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 Une matinée qui commençait pourtant si bien... [Takeo]

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Ilyena Raï
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MessageSujet: Une matinée qui commençait pourtant si bien... [Takeo]   Mar 30 Juin 2009, 16:57

Mes yeux s'ouvrirent à l'une des premières lueurs de l'aube, lorsqu'un fin rayon de lumière vint à passer outre mes rideaux clos. La nuit avait été bonne, sans quelconque insomnie, et incroyablement reposante. Je me sentais bien, et l'envie d'aller humer l'odeur des herbes fraiches du matin me monta à la tête. Je me levai donc, discrètement en prenant garde de ne pas réveiller Koma, puis enfilai quelques vêtements récupérés dans l'armoire. Il ne semblait pas faire chaud dehors, comme ces derniers temps, j'optai alors pour un pantalon noir chaud et large, avec pour haut une veste taillée dans un tissu rouge écarlate. Je m'immisçai dehors, puis partis au sein même du village. Le jour n'était pas encore totalement levé, il demeurait encore dans le ciel quelques ascendances de la nuit passée. Seuls quelques animaux étaient là, réveillés par le vacarme provoqué par certains commerçants des moins discrets. Bien qu'étant pressée de passer les portes du village, je m'arrêtai un court instant afin de prendre la denrée régénératrice de mes papilles gustatives qu'était le Daifuku, ou une pâtisserie faite de pâte de riz à la crème de haricot rouge. Un véritable délice à mon sens. Ce n’était peut-être pas ce qu’il y avait de plus sain, mais cela m’importait bien peu.

Je gardai le petit paquet emballé dans mes mains, et m'avançai vers la sortie du village. Les gardes étaient déjà là, et à voir leur tête, ils faisaient partie de la garde de nuit. Je les saluai d'un signe de tête suivit de quelques paroles, et les portes gigantesques me furent ouvertes. Une fois aventurée sur les sentiers -j'avais toutefois pris garde de prendre en réserve quelques kunais en partant de mon antre, qui savait quel zigoto on pouvait croiser pour une simple balade...-. Je me plaisais à déguster ma gourmandise tout en observant l'éveil de la flore et de la faune ambiante. C'était un instant magique, que rien ne pourrait jamais influencer. Je me sentais dans un univers idyllique, de ceux que l'on ne croise qu'en de très rares fois au cours de notre existence. Ce n'était pourtant pas chose coutumière chez moi que de sentir mon esprit aussi léger, imperturbable. Ce fut comme si tous les évènements précédents n'étaient plus rien, autant les gerbes de sang chaud et poisseux giclant que l'arrivée d'un nouveau petit chez moi. Non, tout ceci ne semblait que secondaire dès lors. Mais comme toute chose, tout a une fin…

Lors de mon excursion, je ne voulais pas rester sur les chemins tracés. Je me mis alors à aller dans l'herbe, et à marcher là où mes idées m'emmèneraient. Ressentir les craquements de l'herbe sous mes pas me mettait du baume au cœur, autant que d'inhaler les senteurs de l'aube. Mais à moment donné, il me semblait que je n'étais plus seule... J'avais passé ma période purement paranoïaque, mais je ressentais comme quelque chose de flamboyant dans mon dos, comme si un être me transperçait de son regard vif, guettant le moindre de mes faits et gestes. Peu rassurée, je me retournai, mais rien n'apparut à mes yeux. Tout était normal, seulement quelque chose perturbait la quiétude de ces lieux, un bruit, une odeur, ou encore autre chose qui n'avait pas sa place au sein de la nature. Le chant de l'aube n'avait plus le même timbre, et ceci commençait à férocement me travailler. Je cessai alors de manger, immobile, l'œil aux aguets, à surveiller tous les alentours, que ce soit à proximité et lointain. Non.. Ce ne devait être que mon imagination, encore un test que m'envoyait mon esprit malade, corrompu par trop de méfiance. Je me remis donc à marcher, sans pour autant relâcher ma garde ou l'intégralité de ma vigilance...
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Takeo Kikuta
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MessageSujet: Re: Une matinée qui commençait pourtant si bien... [Takeo]   Mar 30 Juin 2009, 18:20

Quelle inconsciente...

Ilyena Raï était une déserteuse de Suna, porteuse d'un lourd passé qu'elle-même semblait avoir oublié. A peine acceptée par le village de Kumo, elle recueillait un gosse et essayait de refaire sa vie avec lui comme si de rien n'était... C'était-y pas mignon tout ça.
Alors cette pauvre folle était heureuse ainsi? Elle avait trouvé le bonheur et se croyait invulnérable dans sa petite bulle rassurante? Moi qui avait entendu parlé d'elle, je m'étais attendu à mieux. Raï était une tueuse née, une lame avide de mordre la chair des autres. Pourtant elle s'était ramollie dans son parfait petit bonheur. Elle était devenue quelqu'un d'ennuyeux, indigne de mon intérêt. On ne pouvait prétendre mener à la fois une petite vie tranquille et en même temps être une tueuse de sang-froid. Était-elle donc incapable de s'en rendre compte?
Et pourtant, je devais m'occuper d'elle. C'étaient mes ordres.
Quelle plaie...

A côté de moi, alors que nous l'observions de loin avancer dans la plaine, la respiration d'un de mes frères s'accéléra. Son excitation était presque palpable. Lui n'avait en effet pas les mêmes goûts que moi. Alors que je choisissais avec soin mes cibles, lui ne faisait aucune différenciation. Il chassait tout, de la larve incapable de se défendre au fauve meurtrier lorsqu'il était acculé. Avoir devant lui une proie aussi alléchante que Raï devait être un supplice pour lui, mais il devait tenir encore un peu. Mon second frère restait silencieux, je devinais que comme moi il était en train de juger notre cible. Mais ses conclusions devaient être bien différentes des miennes... Il était plus "humain" que moi après tout...

Lorsque nous avions entouré un peu plus tôt le lieux de résidence de la déserteuse, nous n'avions trouvé à l'intérieur qu'un gosse profondément endormi. Sans doute celui dont elle s'était entichée. L'idée de le supprimer dans son sommeil pour punir Raï de sa mauvaise conduite m'avait effleuré, mais notre Maitre n'aurait pas apprécié. Nous avions donc suivi sa piste, toute fraiche, jusqu'à l'extérieur du village où elle s'était écarté des sentiers battus pour se balader au hasard au milieu de la vaste plaine du Pays de la Foudre.
Il nous avait ensuite fallu peu de temps pour la rattraper et la suivre à bonne distance, en attendant le bon moment pour frapper. Une fois seulement nous frôlâmes la catastrophe lorsqu'elle faillit nous repérer. Il avait fallu que je retienne mes deux frères pour qu'il ne se jettent pas sur elle: je savais pertinemment que ses yeux ne pouvaient nous voir. Ils étaient trop aveuglés par le futile bonheur dans lequel ils nageaient. A présent, bien que sur ses gardes, elle ne pouvait plus nous détecter. L'heure de vérité approchait...
Dommage pour elle. Son destin l'avait rattrapé.

« Maintenant. »

Ma voix avait lâché les fauves avec ce simple mot. Subitement libérés de leurs chaines, mes deux frères disparurent de mon côté pour réapparaitre au loin, quelques pas derrière Raï, l'un à gauche, l'autre à droite. A mon tour, je pris une impulsion sur mes jambes pour sauter et en un instant achever de coincer la déserteuse en me postant juste devant elle, à trois mètre d'écart.
Elle était... Pitoyable. Avec un sac de nourriture sous le bras, des vêtements d'un banal ridicule, on aurait pu la prendre pour Mme.Tout-le-monde qui faisait les course pour sa petite famille. Certes, la teinture de ses cheveux était inhabituelle, mais quand on savait qu'il ne s'agissait que d'un stratagème pour échapper à ceux qui la chassaient, cela perdait tout son sens. Tout cela ne lui allait pas. Tout cela n'était pas fait pour elle.
Elle portait la même odeur que moi, que nous. L'odeur du sang, l'odeur de la mort. Jamais elle ne pourrait échapper à son passé, à son destin.
Mais ce n'était pas à moi de lui faire comprendre ça.

« Tu as assez fuis, Ilyena Raï. Tu vas rentrer avec nous à Suna. »

Ma voix dénuée d'émotion me surpris moi-même. Il était plus dans mes habitudes de m'amuser un peu avec mes cibles avant d'en venir à tenir ce genre de discours. Mais Raï me dégoutait à tel point que je n'en avais même plus envie.
Derrière elle, je pouvais voir les formes sombre de mes deux frères, enveloppés comme moi dans une longue cape noire avec une capuche rabattue sur la tête, et un masque blanc sur le visage. Le masque des Oï-Nin, le masque des chasseurs de déserteurs. Nos trois masques étaient identiques, le seul moyen pour me différencier de mes frère était notre corpulence. Mon premier frère, à la droite de Raï, était un véritable colosse dont la carrure n'avait déjà presque plus rien d'humain. Mon second frère, plus svelte, avait une stature plus ou moins normale, juste dans la moyenne. Quant à moi, petite et frêle, je n'intimidais pas grand monde. Mais c'était pourtant moi la plus redoutable de nous trois.

*Dommage, Ilyena Raï. C'était bien tenté, mais il te faut à présent redevenir celle que tu es vraiment...*
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Ilyena Raï
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MessageSujet: Re: Une matinée qui commençait pourtant si bien... [Takeo]   Mar 30 Juin 2009, 21:22

Je sentais mon cœur battre au creux de ma poitrine. Je ne percevais plus rien, et pourtant l'atmosphère de ces lieux n'avait plus rien de reposant. Je ne demandais qu'un peu de repos, et les seuls moments où je pouvais me les permettre semblaient aussi tendus que lors de missions... Ma mâchoire se crispa momentanément, lorsque je sentis quelque chose qui filait à toute allure vers ma personne. Sur le coup, je lâchai la nourriture se situant dans ma main, qui retomba mollement dans la végétation humide. Je me retournai d'un geste vif, afin de percevoir la source du danger immédiat. Je les vis, ces hommes aux faciès inquiétant. Je ne pouvais distinguer leurs visages plongés dans l'ombre, d'autant plus camouflés par des masques. Mais qu'étaient-ils, aussi proches de Kumo ? Peut-être seulement des personnes de ce même village, mais j'en doutais fort... Mes muscles étaient tendus à l'extrême, tandis que je sentis autre chose arriver dans mon dos. Je fis à moitié volte-face, afin de tenter de garder au maximum la vision de ces personnes. Bordel... Si j'avais su, j'aurais fait la grasse matinée... "Que..?" L'incompréhension mêlée à de la suspicion pouvait se lire au fond de mes yeux, mais la lueur qui s'y enflamma lors des paroles prononcées par le troisième venue ne pouvait guère passer inaperçue.

"Ahah... Je vois..."

Ma voix se fit très rauque, bien plus qu'à l'ordinaire. Mon estomac m'était douloureux, mais j'ignorais ce que ce sentiment signifiait exactement. Un mélange de peur, mais aussi une excitation terrible m'arrachant les tripes hors de mon corps. Moi qui depuis quelques jours pensais me rendre à Suna pour parlementer avec leur chef, juste un contrat entre eux et moi. Mais il fallait croire que ma paranoïa n'avait pas été vaine. Finalement, mon esprit ne projetait plus qu'un simple flash dans mon crâne. Tuer. Faire couler le sang, puis rire face à la vision de ces connards dépecés. Je ne pouvais pas perdre, et je ne pouvais guère fuir. Maintenant que Koma était entré dans ma vie, j'étais aussi vive qu'une louve pouvait l'être vis-à-vis de ses petits. Le premier qui chercherait à mettre un terme à cela le paierait de sa propre vie. Mes nerfs n'attendaient plus que le signal pour se relâcher, et me permettre d'attaquer. Mais pour le moment, je ne m'ordonnais pas de bouger. Il fallait que j'analyse mes ennemis, durant les quelques secondes de répit dont je disposais encore. Il ne fallait pas frapper pour faire mal, il fallait frapper pour ôter la vie, le plus rapidement possible.


