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 Mélancolie ~ [Pv]

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Ilyena Raï
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MessageSujet: Mélancolie ~ [Pv]   Sam 27 Juin 2009, 00:53

===>Origine

Une fois sortie de ma demeure, je n’eus d’autre choix que de mettre mes jambes en route. Malgré plusieurs jours voir semaines d’exercice, je ressentais toujours ce besoin omniprésent de ne pas rester en place. Un jour, quelqu’un m’avait traitée d’hyperactive. Mais je n’en avais pas tenu compte, cette déclaration enflammée venant d’un mollasson trainant à longueur de journée chez lui, à siroter je ne savais quelle substance. Jaloux. Voici ce que je lui avais répondu, avant de disparaître dans les méandres de cette ville. Ce soir là, il ne pleuvait pas, mais l’orage grondait. Des cumulus étaient présents un peu partout au dessus de la ville, chose à laquelle il me semblait que je ne parviendrais jamais à me faire. Les rayons du soleil langoureux sur la peau brunie de mon visage me manquaient par moment, et à cette pensée, une bouffée de nostalgie refit surface en moi. Sans même ne m’en rendre compte, mes pas m’avaient menés jusqu’au paratonnerre, le lieu où j’avais réellement commencé ma vie… J’y avais rencontré une personne dénommée Kamenchii, deux ou trois semaines après mon changement radical. Je me demandais ce qu’il devenait, j’étais peut-être un peu plus prête à lui avouer ma véritable identité dès lors. Une fois arrivée en haut de cet endroit bruyant, je pris place au bord d’une plateforme, m’accoudant à la petite barrière qui y régnait. Matériaux isolant, encore heureux. Le regard perdu dans le vide, mes pensées finirent par prendre place sur mon esprit, aidées grandement par la fatigue qui jouait encore sur mes sens. Puis la nostalgie me prit, me faisant paraître en grandes quantités de nombreuses images, vestiges de mon court passé…


~°~_________________________________________~°~
La suite relate l’arrivée de Raï à Kumo, ainsi que son insertion…


Une arrivée fracassante…


Une fois sortie du bureau de la Raikage, Kazumi Inochi, je me sentais… étrange. Ce n’était point coutume de rencontrer pour la première fois une personne dans un rêve, de lui parler, et que l’autre fasse de même. Ce songe n’avait rien de prémonitoire, il avait été réel. Et si je m’étais fait tuée dedans, serais-je encore en vie en ces temps là ? Cela me donnait l’effet d’un coup de fouet en mon esprit, une chose que l’on était incapable d’expliquer avec rationalité. Bien qu’il ne me restait aucun souvenir de ma vie précédente, je savais que les ninjas étaient capables de prouesses qui pouvaient paraître irréelles pour les individus hors de cette caste. Et pourtant, ce qui avait pu m’arriver dépassait mon entendement. Un transfert d’esprit dans une dimension parallèle.. Dur à avaler comme raisonnement, mais je n’en voyais pas d’autre sur le moment. Cette chose qui avait pris tous mes souvenirs, mon caractère, mon identité propre. J’hésitais jusqu’à mon propre prénom, sur ce que je pouvais être. Et si j’étais amnésique à la base ? Ou alors que ce rêve m’avait permit de retrouver une connaissance que je ne possédais guère avant ? La tête finit par m’en tourner, j’étais pour ainsi dire totalement perdue. Je pris appuie sur un des murs du couloir, et glissai contre, jusqu’à heurter le sol, dans le noir complet.

