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 Absence [Pv]

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Ilyena Raï
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MessageSujet: Absence [Pv]   Sam 28 Nov 2009, 01:34

    Depuis que j'avais quitté Reiya, il me semblait que le temps s'écoulait à une lenteur désespérante. Et dans le même temps, je trouvais que l'astre solaire s'était relevé beaucoup trop de fois devant mes iris fatigués. Aucune monture ne s'était profilée sur mon chemin, ce qui avait abouti à mon ralentissement certain. Koma me manquait grandement, et plus je m'approchais de Kumo, et plus mon cœur se resserrait en ma poitrine. La peur de le retrouver absent était largement présente et commençait à m'obséder, si bien que toutes mes pensées se tournaient vers ce petit être tellement démuni à mes yeux. J'avais hâte de le retrouver, mais si cela n'arrivait pas, je ne pouvais prédire ma réaction. Il allait sans dire que je serais entrée dans une rage si noire que la vie des habitants alentours s'en serait retrouvée menacée. Même si mes souvenirs étaient désormais intacts, mon caractère n'avait pas véritablement changé. Bien que je ne souhaitais plus tuer ou encore blesser par pur loisir, ou encore m’amuser face au désarroi provoqué chez les autres de mes actes, il n’en demeurait pas moins au fond de moi-même cette facette sombre et dangereuse. J’étais redevenue d’avantage femme, sans omettre la peur de la mort ressentie à Suna, comme une puissante décharge électrique roulant le long de ma colonne vertébrale. J’étais soulagée de pouvoir respirer l’air terrestre et de fouler la planète de mes pas, mais une haine incommensurable hantait mon âme. Jamais plus je ne serais la petite abrutie de Suna, tout comme le Joker ne pourrait plus me contrôler. Je me situais désormais entre les deux, instable.

    Kumo, enfin. Je pouvais apercevoir au loin ses murailles étincelantes dans l'obscurité. La nuit avait abaissé son rideau ténébreux depuis plusieurs heures déjà, et mes yeux peu habitués me laissaient croire que le gravier crissant sous mes pas n'était que cristaux de sel, comme si je me trouvais au bord d'un océan. Et en guise d'embruns, une fine bruine s'abattait, collant mes cheveux contre mon visage blême. Cela faisait deux ou trois jours que je n'avais guère fermé l'œil, et la fatigue commençait grandement à se faire ressentir. Face aux portes, j'en aurais presque pleuré, à bout de souffle que j'étais après une longue course. Après une brève discussion s'engagea avec les gardes venus à me rencontre, je pus entrer au sein du village. Ma nouvelle patrie depuis peu, mais bien plus ancrée dans mon cœur que ce désert régit par quelques pantins. Fière de vivre désormais à Kumo, c'était d'un pas souple que je déambulais dans les rues de mon village, malgré le fait que mes jambes menaçaient de lâcher à chaque foulée. Le palpitant tentait de jaillir hors de ma poitrine tandis que je respirais bruyamment, les cotes douloureuses. Il me fallait reprendre mon souffle avant de réveiller tout le village, autrement je ne me serais pas sentie très fine sur le coup. J'y étais presque... Je pouvais ressentir la moindre pulsation de mon coeur tambouriner dans mes oreilles, à moitié terrifiée d'ouvrir la porte de chez moi, et d'y découvrir une vision d'horreur me faisant cauchemarder à chaque fois que je m'accordais une once de repos -et qui était la principale raison de mon insomnie-. Calmée, je pénétrais dans le palais du Raikage en direction de mon appartement. Les lieux étaient somptueux, mais je n'y prêtais pas garde, tâchant de me faire discrète. Je ne voulais qu'une chose, qu'on me foute la paix pour cette nuit.

    J'y étais enfin, face à mon destin. Mes doigts enlacèrent la poignée de la porte, et je pris une profonde inspiration pour m'octroyer un peu de courage supplémentaire. Et j'abaissai la poignée, avec une lenteur si horrible que je crus m'endormir sur place. La tête me tournait sous le coup de la terreur, l'appartement me semblait si silencieux, tellement silencieux, trop silencieux. La torture était affreuse, et pourtant je ne voulais pas faire le moindre bruit. J'avançais en de petits pas rapides mais discrets en direction de la chambre de Koma, et entrouvrit sa porte. Là, je passai ma tête dans l'entrebâillement, et soupirait en entendant sa lente respiration. Il dormait... Je sentis mes jambes s'affaisser de soulagement, mais parvins à me rattraper à temps. Je ne voulais pas faire de bruit, ne pas le réveiller en de pareilles circonstances. Je n'étais pas belle à voir, avec mon teint pâle et quelques tâches de sang jonchant mes vêtements. Je ne voulais pas l'effrayer après ce mois d'absence, de plus l'odeur que je laissais derrière moi aurait pu attirer aisément toutes les mouches de Kumo si je passais trop de temps près d'une fenêtre entrouverte. Mes pas me guidèrent de l'autre coté des lieux, dans la salle de bain. Là, je pris une bonne douche brûlante, me rappelant les cicatrices laissées tout au long de mon périple, mais tellement délicieuse. J'en avais rêvé, et cela eu tout de même un effet salvateur sur mes courbatures. Je me sentais revivre, une odeur de mure emplissant la pièce. Une fois terminé, je me vêtis de quelques affaires propres, d'une couleur blanche et laissant apparaitre mes bras jusqu'aux épaules. J'observais une dernière fois mon reflet dans le miroir, j'avais véritablement une sale mine. Les cernes sous mes yeux en disaient long, et la pâleur de mon visage malgré ma peau bronzée exagérément -pour ne pas dire brûlée par endroits- me donnait un air maladif. De plus, j'avais changé, la couleur de mes pupilles redevenues grises comme auparavant -à Kumo, ils étaient verts au naturel, allez savoir pourquoi...-, et mes cheveux seulement teintés de rouge pouvait en surprendre plus d'un après avoir rencontré le Joker.

    Je retournai devant la chambre du garçon, dans laquelle j'entrai tel un fantôme. Je craignais de le réveiller, ne sachant que lui dire, ne pouvant jauger de la réaction qu'il aurait. Me surprenant à le contempler dans son sommeil, je secouais ma tête. C'était comme si j'avais peur d'avoir à affronter son regard, comme une gamine rentrée trop tard dans la nuit et devant aller affronter les patriarches en colère. Je m'avançais jusqu'au lit, puis m'assis sur le rebord en prenant place de ne pas écraser le petit corps frêle que je distinguais par bosses sous les draps. D'une main douce et maternelle, je la passais dans ses cheveux, en le regardant tendrement. J'ignorai si ce geste allait le réveiller, mais ce fut pour moi comme une délivrance. Le savoir bien là, à mes cotés, sans que cela ne soit qu'un bête rêve me tourmentant d'avantage à mon réveil.
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Kaguya Koma
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MessageSujet: Re: Absence [Pv]   Sam 28 Nov 2009, 17:40

Et le temps passait.
Egale à lui-même, simple mesure du temps égrenant les minutes et les heures, les jours et les semaines sans se préoccuper des humains qu’il soumettait à sa volonté écrasante. Il était toujours le même, immuable et je ne pouvais qu’essayer en vain d’ignorer son défilement dans l’espoir incertain que l’inquiétude qui augmentait un peu plus chaque jour ne disparaisse avec le temps. Avoir réussit mon examen genin n’avait rien changé à cette angoisse qui m’étreignait depuis plusieurs semaines à présent. A chaque fois que je regardai le bandeau preuve de mon nouveau statut, je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir un pincement au cœur. Je voulais tant lui dire, lui montrer que malgré son absence j’avais réussit à passé une autre étape, qu’elle pouvait me faire confiance et ne plus s’inquiéter pour moi ! Je m’entrainai, chaque jour, pour oublier, penser à autre chose que cette dague qui me tailladait de toute part et que je ne pouvais ignorer que lors de ses moments.
Et je m’en voulais.
Je culpabilisai de ne pas lui faire confiance alors qu’elle était pourtant si forte ! Bien sur qu’elle rentrerait à la maison ! C’était logique, normal et dans l’ordre des choses, elle avait bien assez de force pour se sortir de n’importe quel situation et donc elle reviendrait assurément. Mais cet espoir et cette conviction volait en éclat dès que je fermai les yeux et que mes cauchemars revenaient. Guji aussi était fort malgré son apparence. Lui aussi revenait toujours lorsqu’il partait et je ne m’en inquiétai jamais à l’époque.
Mais aujourd’hui, il était parti pour toujours et je m’étais retrouvé seul dans un monde trop vaste, trop dangereux. Et j’avais erré tant de temps avant de croiser la route de Raï…Peut être…Peut être que ce serait moins douloureux si je ne m’attachai plus à personne…Mais je m’en sentais incapable. Les moments de joie que j’avais éprouvée au contact de mon ancien tuteur restait toujours vivace même si la raison de sa mort ne laissait tomber sur eux un voile morbide de culpabilité et de honte.
Je m’étais promis de ne plus fuir, alors même ma douleur je ne la fuirai plus. J’allais la supporter malgré le poids écrasant qu’elle représentait sur mes frêles épaules.
Je n’étais plus un enfant…