"Suna... Jamais je n'aurais crû que vous soyez assez culottés pour venir me chercher dans des contrées aussi éloignée de votre petite merde aride..." Je ne pensais pas au fond de moi ce que je disais, je gardais un souvenir agréable de cette chaleur ambiante, et de son désert. Mais pour le moment, je ne pensais plus qu'à Kumo, Koma, et la vie que je me forçais à me forger. Si je me laissais faire, c'était encore une fois mon existence qu'il faudrait recommencer, à condition que je ne finisse pas mes jours au fond d'un cachot. Non... Je ne pouvais pas me résoudre à cela, ma vie était ici à présent, j'appartenais à ce village en tant que kunochi, et ne faillirais pas à mon devoir. Ma langue passa succinctement sur mes lèvres, tandis qu'un sourire mauvais s'y formait peu à peu. Je tentai de gagner un peu de temps, et via mes paroles ancrée de mépris, j'essayai de faire croire à mon adhésion soudaine... "Mais voyez-vous... Vous n'avez rien à faire ici. Il vaudrait mieux partir vite avant que l'on ne nous trouve, les gardes ne sont pas loin... Je ne pense pas que les miens apprécieraient voir des trainés aussi près de chez eux." Je pris une inspiration, l'espace d'une seconde, le temps de me sentir sous l'ivresse de ma fureur naissante. Je me prêtais au jeu. Désormais, Kumo était ma raison d'être, et jamais je ne me laisserais avoir par des personnes d'un village autre que le mien.

"Et ne je peux vous laisser assouvir vos pulsions en cet instant !"

Des pulsions, je n'étais qu'un sac de pulsions aussi diverses et variées soient-elles, un animal ne réagissant qu'à son instinct, et à rien d'autre. Pour le moment, tout chez moi ne me dictait que d'anéantir. D'un mouvement brusque, je fis deux pas en arrière tout en exécutant quelques signes rapides. Mon objectif ? Avoir tous ces tarés dans mon champ de vision, et leur infliger la pire représentation mentale qu'il soit. Voir sa propre mort n'était jamais une chose facile à vivre, d'autant plus quand vous pensez que le tunnel de lumière blanchâtre est à vos cotés. Je les fixai donc, et leur lançai une de mes techniques favorites, Shikumi no jutsu, ou la vision funéraire précoce. Une fois leur flux de chakra perturbé par mon attaque, je ne me laissai guère le temps de respirer. Je recomposais maladroitement quelques signes, décidant de lancer une offensive par le biai du ninjutsu cette fois-ci. Je n'étais pas très douée dans ce domaine là, mais dans les situations d'urgence je parvenais à me débrouiller comme je le pouvais. Je me tournai vers celui qui semblait être le chef des trois, celui qui était arrivé en dernier, et qui avait parlé. Je pris une profonde inspiration, puis souffla tout l'air ainsi avalé, pour laisser jaillir de ma bouche une grosse boule de feu vers lui.

Tuer. Survivre. Telle était ma pensée.




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Takeo Kikuta
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MessageSujet: Re: Une matinée qui commençait pourtant si bien... [Takeo]   Mer 01 Juil 2009, 01:03

Voilà... C'était mieux. Beaucoup mieux.
Encore! Encore!

Je me délectais du regard meurtrier que me lançait Raï comme on se délecte d'un plat cuisiné par un chef. Cette volonté de tuer pour survivre qui l'animait à présent, la réduisant à l'état d'un animal traqué, acculé en sa dernière demeure, me comblait plus que je ne l'aurais cru possible. Comme je l'avais pensé, la déserteuse était née pour tuer. D'accord, elle faisait pitié à se cacher derrière les garde qui n'étaient pas loin, comme si ils allaient brusquement surgir d'une touffe d'herbe pour la protéger, mais je préférais mettre ça sur le compte de sa fatigue et de son ramollissement. Elle perdait son temps en restant sagement à Kumo pour élever ce gosse. Peut-être qu'éliminer cette gêne de sa vie la libèrerait, qui sait? C'était une idée que je n'étais pas prête d'oublier.
Lorsque son sourire mauvais et annonciateur de ce qui allait suivre se forma sur les lèvres de l'amnésique, je sentis mes lèvres se tordre en un rictus dément. Oh oui... Raï était comme moi. Peut-être même pire d'une certaine manière. La seule laideur qui amoindrissait sa splendeur était cette stupide loyauté qu'elle semblait entretenir envers ce village qu'elle considérait comme "sien". Quel gaspillage de temps et d'énergie! Une tueuse comme elle n'avait pas à s'encombrer de ce genre de choses! Qu'on me laisse seule avec elle quelque heures et elle comprendra...
Finalement, j'allais prendre mon temps avec Ilyena Raï. Son cas méritait d'être repris en considération.

Je m'humectai les lèvres par avance, observant comme une affamée Raï faire un bond en arrière en préparant sa technique. Loin d'être effrayée ou inquiétée, je la regardais faire avec une certaine admiration. Enragée et prête à vendre chèrement sa peau de lait... Qu'elle était belle, ma petite déserteuse!
Je sentis mon pied céder et mon esprit tomber dans l'illusion. La réalité s'estompa et disparue dans le brouillard, alors que je voyais se former sous mes yeux un lieu qui m'était inconnu. Curieuse, ce fut avec un grand sourire que j'observais les alentours, attendant ce qui devait arriver. Puis je senti quelque chose s'enfoncer dans mon dos et ce fut avec douleur et surprise que je vit une immense épée jaillir de mon torse. La sensation de mes os brisés et de ma chair déchirée fut un vrai supplice, et m'arracha un cri que souffrance, rapidement étouffé par le flot de sang qui jaillit de ma gorge. En un instant, j'étais morte. Empalée. Puis un soubresaut vint animer mon corps, puis un second... Et cela se mua en rire mauvais et exalté. Cela faisait longtemps que je n'avais pas eu affaire à un Genjutsu aussi bien ficelé! Mais celui-là, comme tout ceux que j'avais affronté auparavant...
J'allais le déchirer.

Tendant mes deux mains devant moi, je saisis l'air comme s'il s'agissait d'un morceau de tissu, puis je tirai dessus afin de déchirer cette réalité que Raï avait crée pour moi. Devant moi, l'endroit crée par l'illusion disparu en laissant place à la plaine de Kumo, et laissant ainsi toutes mes douleurs disparaitre. Ce fut alors que je vis la boule de feu me foncer dessus. Décidément, Raï me surprenait. Peut-être mon Maitre l'avait-il sous-estimé... Elle allait me donner plus de fil à retordre que prévu.
Éclatant de nouveau de mon rire cristallin, je virevoltai sur les côté en laissant la boule de feu toucher le vide et son souffle ardent soulever ma cape sombre. En quelques pirouettes, je fut aux côtés de mon frère. Pas le colosse, l'autre, le svelte. Toujours plongé dans l'illusion, il semblait souffrir mille morts. Je posai ma main droite sur son front pour m'introduire dans son cauchemar, et, un bref instant, je me retrouvai au fond d'un lac avec, en face de moi, le cadavre de mon frère couvert de blessures et attaché par des chaines au fond de ces eaux. Comme je l'avais fait pour mon illusion, je saisis la réalité entre mes frêles mains et la tordis jusqu'à ce qu'elle se brise, libérant ainsi mon frère de son tourment. Revenus dans la réalité, nos yeux d'un jaune emplis de malice se croisèrent un instant, les siens reconnaissant, les miens amusés, puis il se jeta vers Raï, et moi je me tournai vers notre dernier équipier. Après quelques brèves acrobaties, j'encadrai son visage de mes mains pour pénétrer son illusion. Je le retrouvai en train de se vider de ses tripes sur un champ de bataille, transpercé de diverses lames. Le tableau était alléchant, mais je ne perdis pas de temps en contemplation et d'un simple geste je brisai l'illusion que je commençais à présent à connaitre.
Alors, de nouveau dans la réalité, je m'effondrai en un souffle, épuisée par l'effort que m'avait demandé ces illusions. D'une voix faible, je pointai la direction où était parti notre frère.

« Par là. »

Ce fut tout juste si je sentis la présence immense et rassurante de mon frère disparaitre pour s'éloigner à la poursuite de notre cible. Je m'étais sans doute excitée un peu trop vite, et avait dépensé mon chakra sans compter. Il me fallait un moment pour récupérer. Mais le pire était que je sentais qu'il m'en fallait plus! Cette jouissance que j'avais éprouvé en déchirant l'illusion de Raï... Il fallait que j'aille plus loin! Que j'en fasse plus! Ce devait être possible!
Mais pour l'heure, il me fallait me reposer. Redressant ma tête, il me fallut peu de temps pour repérer Raï. Mon frère, celui que j'avais libéré en premier, était plus rapide qu'elle et l'avait déjà rattrapé en lui glissant, il me semblait, un petit « Pourquoi partir si vite? » à l'oreille. Cinq longue griffes de métal avaient jaillis de sa main droite, gantée de noir, pour venir fendre Raï de part en part. Avait-elle été touché? Je ne pouvais le dire à cette distance. Le vent soufflait dans mon dos et ne pouvait donc m'apporter les douces effluves du sang répandu sur le sol, si sang il y avait. Je vis mon frère enchainer son coup de griffe avec un coup de pied haut placé, me laissant ainsi deviner que son coup n'était pas venu à bout de notre cible. Et c'était très bien ainsi... Il aurait été dommage que tout s'achève si vite n'est-ce pas?

Sentant qu'une partie de mes forces m'était déjà revenue, je me redressai sur mes jambes, encore un peu chancelantes, avant de me mettre à courir vers les lieux du combat. Ce fut pendant ma course effrénée que je vis mon second frère, le colosse, arriver en trombe sur Raï pour essayer de lui porter un coup avec la paume son immense main, parcourue de foudre. L'attaque était lente, mais puissante, et après l'assaut de son premier assaillant il n'était pas sûr que Raï parvienne à l'esquiver. Cela allait devenir amusant... Car l'odeur du sang avait le don de nous exciter, nous, les bêtes de combat.
Transcendée par cette idée, je me mis à courir plus vite pour me lancer à mon tour dans la mêlée. Dans ma hâte, je me mis à crier mes pensées tout haut, à demi-consciente de ce que je faisais. Le vent allait porter mes paroles à Raï, et avec un peu de chance elle allait me répondre... J'avais tellement envie d'entendre une nouvelle fois sa voix haineuse nous insulter, dominée par la rage et la colère!

« Que tu es naïve! Tu crois que les ninjas de Kumo vont venir t'aider? Mais tu n'es rien pour eux Raï! Rien du tout! Ils te laisseront tomber dés qu'ils apprendront que tu es une tueuse et une déserteuse! Tout serait tellement plus simple si tu nous laissais t'emmener. On ne te fera pas trop mal tu sais... »

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MessageSujet: Re: Une matinée qui commençait pourtant si bien... [Takeo]   Mer 01 Juil 2009, 02:40

Oh... Le soi-disant chef semblait être doué en matière de genjutsu. A peine mon attaque lancée qu'il s'en était déjà libéré, et esquivait sans grande peine mon magnifique Katon. "Chiotte !" jurais-je, en voyant mon attaque aussi facilement évitée. Enfin, cela avait du lui causer quelques blessures mentales. Face à cela, je sentais un certain énervement monter en moi. Je fis un pas en arrière, deux, trois. Je ne pouvais les lâcher du regard, et appréhendais avec force leurs attaques futures. Je les avais peut-être jugés trop rapidement, mais il était déjà bien trop tard, les dès étaient lancés. Je me remis en position de défense, regardant l'ombre de petite taille se faufiler vers l'un et l'autre des deux personnages. Ce que je n'avais pas prévu, c'était que le premier libéré m'attaque aussitôt. Prise un peu sur le fait, je pliai mes genoux et exécuta un geste en arrière, poussant fortement sur mes jambes. Fort heureusement, je parvins à esquiver cette première attaque. Il m'avait semblé que la main n'était pas ordinaire, comme si de grands couteaux étaient cachés sous ses gants. Peu importe, trop de questions finissent par vous endommager une partie de votre cavité cérébrale, à la manière d'une lobotomie. Ce qui suivit, je ne parvins pas à l'esquiver. Ce que je venais de voir m'avait un peu trop ébranlée, les choses nouvelles finissaient par vite me distraire. De fait, je sentis un pied dans mon visage, qui me fit gémir sur le coup. Je me rattrapai de justesse de mon bras droit avant de ne pas totalement choir, et me retrouvais de fait un genou à terre.

"Toi.... Tu vas..."