Je ne me réveillai que lorsqu’une main vint s’agiter sur l’une de mes épaules. Mon crâne était douloureux, je nageai en plein brouillard. Il me fallut un certain temps pour apercevoir les traits du visage de l’homme qui me ramena sur Terre. Tout était flou, mes idées, mon esprit, ma raison. Dieu que j’aurais apprécié qu’il en soit de même avec ma mémoire, avoir quelques restes de ma vie antérieure, et non pas une infinité de souvenirs perdus dans le tourbillon incessant d’une vacuité agaçante… On m’aida à me relever, puis à retrouver le chemin de la sortie aussitôt chose faite, après m’avoir gentiment dit que je ne pouvais rester en ces lieux… L’air extérieur eut le privilège de me faire revenir à la raison. Quelque chose me faisait mal, presque ancré dans mon poing tant la pression que j’exerçais avec ce dernier était forte. Je desserai peu à peu mes doigts engourdis, jusqu’à laisser apparaître un bandeau à l’effigie qui ne m’étais aucunement familière. Ah oui, Kumo, mon adhésion… Le miracle surtout. Dès lors, j’étais une kunochi de ce village, déserteuse de Suna. Il allait me falloir être prudente, d’une part je ne connaissais personne ici ni leurs mœurs, et de l’autre le village du sable pourrait tout aussi bien avoir l’envie d’envoyer des hommes à mes trousses. A moins que cela ne fut déjà chose faite, et que le danger en soit donc imminent ! On m’avait également « offert » un toit. L’explication de sa position géographique me revint en tête, et je me mis alors à courir jusqu’à en être hors d’haleine, laissant mes tresses blondes voleter derrière moi.

Une fois arrivée sur place, je claquai la porte derrière moi, puis me ruai sur le lit que je vis dans la pénombre de la pièce. Je ne saurais dire le temps que j’étais restée ainsi, les poings crispés sur les draps, trempant le tout de mes propres larmes. Jusqu’ici, j’avais voulu montrer l’image d’une femme forte, mais je n’en pouvais plus. Il fallait que tout ce malaise s’évacue, autrement je finirais par craquer, et en public cette fois-ci. Tout défilait à une vitesse infernale au creux de mon esprit. Comme si on passait une cassette en version rapide en moi, jusqu’à m’en redonner le tourner. Assez… assez de souffrance bon sang. J’étais faible, et je le savais pertinemment. Je ne savais pas de quoi j’étais capable, pas ce que j’étais auparavant. Peut-être que je ne savais absolument pas me battre, je n’avais pas encore testé mes propres capacités. Ou alors, j’étais une tueuse de sang froid, dont le sang chaud de mes victimes courait encore sur mes pores dilatés. Tout ceci n’était qu’un rêve… Un simple rêve, et je n’allais pas tarder à me réveiller… Et pourtant, rien n’y faisait, ni même la douleur qui régnait au fond de mon estomac. Au final, je finis par me remettre debout, et m’approcha du mur adjacent à mon lit, proche de la porte d’entrée. Je commençai par y frapper dedans avec hargne, sans retenue pour mes coups. Je ressentais une vive douleur, quelque chose qui me faisait violemment souffrir, mais pourtant qui ne m’intima pas d’arrêter.

Ce ne fut que lorsque je ressentis une secousse dans mon poignet que je me stoppai, les yeux écarquillés. Dans la pénombre ambiante, je pus distinguer une tâche sur le mur blanc, de la même couleur que le liquide qui s’écouler aux creux de mes doigts. Ma main me faisait mal à en hurler, mais pas un seul son s’échappa d’entre mes lèvres. Je n’étais plus rien, juste une coquille vide en ce vaste monde. Je finis par me mettre deux claques en pleine figure, histoire d’émerger un peu de ma transe. Une fois chose faite, je partis en direction de la salle de bain que j’avais pu apercevoir en entrant, puis passa ma main sous l’eau, avant de l’enrouler d’une serviette propre au préalable déchirée. J’avais l’air fine, les yeux rougis et des cernes proéminentes sur mon visage hâlé, et une main indisponible sur le moment. Il me fallait faire le point, sans ne laisser place à mes émotions les plus présentes prendre le pas sur moi. Les pulsions étaient des plus dures à contenir, et je décidai d’aller dormir, bien que la nuit n’allait pas intervenir avant quelques heures. Tout ce qu’il me fallait, c’était récupérer. Avec un cerveau reposé, les idées semblaient s’organiser de manière plus efficace, laissant place à un schéma d’esprit bien plus clair.
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MessageSujet: Re: Mélancolie ~ [Pv]   Mar 07 Juil 2009, 19:09