Ce soir là, ce fut comme tous les autres soirs depuis plusieurs semaines. Je m’occupai de mon repas en lisant un parchemin que j’avais emprunté à la bibliothèque – tout pourvu que le silence et l’absence ne soit que des impressions ténues. Je restais dessus une bonne partie de la soirée pour m’occuper utilement et éloigner au maximum le moment de me coucher…Qui venais toujours trop tôt. Ce n’était pas parce que je respectai un couvre feu spécifique, mais parce que j’étais épuisé. Mon corps demandait avec ardeur un repos bien mérité mais qui serait sans aucun doute aussi précaire que les nuits précédentes.
Le silence était assourdissant dans l’appartement mais je l’ignorai avec le plus de conviction possible pour aller me coucher après m’être préalablement habillé d’une veste de kimono attacher par une ceinture et d’un pantacourt au couleur crème. J’attachai mes cheveux avec un ruban en bas de ma nuque – question d’habitude pour éviter de me battre avec les nœuds au réveil…surtout avec mes nuits agités – en prenant soin de ne pas me regarder dans un miroir. Je me savais changé, mais surtout pâle et fatigué. Pas besoin de voir ce que mon corps me hurlait à tue tête chaque jour.
C’était devenu un rituel depuis que je vivais ici…Après un soupir, je rejoignis ma chambre en espérant que le sommeil vienne vite, priant – comme tous les soirs – les Dieux pour qu’ils préservent et protègent Raï où qu’elle puisse être.
Après m’être retourné plusieurs fois, je fini par m’endormir vaincu par mon épuisement sans savoir que les divinités que j’avais prié allait exaucer mon vœu.

~ La nuit, entre rêve et réalité.

Quelque chose. Je sentais quelque chose de diffus, encore embrumé par un sommeil qui avait été sans rêve – ou bien je ne m’en souvenais plus – je me réveillai en douceur, le cœur étrangement apaisé comme si il avait déjà comprit ce qu’il se passait. Mon esprit en revanche n’en avait pas la moindre idée. Puis je ressenti cette caresse sur ma tête, familière et agréable. Un sourire avait déjà étiré mes lèvres sans que mon cerveau m’en expliquât la raison. C’est seulement après une poignée de minutes que je compris que ce n’était pas un rêve, que cette main dans mes cheveux n’était pas qu’une impression, une illusion du sommeil. Je m’éveillai totalement à cette constatation lointaine qui percuta mon cerveau avec une force peu commune et fixai mon regard encore flou sur le visage de celle qui m’avait éveillé. Cette présence familière…Même si elle avait changée durant sa disparition, son aura était la même.
Une confusion de sentiment s’empara de moi l’incompréhension, la joie, la peur, le soulagement, et d’autres encore que je peinai à reconnaître et dont je ne fis pas grand cas. Je me redressai en m’asseyant sur mes genoux maladroitement, le regard toujours viré sur celui devenu gris de ma tutrice. Les dernières traces du sommeil avaient totalement disparut. Par pitié, faites que ça ne soit pas un rêve ! Je me mordis la lèvre, et la légère douleur qui m’envahit me prouva que ce n’était pas le cas.
Je n’étais plus un enfant…J’étais un ninja, mais ce soir, cette nuit, je m’en fichai.
Des larmes trop longtemps contenues roulèrent sur mes joues sans que je ne puisse rien faire pour les en empêcher. Je n’arrivai pas à les contenir, elles brûlaient mes joues et bientôt je baissai la tête pour essayer de les retenir en essayant de les effacer à l’aide de mes mains, mais plus je les essuyai et plus elles coulaient. Encore et encore.
Les ninja n’ont pas le droit de pleurer. Pleurer montre une faiblesse.
Mais je n’en avais rien à faire ! Rien du tout ! J’étais tellement soulagé ! L’étau qui m’enserrait depuis des semaines me libérait enfin de son étreinte.
J’hoquetais alors que j’essayai de mettre des mots sur mon comportement, sur tout ce qui m’envahissait à l’instant.

« Je…Je suis …tellement heureux. J’ai eu…si peur ! Si peur que…tu ne reviennes pas. Pardon…Je m’étais promis…de ne plus pleurer…C’est idiot…alors que tu vas bien…je ne fais que pleurer…Je suis si soulagé ! J’ai cru…j’ai cru… »

Les mots peinaient à franchir mes lèvres et j’enfoui ma dernière phrase au fond de moi. Je ne voulais pas l’entendre, je ne voulais plus y penser, plus maintenant alors qu’elle était en face de moi et que toutes mes peurs s’envolaient.
C’était faux.
Cette peur ne disparaîtrait jamais. C’était le risque à prendre lorsque l’on s’attachait aux autres, celui de souffrir si il leur arrivait quelque chose. Mais j’avais choisit de le prendre malgré tout.
D’autres minutes s’écoulèrent sans que je ne rajoute rien, reprenant mon souffle en atténuant les sanglots dans ma gorge. Plus rapidement que ce que je m’aurai cru capable, je me calmai un peu, les larmes se faisant moins nombreuses. Je décrispais mes doigts de la couverture rejeté pèle mêle alors que ma main libre atténua les sillons des perles salées.
J’inspirai une nouvelle fois pour bien me calmer et redressait de nouveau la tête vers Raï avec un léger sourire, les yeux trop brillant près à verser encore une cascade de larmes que je refoulai.

« Bon retour Raï. »

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Ilyena Raï
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MessageSujet: Re: Absence [Pv]   Mar 01 Déc 2009, 14:35

    Je voulus laisser glisser ma main à l'instant même où je sentis ce petit corps frêle s'agiter. Ne pas le réveiller à une heure aussi tardive me paraissait une idée séduisante, et pourtant je ne parvins guère à contrôler mon bras. Ce fut comme si mon esprit voulait le voir se mouvoir, rayonnant d'une vie qui avait faillit m'être arrachée une poignée de jours plus tôt -voir des semaines, je n'avais plus aucune notion du temps-. Je laissai Koma reprendre conscience sous mes doigts, mes yeux scrutant la moindre parcelle de son visage s'offrant à moi, légèrement éclairé par la fine lueur filtrant de la porte entrouverte. Mon cœur battait à une telle vitesse que cela en devenait douloureux, et pourtant aucun sentiment ne transparut sur mon visage. Seule de la tendresse était là, tandis que j'ôtai ma main pour ne pas gêner le petit être dans son ascension. Sans bouger, je le regardai sans ne rien faire. Sa réaction me perfora le cœur de part en part, mais je ne savais que faire. Le laisser se remettre de ses émotions dans un premier temps, et le laisser aller à son rythme. Un fin sourire était présent sur mes lèvres, contrastant grandement avec l'infinie tristesse lisible au fin fond de mes iris. Je m'en voulais tellement de l'avoir laisser ainsi, seul durant tout ce temps que je ne parvenais pas à compter. Au fond, ce n'était pas ma faute, mais j'y trouvais une belle part de culpabilité. Je ne m'étais pas laissée attraper volontairement par ceux de Suna, bien que si j'avais tué Kenjiro, ma vie aurait été bien meilleure. Je serais rentrée dans les temps, sans torture, sans souvenirs me tourmentant, sans retard. Il fallait dire que le regret était présent, et que mon état d'esprit ne pouvait guère aller en s'améliorant. Moi qui avait voulu changer de comportement vis-à-vis des autres, ce sentiment s'était effacé de ma mémoire. Certes, je ne me voyais pas continuer à martyriser les autres de mon propre village pour mon bon plaisir, mais j'allais me montrer impitoyable envers mes ennemis. Une ninja, tueuse de sang froid afin d'assurer sa survie. Je n'avais plus le choix.

