ninja, pour le moment tout du moins, alors elle était encore libre, plus ou moins puisque à cause de son jeune âge, ça n’était pas vraiment le cas. Elle était petite et s’amusait à sortir en dehors du village…Etait ce du courage ou de l’inconscience ?
Quand le moment sera venu, moi aussi je devrai sortir du village…Après tout, en tant que genin, si on me donnait une mission, quel qu’elle soit, je devrai bien la faire et donc sortir de l’enceinte de Kumo. Je ne craignais pas ça. Ce n’était même pas du tout le cas, j’avais vécu plusieurs mois sur les routes, passant du pays de l’eau à celui du feu en passant par le pays du son – ou plutôt en terminant par ce pays là – alors je n’avais pas peur du voyage…Au contraire, j’avais vu des paysages merveilleux, rencontré des humains gentils et bons, même si j’avais également vu l’horreur que certain paysage pouvait cacher derrière leur jolie façade…Je réprimai un frisson. Dans le pays d’oto, je me souvenais des rizières qui scintillaient avec les rayons du soleil couchant, des vues superbes mais altérés par ce que j’y avais vécu. A présent, je ne suis plus certain d’apprécier autant ce spectacle pourtant merveilleux. Et si les shinobi de ce village m’attaquaient ? Je me considérai pas comme si important à leurs yeux, c’était même tout le contraire au vu de mon grade inexistant dans ce village et pourtant, je le craignais en partie, surtout maintenant que j’étais devenu un véritable ninja et que je mesurai un peu mieux la signification de cette désertion. Un ninja est lié à son village du début jusqu’à la fin de sa vie et devait même mourir pour lui…Je n’étais pas sur d’éprouver un tel attachement à Kumo, mais à mes compagnons, peut être bien…
Je crois…que pour certaines personnes, je pourrai donner ma vie…

La prise de parole de Raï me fit brusquement revenir à la réalité.
Un élève … ?

« Me joindre à vous… ? »


Je repris les paroles de ma tutrice à la manière d’un perroquet plus par effet de surprise que par réel intention. Je ne connaissais pas de Udai, mais le fait qu’il utilisait lui aussi des invocations m’intéressait beaucoup. Avec Tilika, cela ferait la deuxième personne que je connaitrai et qui saurai appeler des créatures à lui. J’en vins même à me demander à quel genre d’animal il était lié, lui. Elle me disait d’y réfléchir mais après tout, qu’avais je à perdre ? Rien, absolument rien. Je n’avais aucun senseï, aucune équipe, m’entrainai toujours seul – avec mes invocations certes mais c’était autre chose – et puis elles ne pouvaient guère m’aider à apprendre des techniques qu’elles ne connaissaient pas. Alors que Raï le pouvait, elle, qui plus est, je voulais en apprendre un peu plus sur le genjutsu et je savais que ma tutrice était très douée dans ce domaine particulier.

« J’aimerai…J’aimerai en apprendre plus sur le Genjutsu…Alors ça pourrait être bien. En plus je n’ai pas d’équipe ni de senseï... »

Mais ça, elle devait s’en douter un peu…Pour moi c’était donc une très bonne idée, de plus le fait qu’elle m’en parle elle, et non pas que je lui demande m’enlevait également un autre poids.

« Et puis j’aimerai bien pouvoir devenir Medic nin… »

Une phrase soufflé plus que dites. Un vœu sincère qui finalement m’allait assez bien. Pas certain cependant que Raï ait pu l’entendre puisqu’elle était déjà partie pour remplacer Tilika dans la salle de bain. J’avais loupé un petit bout de la conversation il fallait croire. Bon…
Mes affaires étaient un peu grandes pour la fillette, mais au moins serait elle au chaud et toute propre qui plus est.

« Tiens. »
Je lui tendis le pull que je tenais et lui offrit un sourire. « Tu auras un peu plus chaud avec ça. Et puis tu peux prendre le calepin de Raï pour t’exprimer, ça sera plus simple. »

Mon dos glissa contre le mur jusqu’à ce que je me retrouve assis par terre, le dos contre le mur.