Le commencement d'un tout


Après quelques jours de repos, mon esprit s’en trouvait bien plus calme. On dit que le sommeil est une vertu bien apaisante, et cela est bien vrai dans de nombreuses situations. Je pus alors sortir de mon antre sans me risquer à une nouvelle crise d’angoisse, ayant fait le point sur tout. Il ne me fallut pas énormément de temps pour mémoriser la géographie de ce village, possédant une assez bonne mémoire visuelle –au moins quelque chose dont j’étais sure, avec ou sans passé à l’appui-. Il fallait être rationnel dans bien des cas, mais se retrouver sans la connaissance de notre propre personnalité était une chose bien délicate à assumer. Chacun des gestes qui me semblaient familier n’avaient aucune signification ni saveur, comme si l’on m’avait implanté des membres qui répondaient à la volonté d’un autre. Une sorte d’androïde, voila le mot. Un robot dont la volonté était ailleurs, il allait me falloir résoudre ce problème embarrassant si je voulais pouvoir aller de l’avant. Mais je ne m’en sentais pas capable, pas seule ou sans base. Il fallait un élément déclencheur, quelque chose qui me donnerait assez de courage afin de me remodeler une personnalité toute entière, et une manière de vivre aussi.

Mais remodeler une partie de moi-même n’était pas la principale impasse. Tenir compte du fait que je pourrais être rattrapée par mon propre passé était une chose primordiale. Peut-être avais-je des obligations envers des personnes de ma famille, une enfant qui me pleurait tous les soirs en se demandant pourquoi je ne revenais pas. Mais cet appartement m’avait semblé tellement vide à la base, le jour de mon réveil. C’était peut-être à cause de cela que j’avais décidé de partir, un besoin irrévocable de pouvoir reprendre mes marques ailleurs, sans avoir des personnes qui viennent me dire bonjour sans que je ne sois incapable de mettre un nom sur leur visage d’angelot. Mes motivations étaient simples, mais pures. Je n’avais pas eu d’affaire de meurtre ou toute autre chose. Quoi que, je n’en savais rien. D’abord, connaître la raison de cette amnésie serait un bien grand chemin, bien que je doutais fortement de pouvoir un jour ne serait-ce que l’approcher de loin. Je me retrouvai enchaînée dans ce corps qui m’appartenait, sans pour autant que mon esprit ne le reconnaisse comme sien. Il fallait que j’aille découvrir un peu les alentours dès, faire la rencontre de quelques personnes qui faisaient parti de mon nouveau village. Me faire à cette vie, bien qu’une angoisse m’oppressait continuellement : les chasseurs de déserteurs. Dans ma tête, je n’avais pas fait un tel acte. Mais dans les esprits, cela devait être considéré de cette manière. Ce qui était normal, en soi.

Je pris donc sur moi, puis parti à la rencontre du « monde extérieur ». Rester ainsi cloîtrer n’aidait aucunement à mon esprit malade. Le désarroi me rongeait littéralement de l’intérieur, et l’obscurité mêlée à la solitude n’aidait qu’à sa croissance. Durant ma quête d’identité, je rencontrais un jeune homme bien charmant. Il semblait doux et calme, un échantillon rare dans ce monde de brutes. J’étais perdue dans ma bulle, sans ne savoir où je devais me rendre, ou encore ce que je devais faire. Et lui apparut ainsi dans ma vie, tel un messie venu m’escorter le long de mon chemin sinueux. Il fallait que je trouve un moyen de récupérer ma mémoire –même d’une manière partielle-, et ce de manière rapide au risque de finir de complètement disjoncter. Sans même m’en rendre compte, je m’y attachai. Il s’appelait Jyu, et je ne connu jamais son nom. Il n’avait certainement pas jugé utile de me le révéler. Les premiers jours, il m’aida à me repérer dans ces lieux que je ne connaissais guère. Heureusement, je me rendis compte que je possédais une assez bonne mémoire visuelle, et la suite fut un jeu d’enfant. Il apportait comme un apaisement au fond de mon âme. Cet homme était parvenu à s’accrocher à un rempart de mon âme bien que cela paraissait impossible, à la manière des fleurs des hauteurs poussant dans des failles de rochers abruptes, agitées sans cesse par le courroux du vent.