Ce choc me remit quelques neurones en place. Je sentis le goût du sang dans ma bouche, qui ne fit qu'accentuer mon état d'esprit déjà bien désastreux. Un fin filet rougeâtre vint à s'écouler d'une des commissures de mes lèvres, dans un sillon divin. "Délicieux.." prononçai-je dans un souffle, avant de me remettre debout. Mes yeux se plantèrent dans les fissures du masque de mon adversaire, quand je ressentis un autre mouvement adverse. Je vis l'autre protagoniste me foncer dessus, dans une lenteur à mon sens qui me fit sourire. Je me mis en position, bien qu'encore un peu étourdie par le heurt précédent. "Hin hin... Gros tas !" Il aurait vraiment fallut que l'on m'eut privé de mes jambes pour ne pas parvenir à esquiver ça. L'excitation était à son comble, voir même orgasmique. La peur avait fait son temps, place à l'hystérie. Je me courbai sur le coté gauche, en me vrillant un tant soit peu le haut du corps, puis vit passer le coup non loin de moi. Mais je conservais un atout dans ma poche, une contre-attaque en bonne et due forme. Ce gros lourdeau n'avait pas achevé son coup que je m'élançai déjà. Il était si près de moi, je pouvais presque sentir sa respiration sur ma peau -avec un peu d'imagination bien entendu, vu le masque qui barrait son visage...-. Ryuusen Ochi... J'envoyais mon attaque dans l'immédiat, visant à lui faire une sorte de balayette, rapidement, et une fois fait, de le plaquer au sol avec un délicieux coup de talon dans l'estomac. Au moins, il ne s'en relèverait pas après ça. Mais en plus de ça, j'entendis la voix frêle de l'autre genjutsu-user qui perfora l'air... En me remettant droite d'un geste brusque, je pris tout l'air possible au sein de mes poumons, et me mit à hurler.

"TA GUEUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUULE !!!"

Salope. Mais non, plus assez d'air afin d'ajouter ce petit qualitatif pourtant agréable à entendre. Je me remis à faire des gestes rapides de mes mains, les iris furibonds, prête à bouffer tout crus ces trois abrutis. Si une grosse boule de feu n'y faisait rien, il fallait viser par quelques flammèches rapides, de quoi lui faire fermer son claper pour quelques instants. Je pris de nouveau une profonde inspiration, puis soufflai par à-coups mes petites boules de feu. Quatre jaillirent en direction de la plus petite des silhouettes, et je pris le temps de tourner la tête afin d'envoyer les deux dernières que j'avais en réserve vers la personne la plus svelte, mais aussi celle qui semblait la plus rapide... J'étais hors de moi, comme un lion hors de sa cage, prête à en prendre un pour taper sur les autres. Elle allait voir cette espèce de pourriture si j'allais rentrer avec eux. J'appartenais à Kumo, qu'elle le veuille ou non, et son pays du sable, elle pouvait bien se le rouler et se l'enfoncer bien profondément là où je pensais !




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MessageSujet: Re: Une matinée qui commençait pourtant si bien... [Takeo]   Jeu 02 Juil 2009, 01:07

C'était déjà terminé?
Pas drôle...

Raï était en train de porter une contre-attaque contre le plus massif de mes frères lorsque mes mots l'atteinrent. Étant en train de courir, je ne vis pas l'action entière mais il me sembla que la cible de la kunoichi était parvenue à glisser le bras gauche entre son torse et le talon qui le visait. Mais avant que je puise m'assurer qu'il était indemne, la déserteuse se mit à crier contre moi à plein poumon, emplie de colère. Tentait-elle de m'intimider? Ou bien d'évacuer la peur qui enserrait son cœur? En tout cas, cette voix rauque sonnait à mes oreilles comme le plus doux des chant.

Raï était mignonne lorsqu'elle était en colère: un regard perçant, un teint plus coloré, et surtout une force incontrôlable lui étaient offerts lorsqu'elle entrait en cet état. Cependant cette colère bloquait ses réflexions. A part "tuer" et "survivre", elle ne pensait plus à grand chose et cela la rendait terriblement prévisible. C'était bien beau d'entrer dans une rage meurtrière et tout ça, mais si c'était pour se faire buter par le premier adversaire expérimenté qui passait par là, c'était inutile. Fatale erreur de sa part. Avant d'être intégrée au village de Kumo, Raï aurait sans doute su se sortir d'une telle situation. Mais à présent, ramollie comme elle était, elle ne valait guère plus que ces chiens enragés ne sachant que mordre, mordre, et mordre... Et qu'à la fin on piquait pour les calmer définitivement.

Ca fut avec un large sourire sous mon masque que je la vis cracher contre moi une série de flammèches, bien inoffensives contre des adversaires comme nous. Cependant j'étais encore sous le contre-coup de son assaut au genjutsu et je ne pouvais garantir la résistance ce mon faible corps face à une attaque de cette intensité. Je me préparais donc à esquiver en utilisant une de mes techniques lorsqu'une grande forme sombre se dressa devant moi de toute sa hauteur, voilant Raï et ses boules de feu à mes yeux. J'entendis et je sentis s'écraser sur cette forme l'attaque de Raï, sans qu'elle bronche d'une quelconque manière. Mon sourire disparu lorsque je compris qu'il s'agissait de mon frère, celui qu'elle avait envoyé à terre. En quelques pas, je m'approchai de lui afin de poser mon bras sur le sien, mais il se jeta vers Raï avant que j'y parvienne.

« Toi... Je vais... T'ÉCRASER! »

J'avais oublié. Lui aussi était du genre à s'énerver facilement et à se jeter sans réfléchir sur son adversaire. Raï allait comprendre ce que le mot "douleur" signifiait, à moins que je ne le calme, bien entendu. Mais pourquoi ferais-je une telle chose?
Comme pour mon frère svelte, cinq longues griffes métalliques jaillirent de la main droite de celui qui se jetait sur Raï. Levant bien haut sa main armée, il l'abatit de toute ses forces là où la déserteuse s'était un peu plus tôt tenue, en écartant les doigts afin d'avoir plus de chance de la toucher. L'attaque était certes plus rapide que la précédente, mais parfaitement esquivable. Juste un pas en arrière et... Mais je vis que mon second frère venait d'apparaitre derrière Raï. Il avait apparemment encaissé sans difficulté l'attaque de Raï et entamé un mouvement de sa main gauche, celle sans griffe. Il semblait vouloir tenter de la frapper d'un revers de son bras si elle esquivait l'attaque de son premier assaillant. Ils s'étaient consultés sans que je m'en aperçoive? La colère de mon premier frère n'était qu'un leurre? Même moi je n'en revenais pas. Mes frères avaient donc un cerveau! Et il fonctionnait!
Bon. J'étais peut-être injuste envers eux là...

Lorsque le mouvement fut terminé, le combat marqua une brève pause. Mon frère svelte s'était posté entre Raï et mon autre frère, comme pour retenir ce dernier. C'était surprenant. Il avait eu l'occasion d'enchainer les attaques sur Raï, pourtant il ne l'avait pas fait. Qu'avait-il en tête? Ce n'était pourtant pas son genre d'épargner un adversaire. Décidant de profiter de cet instant pour corser un peu les choses, je lançai une de mes techniques favorites. L'ombre que j'étais se dédoubla, et ces deux ombres se dédoublèrent, et ainsi de suite jusqu'à ce que mes clones de brouillard forment un cercle autour de la zone de combat. Une bonne trentaine de répliques de ma personne devaient à présent piéger mes frères et Raï... Et je me trouvais quelque part dans le lot. Ma voix enjouée s'éleva alors, amplifiée et perdue dans le nombre de mes clones, continuant ma conversation avec Raï.

« Dis-moi... Qu'est-ce que ce village de Kumo a de plus que Suna? Il faut moche ici, et les shinobi sont tous de stupides ados pré-pubères. Tu n'as pas l'impression de perdre ton temps? »

« Ca suffit. Tu pousses le bouchon trop loin. »

« Mais...! »

« Stop. »

Surprises par l'intervention de mon frère svelte, moi et mes répliques nous tournâmes vers lui. Il semblait avoir une idée derrière la tête, mais son masque m'empêchait d'en lire plus. Tout ce que je vis, ce furent ses yeux dorés qui me lançaient un regard sévère intimant le silence. Mentalement, je refis défiler dans ma tête mes dernières paroles, me demandant bien ce que j'avais dit de trop, mais avant que je trouve mon frère fit quelque pas en direction de Raï. Il s'immobilisa ensuite et pointa ses griffes vers la gorge de notre cible. Pas à la manière d'une attaque, non. Mais à la manière d'un défi. Le connaissant, je commençait à deviner ce qu'il nous préparait, et cela ne me réjouissais guère. Il allait gâcher mon plaisir, et surement rendre Raï encore plus folle et énervée qu'elle ne l'était déjà.

« Telle que tu es à présent, tu n'as pas le niveau pour nous affronter. Ce combat se soldera par ta capture, au pire ta mort. Mais il est inutile d'en arriver là. Nous pouvons te laisser vivre ta vie tranquille à Kumo, mais pour cela il te faut renoncer aux armes, à la voie du shinobi, à ton nindô. Si tu t'obstines, nous devrons continuer. Le bonheur d'une vie normale, ou la vie dangereuse d'un ninja... Que choisis-tu? »

A ces mots, je manquai de tomber à la renverse. C'était quoi ce quiz surprise? Et depuis quand se permettait-il de parler pour nous trois?! Qu'elle arrogance! En plus, je n'avais pas la moindre idée sur ce qu'il essayait de faire... Si le combat avec Raï s'achevait ainsi, notre Maitre serait plus que déçu, et moi de même. Nous ne pouvions pas nous retirer ainsi sur une simple réponse de notre cible après de telles préliminaires! C'était trop décevant!
Foudroyant la silhouette vague de mon frère, je me tint néanmoins tranquille. J'étais certaine d'avoir cerné le vrai caractère de Raï. Je savais dors et déjà comment elle réagirait à une telle proposition...
Non... Tout cela n'allait pas se terminer aussi simplement...

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MessageSujet: Re: Une matinée qui commençait pourtant si bien... [Takeo]   Jeu 02 Juil 2009, 03:41

Mes coups de pied avaient presque réussis dans leur intégralité, ce qui provoqua au fond de mon être une jouissance incomparable. Je n'étais plus moi-même, juste un être assoiffé de sang à la manière de la bête du Gévaudan. Dans mon état d'esprit, j'aurais été jusqu'à les bouffer au niveau de la moelle de leurs os pour rester en vie. Terreur, fureur... Et déception lorsque les flammes n'atteignirent pas leur but premier, l'espèce de petit truc qui en avait au fond du gosier. Qu'est ce que j'aurais donné pour ne plus jamais entendre sa voix... Mes pensées étaient tellement obnubilées par cet individu que la vision de ma victime précédente m'échappa. Ce ne fut que lorsque je le revis surgissant devant moi tel un clown sorti de sa boite que je compris. Mais il était déjà trop tard, je n'avais plus l'initiative pour esquiver. Voyant de nouveau ces satanées griffes proliférer devant mes yeux, je ne pus que croiser mes bras en croix devant mon buste, avant de tenter de me protéger au mieux. Mais ce ne fut pas assez, je sentis une lame s'enfoncer au niveau de ma clavicule gauche, et l'autre érafler l'un de mes bras... Heureusement, la coupure n'était pas profonde, mais le poison agissant sur les morceaux d'acier se faisait ressentir comme aussi brûlant que la braise. Un cri de douleur s'arracha du fond de ma gorge, effrayant les quelques oiseaux valeureux encore présents à nos cotés. Dans un geste de fortune, je fis un pas en arrière avec l'illusion de me dégager, et d'échapper au maximum de cette arme atroce, mais je n'avais pas fait attention qu'un autre sbire de Suna se trouvait derrière moi.

Je fus stoppée dans mon élan, ressentant un choc au creux de ma nuque -qui se contracta par pur réflexe-, moins puissant que celui que je venais d'encaisser. Ce fut suffisant pour m'étourdir l'espace de quelques secondes, mais pas assez pour m'envoyer au pays des rêves. Je restai légèrement courbée sous le choc des attaques, haletante. Mon épaule me brûler, ardemment tenue par ma main gauche. Putain... Je n'avais rien vu venir, et le dernier heurt me faisais voir trente six chandelles. Je ne sus pourquoi, mais tout semblait calme. Ils auraient tout le temps voulu pour m'achever, mais il ne se passait rien. La voix aigüe entendue préalablement me parvint aux oreilles, mais ne me fit plus rien. Je sentais le sang chaud qui s'écoulait lentement de mes blessures. Cette sensation mêla en moi divers souvenirs, dont celui du jour où j'avais trouvé Koma, au milieu de ces rizières dans le pays du riz. Ce pauvre gamin qui semblait si triste, si désespéré face à son assaillant. Je me souvins de ma réaction, ce qui me rendit encore plus molle sur le moment. A quoi tout ceci avait servi si je me faisais avoir maintenant... Comment ferait-il la prochaine fois, et n'allait-il pas me chercher dans Kumo ? Ou alors serait-il content de ne plus m'avoir dans les pattes ? Tant de questions se bousculaient dans ma tête, inlassables. Une principale revenait régulièrement. Que penserait-il s'il me voyait dans un tel état de fureur ? N'allait-il pas plutôt penser que c'était moi la gamine dans l'histoire, à ne pas savoir ainsi me contrôler ? C'était véridique, même les animaux possédaient plus de conscience que moi en ce combat. J'attaquai le premier qui me tombait sous la main, hurlant des incongruités sans limite, pour quoi au final ? Me faire tuer, et laisser le petit seul. Il me fallait me reprendre, cesser ce comportement puéril qui m'habitait depuis mon arrivée à Kumo. Le Joker n'avait pas lieu d'être de cette manière, il n'y a pas que la force brute dans la vie, il faut savoir se recadrer, puis entamer une courte réflexion à chacun de nos actes. Autrement, tout mouvement devient indéniablement inutile.