« Tu sais Tilika, Raï ne veut pas t’embêter ou quoi que se soit…Elle est gentille. Elle m’a sauvée la vie en me ramenant avec elle à Kumo, tu sais, alors…essaye de répondre à ses questions d’accord ? »


Une simple demande à laquelle je n’y croyais pas vraiment. Je réfléchissais aux paroles de Raï qui pourrait devenir ma senseï. Moi, ça me ferait vraiment plaisir…Au moins je la connaissais…Et puis je pourrai lui poser mes questions pour le genjutsu, tant à elle que à ce possible futur compagnon. J’avais tout à y gagner…

Puis Raï revint, plus vite que je ne l’aurai cru – ou bien m’étais je trop évader dans mes pensées ?...Je me mordis la lèvre. Je n’avais alors pas été d’une très bonne compagnie…Mais cela ne m’empêcha pas de rester contre mon mur et de lever la tête pour regarder Raï qui parlait, toute propre. Encore une fois, celle-ci fit une petite boulette concernant les parents de la fillette, ne lui avais je pas dis que je connaissais son tuteur ? Tilika s’occuperait bien de lui dire, et si ce n’était pas le cas, et bien je le dirai à sa place vu que je connaissais son nom…Par contre je glissai discrètement à la fillette ses quelques mots avec un sourire malicieux.

« Elle en est capable tu sais…de frapper à toutes les portes. »
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Moana Tilika
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MessageSujet: Re: On joue à chat?   Dim 03 Jan 2010, 05:50

Spoiler:
 

Comme Tilika l'avait pensé, Koma et sa tutrice étaient restés dans la cuisine, là où 'tout avait commencé', depuis qu'elle était revenue à elle. Propre, sèche, elle portait les vêtements que Koma lui avait prêtés, et contrairement à ce qu'il aurait pu penser, ça ne lui allait pas si mal. En fait, à bien y réfléchir, Tilika ne portait jamais que ce genre de vêtements, trop grands pour elle, préférant dépenser un minimum de ses ryos pour s'habiller de vêtements qui ne grandissaient pas avec elle, eux. Alors, elle les achetait trop grands, faisait des plis, mettait des ceintures, et se promenait, la plupart du temps, avec des pantalons qui retombaient par-dessus ses baskets ou sandales malgré les plis faits dans le bas de ces derniers, des pulls aux manches également repliées, et des tee-shirts qui auraient presque pu faire office de robes, pour la toute petite fille qu'elle était encore. Dès lors, le tee-shirt et le pull noirs de Koma, ainsi que son pantacourt - qui sur elle faisait office de pantalon à sa taille, pour changer! - semblaient lui aller parfaitement. Sans doute avait-il oublié qu'il lui avait déjà donné un pull, d'ailleurs, car à peine fut-elle de retour dans la cuisine, que déjà il lui en proposait un, à nouveau. Elle sourit, amusée, et lui désigna celui qu'il lui avait déjà passé en guise de réponse, taquine.

Mais Raï était toujours dans la pièce, et malgré elle, Tilika en oublia dès lors rapidement son esprit taquin et son sourire, se sentant davantage gênée, mal à l'aise. Elle s'était montrée plus que mal élevée et désagréable avec la tutrice de Koma, et avait du lui faire une bien mauvaise impression. Pas que ce fait en soi la dérange; Tilika préférait faire fuir autrui que de prendre le risque d'attirer des gens auxquels elle pourrait s'attacher à elle. Koma et Fract, c'était un énorme pas en avant pour elle, et Tilika se sentait déjà suffisamment impuissante et angoissée à l'idée qu'il leur arrive quelque chose. Cette Raï, elle s'en fichait pas mal, de base, si elle n'avait été qu'une habitante de Kumo parmi d'autres, fut-elle une puissante kunoïchi, raïu, tout ça, Tilika s'en moquait. Mais voilà, Raï était la tutrice de son ami, de Koma, celle qui veillait sur lui, qu'il aimait et respectait. Par définition, Tilika ne pouvait pas se montrer odieuse envers elle, par respect pour Koma, au moins. Elle ne le pouvait plus, à présent qu'elle savait... Perdue, la fillette se demandait dès lors comment agir, à présent. Au moins, Raï lui facilitait-elle la tâche, en se montrant plutôt sympathique malgré les tours pendables que la petite peste lui avait joués, plus tôt. En revanche, ses reproches et interrogations quant à ce qu'elle faisait dehors... C'était une toute autre histoire.