Un jour, il m’invita même chez lui. Bien sur, il ne me fit pas visiter l’intégralité de son immense demeure, mais se contenta de me faire séjourner au sein de son grand salon. Tout était de bois, si bien que l’on pouvait presque sentir l’odeur de la sève s’écoulant le long des troncs d’arbre encore en vie. Je me trouvai dans un canapé recouvert de soie rouge bourgogne, et j’attendais tout simplement le retour de mon hôte. Je le pensais seul chez lui, mais j’entendis du bruit perçant les murs, ce qui attisa grandement ma curiosité. Je me levai, puis partis coller mon oreille contre la paroi. Et j’entendis de manière excellente l’interdit. Jamais je n’aurais due savoir, mais le mal était fait. Tout était question de quelqu’un de puissant, qui leur voulait du mal. Ce que je savais, c’était que mon guide n’avait rien d’un ninja, il maniait l’épée d’après ses dires, mais n’avait jamais apprit les rudiments de l’art shinobi. Je ne perdais pas une seule miette de la conversation, il était question d’une personne. Un homme, un autre manieur de sabre, aux yeux rouges. D’après ce que j’entendais, ils avaient quelques problèmes à résoudre avec cette personne. Mais cette discussion s’acheva bien vite, et je ne vis pas son interlocuteur. Par respect, je ne lui posai aucune question. De toute manière, j’étais sensée ne rien avoir entendu de cela.

Nous partîmes peu après en direction des plaines de Kumo, délaissant les quelques serviteurs de ce jeune homme se livrer à leurs tâches respectives. Ce qui me marqua le plus chez lui, ce fut sa bonté, ainsi que la confiance qu’il osait accorder aux autres. Je pensais bien que jamais je n’aurais été capable d’une telle chose, tellement sur mes gardes pour ne pas avoir à retourner à Suna. Changer de village ne m’aurait que très peu importé, je n’étais attachée à aucune des deux patries. J’avais juré fidélité, mais au fond de moi que cela disparaisse ne me faisait ni chaud ni froid. Une petite marche matinale aidait à la réflexion, nos sens étant plus développés à la sortie du lit –bien que dans mon cas, le manque de sommeil se faisait largement ressentir-. La moindre petite brise un peu trop forte à mon goût aurait eu la délicatesse de me faire choir telle une feuille d’automne, et les bras de Morphée m’auraient volontiers accueillie dès ma réception sur le tapis herbeux. Le reste de la journée ne fut constitué que d’un long pique-nique dans les bois, avec pour seule compagnie un cerf peu prudent que l’on put admirer avec curiosité. Suite à cela, il me montra quelques uns de ces coups d’épée, qui réveilla en moi une sorte de soif de combat. Je ne tentais rien, mais je le sentais au fond de mon être, aux picotements redondants à l’extrémité de mes doigts. J’étais faite ainsi, à balancer mes poings et pieds pour me défendre. Il me faudrait divers entrainement afin de faire ressurgir mes acquis précédents, et ainsi avoir une base solide pour évoluer en tant que Kunochi du pays de la foudre.

Cette journée fut magnifique à mes yeux naïfs. Comme si rien de mal ne pourrait plus jamais arriver, que la quiétude était maitresse sur ce monde. Mais je me trompais, et je pus en prendre conscience rapidement. Une grande claque en travers de la figure qui vous rend la tête froide, apte à recevoir le commandement des ténèbres. Lorsque nous sommes revenus chez lui, à la tombée de la nuit, un spectacle effroyable nous attendait, orchestré en bonne et due forme. Des domestiques étaient tous à terre, baignant dans leur sang, voir éparpillés de ci et là de la pièce pour certains. Une boucherie humaine sans nom, comme si la foudre divine s’était abattue sur ces pauvres gens. Je ne me souviens pas vraiment de ma réaction, mais je me rappelle d’un profond malaise bercé par le dégoût qui me hantait. Moi qui étais parvenue à vivre un semblant de rêve, j’étais irrémédiablement plongée dans une réalité atroce et incontournable. La conscience de ma condition me revint à ce moment là, quoi que je fasse, je me retrouverais toujours poursuivie par ce genre d’incident. Les jours suivant furent durs. Cela devait faire environ un mois que je le connaissais. Mais je m’en sentais plus proche que jamais, désirant à tout prix l’aider. Mais il faisait preuve d’un grand sang froid, et semblait être résolu à exécuter une besogne bien précise…
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MessageSujet: Re: Mélancolie ~ [Pv]   Mer 12 Aoû 2009, 03:01