    Ma main encore brûlante de ma douche passa sur sa joue encore humidifiée par les larmes, dans un geste doux comme de la soie. Je bus ses paroles comme un liquide amer, douloureux sur les papilles, laissant des traces au fond de soi pendant un petit bout de temps. "Je suis là maintenant.." Même si cela était irréaliste à mes yeux, mais je voulais tenter de le réconforter. Ma voix était plus douce qu'à l'ordinaire, réadoucie avec mes souvenirs revenus. Une part de l'ancienne femme maternelle était là, camouflée sous un faciès s'effritant de jours en jours. Je me demandais toujours ce que Kenjiro avait voulu dire par le fait qu'une force mystique avait été là, et m'avais sauvé la vie. Je l'avais lu dans son regard, l'intention de me tuer était là, bien présente dans la lame formée dans sa main. Ou alors il n'avait tout simplement pas voulu admettre qu'il ne voulait pas me tuer, et pourtant.. Par ce simple geste il pouvait se coller ses supérieurs à dos, et voir même être rétrogradé dans l'activité même de son village. Laissé pour traitre, et subir le même sort que moi, les Sunaiens tentant de lui arracher une vérité enfouie. Pourquoi avoir laissé s'échapper la déserteuse qu'il devait abattre. Oh, et puis je m'en foutais bien de son sort. Je voulais le lui régler moi-même, mais s'il perdait la vie avant, seule la déception d'une vengeance non accomplie m'aurait envahie.

    Respectant le silence prit par Koma, je ne dis rien, et ne bougeai pas. Je me contentais de le regarder avec l'indescriptible tristesse que je ne parvenais à refouler, attendant le moment où il reprendrait enfin la parole. On pouvait dire que j'attendais ce moment avec impatience, même si au fond de moi la terreur me submergeait. Je ne savais que lui dire, lui épargner les détails d'une véritable raison, lui parler de ma fille, ne pas mentionner que j'étais à Suna et mentir ? Non, je ne voulais pas mentir. Je me refusais à faire cela, moi qui avait une entière confiance en lui, je ne pouvais pas. Même pour le protéger d'une peur quelconque, j'en étais bien incapable. Cependant, je ne m'apprêtai à déballer uniquement ce qu'il voulait savoir. Il était inutile de jouer la fine bouche pour des détails qui l'inquièterait d'avantage, d'autant plus que je suspectais le fait qu'il puisse être également recherché par quelques crétins d'Oto. Les pantins et les crétins à nos trousses, on formait un joli duo... "Merci..." Il y avait des jours où je me demandais où il puisait une telle force, pour se remettre rapidement. Il était jeune, et je me souvenais n'avoir jamais été de roc lors de mon existence à Suna. Je me penchai sur lui, et passai mes mains dans son dos en l'enveloppant de mes bras. Ma mâchoire alla se poser sur son épaules gauches, et je demeurais ainsi à le serrer contre moi -pas trop fort, mon but n'était pas de lui broyer les côtes-. Mon instinct maternel était bien plus prononcé que je ne l'eus cru, pourtant je ne le connaissais que depuis quelques mois, mais je le protégeais autant que s'il avait s'agit de mon propre fils.

    Mes doigts se crispèrent dans le tissu de son pyjama, tandis que mes yeux ne s'assimilaient plus qu'à des vases remplis à ras bord, prêts à déborder. "Si tu savais à quel point je suis désolée... Désolée de t'avoir laissé seul, désolée de t'avoir inquiété de la sorte. Mais je n'ai pas eu le choix, je ne pouvais rien faire... Rien du tout." Ma voix avait une certaine rancœur quant à la prononciation de ces derniers termes, je haïssais le fait de me sentir impuissante. Un coup dans ma fierté, et une hargne grimpante. "Je ne sais pas ce que tu veux savoir, si tu veux savoir, mais si tu as des questions, pose les, j'y répondrais de la manière la plus honnête." Je pris une pause de quelques secondes, me laissant seule avec les battements de mon cœur résonnant dans mes tympans. "Tu sais... J'ai retrouvé toute ma mémoire là-bas... Je me souviens de tout, jusqu'à me petite enfance. Je sais maintenant ce qui me poussais à agir en tant que tel, en tant que Joker." Là-bas, à Suna. Lieu de tristesse, douleur et rage pour moi. Un seul petit souvenir agréable à mes yeux, demeurant désormais à Kiri. "Mais jamais plus je ne te laisserais seul pour une durée aussi longue." je voulais l'amener un peu partout dans mes voyages, mais je savais éperdument que ce n'était pas possible. Certaines missions étaient beaucoup trop dangereuses pour amener un aspirant ninja. Il ne me suffisait plus qu’à exprimer une certaine cruauté avec mes adversaires, en ne leur laissant pas la moindre chance de prendre le dessus sur moi. Devenir hargneuse, un tigre laissé en cage bien trop longtemps redécouvrant tout juste une liberté précaire, ou pas.
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Kaguya Koma
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MessageSujet: Re: Absence [Pv]   Ven 04 Déc 2009, 21:36

L’angoisse…
Elle était toujours là, tapit au fin fond de mon esprit mais le soulagement l’avait détrôné comme en attestait les sillons cristallins tracés sur mes joues que j’essayai en vain d’effacer. Pleurer était une preuve de faiblesse et était banni dans le code ninja que je me devais de respecter aujourd’hui, mais à cet instant, mon statut si neuf était le moindre de mes soucis. La digue qui avait maintenu jusqu’à aujourd’hui mes craintes et mes angoisses s’était d’un seul coup brisée face au visage changée de ma tutrice, mais maintenant, je me reprenais. Avec une certaine difficulté, cela allait sans dire, mais au moins j’y étais parvenu. Les sanglots qui avaient secoués mon corps réveillé brusquement enserraient encore ma gorge mais j’arrivais à les faire taire et à les apaiser. C’était ridicule de pleurer alors qu’elle était là, belle et bien présente à mes cotés, je me devais au moins de l’accueillir avec un sourire pour ne pas l’inquiéter pour rien. Après tout, physiquement, je n’avais rien mise à part cette fatigue qui alourdissait mon corps et qui à cette heure, semblait bien loin de moi.
J’oubliai un peu mes émotions pour m’intéresser au visage de Raï, à sa présence rassurante qui m’avait tant manqué, ses gestes et sa voix plus douce qu’elle m’adressait avec tendresse. Ses traits n’avaient guères changés dans leur ensemble, c’était toujours Raï Ilyena, ma tutrice depuis plusieurs mois à présent, celle qui m’avait sauvée…Mais elle n’avait plus cette caractéristique propre à sa personnalité exubérante, comme si elle s’était atténué avec le temps, que la façade c’était ébréchée pour laisser entrevoir une autre personne, pareil et pourtant un peu différente. Elle avait coupée ses cheveux plus court et avait décidée de les teindre entièrement en rouge, mais c’est son regard qui me marqua le plus. Ils étaient gris, d’un gris presque bleu comme un ciel d’automne qui révélait sa douceur au contraire de son regard artificiel vairon. J’avais toujours réussit à passer outre leurs couleurs anormales, mais aujourd’hui, voir ce que je présumai être leur véritable teinte me donnait une impression étrange, confuse. Mais ce que je savais, c’était que je trouvais cette couleur très belle.
Et elle était là.
Ce n’était pas qu’un fantôme, une illusion que mon esprit épuisé provoquait pour se réconforter d’une absence qui s’était prolongée. Elle était physiquement là, comme en témoignait les gestes doux qu’elle avait à mon égard et qui comblait petit à petit le vide qui s’était emparé de moi depuis plusieurs semaines.

Le silence se prolongea suite à son remerciement après lequel j’avais baissé la tête en mordant ma lèvre, dissimulant en partie mon visage par les quelques mèches de cheveux blanc qui n’étaient pas retenu par mon ruban. C’est à ce moment là qu’elle passa ses bras derrière mon dos, m’arrachant de mon inertie en m’attirant contre elle. Je n’eus même pas le reflexe de réprimer mon sursaut sous ma surprise, ni la crispation peu naturelle qui s’embarra de mes muscles au même instant. Le cours de mes pensées s’effaça brutalement, me laissant hébété autant que surprit de la tournure des événements.
Je n’avais pas l’habitude des contacts prolongés ou de ce genre d’étreinte. Malgré moi, il y avait toujours une part de mon esprit qui avait peur de faire du mal à mon entourage et de plus, je n’avais jamais été habitué à ce genre de geste à mon égard. C’était bien différent des simples caresses que mon ancien tuteur me prodiguait avec son sourire rassurant et ses yeux brillant de tendresse, là, je pouvais sentir sa chaleur, son aura rassurante et protectrice comme…Je stoppais brusquement le cours de mes pensées en fermant violement les yeux, me pinçant les lèvres.
Peu importait ! Je ne voulais pas gâcher ce moment par des pensées aussi stupides, alors je profitais simplement, honteusement de cet instant en laissant de coté le reste. Je retins mes larmes en fermant les paupières face à ses paroles d’excuses. Elle n’avait rien à se faire pardonner ! Rien du tout !
Je ne dis rien, la laissant vider son fiel sans la couper, écoutant ses paroles, ses aveux même si elle ne se laissa pas aller aux précisions. Elle préférait que je la questionne. Cela m’étonna un peu, rendant mon esprit plus confus encore puisque ne sachant pas où donner de la tête tant il y avait d’information.
Elle se souvenait de son passé, l’avait reconstitué dans ce là bas vague - cela pouvait être son ancien village ?…Et puis il y avait cette dernière phrase qui sonnait comme une promesse irréalisable. J’aurai voulut y croire mais je n’étais pas assez naïf pour cela.
Je me laissai davantage aller dans ses bras, comme pour lui donner le change, pour la réconforter moi aussi en passant un bras timide derrière son dos. Mes gestes étaient hésitants, n’ayant pas l’habitude de ce genre d’effusion même si ils étaient loin de me rebuter. Moi aussi, je voulais la rassurer, après tout, moi, j’allai bien…J’allais bien maintenant.