La réalité retomba brusquement sur mes épaules. Je sentis de nouveau ce métal glacé sur mon cou, apte à m'éliminer d'un simple coup. Par prudence, je me relevai doucement, les yeux quelque peu apeurés. Je pus prendre conscience du danger immédiat, et des nombreux clones qui s'étaient disséminés tout autour de nous. J'avais fait preuve d'une grande imprudence, il me fallait me ressaisir, autrement tout était perdu. Je laissai mes bras retomber le long de mon corps, et observai celui qui venait d'apparaître devant moi. Un frisson me parcourut l'échine alors qu'il se mit à parler, il n'avait pas tord. Réfléchir, ce n'était pas difficile pourtant. Je respirai doucement afin de calmer la cadence saccadée de mon cœur, et reprendre une excitation à un niveau normal. A dire vrai, en cet instant, l'ivresse du combat n'entravait plus mon esprit, le stress avait prit la relève. Tout apparaissait de nouveau d'une couleur grisâtre, à la place de ce rouge sang qui envenimait ma vue. Ses paroles me firent tressaillir de plus. Comment pouvait-il demander cela ? Me laisser partir, et comment pouvait-il savoir si j'allais tenir ma promesse.. Ceci était stupide, il ne pouvait s'agir là que d'un piège... Je ne mourrais certainement pas, mais je serais tout de même mise aux fers au fond d'un cachot humide et puant. Irrémédiablement, je me sentis calme. Un calme trop pur pour être vrai, celui qui annonçait la tempête. Mais ce ne dut pas paraitre étrange aux yeux de mes ravisseurs, en vu de ma léthargie précédente. La larve allait renaître, sortir de son cocon, puis déployer ses ailes...


"Rendre les armes..." Et avoir une vie normale.. Vu l'idéologie de Koma, cela aurait pu être une vie bien tentante... Plus de problème pour lui, juste à demeurer dans une pitoyable existence sans saveur, où le gout du risque ne tiendrais plus que de savoir si on allait réussir à faire cuire parfaitement un steak... "Très bien... Je rendrais les armes..." Ma voix se voulait volontairement dépitée. Fixant mon adversaire dans les yeux, j'avais également le colosse dans mon champ de vision. J'ignorai mes pratiques de ma vie antérieure, mais je ressentais au fond de mon corps une grande force en matière de genjutsu. Je pouvais lancer mes attaques sans ne bouger le moindre petit doigt, juste à fixer mes adversaire, et le tour était joué. Ils ne pouvaient se rendre compte de ce qu'il leur arrivait sur le coup, puisque la lande était silencieuse après ce bref discours. Je pénétrai leurs esprit, et y marquer là le sceau de mon intériorité. Ils avaient à présent un léger train de retard sur la réalité, juste l'espace de quelques secondes, le temps qu'il me fallait pour lancer mon attaque. Ce justu visait à altérer les sens de sa victime, et l'empêchait de prendre compte de ce qui se passait dans la seconde même, ayant un léger train de retard, comme une cassette vidéo qui défilerait avec quelques secondes de retard par rapport au reste.

Sans n'attendre la moindre petite durée, aussi minime soit-elle, je me lançai dans une attaque douloureuse pour mon opposant. Je visai celui qui était juste devant moi, en décalant ma nuque de ses maudites griffes avant de me lancer à corps perdu sur lui, et lui abattre mes poings dessus, à une vitesse folle. La puissance et la vitesse, un alliage que je chérissais plus que tout au monde. Ils ne m'avaient pas encore vu user de taijutsu, ayant jusque là utilisé que mon ninjutsu foireux. Mais le temps que l'ombre svelte ne s'en rende compte, elle en aurait prit plein la tête. Je lançai mes poings où je pouvais, concentré principalement dans l'estomac, de quoi lui filer de bonnes crampes pour un sacré bout de temps. Une fois chose faite, je fis un pas en arrière, évitant d'être trop près des autres clones. "... plus tard..." émis-je dans un souffle afin d'achever ma phrase précédente. J'observai la situation d'une manière plus réfléchie, les sourcils froncés. La lueur féroce de mes yeux s'était éteinte, et mon sourire mortel envolé. Il ne restait là plus que la face sombre d'une kunochi luttant pour sa vie, sans aspect démoniaque sous-jacent.



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MessageSujet: Re: Une matinée qui commençait pourtant si bien... [Takeo]   Mer 08 Juil 2009, 00:06

Lève-toi et marche, que je te fasse danser!

Raï était complètement dépassée par les attaques combinées de mes deux frères. Malmenée, blessée, et à présent touchée par notre poison mortel, ses chances de survie diminuaient à une vitesse folle. La voir dans une position si inconfortable me dérangeait... D'ordinaire, un tel spectacle était pour moi un pur délice, mais cette fois-ci, alors que je voyais une tueuse comme elle réduit à l'état d'un animal incapable de réflexion, c'était de la pitié que je percevais en mon cœur infâme.
La partie était donc déjà jouée? C'était tout ce que Raï avait à nous montrer? Médiocre! Incomparablement médiocre! Sa prestation avait été brève et inutile. Comme je l'avais pensé au départ, cette mission était une perte de temps. La tueuse précise et mortelle qu'avait été Raï était devenue une bête stupide, dominée par des instincts maternels qui la motivaient, mais sans lui offrir la force et la lucidité dont elle avait besoin, et cet état semblait irréversible.
Semblait... Car la suite des évènements allait démontrer que j'étais dans l'erreur.

Les griffes de mon frère effleuraient la gorge de Raï, prêts à frapper au moindre coup foireux. Mon esprit tordu faisait défiler devant mes yeux des images illusoires dans lesquelles ces instruments de mort tranchaient la peau de lait de Raï, laissant se rependre dans l'herbe un beau rouge cerise. Mais je repoussait ces rêves pour me concentrer sur l'instant présent, emplie d'une tension tout à fait appréciable. Ces moments décisifs où tout se décidait, mort, vie, espoirs et rêves, et qui restaient ensuite gravés dans la mémoire de ses acteurs, étaient ceux dont je me délectais le plus... Cependant, dans ce tableau, quelque chose clochait. La tension était certes à son comble, mais l'atmosphère avait changée. La tempête qui, un peu plus tôt, nous avait surpris de sa violence semblait s'être apaisée et un calme terrible l'avait remplacée. Je ne parvins pas immédiatement à repérer l'origine de ce changement, mais lorsque notre cible se releva il ne fut plus permis pour moi de douter: c'était de Raï que provenait cet infime modification.

Mes yeux s'écarquillèrent sous l'effet de la surprise, autant provoquée par les paroles de la kunoichi que dans le changement dans son aura. Elle n'était plus la louve enragée qui défendait ses petits, elle était... autre chose. Un autre chose de beaucoup plus dangereux, et de beaucoup moins prévisible.
Je le sentais au fond de moi, c'était mauvais, mais je ne parvenais pas à identifier ce qu'il se passait sous mes yeux. Déjà, les paroles de Raï sonnaient faux. Je savais que ce n'était pas son genre d'abandonner. Jamais elle ne pourrait se satisfaire d'une vie normale, elle qui avait gouté à la plénitude du meurtre. En plus de cela, il y avait cette nouvelle force que je sentais, contenue et prête à se jeter contre nous... Tout dans son ton et sa gestuelle montrait son abandon mais son regard, lui restait indompté et sauvage. Une ruse?
Ce fut alors que cette éventualité s'insinua dans mon esprit qu'elle bougea. Sa vitesse d'exécution fut telle que je la vis tout juste se déplacer devant celui qui la menaçait pour frapper. Mon sang se figea lorsque je vis que ce dernier ne se défendit pas et se laissa transpercer par les poings impitoyables de Raï. J'eus le temps d'expirer une seule et unique fois, puis tout fut terminé. L'assaillante reculait déjà de quelques pas afin de se mettre hors de portée alors que sa victime restait sur place, sous le choc me semblait-il.

L'inquiétude fut le premier sentiment qui m'assaillit, rapidement suivie de la colère. La famille était pour moi quelque chose de sacré... Je haïssais ceux qui les mettaient à mal comme Raï venait de le faire. Dommage. J'allais devoir mettre un terme à tout ça.
Mais alors que les pensées meurtrières contre la kunoichi m'envahissaient, je vis la main de celui qui venait d'être frappé se tendre pour saisir celle de Raï avec détermination, alors que je pensais le voir s'effondrer sous la douleur. Mais c'était bien sur! La capacité unique de mon frère! Les coups étaient passés à travers son corps comme s'il n'avait pas été là. C'était l'un de ses pouvoirs: se rendre un instant immatériel. Mais il ne l'utilisait que dans les situation sérieuse... Devais-je y comprendre que l'attaque de Raï mettait un terme aux négociations et que mon frère allait enfin s'y mettre sérieusement? Dans ce cas il me fallait faire de même... Finit l'échauffement, on allait s'y mettre à fond.
Sayonara, Ilyena Raï.

« C'était pas mal... Mais insuffisant contre moi. »

Ces mots fourbes furent glissés par mon frère au moment où sa main se refermait sur le poignet de Raï, l'empêchant de s'éloigner plus de lui. Je percevais en eux le ton mauvais qu'il employait lorsque quelque chose l'amusait, et je m'imaginais sans mal le sourire dément qui devait avoir pris forme sous son masque. C'était dommage... Juste au moment où Raï se réveillait et redevenait enfin la tueuse qu'elle était, il nous fallait la mater et réduire à néant la menace qu'elle constituait alors qu'elle était encore dans l'œuf. Vraiment dommage...
La main libre de mon frère svelte, celle aux longues griffes effilées, jaillit pour venir transpercer le ventre de notre cible et ressortir de l'autre côté. Impitoyable dans son rôle de bourreau, il continua à enfoncer ses lames dans son corps pour tout simplement en faire profiter Raï. Il les retira ensuite d'un geste rapide, laissant le sang jaillir de la plaie ainsi ouverte sauvagement et se répandre sur l'herbe. Du travail d'artiste à n'en pas douter, je le reconnaissais bien là.
Mais je n'avais pas le temps de rêvasser ou de m'imprégner de cette délicieuse odeur d'hémoglobine qui se répandait autour de nous.
A mon tour de jouer...

« Skin! »

« Compris. »

Je projetai mon esprit contre celui de Raï, toujours retenue, et le heurtant de plein fouet j'usai de la même technique qu'elle, lui faisant ainsi perdre la notion du temps et de l'espace environnant. Pendant ce temps, mon autre frère à qui j'avais fais signe se jeta sur elle dans toute sa force et sa vitesse. Au dernier moment, mon frère svelte relâcha la kunoichi juste à l'instant où l'immense poing fermé de son équipier venait heurter avec une force phénoménale le torse de Raï. Le son des os brisés fut parfaitement audible, et fit naitre dans mon échine un frisson de pur plaisir. Le corps blessé de Raï s'envola littéralement, propulsé par la choc, et dégomma deux de mes clones qui partirent en fumée en sortant du cercle que j'avais formé. A présent éloignée de nous d'une vingtaine de mètre, notre cible était à terre, brisée juste au moment où elle s'apprêtait à nous sortir le grand jeu...