Rien de tel qu'un choc afin d'aller de l'avant


Quelques jours plus tard, il vint enfin me dire ce qui lui pesait tant sur le cœur. Il avait un ennemi, Kazuki, que l'on surnommait "Yeux Rouges". Cet homme n'avait rien de spécial, si ce n'était des prunelles couleur du sang, ainsi qu'une cruauté sans limite. Ce n'était pas non plus un ninja, et il vivait reculé des murs de Kumo. Dans ce que je pus comprendre, Jyu était son principal rival dans une ancienne histoire de vente d’armes, et ceci n’avait fait que s’envenimer au fil du temps. Mon messie l’avait emporté dans cette lutte monétaire sans merci, et l’autre s’en était retrouvé ruiné. Depuis ce jour, son statut de rival était passé à celui d’ennemi. Et comme je pus aisément de me rendre compte vu les évènements précédents, il était prêt à tout pour l’éliminer, et pourquoi ne pas se refaire une place sur le marché. Un monopole pourtant très maigrichon vu le peu de personnes venues s’approvisionner chez eux. Mais suffisamment pour vivre de manière confortable. Tout était vraiment pourri dans ce monde, les hommes se déchiraient entre eux pour quelques billets verts... Je ne comprenais pas tout à fait cette idéologie, mais ne tarderait sans doute pas à en connaître le sens originel. La soif de pouvoir, et tout ce qui va avec. Il y en a encore qui croient pouvoir tout acheter avec de l'argent, mais il faut une certaine force externe pourtant...

Le lendemain même de cette confession, nous étions en route avec d'autres hommes, sur des chevaux. Il y avait aussi un chariot, sur lequel je me trouvais. Les animaux m'impressionnaient, je ne me rappelais pas connaître la bonne manière pour grimper la dessus. Et puisque je ne savais rien de moi, je préférais tout d'abord tester le maximum de mes capacités avant de me lancer dans des choses trop farfelues. Et pourtant.. J'étais en train de me lancer dans quelque chose de bien pire que de grimper sur un pauvre imbécile de canasson. Nous avions continuer de converser durant une partie de la nuit, et la seule chose qu'il avait trouvé, c'était de nous rendre chez ce renégat histoire de lui filer une bonne raclée -comme Jyu le dit lui même, mais je savais bien qu'il voulait l'éliminer purement et simplement-. J’avais accepté par pur respect, je lui devais presque tout à mes yeux. Si j’étais parvenue à tout surmonter, c’était grâce à lui, et à lui seul. Alors je pris quelques armes, et je me trouvai à ses cotés pour cette épopée sanglante. Je ne m’étais pas rebattue depuis un petit moment, mais cela n’importait au final que très peu. Il ne voulait pas que je m’en mêle, résigné à se servir uniquement de son sabre histoire de lui ôter toute envie de recommencer.

Ce ne fut qu’à la nuit tombée que nous arrivâmes dans une immense clairière, au beau milieu de la forêt que nous avions longuement traversée. Un chemin fit son apparition au clair de lune, nous indiquant une route à suivre au milieu d’une profonde broussaille. Nous n’eurent qu’à y marcher le long, en prenant garde à ce qu’il n’y ait pas de pièges. Mais ce n’était pas le cas, et quelques bris de jeunes pousses nous firent comprendre que du passage avait eu lieu peu de temps auparavant. Peut-être avions nous été repérés… Mais là n’était plus la question, nous ne pouvions plus faire demi-tour arrivés aussi loin dans notre périple. Mais mes doutes se confirmèrent à la vision de diverses torches au bout du couloir végétal. Un petit comité nous attendait, avec à sa tête celui que mon compagnon voulait éliminer. Mais tout n’allait pas être aussi simple, on était trois – un ami de Jyu était venu avec nous, ninja également -. Nous étions trop peu nombreux, semblables à trois gouttes d’eau face à une rivière. Nous étions tous armés d’un katana chacun, mais je savais que cela ne me servirait à rien. Je ne me sentais aucunement à l’aise avec cette arme dans les mains, je pensais bien n’en avoir jamais touché, même lors de ma vie antérieure. Et nous ne pouvions pas savoir s’il y avait des shinobis également, dans le camp d’en face… J’étais effrayée en cet instant.