« Je vais bien, moi, tu sais. Et puis tu es obligé de partir, c’est normal, c’est…c’est ce que tu dois faire. Alors ne t’inquiète pas pour moi, c’est bon, et puis tu sais, je suis un ninja moi aussi maintenant, alors je comprends…Ne t’inquiète pas s’il te plait… »


Je refermai les yeux un peu plus forts. Je ne pouvais pas faire grand-chose, mais je pouvais essayer de la rassurer un peu, un tout petit peu au moins pour qu’elle arrête d’avoir peur pour moi, pour qu’elle ne se sente pas coupable de quoi que ce soit. Ce n’était pas de sa faute après tout…
Il y avait encore de l’émotion contenue dans ma voix, mais celle-ci était beaucoup plus paisible que lors de mes précédentes paroles. Un court silence passa de nouveau, le temps que je mette de l’ordre dans mes questions, hésitant à les posées avant de me jeter à l’eau pour au moins cette question primordiale.

« Est-ce que…Tu vas bien ? Tu t’es fait blesser dans ce là bas, n’est ce pas ? »


Comment je le savais ? Je ne le savais pas, je le déduisais seulement en espérant pourtant que j’avais tord. Je ne voulais pas savoir que quelqu’un pouvait être plus fort que Raï même si je me doutais que de telles personnes existaient de part le monde. Je me pinçais les lèvres d’appréhensions.

« Ils t'ont retrouvés...? »


Ma voix était hésitante, murmurée. J'avais...peur de la réponse. Les chasseurs de déserteur de Suna dont elle m'avait parlée avant...Lorsqu'elle était sur ce lit d'hôpital...

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MessageSujet: Re: Absence [Pv]   Lun 07 Déc 2009, 19:43

    Au départ, je pris peur que Koma prenne mal l'étreinte que je vins lui offrir. Ce n'était pas dans nos habitudes, moi étant simplement une tutrice veillant sur lui. J'ignorai comment il pouvait vivre la chose, s'il aurait d'avantage préféré un contact plus maternel, plus froid, je n'en savais fichtrement rien, bien que l'envie de lui poser la question m'avait brûlé les lèvres plus d'une fois. Je n'avais jamais osé, et il me semblait bien que jamais je ne pourrais le faire. Si seulement je pouvais posséder la faculté de lire une seule fois dans ses pensées, tout serait bien plus simple pour moi. Je craignais de trop l'envahir, de ne pas lui laisser suffisamment de liberté de mouvement bien que j'agissais d'une manière que je pensais bonne pour lui. Même si mon instinct de mère poule tentait de me pousser à agir autrement, je m'efforçai d'éloigner ce penchant obscur de mon âme que je comprenais bien mieux ce jour-là. Au fond de moi, j'étais heureuse et triste à la fois. Heureuse de contempler que ce petit être avait pu s'attacher à moi, et malheureuse à la fois qu'il ai pu ressentir autant de souffrance en mon absence. Peut-être que cela n'était dû qu'à son passé difficile, mais je préférai chasser ces tourments sur l'instant. Me poser des questions dont les réponses me seraient certainement inconnues jusqu'à la fin des temps n'était qu'une torture supplémentaire dont je n'avais guère besoin.

    Je l'écoutai parler, et un long soupir s'extirpa de mes narines. Il allait bien, j'avais pu le voir, et j'en avais maintenant la certitude. L'étau créé autour de mon cœur par le bloc d'acier de l'inquiétude s'était brisé, et je pouvais de nouveau revivre normalement. Aucune parole ne traversa le mur de mes lèvres avant qu'il n'ait terminé de parler et de poser ses questions, m'accordant ainsi un peu de temps pour réfléchir. "Tu as raison... Ils m'ont retrouvée." Ma mâchoire se crispa l'espace d'une seconde, et je me redressai. Je voulais pouvoir le contempler dans les yeux, mais également que cette situation ne s'avère pas gênante pour le coté symbolique qu'elle représentait en mon esprit. "Mais je vais bien maintenant, rassure toi. Je n'aurais besoin qu'un passage à l'hôpital aux premières lueurs de l'aube pour vérifier que tout va bien et faire soigner quelques plaies encore infectée, et ce sera tout. Il me faut aussi du repos, alors si je dors un temps inhabituel, ne t'inquiète pas." Je sentais peser mes nuits blanches sur mes paupières, ces dernières parvenant encore à lutter afin de ne pas se clore. Mais je n'avais pas encore répondu à la totalité de ses interrogations, chose que je comptais bien faire. Il fallait simplement que je le rassure avant tout, et la conclusion de mon voyage m'était favorable l'air de rien.

    Toussotant dans ma main, je m'éclaircis ma voix devenue rauque avant de continuer. "Un Sunaien m'a retrouvée au Mont Kitsune, là où je m'entrainais avec Kuro. Bon lui il s'était barré, on avait eu un petit différent deux trois jours auparavant. On s'est battu avec le chasseur, mais j'ai commis une seule erreur. Je l'ai laissé en vie en lui laissant une chance de rentrer chez lui. C'était une erreur, mais peut-être que les chasses auraient pu se clore en voyant un de leur ninja se ramener dans un état aussi pitoyable." Un gloussement incontrôlable s'échappa des tréfonds de ma gorge à ces paroles, en me souvenant du combat. Lui qui faisait le fier pendant que j'étais attachée dans sa putain de salle de torture, il avait l'air bien moins heureux quand je lui en foutais plein les dents... "Excuse moi, je suis fatiguée... Mais passons. Je ne sais pas ce qui s'est passé ensuite, je me suis évanouie pour je ne sais quelle raison en repartant vers ici." Mon ton devint soudainement plus bas, hésitant. Je craignais de dire tout avec exactitude, de peur de le troubler d'avantage. "Je me suis réveillée quelques jours après... Attachée à un mur, avec du poison dans les veines. Je m'en suis pris un peu dans les dents, mais il ne savait pas vraiment y faire. Le fait est que je me suis retrouvée un an auparavant, dans la peau de l'ancienne Raï, sans ne me souvenir de mon départ de Suna. Amnésie dans un sens, puis dans l'autre, ce qui m'a donné au final une mémoire complète." D'une main douce, je passais ma main dans ses cheveux. Mon regard s'était fait vague, sans pourtant ne lâcher son visage du regard. Comme si je pouvais voir au travers.

    "Je pense que je n'ai plus de soucis à me faire par contre. Ces crétins m'ont condamnée à mort, mais je suis encore en vie, grâce à un miracle divin apparemment. Encore un illuminé. Comme j'étais dans le désert, j'ai pu me barrer. Je pense que mon agresseur ne dira rien, il risque de prendre cher pour son grade de m'avoir laissée m'enfuir, et donc d'avoir désobéi à ses supérieurs. Je pense qu'il a dû rapporter mon décès, et que maintenant je ne suis plus qu'un fantôme aux yeux de Suna. Autrement, ils auraient certainement tenté de me rattraper au cours des deux dernières semaines, et m'auraient eu sans mal vu l'état dans lequel j'étais."

    Toutefois, je me gardai bien de lui dire que tout acte a une conséquence, et donc que je chercherai à me venger, à un moment ou à un autre. Mais pour le moment, plus loin je me tiendrais éloignée du Pays du vent, et mieux je m'en porterai. Je ne comptais même pas aller établir un quelconque rapport à Takeo, s'il en voulait un, qu'il vienne me le demander en personne. Tout était encore trop frais et douloureux dans ma mémoire, et je n'avais de compte à régler à personne. Juste des explications à offrir à Koma, chose qui me paraissait légitime. Bien sur, mes supérieurs -qui n'étaient plus extrêmement nombreux désormais, ce qui réduisait encore le nombre de personne à être au courant- l'apprendraient tôt ou tard, il me fallait juste du temps. Si le Raikage ne venait pas, ou ne me faisais pas mander, je viendrais moi-même à lui, même si cela devait me prendre des semaines. "Je me suis aussi souvenu d'une chose... J'ai une fille, qui vit à Kiri je crois. Je ne sais pas comment elle va, mais bon. Je m'arrangerais pour l'apprendre un jour, maintenant que son père n'est plus là pour la tourmenter." Ma phrase flotta dans l'air, comme si je ne parvenais toujours pas à y croire. Lui qui m'avait trahit, battue, et Dieu savait quoi encore, il était mort. L'information que je venais de lui communiquer n'était pas de la plus grande importance, mais cela me tenait à cœur. J'avais une famille autre part, étant donné que je considérais Koma comme ma seule famille à ce jour. Là, il y avait mon sang et ma chair dans un autre pays, seul vestige qui ne faisait plus de moi un échantillon perdu au milieu d'un peuple.