* C'est rageant, n'est-ce pas Raï? *

Mes clones et moi brisèrent notre cercle pour nous approcher pas à pas de la jeune fille à terre, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que cinq petits mètres entre elle et nous. Derrière moi, je sentais l'aura meurtrière de mes deux frères qui étaient à présent prêts à accomplir ce qui devait être fait
Là, j'eus tout le loisir d'observer la kunoichi que nous avion traqué. Son Genjutsu et sa réaction face aux paroles de mon frère svelte m'avaient beaucoup plu. Elle avait été, à ces deux moments, non pas une bête de combat attaquant au hasard mais une véritable tueuse dans toute sa splendeur. Elle était parvenue à canaliser son immense rage pour en faire une lame capable de tout trancher, même notre invincible travail d'équipe. Parvenir à changer à ce point son comportement en plein combat, à découvrir où était con erreur et à se corriger, tenait véritablement de l'exploit. Oui... Raï était née pour être ainsi. Elle avait saisie la différence entre un combattant dominé par la rage et une vraie machine à tuer, un vrai shinobi.
Cependant, même une excellente kunoichi comme elle ne pouvait venir à bout de notre union, à moi et mes frères. Ensemble, nous étions plus que de simples tueurs. Nous étions la mort, inéluctable et invincible. Si Raï avait encore ses espoirs, il fallait les balayer, tout comme nous l'avions balayer lors de notre dernier assaut.

« Tu viens de gâcher ta seule chance de survie. Tu en es consciente j'espère? Il ne te reste plus maintenant qu'à mourir en regrettant ton choix. »

Un coup de plus. Seulement un coup de plus de la part de l'un d'entre nous, et elle mourrait. Et si nous n'y parvenions pas, le poison dans nos griffes aurait à la longue raison de ses forces. Elle n'avait plus d'autre choix: avouer sa défaite et mourir dans la douleur, en maudissant les choix qu'elle avait fait et en pleurant de désespoir.
Car briser son corps ne me suffisait pas. Il fallait que je brise son esprit, que je le réduise en charpie jusqu'à ce qu'elle se traine à mes pieds. Alors, seulement, je la libèrerait de ses souffrances en lui accordant le repos éternel.
En l'écrasant comme l'insecte qu'elle était.

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Dernière édition par Takeo Kikuta le Mer 08 Juil 2009, 16:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une matinée qui commençait pourtant si bien... [Takeo]   Mer 08 Juil 2009, 11:19



La bouche légèrement entrouverte, l'air que j'expirais s'en échappait par à-coups. Mon attaque précédente m'avait demandé un effort brusque, des gestes rapides sans n'avoir aucun moment de repos entre temps. Mais quelque chose n'allait pas. J'avais beau avoir atteint ma cible, ce fut comme si j'avais frappé dans le vide, tenté d'abattre un courant d'air comme lors de mes entrainements. Qu'était-ce cette chose ? Elle n'avait pas bronché... Je m'apprêtai à deux réactions, instinctivement. Tout d'abord, j'avais cru qu'elle allait s'écrouler après cela, sans un mot. Mais à réfléchir, une autre option vint à mon esprit. Elle n'était pas incroyablement résistante, et n'allait sans doute pas tarder à répliquer violemment. Je ne m'étais jamais retrouvée face à une telle technique, si bien que je ne savais en aucun cas à quoi m'attendre. Malgré mes sens à l'affut, je n'eus pas le réflexe de retirer ma main. A dire vrai, je m'étais attendue à tout. Qu'il me frappe, me balance une technique, n'importe quoi de ce genre. Mais non, m'attraper le poignet, je ne le pensais pas. Pourquoi ? Pour pas que je ne recule ? M'attendant au pire, je commençai à reculer d'avantage, m'apprêtant à retirer d'un geste vif mon bras. Mais trop tard...

Si ce qui filait sur moi n'était qu'un simple poing... Mais il y avait encore ces damnées griffes, surement empoisonnées elles aussi. Encore de la douleur... Et si ce n'était pas le même toxine, je me retrouvai dans un état encore pire que celui ci. Mais pourtant, je ne pouvais pas esquiver. Trop tard, ce connard était trop rapide pour moi. Ce coup là n'allait pas se limiter à une petite coupure comme au niveau de ma clavicule gauche, mais s'enfonça allègrement dans mon ventre. Mes yeux s'écarquillèrent, et ma bouche s'ouvrit. Je n'hurlai pas, mais j'émis le son caractéristique de ce genre de situation. Un cri étouffé, entrecoupé de petites pauses. Les lames avaient déchiré mes tissus, ma chair. Cette blessure me brulait énormément, comme si le feu des enfers s’était embrasé en mon abdomen. Je sentis soudainement un fort goût de sang dans ma bouche, bien plus puissant qu'avant. Cette fois ci, les deux commissures de mes lèvres servaient de passage au filet de sang s'écoulant de ma bouche. Je souffrais, et la tête me tourna soudainement. Trop colérique, puis trop imprudente. Je ressentais un danger immédiat, quelque chose qui agissait sur mon système nerveux. Chose que je ne connaissais que trop bien, et qui me permis de rester connecter avec la réalité. Ce devait être la petite chose qui me faisait subir un genjutsu, le même que celui que ses acolytes venaient d'avoir. Je ne me faisais pas un grand souci sur le coup, le gros était encore sous mon emprise. Quoi que... Je n'avais pas bougé depuis un certain temps, il pourrait frapper ici, et m'atteindrais sans le moindre problème.

Danger immédiat. A ma gauche. Je le ressentais, une force s'approchait rapidement de moi. L'autre allait frapper, mais je ne pouvais savoir quand, n'ayant pas le temps de me défaire de l'illusion. Par pur réflexe, je mis mon bras gauche replié au niveau de mon thorax, prêt à absorber le choc. Mais trop tard, j'avais agis quelques instants après l'engagement. Mon poignet prit une partie du coup, ce qui lui laissa le temps de se plier avant que je ressente une nouvelle douleur, juste après un craquement sinistre. Ce son venait de l'intérieur de mon corps, et résonna dans ma tête l'espace d'une seconde. Le martyr se fut bien plus grand, puis je me sentis voler, les paupières closes. Le coup avait été tel que je me fit propulser à quelques mètres, avant d'atterrir lourdement sur l'herbe humide. Putain d'herbe ! C'était de sa faute si j'avais voulu sortir ce matin, sentir la délicieuse odeur qu'elle émet à l'aube. A la place de ça, c'était une vieille odeur ferrailleuse qui envahissait mon sens olfactif. Allongé à terre, je me sentais mal, très mal. Mais il ne fallait pas flancher, et la volonté l'emporte sur tout. Ma main encore valide plaquée sur mon abdomen douloureux et ensanglanté, je parvins à me hisser sur mes genoux le souffle court, puis ressentis que tout remontait soudainement. Dans mon élan, je n'eus qu'à me pencher en avant, et vomir tout le sang qui avait envahit le fond de ma gorge. Sensation hideuse... J'aimais voir le sang souiller les membres de mes adversaires, leur visage dépité par la torture qu'ils subissaient, et je me rendais bien compte de ce qu'ils pouvaient éprouver. Et pour la première fois, j’eus pitié d’eux.

Une fois le choc passé, je me remis sur mes jambes, le regard noir. Je balayais mon petit comité, jurant au fond de moi qu'ils le paieraient de leur vie. Mes réserves se vidaient au fur et à mesure que mon hémoglobine s'écoulait, il me fallait agir vite. Puis ce fut l'illumination. Je savais comment les stopper… Juste ça, m’enfuir serait un autre problème. Mais me débarrasser d’eux étaient primordial, quitte à mourir en cet endroit. Je préférai largement la mort et donc sa liberté, à la vie et la captivité qui m’attendait. Il fallait en terminer avec cette boucherie infâme, et me venger d'eux à n'importe quel prix. Je n'avais pas besoin de faire de signe pour les neutraliser, le genjutsu étant ma matière forte. Il me semblait que j'avais un peu de répits devant moi, si bien que je pus me concentrer suffisamment de temps pour savoir qui des clones était le vrai. "Tocard... Prendre le temps de parler dans un combat ne mènera qu'à ta perte !" Je plantai mon regard dans celui de la petite ombre, signe que je savais qu'il était fait de chair et de sang, et non pas seulement un peu de fumée débile. Je les avaient tous dans mon champ de vision ces zigotos. La douleur entravait mes gestes, mais pas mon esprit. Je ne pouvais plus frapper de manière puissante, mais cela suffirait. Le flux de leur chakra se modifiait de nouveau, cette fois ci d'une manière toute autre que les précédentes. Deux techniques en une, de quoi les rendre aussi sourds et aveugles que des poupées de chiffon. Je me concentrai, quelques secondes, et tout du paraitre bien sombre pour eux, soudainement. Ils pourraient hurler, mais ils ne se rendraient compte de rien.

Habituellement, j'aurais ris de cette situation, voir même laissé éclore mon sourire démoniaque sur mes fines lèvres. Mais rien, mon visage restait impassible, pas même une grimace de douleur sous la torture qui s'envenimait de plus en plus au fond de moi. Maintenant qu'ils ne pouvaient ni me voir, ni m'entendre, je pus m'attaquer à celui qui me semblait être le chef. Le petit au genjutsu, peut-être que sans lui, je pourrais piéger les autres sans trop de problèmes. Tout était à tenter, je jouais cartes sur table. Dans un ultime effort, je me mis à courir les quelques mètres qui me séparaient de la petite ombre, puis lançait vers lui mon poing droit, visant sa figure à travers son masque. Peut-être qu'il était protégé, mais il le sentirait passer. Je mis toute ma puissance dans ce coup, sans technique, juste de quoi l'assommer à mon sens. Il était trop frêle pour tenir encore longtemps sous mon courroux. Enfin, ceci avant que je n'en puisse plus, et que je finisse par m'écrouler. Mais ce moment n'était pas encore venu, ma volonté me permettait de tenir sur mes jambes, malgré les difficultés que je ressentais pour respirer, et le liquide carmin qui s'écoulait principalement de ma dernière plaie béante, petit à petit, mais surement.


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Takeo Kikuta
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MessageSujet: Re: Une matinée qui commençait pourtant si bien... [Takeo]   Mer 08 Juil 2009, 16:55

Le jeu touchait à sa fin.
Alors? Quel était le verdict?

Baignant dans son propre sang, Raï ressemblait à ces personnages des fresques barbares qui décrivaient les sacrifices faits aux Dieux. Elle était blessée au bras et à l'épaule, son ventre avait été transpercé, des ecchymoses se formaient sur le bras qu'elle avait utilisé pour se défendre, et pour finir du poison coulait dans ses veines, sapant peu à peu ses forces. Vraiment, la kunoichi était dans un bien piteux état. Voilà où son obstination l'avait menée: à une mort lamentable et inévitable, ignorée de tous. Quelle satisfaction Raï pouvait-elle tirer d'un levé de rideau aussi pitoyable? Je ne parvenais pas à la comprendre. Elle aurait pu rebrousser chemin n'importe quand, ou bien s'abandonner à nos mains et s'éviter ainsi bien des souffrance, car nous n'étions pas des monstres après tout.
Et voilà maintenant où elle en était...
Pourquoi? Pourquoi s'obstinait-elle à se relever et nous affronter?
Était-ce ce dont notre Maitre nous avait parlé? La raison de notre présence ici?
Peu importait... Je lui poserais la question plus tard.
Seules importaient à présent les souffrances d'Ilyena Raï.

Une nouvelle fois elle se releva et nous fixa de ses yeux haineux. Cela cependant ne me faisait plus rire. Nous venions de l'attaquer de toutes nos forces, et pourtant elle ne semblait pas prête à céder. Cela était embêtant...Notre tâche ne se corsait de minute en minute, car si nous étions découvert par des shinobi de Kumo en patrouille, tout cela n'aurait servit à rien. Mais le pire était que le danger qu'elle représentait n'avait pas encore disparu. Même le corps brisé et empoisonné, elle continuait de nous menacer. C'était... Impensable!
Je me mordis la lèvre en l'observant se relever et plonger son regard brûlant sur mon masque. Je n'aimais pas ça, vraiment pas. La situation qui jusque là avait été sous mon contrôle m'échappait. Un mauvais pressentiment m'envahit lorsque je compris que j'étais découverte au milieu de tous mes clones. Que préparait-elle? Nous ne devions pas lui laisser le temps de se reprendre une nouvelle fois!