Mais contre toute attente, tout ne se passa pas dans le bain de sang que j’avais imaginé l’espace de quelques instants. Kazuki sembla nous accueillir dans les règles de l'art, et nous invita à entrer chez lui comme si ne rien était. Visiblement, il ne comprenait pas le motif de notre visite. Et pauvre petite insouciante que j'étais, j'y allais sans la moindre objection, croyant encore à la bienveillance de ce monde. Nous nous retrouvions dans une sorte de château, construit en pleine foret. Curieusement, l’intérieur respirait le luxe, tandis que j’avais cru comprendre que ce brave homme était ruiné… Je n’y prêtais pas spécialement attention, pensant bien qu’il avait du se reconvertir ailleurs. Je préférais rester en retrait, et d’observer discrètement la situation bien que je n’y portai pas grand intérêt. Ce n’était pas mes affaires, je n’étais là qu’en simple recours. L’autre ninja avait l’air dans le même état d’esprit que moi, et nous commençâmes à parler de tout et de rien, du village, de ce qu’il y avait à faire… Je lui avais fait part de ma position actuelle, et du trouble qui m’angoissait à cause de ma mémoire défaillante. Il semblait être un homme très doux, mais je ne pus jamais lui demander son nom. Car au beau milieu de notre conversation, des voix s’élevèrent plus loin, synonymes de discorde. Tout à une fin, surtout la paix.

Une bagarra avait débuté entre mon ami, et tous les autres. Dans le lot, ils semblaient n’être que de combattants normaux, sans particularité comme en ont les shinobis. Nous étions vite intervenus, et avions évité le drame. Ils avaient beau être assez nombreux, nous avions trop d’atouts supplémentaires pour perdre aussi facilement. Mais nous vinrent à déchanter rapidement en voyant d’autres personnes –hommes comme femmes- entrer dans la pièce. Je dus me battre, et me rendre à l’évidence que je n’y parvenais pas correctement. Je me rappelai de certaines bases, mais je manquai d’application. Quelle vie menais-je alors avant ? Rien ne me revint, et cela m’offrit une hargne à tout découvrir. Je voulais savoir, bien que sachant que cela était peine perdue. Plus loin, une chandelle vint à s’envoler sous un coup de coude, et sa flamme devint rapidement brasier au contact d’un rideau de tissu très inflammable. Nous étions tous bien trop occupés à combattre, particulièrement moi de mes mains nues –le katana ne me convenait vraiment pas- aux habitudes malmenées. Mais je me pris un mauvais coup dans l’épaule, une lame déchira ma chair et transperça ma peau des deux cotés de mon corps. Je ne pus que réprimer un hurlement de douleur à l’entente du craquement de mon os, puis perdit connaissance au milieu d’une boucherie humaine, et de flammes.

J’étais faible à l’époque, si faible… Rien ne me permettait de me raccrocher à la vie, lancée dans une lutte dont je ne comprenais pas vraiment la cause. Je ne savais même pas si ce dénommé Yeux Rouges avait quelque chose à voir avec le massacre des sous-fifres de mon ami, et je ne voulais pas le savoir. Mes propres problèmes me pesaient déjà trop sur les épaules, sans n’avoir besoin d’en rajouter d’avantage. Mais je l’avais suivi, juste pour que l’on soit quittes. Mais en une nuit, j'avais tout perdu. Je ne sus comment j'avais bien pu survivre, mais je me réveillai quelques heures plus tard, aux cotés du cadavre du shinobi avec lequel j'avais discuté, et du macchabée carbonisé de Jyu. Je ne peux dire l'état d'esprit dans lequel je me trouvais avec cette découverte, mais ceci marqua ma vie à jamais, à l'orée de ce bois. Pourquoi avais-je survécu, et pas eux ? Je ne le saurais sans doute jamais, mais peu importe. Ce fut grâce à cette épreuve que je pus aller de l'avant... Libérer mon âme perdue dans un corps l'enchainant, et vivre enfin la vie que je voulais me façonner.
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MessageSujet: Re: Mélancolie ~ [Pv]   Mer 12 Aoû 2009, 14:59