    Autre chose me revint soudainement en tête, une interrogation que je ne pus contenir.

    "Pourquoi tu as dis que tu étais ninja toi aussi maintenant ?
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MessageSujet: Re: Absence [Pv]   Jeu 10 Déc 2009, 00:41

J’avais peur de ce qu’elle allait me dire, de ce que mes mots signifiaient réellement et à tout ce qui pouvait se cacher derrière eux. Je savais ce que signifiait être déserteur chez les ninja. Un déserteur était un traitre à son rang et à son village, un être qui avait oublié où était sa place et le serment qu’il avait fait bien des années avant lors de son passage de grade et qu’il renouvelait à chacun de ceux-ci. Un shinobi est lié à son village jusqu’à sa mort, alors fuir ses responsabilités et son devoir est passible de mort. C’est ce qui pourrait m’attendre également si je croisais la route d’un ninja de Oto bien que je n’avais guère été réellement lié à lui. On m’avait forcé la main, et j’espérai sans y croire que le fait que je n’ai pas été là bas longtemps m’épargne ce genre de traque – et puis je n’étais qu’un étudiant à l’époque…
Mais pour Raï, ce n’était pas la même chose. Son grade était bien plus élevé que le mien et bien que je ne connaisse pas les détails de sa vie, je savais que ses responsabilités étaient importantes là bas si je faisais une transposition par rapport à celles qu’elle possédait ici. Alors pour elle, c’était la peine capitale qui était retenu contre elle…Mais elle était là, vivante, à Kumo alors peut être que finalement, elle n’avait pas été retrouvée…Peut être qu’elle avait juste rencontré des chasseurs de déserteur et qu’elle avait réussit à s’en sortir, mais que cela lui avait fallut beaucoup de temps, d’où son retard…Une explication un peu naïve mais qui était malgré tout réaliste. N’est ce pas ?
Mais elle était là. Je devais me rassurer et relativiser un tant soit peu…

Lorsqu’elle brisa le silence, je frémis malgré moi. Cela ressemblait tant à une condamnation, une sentence qu’elle proférait et qui voulait en dire bien plus que ce que ces simples mots laissaient entendre. Je me mordis la lèvre. Elle me disait de ne pas m’inquiéter mais en même temps me signifiait qu’elle allait devoir aller à l’hôpital et cet aveu voulait en dire bien plus que tous le reste. Elle s’était battue. Elle avait été blessée. Cette simple analyse avait bien du mal à me rassurer bien que j’essayai de prendre su moi pour ne pas le montrer et éviter surtout de chercher où pouvait être ses fameuses blessures. J’aurai souhaité lui dire qu’elle devrait aller se faire soigner immédiatement – l’hôpital avait un service de nuit après tout – mais je me retins. Elle ne voulait pas que je m’inquiète, alors je pouvais faire un effort en ce sens… Et puis elle était assez grande pour savoir ce dont elle avait besoin… Et demain, ce n’était pas dans beaucoup de temps…faites que ses blessures ne soient pas sérieuses…
J’acquiesçai simplement à ses paroles pour lui faire comprendre que j’avais compris, puisque notre étreinte avait pris fin et qu’elle pouvait parfaitement me voir à présent. Je ne me sentais pas capable de parler immédiatement, un étau c’était formé dans gorge et je n’étais pas certain que ma voix ne me trahirait pas. C’était pour cette raison que je me pinçais les lèvres, essayant de ne pas montrer que je n’étais pas entièrement convaincu par ses paroles. Je ne m’y prenais pas particulièrement bien, je devais me l’avouer mais je préférai balayer cette objection mentale et je préférai écouter ce qu’elle avait à m’apprendre.
Je ne lui avais pas demandé grand-chose à vrai dire…Simplement si elle allait bien, alors le début de son récit me surprit même si je ne le montrai pas réellement, rapidement intéressé par cette question que je n’avais pas osé poser. Je l’écoutai sans rien dire captivé tout autant qu’angoissé par ce qu’elle me disait sur ce qu’elle avait vécu pendant ses quelques semaines où je n’avais fait que m’inquiété – une inquiétude qui s’avérait parfaitement justifiée au final. Mes doigts se crispèrent sur la couverture à coté de moi alors que je frissonnai de manière inconsciente, puis mon regard luit d’un éclat effaré, effrayé face à sa capture. J’étais aussi troublé qu’elle avait bien put l’être à cet instant, me faisant violence pour ne pas lui demander de nouveau si elle était sur que tout allait bien au vu de ce qu’elle me décrivait, de la torture à laquelle elle avait dut être soumis pendant ces semaines d’absences et qui de mon coté me paraissait à présent bien dérisoire. Moi, j’avais été tranquillement à l’abri, jamais en réel danger, simplement à m’inquiéter alors qu’elle vivait la torture et la séquestration. En réalité, je préférai ne pas y songer, mais d’un autre coté, c’était dans ce monde que j’étais tombé. Un monde aussi tranchant que la lame d’un sabre, froid et mortel pour ceux qui aurait l’audace de l’affronter ou de se retourner contre lui…
La suite de son récit était tout aussi précis, et la seule bonne nouvelle dans cette histoire, c’était qu’elle avait retrouvée sa mémoire…Et qu’elle était ici, bel et bien vivante.

« Condamné… »

Un mot qui n’avait jamais eut autant de signification qu’à cet instant. Elle avait été proche de la mort. Je baissai la tête alors que l’étau dans ma gorge se fit plus douloureux encore, remerciant d’une prière muette les Kami qui avaient eus la miséricorde d’accorder la vie à ma tutrice. En espérant qu’elle avait raison et que tout le monde la croirait morte…

Je redressai la tête à sa phrase suivante, curieux face à ses paroles qui dénotaient totalement avec le reste de son récit. C’était étrange…Imaginer Raï avoir une fille. Quel âge avait elle ? Avec qui vivait elle ? Comment était elle ? c’était une bonne nouvelle non ?

« Tu ne vas pas essayer de la récupérer ? »


Une question innocente que je posai en la regardant droit dans les yeux. La nouvelle légèreté surprenante qu’avait pris la conversation avait desserré l’étau de ma gorge et c’est d’une voix simplement curieuse que je pus lui parler…Chose qui allait disparaitre bien vite au vu de sa question.
Ma tête se rebaissa de manière inconsciente alors que mes doigts s’emmêlaient dans la couverture dans un geste purement anxieux. Je failli me mettre une véritable baffe lorsque je réfléchis un tant soit peu à mon comportement. J’avais travaillé pour réussir mon examen ! Où était passé ma détermination qui m’avait fait tenir toutes ses semaines si celle-ci s’écroulait comme un château de carte dès que Raï revenait ? Assez à la fin, de redevenir l’enfant fuyard dès que j’avais quelqu’un de plus fort près de moi ! Moi aussi je devenais fort, et le deviendrai encore, pas que pour moi mais également pour les autres. Moi aussi je voulais qu’on puisse compter pour moi, pouvoir rassurer, faire ressentir cette sécurité que moi même je ressentais auprès de ma tutrice.
Rejetant avec un certain agacement envers moi-même la couverture que je bidouillai, je relevais la tête pour répondre à la question qu’elle m’avait posée. Après tout, j’étais fier d’être parvenu à avoir mon diplôme.