* Ça les regarde pas. Je veux pas que Koma s'inquiète, mais j'ai pas envie de répondre à Raï, c'est pas ma tutrice, c'est pas elle que ça regarde, pfff... *

Que faire, que dire, que répondre? Bizarrement, Koma semblait avoir préféré s'asseoir au sol, sur le carrelage froid de la cuisine, dos à un mur, plutôt que sur une chaise. Préférant faire comme lui, Tilika vint poser ses fesses à ses côtés, presque contre lui, mais pas trop non plus, histoire de pas donner trop l'envie à sa tutrice de se moquer ou autre lorsqu'elle reviendrait. Savait-on jamais...

« Bon Tilika, tu peux rester un peu là si tu veux, il ne fera nuit que dans deux ou trois heures. Mais il faudra que tu rentres chez toi, ou au moins que tu préviennes, autrement tes parents risquent de s’inquiéter. »

A peine de retour de sa douche, qui n'avait pas duré bien longtemps, Raï commettait de nouvelles bourdes à l'égard de la fillette. Évidemment, elle ne pouvait pas savoir... Apparemment, Koma ne lui avait pas parlé de Tilika, tout comme Tilika n'avait jamais pipé mot de Koma à son tuteur d'ailleurs. Mais n'était-ce pas différent...? Seridan, Tilika le détestait, et ne voulait pas lui confier la moindre chose qui serait importante à son cœur. Mais Koma et Raï? Ne l'aimait-il pas? N'avait-il pas confiance en elle? Pourquoi ne lui avait-il rien dit sur son amie...? Bizarrement, Tilika se posa la question, et sentit une petite pointe au cœur, davantage à l'idée qu'il puisse ne pas la trouver assez importante pour lui que pour parler d'elle à cette tutrice dont il avait parlé avec affection et enthousiasme, presque, à Tilika, qu'à la pensée de la bourde commise par Raï en parlant de prévenir des parents qu'elle n'avait plus depuis un moment déjà. Le cœur humain est tellement stupide et sensible pour des bêtises, parfois. C'est bête, mais c'était ainsi. Toujours était-il que la fillette devrait bien finir par 'dire' quelque chose, elle aussi, ne fut-ce que répondre à ce qu'on lui demandait... Sortant de sa distraction, Tilika reprit donc en mains le petit carnet que lui avait prêté la kunoïchi, ainsi que le portemine, et réfléchit à ce qu'elle allait bien pouvoir dire...

- J'ai pas de parents, juste un tuteur, madame. -

S'arrêtant à ces premiers mots, la fillette attendit la suite. Bras croisés, sans vraiment sourire ni faire la tronche, plutôt neutre, Raï s'était appuyée dos au mur, à côté de la porte, en face d'elle et de Koma, et continuait de parler. « Et aussi que tu dises où tu habites, ça pourrait m’arranger pour pouvoir te ramener. Mais si tu ne veux pas, je frapperais à toutes les portes du village s’il le faut. » A cette réplique, Koma sourit à Tilika, complice et amusé à la fois, lui glissant à son tour quelques mots. « Elle en est capable tu sais... de frapper à toutes les portes. » Tilika n'en doutait pas. Du coup, elle se dit que donner son adresse relèverait de l'obligation, ce qui la rebutait au plus haut point. A quoi bon? Tant qu'elle ne quittait pas le village, elle serait contente, la Raï, nan? Moue boudeuse aux lèvres, Tilika rédigea sa réponse à cette partie du discours de la raïu, tout en écoutant vaguement la suite. « J’aimerais savoir par contre, c’est comme tu as pu tromper la vigilance des gardiens ? Ils sont formés à surveiller les portes, et si ces crétins arrivent pas à gérer une fillette dans ton genre, je ne sais pas ce qui pourrait advenir de la sécurité de ce village. » Ayant sans doute remarqué l'air qu'affichait son amie à ces mots et comprenant ce que cela signifiait, Koma reprit la parole, conciliant. « Tu sais Tilika, Raï ne veut pas t’embêter ou quoi que se soit...Elle est gentille. Elle m’a sauvée la vie en me ramenant avec elle à Kumo, tu sais, alors... essaye de répondre à ses questions d’accord? » Évidemment, il prenait la défense de sa tutrice... Soupirant, Tilika s'était néanmoins arrêtée de justesse dans un nouvel élan de rébellion, et réfléchit davantage à sa réponse, avant de l'apposer sur le papier.