Le renouveau


J'étais blessée, terriblement blessée lorsque j'arpentai dans l'autre sens ce sentier maudit. Autant dans mon corps en lambeaux et en sang que dans mon âme. Je souffrais, mes blessures crachaient leur hémoglobine et empêchaient ma vision d'être parfaite, et se plaisaient à faire tourner ma tête. Je ne sus comme je pus encore avancer, mais j'y parvenais de justesse. A chacun de mes pas, je me remémorai la scène de la veille. Au cours de cet affrontement, j'avais tué. Et je me dégoutai horriblement de cet acte, non pas pour le sang versé, c'était le prix à payer lors d'une vie comme celle d'un shinobi. Mais j'avais aimé cela, voir la lueur de vie s'éteindre au fond des rétines d'un autre. Je me mis une claque, qui me fis tomber dans la boue de toute mon long. Ma respiration était haletante, je ne savais pas combien de temps il me restait à demeurer consciente. Mon corps ne me répondait plus, et fort heureusement, je me trouvai au milieu de la forêt, et non plus dans le domaine de ce fou furieux. Je ne sais guère combien de temps je restais dans cette situation de semi-conscience, mais j'entendis des galops au loin, et priai pour qu'ils passent non loin de moi et me repère. Ces personnes avaient du être attirée par le brasier qui avait illuminé tout l'horizon durant la nuit, et cela se trouvait presque être ma seule chance de survie. Et j'eus raison, l'un d'eux posa pied à terre à mes cotés. En ne notant aucune réaction de ma part -je n'avais même plus la force de parler-, il me chargea sur son cheval, puis fit demi-tour. Pour ma part, je me retrouvai rapidement dans les ténèbres.

Quelques heures plus tard, la connaissance me revint. Je me sentais comme enveloppée dans un cocon fait de coton, doux et chaleureux à la fois. Mes blessures me faisaient encore mal, mais pas autant qu'auparavant, je sentais que l'on avait appliqué diverses choses dessus afin d'en estomper les effets, et leur permettre de guérir. D'après les dires des infirmières, une jeune femme m'avait amenée ici la veille, dans un état pitoyable. J'étais de retour à Kumo, et j'en étais en quelque sorte soulagée d'être enfin en sécurité -si l'on puis dire-, et proche de mon antre. Mais je ressentais toujours un grand vide au fond de moi, en repensant aux deux cadavres que j'avais abandonné derrière moi. Mais je savais qu'il ne fallait pas que je m'attache au passé, et que je les oublie eux aussi, comme je le ferais avec ma vie à Suna. Je ne chercherais plus à savoir qui j'étais, ou comment, et je reconstruirais ma vie de toute part. Avec cette soif de sang qui m’avait terriblement excitée durant l'assaut, je sentais au fond de moi la nécessité de me battre à mort sans la moindre hésitation. De toute manière, il n'y avait rien pour me retenir dans le monde des vivants, seule une nouvelle obsession allait me faire relever la tête au dessus de la surface, sans qu'une nouvelle vague dépressive m'engloutisse la tête sous les eaux.

Quelques jours plus tard, je me trouvai enfin dehors, dans un univers hostile à mes yeux. La première chose que je fis en entrant chez moi est de me précipiter dans la salle de bain, et d'observer mon visage. Cette tête que je ne connaissais pas, et que je ne parviendrais sans doute jamais à reconnaitre. J'eus envie de l'étriper, mais je ne pouvais pas m'éliminer de manière aussi consciente. Dans un élan de folie enivrant peu à peu mes sens, j'attrapai un ciseau, puis mes cheveux par poignées. Je découpai le tout hargneusement, jusqu'à me retrouver avec une coupe courte, en pétard. A première vue, l'on aurait pu croire à une sorcière avec ma crinière mal écourtée. Je pris soin de me calmer en fixant mes mèches blondes jonchant le sol, et de terminer de manière plus posée, jusqu'à ressembler à quelque chose. A partir de cet instant, il en était fini des mille tresses et du bandeau, je ne voulais plus que ressembler à une autre personnalité. Quelqu'un m'étais venue en tête lors de mon petit séjour à l'hôpital, j'allais incarner le joker. Celle qui ôterait la vie sans un battement de sourcil, et qui se complairait à agresser les autres de manière verbale ou physique sans aucune raison. Et celle dont on ne connaitrait pas le nom, je ne voulais pas que ceux de Suna puissent un jour me retrouver. Afin de parfaire mon personnage, j'étais passée prendre une lentille de couleur, rouge. Ainsi, le rouge et le vert luisaient dans mon regard, comme synonyme d'une double personnalité. Celle animée par le sang, et l'autre par la bouffonnerie. Ou du moins, je le voyais ainsi dans mon esprit devenu maladif.