« Pendant ton absence, il y a eut un examen à l’académie et j’y ai participé. Ça ne fait que quelques jours maintenant, mais je l’ai réussit donc je suis officiellement un genin de Kumo. Ce n’est pas grand-chose par rapport à ton niveau mais ça fait de moi un ninja tout de même, officiellement. »

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MessageSujet: Re: Absence [Pv]   Dim 13 Déc 2009, 04:32

    La question que me posa Koma me laissa perplexe. Je n'avais pas véritablement réfléchi à cette question, comme si ma fille m'avait définitivement été enlevée. Je ne savais aucunement ce qu'elle était devenue, ni même si elle était encore vivante. Cette pensée fit crier mon cœur, mais je l'ignorai. Il ne fallait pas que je parte pessimiste d'entrée de jeu, même si je ne voulais que savoir comment elle allait. J'espérai qu'elle n'ait pas été traumatisée de sa petite enfance, et pouvait vivre heureuse avec de nouveaux parents, attentionnés. Je fermai les yeux quelques instants en secouant la tête négativement, et me mis à parler une fois le regard de Koma retrouvé dans la pénombre. "Non... J'irais juste faire un tour à Kiri pour m'assurer qu'elle va bien, et c'est tout." J'avais peur de la réaction de Koma pour tout dire. Qu'il le prenne mal, ou qu'il finisse par se croire délaissé. Je ne voulais pas que ceci arrive, d'autant plus que Yuujin était sortie de ma vie bien des années avant, parce que j'étais une mauvaise mère. Je ne pouvais guère lutter contre son père, et elle s'était ainsi retrouvée enlevé de mes bras affectifs. J'en avais pleuré durant des jours entiers, pour enfin finir à me faire une raison, sans que la plaie de mon cœur ne se referme totalement. Durant des semaines je m'étais faite crier dessus, frapper, voir même des années. Jusqu'à ce que mes souvenirs s'envolent, et me transforment en une femme libre sans que je ne le sache. Celle que je rêvais d'être dans mes rêves les plus enfouis, le fait que je choisisse la personnalité du Joker ne fut en aucun cas un hasard. Mon seul regret était de ne pas avoir pu tuer Alcuin de mes propres mains. Il était mort, jamais plus il ne me ferait souffrir, moi ou même ceux que j'aime, mais pas de la manière dont j'aurais voulu.

    Un sourire triste barra mon visage. Je m'en voulais tellement, même si je savais n'y être pour pas grand chose. Si seulement j'avais daigné tuer ce salopard, j'aurais eu certainement plus de chance de m'en tirer malgré mon léger coma. Une petite perte de connaissance de quelques jours, en espérant qu'une bestiole sauvage ne m'eut pas trouvé des plus alléchantes, comme quand on passe devant un stand où du poulet grille tranquillement, embroché d'une manière presque vulgaire au-dessus de flammes. Et pourtant, Koma semblait avoir récupéré une telle force. Je ne le reconnaissais presque plus l'espace d'une seconde, comme si la détermination et tout un tas d'autres facteurs s'étaient emparés sauvagement de son esprit. Tout mon contraire à l'heure actuelle, en train de me liquéfier peu à peu, le sommeil menaçant de me plonger dans les ténèbres à n'importe quel instant. "Je suis fière de toi... Si fière de toi..." Les commissures de mes lèvres tiquèrent, et ces dernières se mirent à trembler l'espace de quelques secondes. Je tentai de ravaler la boule qui se formait dans ma gorge, avec bien peu de succès. Ma voix se fit lointaine, chaque mot m'était difficile à prononcer, mais je tins bon, quelques instants. "Tu fais véritablement parti des ninjas de Kumo maintenant. Tu peux porter fièrement ce bandeau et..." Je dus faire une pause supplémentaire, me taisant au beau milieu de ma phrase. En fait, je ne savais pas quoi dire, la culpabilité prenant le dessus.

    Je retirai ma main de la chevelure de Koma afin de la laisser retomber mollement sur le lit, juste aux cotés de sa sœur. Leur jointures devinrent blanches tant elles se crispèrent sur le drap, et un hoquet s’échappa de ma bouche. Non pas celui quand on mange trop vite, mais bel et bien celui accompagnant un sanglot. "Je suis... tellement.. désolée..." Une première larme roula sur ma joue, la première de tout un torrent salé. J'eus beau fermer mes paupières au maximum, jusqu'à me faire souffrir, ce ne fut pas assez. Le sang martelait dans mes tempes, dans un tempo qui ouvrit encore plus mes plaies mentales. Je sanglotai silencieusement, tandis que ma voix n'était que torture et douleur. "Tellement.. Désolée d'avoir loupé ça... De t'avoir abandonné pendant tant de temps sans ne savoir comment tu allais.. J'aurais pu éviter ça si j'avais pas été aussi... conne." Conne de ne pas l'avoir tuer, et d'avoir été aussi sure de moi. Comme si je ne pouvais pas me faire battre, j'étais humaine au même titre que tous les ninjas arpentant cette terre de leur vivant. Je finis par relâcher la pression de mes mains et de me laisser glisser du lit, me retrouvant de la sorte abruptement les fesses par terre. Je continuais de pleurer en silence, la tête dirigée vers le plancher, les genoux repliés sur ma poitrine avec les bras enroulés autour de mes jambes. Après avoir passer des jours à me faire violence, il fallait que je craque à ce moment précis. Saleté d'esprit, même pas foutu d'attendre que je me retrouve seule pour faire ça. "Je ne voulais pas que tu me vois ainsi..." J'étais parvenue à ravaler un minimum mes sanglots, je ne voulais pas qu'il me voit ainsi, qu'il s'inquiète ou même de le gêner. Je me devais de montrer un faciès fort, mais tout mon masque s'était effritée en l'espace de quelques secondes.

    Ma respiration était rapide, si bien que je tentai de calmer le jeu en prenant de profondes inspirations. Les larmes coulaient toujours sans mon consentement, j'étais incapable de me calmer si vite une fois partie. Mais au moins, les sanglots étaient bien moindres, et ma voix moins saccadée, bien que blanche. "C'est bien... Je regrette de ne pas avoir pu participer à ça, à te soutenir dans cette épreuve... D'autant plus que j'espère que tu n'étais pas trop inquiet du fait que je ne sois pas rentrée dans le temps." L'inquiétude était une chose qui pouvait vous faire foirer n'importe quoi, même d'une simplicité enfantine. Mais au fond de moi, j'hésitai. Et s'il ne s'était qu'à peine rendu compte de mon absence, et qu'au fond je n'étais qu'une tutrice un peu trop collante à ses yeux, bien qu'il n'en laisse rien paraitre ? Je ne savais comment agir avec lui, et je ne pouvais lui demander cela ouvertement, il m'aurait certainement prise pour une folle. Mon esprit était encore torturé et divisé, m'empêchant de me remettre totalement. Je me sentais perdue dans une abime sans fond, dans un endroit où je ne parviendrais jamais à être sure de moi. Je regrettai aussi de me souvenir de tout, comme si la vie en tant qu'amnésique était bien plus simple. La quête de mon passé ne m'obsédait pas, alors qu'en cet instant beaucoup d'interrogations se bousculaient dans ma tête.

    "Tu es courageux Koma, je suis sure que tu deviendras quelqu'un de grand."
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MessageSujet: Re: Absence [Pv]   Dim 20 Déc 2009, 00:11

Fière…Elle était fière de moi.
J’en étais…heureux.
C’était ce que je voulais après tout, tout du moins, une partie de moi le souhaitait ardemment, voulait cette reconnaissance spéciale que seul ma tutrice pouvait me donner. Mon sensei à l’académie aussi avait été fier…Non, plutôt avait il été content que j’y sois parvenu, comme il était heureux pour tout ceux qui avait réussit l’examen pour lequel il nous avait préparé, et qu’il était triste pour tout ceux qui avaient échoués. C’était notre professeur, il nous appréciait, j’en étais certain, nous avait guidé pour que l’on puisse prendre de nous même notre envol mais c’était tout. Il avait fait son travail, sans doute s’était-il un peu attaché à nous, mais ce n’était qu’un guide qui avait fini sa tâche avec lequel nous nous étions en partie liés mais…sans plus. Raï, je la connaissais. Je partageai ma vie avec elle depuis plusieurs mois à présent et je m’étais beaucoup attachée à elle. Sa présence était rassurante et je me sentais en sécurité près d’elle, même si cela était au final à double tranchant. Je venais de le remarquer…Lorsqu’elle était là, je redevenais un simple enfant fuyard qui se reposait sur l’adulte qui l’avait mainte fois aidé et continuait encore aujourd’hui. Et moi, je voulais devenir fort. Etre plus fort pour les autres, pour que je puisse moi aussi faire ressentir ce sentiment de sécurité à quelqu’un un jour. Alors pour cela, il ne fallait pas que je reste dépendant de ce sentiment que me faisait éprouver Raï même si je ne voulais pas non plus l’abandonner…
Après tout, je restais encore un simple enfant et même plus simplement un être humain.