- Si je promets de rentrer chez moi tout de suite, je suis obligée de dire où c'est? Et les méchants peuvent pas entrer dans Kumo sauf si ils sont petits comme moi, donc il n'y a pas de risque, faut pas vous inquiéter. -

En effet, seul un enfant aussi petit et menu que ne l'était encore Tilika pouvait se faufiler par la bouche d'égouts qu'elle empruntait lorsqu'elle voulait se rendre hors des grilles électriques du village. Ça résumait poliment la réponse aux deux interrogations de Raï. La première réponse n'en était pas tout à fait une, mais Tilika pensait avoir compris que ce qui inquiétait la kunoïchi, c'était l'idée de la savoir seule hors des murs du village. Tant qu'elle ne quittait plus l'enceinte de ce dernier, et d'autant plus si elle promettait de rentrer immédiatement et sans détour chez elle une fois sortie d'ici, était-ce si important que cette femme sache où elle habite? Sans doute... Koma, en tous cas, voulait peut-être aussi savoir où il pourrait retrouver son amie, après tout. Se mordant la lèvre, Tilika finit par tendre une nouvelle feuille du petit carnet à Raï, suivant la première, sur laquelle elle avait indiqué son adresse, ainsi qu'une requête.

- S'il vous plaît, je préfère pas que vous voyez où on habite, ni mon tuteur. Je sais rentrer toute seule. -


Elle était toute rouge, et se faisait toute petite, extrêmement honteuse. Finalement, Tilika avait donné son adresse, mais si la pauvreté et la simplicité ne la dérangeait pas, l'idée que Koma et Raï, qui eux vivaient dans ce luxueux appartement, puissent voir l'intérieur de celui dans lequel elle vivait, ou même simplement la façade de son immeuble, la mettait terriblement mal à l'aise. Et si en plus ils rencontraient son tuteur, ce serait le bouquet! Elle ne voulait pas que Seridan sache, pour Koma. C'était son secret. Son talon d'Achille... Si Seridan savait, qui savait comment il jouerait sur ce point sensible pour la faire chanter ou quoi que ce soit d'autre??? Non, vraiment, Tilika ne voulait pas que son tuteur touche, de près ou de loin, à son précieux secret, ses sentiments enfin ouverts à quelqu'un, à un être pur, gentil, sincère, dénué de toute méchanceté... Koma était bien trop précieux aux yeux et au cœur de la petite fille pour qu'elle n'accepte de voir son horrible tuteur parler de lui, l'approcher, ou pire, se servir de lui...

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Ilyena Raï
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MessageSujet: Re: On joue à chat?   Lun 11 Jan 2010, 17:26

    Je regardai les deux enfants de ma position actuelle. En voyant Tilika écrire, je me rendis compte que ce n'était guère une bonne chose. Je pouvais peut-être faire des tas de choses, manipuler les esprits à ma guise face à des personnes plus faibles que moi de ce coté là, mais voir à travers du papier ou des objets, je ne savais pas faire. Pas encore, ou bien était-ce une chose nécessairement impossible ? A bien y réfléchir, il valait mieux que la dernière réponse soit la bonne, je ne tenais pas à ce que de vieux pervers puissent m'épier dans ma douche sans que je ne m'en rende compte. Un soupire s'arracha des tréfonds de ma gorge, puis je me mis debout pour voir tout ce qu'avait écrit la fillette. En observant la première phrase, je ne pus que pincer les lèvres. Et merde, une nouvelle boulette, fallait croire que je sautais les pieds joints dans tous les plats possibles et inimaginables. Je pensais aussi que nous formions à nous trois le trio des orphelins, mais me gardait bien de le dire. Ce n'était surement pas la meilleure chose à faire, même si bien que crue, elle était vraie. "Désolée pour tes parents, je ne savais pas." Comme ce bon vieux Socrate, je ne savais strictement rien. Et pourtant, je parlais, balançant mes flèches d'acier dans le cœur des personnes sans ne même m'en rendre compte. Quelle ironie, même en voulant paraitre agréable, je demeurais détestable.