Mais avant que moi ou mes frères ne puissions nous jeter sur elle pour l'achever, je sentis la force de Raï s'insinuer de nouveau dans mon esprit. Avant que je puisse riposter, elle me coupa du sens de la vue et de l'ouïe, de sorte que tout devint noir autour de moi et que plus aucun son ne parvint à mes oreilles. Pendant un instant, déconcertée par la perte de mes sens, je perdis mon équilibre et vacillais sur place. C'était mauvais. Mes deux frères étaient surement dans le même état que moi, et même blessée comme elle l'était Raï était capable de nous porter un coup fatal. Je ne pouvais la laisser faire.
Joignant mes mains pour briser les Genjutsu, je m'apprêtais à me libérer à me libérer de cette illusion lorsque soudain je me rendis compte d'une chose: Raï était en train de me foncer dessus. Si je me libérais de son Genjutsu, j'allais être frappée de plein fouet par son attaque, et sa puissance au corps à corps n'était pas à négliger. Il fallait donc que je tente autre chose... Comment avais-je pu savoir que mon ennemie me fonçait dessus me demanderez-vous? Élémentaire, mes agneaux. Je n'étais pas humaine, moi. L'ouïe et la vue n'étaient que des outils secondaire à mon sens. Pour moi, seule comptait la chaleur que dégageait ma cible, grâce à laquelle je m'orientais dans le noir le plus complet. Et je peux vous assurer qu'à ce moment Raï était brulante, et dégageait de plus une surpuissante odeur sanglante qui pouvait sans doute se sentir jusqu'à 500 mètres autour de nous. La localiser devenait alors un jeu d'enfant pour moi.
Plutôt que le kaï que j'avais prévu d'accomplir, mes doigts accomplirent à l'aveuglette les signes d'un autre jutsu. Sous mon masque, un doux sourire avait fait son apparition, alors que seule une pensée habitait mon esprit dément.

* Frappe! *

Le poing de Raï frappa avec une grande violence mon masque qui se brisa à l'impact. Cependant, loin de frapper mon crâne qui devait se trouver là, il toucha une masse molle et visqueuse, qui se mouvait continuellement. Puis ce fut la débandade. Une nombre impressionnant de serpents s'échappèrent de ma cape, comme si mon corps avait été constitué d'eux. Certains vinrent s'enrouler autour du bras de Raï avant de tomber au sol et de glisser prestement derrière elle, là où son regard ne pouvait pas porter. Lorsque tous les serpents furent sortis, ma longue cape noire s'affaissa, vidée, et les débris de mon masque retombèrent au sol. Telle était l'illusion que j'avais tissé pou mon adversaire. Cependant, je ne pu profiter du visage de Raï après une telle esquive, cr son Genjutsu à elle faisait toujours effet...
Les serpents se réunirent plusieurs mètres derrière Raï et formèrent un tas d'où ne tarda pas à émerger une petite forme humaine. Ma vraie forme. Sans cape cependant cette fois-ci, il était temps de faire tomber les masques.

Spoiler:
 

« Ne pense pas pouvoir t'échapper avec si peu. Nous savons où te retrouver de toute manière... Toi et ton cher gosse... »

Gamine. Oui, mon apparence humaine était celle d'une gamine toute fine, avec des cheveux noirs partant en tous sens, un haut blanc en dentelle et un nœud rouge, une courte jupe et de long collant. Gothic lolita? Il y avait de ça. Mais il ne fallait pas ce fier à cette apparence. En vérité, j'étais bien plus vieille que Raï... Pour moi, c'était elle la gamine.
Mes yeux jaunes étaient orientés vers l'odeur d'hémoglobine que je sentais devant moi. Je sentais si bien son origine que je pouvais tout aussi bien être en train de fixer Raï dans les yeux sans m'en rendre compte. La chose était amusante... Cette fois-ci mon sourire mauvais fut parfaitement visible pour mon adversaire alors que les clones de fumée, que j'étais parvenue à maintenir durant mon esquive, se regroupaient autour de moi. Il était venu, le temps de terminer tout cela. Dans un ultime face-à-face entre elle et moi.
Le dernier moment de notre valse... Elle n'avait pas intérêt à me décevoir.

Moi et tous mes clones fondirent sur Raï avec moi. Loin de former une seule et stupide ligne continue, nous échangions nos place à une vitesse surprenante, de sorte que se concentrer sur une seule d'entre nous devenait proprement impossible. Je devais aller lentement, car je ne voyais pas le sol où je mettais les pieds, mais cela suffirait grâce à la couverture de mes clones. Durant la course, je fit apparaitre à mes doigts les mêmes longues griffes de métal qu'avaient un peu plus tôt montré mes frères, et mes clones m'imitèrent. Où étaient-ils lorsque j'avais besoin d'eux, ces deux-là au fait? je sentais toujours leur odeur toute proche, mais je ne parvenais pas à la situer. Entouraient-ils Raï en se fiant à son odeur eux aussi? C'était probable. Mais ils étaient incapable d'attaquer comme moi je le faisais, pas assez d'expérience...
Tout était donc entre moi et elle...
Parfait.

« Fais de beaux rêves... »

Mon cœur accéléra le rythme alors qu'un sourire dément apparaissait sur mon visage et celui de mes copies. Les premiers clones arrivèrent devant Raï et frappèrent, mais disparurent en fumée à chaque coup porté, dispersant un peu plus de fumée autour de Raï à chaque clone. Enfin, après l'attaque de cinq clone, je tentai le tout pur le tout en frappant à l'aveuglette de mes griffes l'endroit qui empestait le plus le sang: son ventre. Je parais sur le fait que Raï était désorientée par l'attaque des mes illusions, car si ce n'était pas le cas je risquait de me faire maitriser en un instant par la vitesse et la force de mon adversaire...
Le tout pour le tout. Pas de regrets. C'était comme ça que je construisais ma vie.
Et elle? Regrettait-elle à présent? Ou bien...

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Dernière édition par Takeo Kikuta le Jeu 09 Juil 2009, 14:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une matinée qui commençait pourtant si bien... [Takeo]   Mer 08 Juil 2009, 22:12

Encore.. Une fois de plus, j'avais frappé dans le vent. Ceci semblait devenir coutumier, ou alors je ne savais plus me battre. Enfin cette fois-ci, ce n'était pas le vide. La manière que je heurtai me donna un haut le cœur, l'impression de toucher une colonie de limace de glissa tout au long de la colonne vertébrale. Mais le pire fut à la vue des serpents, sentir leur peau contre la mienne... Je ne pus que réprimer un frisson en l'attente que ceci se termine, privée d'un réflexe basique comme le fait de retirer ma main. Une fois que ceci fut fini, je n'eus qu'à désirer me retourner, voir là où les serpents s'étaient rendus, avec la personne que j'avais tenté d'atteindre. Ce n'était pourtant pas le moment, mais ma vue se troubla soudainement avec l'effort. Je manquai alors de tomber en avant, et de retomber lamentablement à terre. Mon esprit hurla "danger", si je tombais il y avait de fortes chances que je ne puisse plus me relever par la suite. Ma jambe droite vint se situer instinctivement devant mon corps, et me permis de conserver de la sorte un équilibre précaire. "Chiotte.." Je pris une longue inspiration, erreur grossière. Un nouveau cri s'étouffa au fond de ma gorge, mes côtes me faisaient vraiment un mal de chien. Ma respiration se fit par à-coups, plus douce de manière à limiter la torture.

D'un geste lent, je me retournai, puis me trouva face à face à une gamine avec un air psychopathe.. Cela ne me disait rien qui vaille, mais c'était contre elle que je venais de me battre. Mes yeux tournèrent discrètement vers ses deux compères, et l'idée me vint qu'ils étaient peut-être semblables.. Une bande de sales gosses aux yeux jaunes... Jaunes ? Ma tête retourna brusquement pour se figer dans le regard de la frêle personne, et me glaça le sang. J'en avais vu de toutes les couleurs des yeux, mais jaune... Habituellement, on reportait cela aux animaux, que ce soit loup, serpent, ou autres. Mais là, c'était un être humain. Ou peut-être pas, qui savait sur quoi l'on pouvait tomber en ce monde ? A l'entente de ses paroles, le poing de ma main encore valide se resserra brusquement. "Tu le sais peut-être.. Mais vous en aurez plus jamais l'occasion." Chose idiote que de répondre, cette chose ne pouvait pas m'entendre. Mais ceci était dit, peut-être pouvait-elle le percevoir, tout comme ce qui lui avait permis de savoir que j'attaquai. Ce que j'ignorai, c'était pourquoi elle parvenait à me fixer de ma position. J'étais sure qu'elle était encore aveugle, mais il y avait autre chose... Un autre capteur peut-être, difficile à imaginer de mon point de vue.

Tous ses clones avaient prit la même apparence qu'elle, mais cela ne m'empêchait pas de savoir laquelle était la vraie. Je le sentais à son chakra, et ne comptais en aucun cas la perdre de vue. Enfin, ce furent mes intentions. Lorsqu'elle commença sa valse maudite, je ne savais guère où donner de la tête. Tout ce monde qui me tournai autour me donnait le tournis. En temps ordinaire, j'aurais pu arriver à les suivre sans trop de difficultés -mais peut-être pas garder dans mon champ de vision la bonne personne-, mais dans les circonstances actuelles, je ne voyais que du flou qui s'épanouissait tout autour de mon être. Rêves ? Qu'est ce qu'elle disait cette folle ? Oh.. Tous se mirent à foncer sur moi, les uns après les autres. Je les vis disparaitre les uns après les autres, la véritable avait-elle prit le temps de s'enfuir ? Non. Je sentis de nouveau des lames transpercer mon abdomen, exactement au même endroit que l'autre taré. Cette fois-ci, ce n'était plus le même genre de douleur. Celle-ci se fit bien plus vive, ce qui me fit hurler à plein poumon. De toute manière, ils ne pouvaient se délecter de mon cri, mais ce ne fut pas pour cette raison que je me lâchai. Je n'eus pas le choix pour tout dire, la souffrance était trop présente. De plus, ce n'était plus le même genre, elle aussi avait un poison, mais je pouvais le sentir circuler dans mon sang. Il était différent, atténuant rapidement mes capacités. Cependant, ceci n'alla pas de manière exponentielle, et me permis de vite m'habituer à mes "nouvelles" capacités.

J'avais mal, et je me sentais de plus en plus faillir. Rapidement, je vins placer mon bras blessé derrière la tête de la gamine afin de m'assurer qu'elle ne partirait pas, en attrapant d'une main ferme ses cheveux. Foutue entorse, je ne pourrais résister à une forte pression. Je me reculai d'un pas vif, autant de la sorte les lames enfoncés dans ma peau, mais poussait également sur ma main blessée, la forçant de la sorte à se pencher en avant. "Attrape..." D'un mouvement furieux, je lui abattais mon genoux en plein figure, avec toute la force qu'il me restait encore. Après ce choc, je relâchai mon emprise, puis la laissai s'écrouler à terre. Une de moins... J'esquissai d'un pas en arrière, et fus prise d'une forte douleur au ventre. Je m'agrippai cette partie du corps de mes deux mains, et me laissai tomber à genoux. Du sang s'écoula encore abondamment de ma bouche, et jaillis en deux ou trois gerbes de mes blessures. Il ne me restait plus grand chose à faire, et plus longtemps à tenir.. Sur le coup, j'espérai avoir tué la gamine, lui ayant enfoncé les os de son nez à l'intérieur de son crâne avec mon heurt. J'espérai juste, et ne pris pas le temps de vérifier. Je n'avais plus de temps, je sentais ma conscience sombrer peu à peu à l'intérieur de mon cortex cérébral.

Dans un ultime effort, je me hissai une fois de plus sur mes jambes, complètement essoufflée. Il me restait du chakra en réserve, surement bien plus que le temps qu'il me restait à être maîtresse de mes mouvements. Je me retournai de façon à avoir dans mon champ de vision les deux autres zigotos, puis me concentra une ultime fois. Il était temps de s'envoler au pays des rêves messieurs. Les deux étaient dans le noir complet, isolés de tout son extérieur. Et bien, leur lucidité allait s'éteindre à son tour. Une dernière fois, je m'insinuai au sein de leur chakra afin de le perturber, puis me força à faire quelques signes. S'ils avaient pu, ils auraient vu de nombreuses plumes leur tomber dessus. Mais malheureusement pour eux, cela ne put pas être possible en vu de leur condition. Une fois qu'ils furent à terre, je m'approchai en titubant du svelte. J'avais une dent contre lui, c'était lui qui allait commencer à mourir... Je sortis un kunai de l'une de mes poches, l'unique que j'avais prit en réserve. Je ne pensais pas me faire attaquer lors d'une simple balade aux cotés de Kumo, et n'avais donc prit que le strict minimum par précaution, sans ne vraiment trop y croire... J'arrivai donc aux cotés de ma future victime, puis mis mon kunai au dessus de sa nuque. Juste vengeance, à la seule différence qu'il ne serait pas transpercé au même endroit que moi... Un fin sourire sur mes lèvres ensanglantées, et mon arme fondit sur l'autre.