Mes premières sorties furent difficiles, je me sentais vraiment forcée à agir comme je le faisais. A me moquer des autres, les bousculer volontairement en faisant croire au contraire. Mais je ne le fis pas longtemps, je ne trouvai pas cela assez naturel d'aller chercher les embrouilles ainsi. Je savais qu'il allait me falloir un certain temps pour m'habituer à mon caractère façonné de part et d'autre par moi-même, mais aussi pour oublier ma paranoïa envers ceux de Suna qui pourrait éventuellement être à ma recherche. Et je me remis à m'entrainer également, à chercher quelques combats amicaux afin de me remettre en bouche. Puis un jour, une personne avec qui j'avais coutume de m'entrainer me fit part de l'une de ses pensées. Quelque chose n'allait pas dans mon personnage, la couleur de mes cheveux. Alors encore fortement influençable, je me teins les cheveux le soir même, des mêmes couleurs que mes yeux, une moitié verte, et l'autre rouge. Et j'aimais cela. Voir cette personne si peu ordinaire se profiler face à mes iris, de quoi faire frissonner certaines personnes facilement impressionnables. Et je continuai ainsi durant des jours, des semaines... De m'offrir le faciès que je désirais, au fur et à mesure des personnes que je rencontrais. J'avais aussi fait la connaissance d'une personne de Suna, Kamenshii. Je ne lui avais pas révélé ma véritable identité, mais peut-être étais-je prête à présent. Prête à me confier à une personne au même statut que moi, déserteur de son village natal.


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Un bruit derrière moi me fit volte-face, me tirant de mes pensées. Cela faisait un moment que je ne voyais plus au travers de mes yeux, plongée dans les quelques souvenirs que j'avais obtenu à Kumo. Toute ma vie ici n'avait été que faussée, mais à présent, je pouvais agir comme je l'entendais. J'avais prit l'habitude de mes actes, mais me sentais en perpétuel changement, et encore plus depuis que j'avais retrouvé Koma, au milieu des rizières d'Oto. En découvrant la source de mon éveil, un chat, je ne pus faire autrement que de m’esclaffer, toute la tension s’étant soudainement étirée qui se détendait d’un coup. En balayant l’horizon, je pus apercevoir les premiers rayons du soleil. Je ne savais pas ce qui allait advenir avec le petit, mais il venait tout juste d’arriver chez moi, et devait être encore plongé dans les bras de Morphée. Il allait falloir que je rentre rapidement, je ne voulais pas qu’il se sente de nouveau abandonné dans ma demeure vide, à rechercher où je pouvais bien être, ou pire. A croire que je faisais parti de l’ennemi, envoyée pour le dénoncer aux hautes autorités. J’avais amené avec moi le bandeau de Suna, que je jetais par-dessus la balustrade, à la manière de celui que j’avais rencontré en ces lieux, l’autre déserteur. J’avais pris ma décision, celle d’oublier le village du sable, et tout ce qui pouvait m’y retenir. Dorénavant, ma vie était ici.


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Topic terminé.
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MessageSujet: Re: Mélancolie ~ [Pv]   Lun 13 Sep 2010, 00:04

Citation :


°¤ Evaluation ¤°

Au moins, tu sais où tu vas toi !
Un topic intense, rigoureux dans l'écriture que dans son contenu. On se laisse envahir par les émotions mêmes du personnage, tout en douceur même dans l'obscurité. La lecture se fait d'un trait, buvant chacune de tes phrases, chacune de ses pensées. Un bon topic, encore une fois.
¤ Petit hic >> je ne sais pas si tu te relis, mais il y a quelques fautes, entres autres, orthographe, relecture, oublis et parfois erreurs dans la syntaxe : rien de bien grave Rolling Eyes

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MessageSujet: Re: Mélancolie ~ [Pv]   

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Mélancolie ~ [Pv]

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