    Ma main droite alla se perdre dans le flot de mes cheveux rougeâtre, tandis que je prenais la feuille puisque la petite avait fini d'écrire. Ce qui avait été noté après la première phrase me fit sourire. Il était si simple de berner les gens en leur affirmant faire la chose requise dans l'immédiat, jouant sur leur confiance aveugle pour finalement faire le contraire de ce qui fut énoncé. Mais je pouvais acquiescer, de toute manière je comptais la suivre en toute discrétion afin de m'assurer de la véracité de ses dires. Et puis aussi, pouvoir un jour aller passer un savon à l'abruti qui s'occupait d'elle. Bien qu'aucune syllabe ne passa la barrière de mes dents pour la première partie, je ne pus m'empêcher de réagir pour la seconde. Peut-être que cela donnerait l'effet de celle qui voulait absolument que le monde connaisse ses propres expériences -même si ce n'était pas vrai-, mais les exemples étaient à mes yeux la meilleure explication possible quant à un phénomène. Surtout quand ceux-ci ont été vérifiés, et non pas insinuer à l'aide de quelques théories boiteuses. "Je n'en serais pas aussi sure à ta place tu sais. Quand j'étais gamine, ceux qui m'ont ach... recueillie se servaient de moi pour que je rentre dans des baraques par de toutes petites ouvertures, pour voler. Donc si les méchants trouvent la faille, ils pourront infiltrer le village sans problème. Qui se méfierait d'un môme avec le bandeau de Kumo sur le front, ou d'un gamin tout simplement ?" Je ne voulais pas la menacer, juste qu'elle prenne conscience des risques. Si une fillette aussi petite qu'elle avait pu trouver cette sortie, il n'en demeurait pas moins improbable qu'un grand stratège ou espion s'en aperçoive aussi, même à l'extérieur de nos murs. Avec un temps pareil, il ne serait pas extrêmement difficile de s'approcher du village ni vu, ni connu.

    En voyant la mine de Tilika après avoir donné le second papier, je ne pus m'empêcher d'arquer haut un sourcil sur mon front. Pourquoi exprimait-elle autant de gêne soudainement, alors que c'était une véritable petite peste même pas une heure auparavant ? Je jetais un coup d'œil interrogatif à Koma, comme si je pouvais trouver la réponse au fond de ses prunelles, avant de me reconcentrer sur la petite. "Pourquoi une telle appréhension ? Tu as quelque chose à y cacher ?" Je ne pouvais m'empêcher de douter après tout, puisque telle était la nature d'un ninja. Tout en prononçant ses paroles, j'ouvris un placard relativement haut au dessus de leur tête, afin d'en extirper une boite de chocolat. Ouais, toujours en train de bouffer, je n'y pouvais rien si j'aimais ça. Je prenais un bonbon que je laissai fondre dans ma bouche, puis tendis la boite vers les deux petits, histoire de leur proposer aussi une douceur. En observant de nouveau l'adresse, je me rendis compte qu'elle ne m'était pas inconnue. Je levais les yeux du papier, restant quelques secondes dans le vague, en pleine réflexion. Mais nan, je n'arrivais pas à mettre un nom dessus, ou même un visage. "Dis voir... Je crois que je connais là où tu habites, mais je n'arrive pas à me rappeler où, ni qui... Tu pourrais me dire qui est ton tuteur ?" Je parvenais facilement à placer un nom sur un visage, une facilité que je trouvais très plaisante. Au moins, je ne me trouvais pas souvent comme une abrutie à fixer une personne qui venait de me dire bonjour, sans ne savoir de qui il s'agissait. Puis je finissais toujours pas demander pour satisfaire ma curiosité, et l'autre se barrait parfois vexé avant d'avoir répondu.

    "Après si ça te gêne tant qu'une adulte te raccompagne, Koma pourrait s'en charger." Je lui faisais confiance, donc je ne doutais pas qu'il viendrait m'avertir en cas de problème. Et puis, tant qu'ils resteraient dans Kumo, il ne devrait pas y avoir de problème. Je tournais la tête vers le petit, pour le consulter tout de même, je ne voulais pas lui imposer mes idées "Enfin, si ça ne te dérange pas." C'était la moindre des choses de demander.
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Yanosa Oterashi
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MessageSujet: Re: On joue à chat?   Ven 17 Sep 2010, 20:26

Un Rp que je qualifierais de Nature, un cadre simple et pourtant les personnages prennent toute leur ampleur à l'intérieur, on est à la fois en introspection et en interaction.

Dommage que le topic n'ait pas pu se finir en bonne et dû forme, mais malgré tout, très bon Rp pour tous ^^.

¤ Tilika: 13 Points // Raï: 13 Points // Koma: 11 Points ¤

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On joue à chat?

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