Je sentis une résistance sous ma main, puis rouvris mes yeux avec satisfaction. Mais mon sourire s'effaça bien rapidement, le morceau d'acier n'avait pas atteint sa cible. Je l'avais planté dans l'épaule, profondément, si bien que je ne parvins pas à l'extraire afin de refrapper à nouveau. J’étais devenue trop faible, je n’avais plus aucune chance de les éliminer. Je conservai mon chakra à son niveau actuel, pour tenter de les garder endormis le plus longtemps possible. Je fis quelques pas, et parvint à m’éloigner de six ou sept mètres, puis tombai de tout mon long. Je restai concentrée, si bien que je restais étendue au sol, espérant pouvoir regagner un peu d’énergie par un léger repos. Je due tenir quelque chose comme cinq minutes qui me parurent interminables, puis perdis connaissance. Peu de temps, l'espace de deux ou trois secondes, mais suffisamment pour relâcher mon emprise sur leurs esprits. Je n'avais plus assez de force pour relancer une attaque, mais me rassit comme je le pus, leur faisant fasse. Je plaçai ma main sous ma veste, puis marmonnai quelques paroles d’une voix rauque, sachant qu'ils devaient être en train de reprendre conscience, libérés de toute trace de genjutsu.
"Tentez quoi que ce soit... Et je vous tue..." Je voulais faire croire qu'il me restait quelques armes dans ma poche, et n'hésiterais pas à en user de nouveau afin de m'en sortir en vie. Mais ce n'était que du bluff, et ma vision se troubla par soubresaut. Il ne me restait que très peu de temps avant de me perdre définitivement dans les bras de Morphée.
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MessageSujet: Re: Une matinée qui commençait pourtant si bien... [Takeo]   Jeu 09 Juil 2009, 16:17

Tss... Alors c'était ça la fin?
C'était pas ce à quoi je m'attendais.

Si je parvenais, malgré ma cécité et et ma surdité, à sentir les contours de Raï à cause de la chaleur qu'elle dégageait, c'était parce que je n'étais pas humaine.
Si je ne comprenais pas pourquoi elle s'obstinait à nous résister, à puiser toujours davantage dans ses forces pour nous vaincre même si tout cela était vain, était-ce aussi parce que je n'étais pas humaine?
Et si j'hésitais en cet instant, était-ce parce que je n'étais pas humaine?

Je sentis la main de Raï agripper mes cheveux. Était-ce là son ultime tentative pour me faire mal avant de s'effondrer? Ou bien le début d'un enchainement? Sans plus chercher à réfléchir, je tentai de me dégager en retirant mes griffes de son ventre pour venir frapper sa main, mais mon réflexe ne fut pas assez rapide. Au moment où son corps fut libéré de mes armes, mon adversaire profita de ce moment pour faire s'abattre ma tête sur son genoux qu'elle venait de lever. Le choc ébranla mon corps comme mon esprit, et résonna dans ma tête comme l'aurait fait un horrible son. Les sens qui me restaient se troublèrent avant de complètement disparaitre, et tout cela dans une douleur intolérable. Petit à petit, alors que je me sentais tomber au sol, ma conscience s'estompait en disparaissant peu à peu dans le néant.

Bordel de merde... Je l'avait pas vu venir le genoux.
Je manquais de pratique au corps à corps.
Mon erreur avait surement été de trop m'emporter et de me jeter sur elle sans réfléchir.
Quelle idiote je faisais...


------------------------------------------


Je sentais qu'on me tapait sur la tête. Je sentais aussi le gout métallique du sang dans ma bouche. Je sentais que tout mon crâne me tourmentait, comme s'il s'était brisé sous le choc. Pourtant je devais encore être vivante, si je sentais tout ça.
Les coups qu'on distribuait sur le dessus de mon crâne n'étaient pas violents. Ils étaient plutôt du genre de ce qu'on donne gentiment aux bébés pour leur faire faire leur rototo... Stupide comparaison. Je n'étais plus un bébé.
J'ouvris les yeux, et tout ce que je vis devant moi c'était l'herbe. Pendant un instant, je tentai de cligner des paupières sans pourtant y parvenir. Je me contentai alors de regarder l'herbe sans comprendre ce qui m'arrivais. Il fallut quelque seconde pour que je comprenne: mon Henge s'était dissipé lorsque j'avais perdu connaissance suite au coup de Raï. J'avais repris ma vraie forme, celle d'un cobra long d'un peu moins d'un mètre. avant de tenter le moindre mouvement, je me concentrai pour éxécuter un nouveau Henge et dans un nuage de fumée reprendre ma forme de gamine psychopathe que j'aimais tant utiliser pour tromper les humain. Alors seulement, je tentai de lever les yeux.

Au-dessus de moi se tenait mon frère svelte. Il m'avait doucement réveillé en me tapant du plat de la main. Dans son dos, je voyais la poignée d'un kunaï planté. Ca devait lui faire vraiment mal le pauvre... Le combat avait donc continué pendant que j'étais assommée? Flute alors. J'avais tout raté.
Derrière mon frère, je pouvais voir l'immense et sombre silhouette de notre autre compagnon, debout sans dire un mot, en train de surveiller Raï qui était allongée par terre dans un état bien plus piteux que le mien. Pourtant elle semblait toujours prête à nous affronter avec ce qu'elle avait, c'est à dite pas grand chose. A la voir ainsi, il ne m'était plus possible de douter de sa détermination. Cette kunoichi nous combattrai avec ses jutsu, puis avec ses armes lorsqu'elle n'aurait plus de chakra, puis avec ses poings lorsqu'elle n'aurait plus d'armes, puis avec ses dents lorsqu'elle n'aurait plus de poings, avec ses idées lorsqu'elle n'aurait plus de dents... Et ainsi de suite jusqu'à ce qu'elle meurt, insoumise et sauvage. Nous ne pourrions pas la faire plier.
Ainsi donc, notre rôle était à présent terminé.

Je restai un moment à l'observer sans rien dire, avec un visage inexpressif vide de toute blessure puisqu'il s'agissait là d'un Henge, puis finalement je me levai en prenant appuis sur mon frère qui se tenait à mes côté. Pas à pas, chancelante, je m'approchai de Raï avec ce même vide dans le regard. Lorsque, finalement, je me retrouvai à quelque centimètres d'elle, je tombai à genoux et passais mes bras autour de la nuque de mon ennemie pour l'enlacer contre moi, son corps ensanglanté contre le mien qui n'était somme toute qu'une illusion. Ce fut alors avec une voix étonnamment douce que je lui susurrai à l'oreille, tout bas.

« C'est terminé Raï... Tu as gagné. »

Devinant sa stupeur en réaction à mes gestes et mes paroles sans avoir besoin de la voir, je reculai mon visage pour lui afficher un sourire joyeux, tout à fait sincère, qui collait parfaitement avec le portrait de petite fille que j'avais adopté. Raï était toujours sur la défensive, prête à mordre ma gorge pour me faire pisser le sang si je tentais quoi que ce soit, mais à vrai dire je m'en fichais. Pour moi, notre petit jeu ensemble était à présent terminé, qu'elle m'attaque de nouveau ou non.
Derrière moi, je sentis approcher les pas de mes deux frère. Je tournai à demi mon visage vers eux pour vérifier qu'eux aussi avaient abandonner toute intention de tuer, et cela semblait le cas. Ils avaient eux aussi abandonné leurs déguisements et se présentaient à présent sous leur véritable apparence humaine: celle d'un dandy et d'un monstre musculaire. Personnellement, je préférais ma forme gaminesque.

Spoiler:
 

Le Svelte, Tyki, vint jusqu'à nous et s'agenouilla à côté de Raï. Cet idiot n'avait toujours pas retiré le kunaï de son épaule, mais cela ne semblait pas le préoccuper plus que ça. Le colosse, Skin, avait visiblement préféré rester en arrière et observer de loin. Je savais qu'il n'appréciait pas particulièrement sa forme humaine, préférant garder celle qu'il avait à l'origine, mais vu l'état de Raï il valait mieux qu'il reste "normal" pour le moment. Ce n'était pas le moment pour la tueuse d'avoir une crise cardiaque, on avait encore besoin d'elle.
Tournant de nouveau mon visage vers Raï, la tête d'ahurie qu'elle nous tirait me fit sourire allègrement. C'était comique de la voir à moitié crevée, et pourtant en train d'ouvrir des yeux ronds comme des balles de tennis. Pour un peu, j'aurais presque explosé de rire, mais je devais avouer que ma tête me faisait encore mal et qu'il valait mieux m'abstenir si je ne voulais pas m'évanouir de nouveau. J'entendis la voix douce de Tyki s'élever dans les airs à côté de moi. Devant l'air niais de la kunoichi il se sentait visiblement obligé de donner quelques explications à notre brusque changement de conduite.

« Nous n'étions pas venus ici pour te ramener à Suna, mais pour tester ta loyauté envers ton nouveau village. Comme l'issue de ton combat contre nous trois ne faisait aucun doute, ce n'est pas dans cette plaine que se déroulait la bataille, mais dans ta tête. Notre but n'était pas de briser ton corps, mais ton esprit. Tu aurais pu t'enfuir, te rendre, abandonner tes convictions et renoncer aux choix que tu avais fait, mais au lieu de cela tu es restée et tu nous as affronté avec tout ce que tu avais, même si tes chances étaient presque nulles. Même confrontée à la mort tu ne t'es pas pliée et tu as fait preuve d'une volonté inébranlable. J'ignore s'il s'agit chez toi de courage ou de folie, mais en tout cas c'est là que réside ta victoire. »

* Frimeur. *

Tyki se la pétait avec ses félicitations philosophiques à deux balles alors qu'il avait un kunaï planté dans le dos et qu'il perdait petit à petit son sang. Ça faisait pas crédible...
Pourtant, ses mots me firent sourire. Il n'avait pas tout à fait tord, et contrairement à moi il parvenait à trouver les bon mots pour exprimer ce qu'il ressentait. Ce n'était peut-être pas plus mal que notre mascarade soit révélée par cet imbécile: lui au moins savait aligner ses mots. Moi je n'étais pas douée pour parler de cette "volonté humaine" que je parvenais tout juste à comprendre, et Skin, n'en parlons pas.
Mon regard se posa de nouveau sur Raï. Au final, je m'étais trompé sur elle. Elle n'était pas une parfaite tueuse. Elle était une excellente tueuse, certes, mais elle possédait un défaut majeur qui l'empêchait d'atteindre la perfection de son art: son attachement pour ce gosse, et pou ce village en général. Mais, chose surprenante, elle était parvenue à transformer cette faiblesse en force durant notre combat. Mon esprit animal ne parvenait pas à saisir le mécanisme de cette transformation, et pourtant cela me semblait essentiel. Il faudrait que je demande à notre invocateur de m'expliquer cette histoire de "volonté humaine". Lui, il devait avoir compris de quoi il retournait. Maintenant que j'y pensais, il avait peut-être prévu tout ce qui allait se passer aujourd'hui, notre rencontre avec Raï, le combat, le résultat de l'affrontement... C'était l'impression qu'il m'avait donné lorsqu'il m'avait invoqué, un peu plus tôt dans la journée... Cet imbécile de Vampire...

« Road! Le poison! »

« Ah, oui... »

Rappelée à l'ordre par Tyki, je me souvint que nos griffes (qui n'étaient en vérité que nos crochets lorsque nous utilisions le Henge pour prendre forme humaine) avaient injecté dans le corps de Raï une quantité assez importante de poison qui petit à petit l'entrainait vers une inévitable mort. Nous ne pouvions pas la laisser mourir ainsi, alors qu'elle venait de passer avec succès son test... Et comme j'étais celle qui maitrisait le mieux les poisons dans notre famille, c'était à moi de retirer le poison du sang de la kunoichi. Allons-y donc!
Attrapant le visage de Raï avec mes petites mains, je l'attirai contre le mien, collant ses lèvres aux miennes et rappelant à moi le poison que j'avais secrété.
Ça risquait juste de lui picoter un peu la gorge...