Elle disait être fière de moi…
Pourtant le ton de sa voix ne l’était pas tant que ça, tout comme les phrases qui suivirent celle-ci. Peut être était ce l’émotion ? La fatigue ?...Ou peut être qu’elle avait mal ?
Je ne comprenais pas ce qu’il se passait à cet instant. Elle avait l’air d’aller plutôt bien quelques minutes plus tôt, même si elle avait du se battre, même si elle avait été blessé et qu’elle était fatiguée. Raï était forte, je l’avais toujours vu ainsi, un peu comme un roc, un pilier que nul ne pourrait ébranler. Mais finalement, j’en oubliai qu’elle était simplement humaine, comme tous les ninja, comme moi et qu’en cela, elle n’était pas toujours forte.
C’était la même situation que celle là…Celle où j’avais reçu la visite d’une petite fille dans un de mes rêves. Dans ce songe qui n’en était pas réellement un, elle aussi avait craquée…Elle aussi c’était effondrée sans crier gare, me laissant pantois avant que je ne réagisse un peu…Mais Tilika était une petite fille tourmentée par la vie qui semblait si seule, si forte et si frêle en même temps…Et Raï… ?
L’incompréhension brilla dans mes yeux émeraude que je dirigeai vers ma Tutrice. Le seul mot qui me venait en tête était une question…Un pourquoi enfantin…
Pourquoi était elle désolée ? Pourquoi pleurait elle ? Pourquoi s’en voulait elle tant ?

Je me mordis la lèvre. J’avais les larmes faciles ce soir – et pas seulement ce soir malheureusement – et j’avais peur que ses larmes ne fassent échos à celles que j’avais eut du mal à refouler tout à l’heure.

Ça me faisait un choc. Voir Raï d’habitude si enjouée et vive, si forte et courageuse dans cet état de lamentation était bien plus qu’une surprise à mes yeux. Tout à coup, elle n’était plus la puissante kunoichi qui m’avait sauvée des griffes de ce ninja de Oto il y a des mois…Mais une simple femme, humaine, avec ses propres démons et faiblesses…
C’était tellement stupide ! Tellement idiot d’oublier qu’elle était humaine avant tout !
Et cette constatation si logique me fit l’effet d’un choc électrique effrayant.
Je me sentis idiot et confus, coupable et honteux mais j’écartai rapidement ses émotions pour observer ma tutrice qui s’était prostrée au sol, les larmes aux yeux, des sanglots dans la voix. Mon cœur se serra douloureusement dans ma poitrine alors que je fermai les yeux en secouant la tête doucement de droite à gauche. Je ne voulais pas me laisser aller aux larmes !
J’avais bien réussit à consoler Tilika, à l’aider un tant soit peu à attraper ma main, alors, peut être…Peut être que je pourrai y arriver aussi avec Raï…Moi aussi je pouvais être un soutien…
Elle était au pied de mon lit, à quelques pas de moi, aussi j’avançai à quatre pattes vers elle sur mon matelas pour me retrouver derrière elle. J’eus un long moment d’hésitation. Consoler une enfant me semblait d’un coup beaucoup plus simple qu’un adulte. Ce fut sa dernière phrase qui me permit de me décider.
Si elle me trouvait courageux, moi, je ne me sentais pas du tout ainsi, bien au contraire, encore une fois contraint dans mon hésitation familière. Mais si elle y croyait, alors peut être que je pourrai y arriver, après tout, c’était mon objectif…Devenir grand…plutôt devenir fort.
Je passai doucement mes bras autour de son cou dans une semi étreinte en approchant ma tête de la sienne. Pas particulièrement confortable mais je ne me sentais pas capable de plus, encore trop peu habitué à de tel démonstration, surtout que cette fois, c’était moi qui la provoquait. La dernière fois que j’avais fait un geste vers une autre personne, je m’étais reçu une fillette en larme dans l’estomac…

« Ce n’est pas grave tu sais…j’ai réussit et c’est tout ce qui compte au final, alors tu n’as pas à te faire du mal pour ça, je ne veux pas que tu te fasses du mal pour ça… parce que je ne veux pas que tu souffres alors que ce n’est pas grave. Le plus important, c’est toi, c’est ton retour et ton état, le reste n’a pas d’importance. »

Je ne lui mentirai pas en disant que je n’ai pas été inquiet, préférant simplement éluder la question. Je ne voulais pas qu’elle se sente coupable.
« Ce n’est pas de ta faute Raï…Et puis je vais bien, alors ne t’inquiète pas davantage là-dessus, il n’y pas mort d’homme…Je t’assure, je ne t’en veux pas du tout…Et puis je suis trop heureux que tu sois là…Et puis tu dois penser à ta santé. Tu dois être fatiguée et puis il faut que tu aille à l’hôpital si tu es blessé, c’est la seule chose qui compte pour moi…Que tu ailles bien. »

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MessageSujet: Re: Absence [Pv]   Mer 23 Déc 2009, 18:34



    Mon corps devenait de plus en plus lourd, comme si je m'étais trouvée aux frontières du réel et du songe. Je ne pouvais en voir la limite, mais je me sentais partir peu à peu, bercée par mes paroles difficilement prononcées, et les larmes chaudes dégoulinant dans des sillons salés, courant le long de ma peau nue. Je n'attendais rien de spécial en cet instant, complètement déchirée. Je ne savais plus quoi penser, de tout ce que j'avais pu faire durant cette année sans souvenirs. Désormais, je ne pouvais plus redevenir celle que j'étais jadis, mais je ne pouvais pas continuer non plus dans cette voie. Ce caractère que je m'étais formé, ce Joker sans scrupule qui tuait par pur amusement, sans aucun remord. Je pouvais tuer sans battre des cils, aspirant la vie comme si la faux constituait mon arme principale. Depuis quand étais-je cette assassin de sang froid, celle qui riait sous les flots de sang de ses adversaires, sans même ne se demander si quelqu'un les attendait dans leur doux foyer ? Comment avais-je pu supplier de me laisser la vie sauve à Suna, alors que moi-même faisait parti de ces individus qui ne méritaient pas de vivre au final. Ces individus sans foi ni loi, avec pour seul raison de vivre leur égocentrisme tellement épais que l'on pouvait le couper au couteau. Ce n'était pas ce que j'avais voulu au final, cette pauvre petite blonde qui ne voulait que liberté, mais pas en payant de tels prix. Cette petite chose qui pensait que toute vie était bonne à protéger, et que tous méritaient une place sur cette planète -en dehors de quelques ignobles créatures vers lesquelles je dérivais de plus en plus-. Qui étais-je véritablement pour vivre encore...

    Le contact de Koma m'extirpa de mes dangereuses pensées, projetant un semblant de lueur et d'espoir dans mon esprit, suffisamment pour me faire reprendre conscience. Ma main droite se redressa lentement, courant le long de mon corps comme un chemin tracé jusqu'à l'un des bras de ce petit être. Mes doigts enlacèrent son avant-bras, et ma tête alla à l'encontre de la sienne. Impossible de savoir au fond qui j'étais réellement. Le Joker, ou alors juste une femme..? Je ne pouvais pas conserver éternellement ce faciès aux apparences inébranlables, alors que mon cœur saignait de manière presque permanente depuis mon retour en ces lieux. Je ne reconnaissais plus mon corps, ni mon caractère. Mais je ne savais pas ce qu'il devait être non plus, ce fut comme si mon esprit s'était fragmenté en un puzzle immense, et dont chaque pièce était à retrouver puis à assembler avec d'autres. Un travail monstrueux, me décourageant déjà bien avant d'avoir essayé. Et je me retrouvais là, minable, à ne plus savoir que faire de ma carcasse. Les paroles de Koma avaient quelque chose de réconfortant, sa voix me donnait l'illusion de me retrouver drapée d'un drap de soie. Simplement, je ne pus m'empêcher de rire d'une manière amère l'espace de quelques secondes, à l'entente du fait qu'il n'y avait pas mort d'homme. Tout mon mal-être provenait en partie de là, en plus de l'avoir laissé seul. Si je n'avais pas été ainsi, peut-être que l'homme de Suna ne serait pas venu à ma recherche. Tout semblait si compliqué, d'un coté je savais qu'il fallait que j'élimine ceux du pays du Sable, mais l'autre partie de mon être m'hurlait que ce n'était pas bien. Et des deux, qui écouter ? L'ange ou le démon ? Le démon qui perdrait certainement son âme mais demeurerait vivant, ou bien l'ange qui ne prônerait que le bien sans ne jamais faire de mal à quiconque, mais que cette pensée le menait inéluctablement à la mort.

    "M'en voila rassurée..."