Dernière édition par Takeo Kikuta le Jeu 16 Juil 2009, 19:50, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Une matinée qui commençait pourtant si bien... [Takeo]   Jeu 09 Juil 2009, 23:15

Mon souffle devenait saccadé, de plus en plus faible. J'avais du mal à garder les pieds sur terre, seule la douleur et la tension me tenaient éveillée. Cruelle situation, je n'avais plus assez de force pour me remettre debout et partir en courant. Je ne pouvais que rester impuissante avec mes grands airs, à regarder mes ennemis se remettre peu à peu sur pied. Toute mon attitude n'était que bluff, je ne savais guère si je parviendrais à soulever l'un de mes bras dans le cas échéant. Puis lancer un nouveau genjutsu serait bien trop risqué, je n'aurais surement pas assez de chakra pour cela, et même si c'était le cas, cela ne ferait que m'achever, et me laisser définitivement à leur merci. Lorsque la petite s'approcha de moi, je sentis mon cœur battre de plus en plus vite, rendant la circulation de mon sang douloureuse au sein de mes tempes. Bordel, elle était de plus en plus proche de moi, et mes membres refusaient de m'obéir. Je voulais lui vociférer quelques paroles peu agréables, mais je ne pus m'y résoudre, quelque peu terrifiée par la mort qui se voulait à proximité et inévitable. Mon corps tremblait, lentement, si bien que cela ne devait presque pas se percevoir vu de l'extérieur. Ce n'était plus de la rage, mais de la frayeur pure et simple...

Lorsqu'elle fut quasiment accolée à ma personne, je crus voir le dernier visage avant ma mort. Mais elle m'enlaça, tendrement. Ce geste n'était pas brusque, mais cela suffit à me faire pousser un gémissement de douleur, mes côtes me lançaient de plus en plus, sans ne parler des divers plaies qui n'étaient que brasiers fraichement allumés par Hadès en personne. Ce que je ne compris pas, c'était le pourquoi de la froideur de son corps. J'avais l'impression de tenir un cadavre près de moi, balloté par un courant d'air glacé depuis des décennies. Je ne bougeais pas, et me laissé faire comme une pauvre gamine que l'on aurait totalement drogué. Mais ce n'était que temporaire, vu que mon visage vint à s'allumer lors des paroles qu'elle prononça. J'avais gagné ? Et quoi donc ? De mourir, ou de terminer dans un trou à rat à bouffer du pain moisi et boire de l'eau croupie jusqu'à la fin de mes jours ? Je me sentis ahurie, et mes yeux s'agrandirent jusqu'à m'en faire mal, les sourcils hautement relevés sur mon front. Je ne comprenais pas les paroles qu'elle venait de prononcer, et restais sur mes gardes, bien qu'incapable d'esquisser le moindre mouvement. Étant à genoux, j'avais de temps à autres l'impression que le sol tournait sous moi, prêt à m'avaler.

Un des deux autres s'approcha à son tour, me laissant dans un élan de suspicion. Je ne ressentais plus rien de mauvais en eux, ou de danger immédiat. Je pus me détendre un peu, permettant de la sorte à mon corps de cesser tout tremblement. Ce qu'il dit me laissa de glace. J'entrepris de répondre, mais je parvins qu'à tousser en premier lieu, me forçant à me tenir le ventre tout en me cambrant légèrement en avant. "Putain... Pas mon corps hein... Encore heureux... Mais merde.. Vous êtes qui..?" Je me remis à tousser une nouvelle fois, laissant de nouveau du sang s'écouler de ma bouche. Le poison faisait son effet, et prenait le dessus sur mes forces. Le fait de m'être détendue m'avait donné une sorte de malus, l'impossibilité de puiser beaucoup plus de fureur afin de rester consciente. Je ne savais guère si j'étais en sécurité, et si tout ce qu'il venait de dire était vrai. Je ne pouvais leur faire confiance, mais je n'en avais plus le choix. De toute manière, je verrai bien cela. Aucun dilemme, il ne me restait plus qu'à sombrer lorsque mon esprit me lâcherait. Si je compris bien, toute cette boucherie n’avait été que test. Bande de tarés… En plus, toutes leurs belles paroles ne me disaient pas si je survivrais ou non.

Poison.. Oui le poison. Qu'est ce qu'il avait ce putain de poison ? Road ? Drôle de nom... Le visage livide, je plantai mon regard brumeux dans celui de la gamine, sans ne pouvoir avoir une quelconque réaction. Je m'attendais à tout, sauf à ce qu'elle fit. Elle accola ses lèvres contre les miennes, mais dans quel but ? Retirer le liquide qu'ils avaient injecté en moi ? Dans tous les cas, cette sensation était désagréable. Je n'avais jamais embrassé un bloc de glace, mais j'imaginais tout à fait la scène et l'impression dès lors. Mais ceci n'était rien par rapport à la suite, ce moment où ma gorge vint à me brûler. C'était un véritable supplice, et mes jambes se firent pire que du coton. Je pensais bien avoir atteints ma limite, et cela s'avérait bel et bien être le cas. Cette petite torture supplémentaire me fit me sentir très mal, de nombreux points blancs se mirent à virevolter tout autour de moi. Le manque de liquide vital au sein de mes veines se fit ressentir brutalement. Tout tournait rapidement, l'herbe, les arbres, pour ne m'entrainer que dans un tourbillon vert et marron. Puis plus rien, je fis comme la belle aux bois dormant lorsqu'elle se piqua à son rouet, en m'envolant pour un autre monde, plongé dans les ténèbres les plus obscures que ce monde puisse contenir.
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MessageSujet: Re: Une matinée qui commençait pourtant si bien... [Takeo]   Jeu 16 Juil 2009, 20:43

Si ce spectacle t'a tant déplu, dis-toi qu'il ne s'agissait que d'un mauvais rêve...
Notre prochaine rencontre sera plus plaisante. Juré.

La bouche de Raï avait un étrange goût que j'aurai sans doute qualifié de fruité s'il n'y avait eu cette saveur sanguine qui dominait toutes les autres. Ce n'était pas déplaisant, loin de là. Tout en faisant remonter dans le corps de la kunoichi le poison que je lui avait injecté, je me délectait de notre petit moment d'intimité. Lorsque mon venin vint se mêler à sa salive et à son sang, le goût devint proprement exquis. Pour Raï, la chose devait cependant être moins agréable: mon poison devait mettre sa chaire à vif. Mais c'était là un mal pour un bien, comme disait parfois Takeo.

« Eh bien... Disons que nous sommes des serviteurs du seigneur de ce village. Et que nous ne sommes pas tout à fait humains... »

La voix gênée de Tyki s'éleva à côté de moi. Sans détacher mes lèvres de celles de ma patiente, mes yeux se tournèrent vers lui, curieux de voir ce qui donnait cette intonation à ses paroles. Visiblement, il n'avait pas trop envie de parler de nous, de ce que nous étions. Il était vrai que notre Maitre nous avait demander de garder notre appartenance et notre présence secrète lors de nos sorties, pour que personne ne se doute qu'il était un invocateur, mais il me semblait que notre proie rescapée avait le droit de savoir, après un si beau combat. Cependant, ma bouche était occupée à une autre besogne plus distrayante et importante qu'une série d'inutiles explications. En plus, Raï n'était peut-être déjà plus avec nous en ce moment: je l'avais sentie tomber dans une demi-inconscience à la remontée de mon poison. Tout ce qui s'était passé aujourd'hui allait lui paraitre bien étrange lorsqu'elle s'éveillerait. Dommage que je ne puisse assister à cela.

La dernière goutte de ma mortelle substance passa les lèvre de la belle assoupie pour réintégrer mon propre corps. A présent, si elle mourrait ça serait de ses blessure et non de notre poison. Excellente nouvelle non?
Nos lèvres ses séparèrent doucement, puis je fit glisser le corps de pantin désarticulé de Raï le long de mes frêles bras pour le faire reposer en douceur sur le sol herbeux de la plaine. Pendant encore quelques instant, je regardai le visage crispé de la jeune femme avec un demi sourire. Que se passerait-il si, pendant le sommeil insouciant de ma cible, je plongeais mes griffes dans sa gorge? Le destins de combien de personnes allais-je bouleverser? Celui du gamin qu'elle gardait? Celui de ses futures victimes? De mon Maitre? Du Village entier? Toutes ses possibilités me firent un instant tourner la tête. Je tenais tel les Parques le fil de la vie de Raï entre mes mains, et c'était absolument sublime...
L'instant fatidique passa sans que je fasse un geste. Je ne pouvais pas tuer la kunoichi ici... Mon Maitre aurait été très contrarié, et une invocation devait répondre aux désirs de son invocateurs après tout.
Remise de mes émotions, je le relevai pour m'étirer en bayant bruyamment. Ce combat avait été éprouvant pour mon petit corps. Il fallait que j'aille me reposer. Mais avant ça, moi et mes frères avions une dernière tache à accomplir.

« Tyki, emmène-la à l'hôpital le plus rapidement possible, puis rentre à la maison. Moi je vais rapporter tout ça à Takeo. Skin, porte-moi s'il te plait... Mes jambes ne me soutiennent plus... »

Je fis un petit pas dans la direction de mon colosse de frère, et chancelai. Il me rattrapa sans un mot, faisant de son immense bras une barrière à laquelle je pus me raccrocher. Je lui adressai un doux sourire empli de gratitude en remerciement, mais n'obtint aucune réponse sur son intimidant visage. Pas grave. j'avais l'habitude de son manque de réactions.
Il me présenta ensuite son bras comme un siège, où je m'empressai de prendre place pour qu'il me soulève sans difficulté du sol. Je relâchai alors mes muscles et lassai tomber ma tête contre son épaule, à bout de force. J'observai ensuite Tyki soulever le corps inanimé de Raï dans ses bras, comme une princesse décédée, puis partir à une vitesse impressionnante vers Kumo après l'avoir bien calé contre son torse. Un fois mon frère parti, je tapotai l'avant-bras de Skin pour lui indiquer que j'étais prête, et e fut alors avec un vitesse inférieure à celle de Tyki, mais une puissance bien supérieure qu'il se mit à bondir vers les portes de Kumo.

La journée avait été intéressante et instructive. Tout ne s'était pas déroulé que je l'avais voulu, mais tout était aussi bien comme ça. Le souvenir de cette brève escarmouche alla s'ajouter à la mémoire de tous les autres combats que j'avais mené. Mémoire qui n'était elle-même qu'une part minuscule de l'immense et infinie mer de mémoire dont j'étais la gardienne. Cette mer de mémoire formée par tous les souvenirs que je collectionnait n'était accessible qu'à moi et mon invocateur, mais ce dernier était encore jeune: il peinait à en saisir l'étendue et la complexité de mon trésor. Il me fallait m'armer de patience... Maintenant qu'il était Raïkage, Takeo allait peut-être la signification profonde des souvenirs qui emplissaient les êtres vivants. Peut-être le souvenir de ce combat avec Raï allait-il le mettre sur la voie, qui sait? Cela valait la peine d'essayer.
Ce fut sur cette énigmatique pensée que je stoppai mon raisonnement. Sans que je m'en aperçoive, nous avions déjà atteint la porte du Temple du Raïkage. Encore quelques instants, et nous arrivâmes dans la salle du trône, où Skin se baissa pour me laisser descendre. je tombai sur mes pieds, et observai devant moi à silhouette à contrejour de Takeo dont les yeux rubis me fixaient intensément.

« Alors? »

Son interrogation me fit sourire.
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MessageSujet: Re: Une matinée qui commençait pourtant si bien... [Takeo]   Dim 12 Sep 2010, 23:50

Citation :


°¤ Evaluation ¤°

¤¤ J'ai tout particulièrement adoré ce RP : tant par le sujet même de l'échange, que par le jeu des personnages. Vraiment très bon, on sent que vous y avez pris goût. Le partage était présent, une bonne chose.

Takeo =) faudra davantage te relire ma cocotte Rolling Eyes Il y a pas mal de fautes, des mots à la place d'un autre, des expressions parfois déséquilibrées, mais surtout les fautes .. des "t" à la place des "s", des erreurs dans la conjugaison ( etc )

Rai =) Excellent vraiment ! Tu peux être fière Cool de ton personnage et de ce que tu en as fait. Originale, plaisante, dynamique, enjouée, farfelue, bref on s'y attache. Tu mêles la personnalité de ton personnage à celles de tes textes, ce qui fait de ton style, un style purement unique. C'est explosif, attrayant à lire, bref j'arrête de te lancer des fleurs, tes chevilles vont gonfler Razz
*sors >> *

Arrow Rai : 14 points /// Takeo : 12 points
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MessageSujet: Re: Une matinée qui commençait pourtant si bien... [Takeo]   

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Une matinée qui commençait pourtant si bien... [Takeo]

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