    Ma voix flotta dans les airs tel un parfum, totalement dénué de sentiment. J'avais prononcé cela sans chaleur, désirant avant tout parler d'une manière normale, et ne plus ressentir de vibrations provoquées par mes sanglots. Et pourtant, au fond de mon être, je savais que Koma avait du percevoir la réalité profonde contenue dans ses mots. Si le ton n'y avait pas été, le cœur lui, était présent. "Je voulais d'abord m'assurer de ta santé, je n'aurais jamais pu me pardonner s'il t'était arrivé quelque chose de mal durant mon absence... Que tu te sois fait blesser à cause de mes conneries, on ne sait jamais ce que les ninjas peuvent faire pour accomplir leur mission jusqu'au bout." Je savais de quoi je parlais, j'en avais été le parfait exemple pendant cette année. Moi qui m'étais juré de ne jamais ôter la vie, et de faire le moins de mal possible en comparaison à ce que ma fille ou bien moi-même avions subit sous le courroux d'Alcuin, j'avais tué en quelques mois pour une vie entière, et bien plus encore. Je me dégoutais, tout mon être m'inspirait une intense répugnance. Et pourtant, je sentais Koma près de moi, lui ne semblait pas ressentir ce sentiment, chose qui m'apporta d'avantage de chaleur au fond de mon être. Comme une petite flamme allumée dans un coin de mon âme, et qui tentait de réchauffer la totalité de mon corps, même si cela devait prendre des années. Je pris une profonde inspiration afin d'évacuer les derniers soubresauts du chagrin, il fallait que je me reprenne, pour lui. Je devais lui montrer l'exemple, et arrêter de l'inquiéter comme je le faisais là, il n'avait pas besoin de ça. Après tout, je n'étais qu'un venin mortel qui décimait quiconque s'en approcher, alors je devais lutter pour changer. Lutter pour reprendre l'idéologie à laquelle je m'étais formée au départ, et cesser de corrompre cette promesse que je m'étais faite.

    "Alors je ferais en sorte d'aller bien."

    Mon ton se voulait rassurant, inutile de me dire que je me faisais violence. Que je refluais ce que je ressentais sur le moment pour son bien. "Mais j'ai besoin de dormir pour le moment. J'irais à l'hôpital aux premières lueurs de l'aube, ne t'étonne pas si je suis partie quand tu te lèveras." Je me détachai lentement de son étreinte, dans des gestes précautionneux pour ne pas le brusquer, ou juste pour ne pas m'évanouir en m'agitant trop. La fatigue rendait ma voix lasse, et mon regard peinait à se détacher d'un point fixe. Lentement, je me remis debout, puis me retournais vers lui. Je posai les paumes de mes mains sur ses joues, puis me penchai jusqu'à coller nos deux fronts. "Bonne nuit Koma... Rendors toi, tu as besoin de dormir aussi." Là je me relevai, et le gratifiai d'un faible sourire avant de faire volte-face pour retourner dans ma chambre. Un bon lit bien moelleux, j'en aurais pleuré si je n'avais pas été aussi épuisée. Je ne pris pas la peine de me délester d'un quelconque vêtement, et tombai littéralement sur mon lit, n'ayant même pas le temps de me glisser sous les draps que je dormais déjà, paisiblement.
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Kaguya Koma
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MessageSujet: Re: Absence [Pv]   Jeu 24 Déc 2009, 16:33

En tant qu’enfant…Il est difficile de voir un adulte s’effondrer devant nous. Pour nous, les adultes sont des êtres inébranlables, forts et inaltérables. Ils sont un repère sur notre route, un guide qui nous montre le chemin à parcourir et nous ouvre la voie vers l’avenir. Ils sont un soutien pour nous qui démarrons maladroitement notre marche vers un futur incertain qui peut nous faire peur. Eux, ils l’ont déjà vécu, ce doute, cette peur, alors qui mieux que eux pourrait nous aider et apaiser nos angoisses d’enfant ?
Alors pour moi qui était encore un enfant, voir Raï s’effondrer de cette manière m’effrayait et me rappelait avec force qu’un adulte n’était guère plus qu’un enfant avec un peu plus d’expérience…Simplement un humain qui avait vécu plus de chose, que la vie avait ballotée entre ses tourments et ses bonheurs depuis plus longtemps mais que cela ne le rendait pas pour autant invulnérable. Et Raï était comme les autres…Même si elle était une kunoichi puissante, même si elle semblait intouchable et toujours si vivante…Cela ne signifiait rien…Juste qu’elle pouvait cacher ses tourments plus facilement et que mon regard enfantin ne parvenait pas toujours à faire la différence. Ça me rendait triste.
Triste parce que dans ces moments là, je ne remarquai rien, je m’aveuglai alors qu’elle pouvait souffrir de mille tourments en secret. Tout ça pour ne pas que je m’inquiète, pour faire comme si de rien n’était alors que tout n’allait pas. Moi qui souhaitai être un soutien pour mon entourage, je me retrouvai face à un véritable gouffre que je n’étais pas certain de pouvoir franchir un jour. Mais je ne devais pas renoncer…Si il y avait un gouffre, alors je n’avais qu’à construire un pont ou le combler avec tout ce que je pourrai.
Ce geste, cette étreinte que je partageai maladroitement avec elle en était un premier pas, hésitant certes, mais qui était là malgré tout. Ce n’était pas grand-chose, mais j’espérai sans totalement y croire que cela l’apaiserai un petit peu, tant mon geste que mes paroles qui l’accompagnait.
Son rire amer me fit fermer les paupières, comme pour ne pas le voir, comme si cela suffisait pour ne pas l’entendre. Je n’aimai pas l’amertume de son ton... Mais tout allait bien. Malgré tout, il fallait avancer, continuer même si on ne savait pas sur quel chemin nous allions nous engager…Les adultes doivent guider les enfants mais je n’étais plus un enfant…plus totalement à présent alors je pourrai l’aider à ma manière…
J’espérai que ce ton amer allait disparaitre rapidement de sa voix, même si ses autres paroles étaient un peu trop froides à mes yeux. C’était sans doute mieux qu’avec des sanglots…Mais ce n’était pas grave. La seule chose qui m’importait réellement était l’état de ma tutrice, le reste n’en avait pas.

Elle s’était inquiétée pour moi…vraiment. Cela me faisait égoïstement plaisir, même si c’était un plaisir stupide et honteux que je ressentais là. J’essayai de réprimer cette sensation que je trouvai horrible et très peu en accord avec la situation. Je voulais m’occuper de Raï ! Mon égo n’avait rien à voir dans cette histoire…

« Tout va bien Raï…Il ne s’est rien passé ici. »


Non, rien mise à part l’examen genin…Sinon aucun problème d’aucune sorte au sein du village, et surtout aucune attaque contre moi…Aucune blessure d’aucune sorte…Mise à part peut être au niveau de mon cœur mais ça c’était autre chose, et puis ce n’était pas une vrai blessure en plus…juste de l’angoisse et de l’inquiétude à présent dissipé – ou tout du moins, en partie, l’état de Raï restait précaire à mes yeux.

Et puis ça allait se terminer comme ça. Elle qui essayait sans y parvenir totalement à me rassurer pour rejouer de nouveau son rôle d’adulte et de soutien. Je la laissai faire lorsqu’elle se dégagea de mon étreinte, me remettant à genoux sur mon lit en l’observant se redresser. En effet, elle avait besoin de dormir au vu des cernes qui s’étendaient sous ses yeux. Je fermai les yeux lorsqu’elle me souhaita bonne nuit, pour savourer ce petit geste de la personne qui m’avait tant manqué depuis plusieurs semaines.

« Bonne nuit Raï…Repose toi bien. »


Et alors qu’elle allait partir je rajoutai plus bas.
« Tu sais, tu n’es pas obligée de faire semblant comme ça…Moi aussi je veux t’aider. »


Je ne savais pas si elle m’avait entendu mais les mots étaient sortis d’eux-mêmes, et je n’avais aucune raison de les en empêcher. Après tout, ils étaient vrais…mais elle alla se coucher, et je fis de même après plusieurs minutes à regarder la porte par laquelle elle avait disparut. Je frissonnai. Ce fut le signal pour me décider à me recoucher, même si je n’étais pas certain de m’endormir immédiatement une fois blottie dans mes couvertures.
Et pourtant, le sommeil me ratrapa malgré moi alors que l’ombre d’un sourire fatigué naissait sur mes lèvres.
Elle était de retour…
Et le vide avait en partie disparut…Même si il ne disparaitra plus.
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Moana Tilika
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MessageSujet: Re: Absence [Pv]   Mer 13 Jan 2010, 19:47

Critères d'évaluation:

Arrow Orthographe,style, mise en page
Arrow Type de RP
Arrow Enchaînement des Rps
Arrow Mise en abime du personnage : personnalité (...)
Arrow Vue d'ensemble

Évaluation:

Deux personnages tout aussi attachant l'un que l'autre, une ambiance feutrée, maternelle, tendre, emplie d'émotions... J'ai failli verser quelques larmes en vous lisant, toutes les deux. Mais je vous l'avais déjà dit, je crois. X) *a relu en s'écoutant la zique du spoiler ci-dessous...* :3

Spoiler: