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 Un jour d'orage, le loup rencontre l'agneau...

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Moana Tilika
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MessageSujet: Un jour d''orage, le loup rencontre l''agneau...   Sam 16 Mai 2009, 15:45

~ Ambiance musicale ~

Une belle journée parmi une infinité de jours sombres, gris, le ciel de Kumo se dégageant rarement; voilà sans doute ce dont devaient rêver la plupart des habitants du village. Mais voilà, Kumo n'était pas le pays de la foudre pour rien, et le temps n'était que rarement au beau fixe. Enfin, tout dépendait pour qui! Parmi les villageois, il en était au moins une qui appréciait ces intempéries, se sentait même davantage en forme et motivée les jours de pluie, d'orages, ou mieux encore, de tempêtes. Un ciel tonnant sa puissance haut et fort, sans que personne ne puisse seulement imaginer l'atteindre un jour, n'était-ce pas un encouragement vivifiant? Hm, sans doute pas pour tout un chacun, encore moins pour la plupart des enfants, qui fonçaient se blottir contre les jambes de leurs mères lorsqu'un éclair déchirait le ciel, l'illuminant un bref instant de façon aveuglante pour replonger ensuite dans le néant et laisser l'obscurité envahir le paysage. Seulement voilà: les jambes de sa mère, Tilika ne les avait plus.

Un an qu'elle vivait ici, à Kumo, sous la tutelle de Sarian Seridan, déjà, et s'il était parvenu à faire d'elle une apprentie prometteuse, il ne pouvait se vanter de vivre autant en paix qu'avant d'avoir tout fait pour obtenir sa garde. Ils se respectaient, à leur façon, chacun, mais dès qu'ils pouvaient se jouer un tour pendable l'un à l'autre, ils n'hésitaient pas. Seridan cassait l'orgueil de la gosse, bafouait sa fierté dès qu'il le pouvait, brisait ses rêves enfantins et puérils à son goût. De son côté, la petite se vengeait par tous les moyens qui lui étaient possibles. Qu'il s'agisse de larguer une armée de fourmis dans la paillasse de Seridan, de faire tomber le pot de piments dans son assiette quand il avait le dos tourné, ou de tout faire pour l'énerver, lui désobéissant plus que régulièrement juste pour le contrarier, elle tenait bon dans son idée de ne pas plier devant lui.

Pourtant, d'une certaine manière, elle savait bien ce qu'elle devait à ce type qu'elle détestait. Il lui fournissait le gîte et le couvert, des vêtements décents, une pseudo éducation et un entraînement que personne d'autre n'avait semblé vouloir lui procurer depuis le décès de sa mère, la seule famille qui lui restait. Malgré sa rancœur et ses envies de vengeance envers toutes les piques plus ou moins cruelles du genin à son égard et à celui de son compagnon, le petit Kiny, Tilika savait qu'elle lui était redevable, raison pour laquelle, même si elle dépassait souvent les bornes, elle finissait toujours, au moins de temps en temps, par obéir sagement et sans rechigner aux ordres et désirs de son tuteur.

FLASH! Encore un éclair. Le vent s'intensifiait, autant que la pluie. Un temps pourri par lequel aucun chien ne mettait le nez dehors, encore moins les villageois. Aucun chien? Ah ben si. Un gros loup semblait avoir décidé de mettre la truffe dehors par un temps pareil. L'ennui, c'était que dans sa course, la gamine ne l'aperçut même pas. Entraînée dans son élan de joie et de toute puissance lorsqu'elle se retrouvait seule à courir dehors, sous un ciel comme celui-ci, Tilika ne remarqua le jeune homme que trop tard, et le percuta de plein fouet, l'entraînant dans sa chute. Tous deux roulèrent sur quelques mètres dans la pente plutôt raide de cette ruelle pavée et détrempée, avant de stopper le roulé boulé contre la façade d'une taverne, fermée en cette heure encore trop matinale pour que les gens pensent à se saouler à un bar.

*A... aïeuh...*

Un nouvel éclair permit à la gamine de voir à quoi ressemblait la personne qu'elle venait d'entraîner au sol et contre ce mur. Tiens, elle ne le connaissait pas, lui. Mais qu'importait! Elle se releva vite, et lui proposa maladroitement sa petite main pour l'aider à se relever, lui aussi. Quel culot, devait-il se dire! La gosse l'envoyait brouter les pâquerettes - ou plutôt les pavés - et lui atterrissait dessus, en plus, et voilà qu'elle voulait l'aider à se relever comme si de rien était? Ah, tiens, non, elle affichait un air sincèrement désolé, la petiote haute comme trois pommes, aux cheveux pastels aussi détrempés que sa tenue d'aspirante, tandis que son regard violet sombre semblait exprimer des excuses qu'un simple "Pardon!" oral aurait traduit plus clairement. Seulement, le luop envoyé au sol par mégarde ne pouvait pas savoir, lui, que l'agnelle en face de lui ne pouvait lzui exprimer ses excuses par ce moyen...

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Dernière édition par Tilika le Sam 16 Mai 2009, 21:07, édité 1 fois
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Kuro
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MessageSujet: Re: Un jour d'orage, le loup rencontre l'agneau...   Sam 16 Mai 2009, 17:07

Spoiler:
 

Il pleuvait. Non pas vraiment, c’était plus que de la simple pluie, comme toujours à Kumo il fallait le dire, dés qu’il commençait à flotter un peu, ça durait des jours et des jours et les rues étaient aussi inondées que faire ce peu et pas un chat foutait les paluches dehors. Ce n’était pas moi qui allait leur donner tord. Ils étaient très bien dans leurs piaules les félins, et je m’en portais parfaitement bien. Contrairement à mes adversaires naturels, la pluie, j’en avais rien à cirer, au contraire, c’était plutôt agréable même – on se passera de la poésie romanesque et des métaphores de "la pluie qui lave les péchés" ou autres conneries du même genre, hein.
En plus y avait personne dans la rue et ça, c’était le must. Je n’étais pas ce qu’on pouvait appeler une personne socialement adaptée et y avais des fois où les grands yeux et les murmures désagréables me foutaient en rogne. En l’occurrence, à cette heure il y avait déjà peu de personnes habituellement de sortie, mais si on prenait en compte le temps de chien – passez moi l’expression – le nombre d’autochtones et de chieurs potentiels avoisinaient les zéros.
Tant mieux !
Je pouvais profiter en paix d’un petit moment de tranquillité où seul le bruit du tonnerre et de la pluie qui tombait m’accompagneraient. C’était se contenter de peu, mais ça arrivait tellement rarement que je me sentais de bonne humeur. Ça aussi, ça arrivait rarement en ce moment. Y avait toujours un truc pour me faire chier, toujours. A croire qu’une instance supérieur – je tairais le nom que je donnais à celle-ci parfois – s’éclatait à me pourrir la vie dès que j’avais le dos tourné. Ça devait la faire triper de m’envoyer dans des trucs pas croyables, faut croire.
Bon, au moins ça mettait de l’action dans mes journées, faut avouer que j’en ai besoin, d’actions, sinon je deviendrais chèvre rapidement. Un mal pour un bien peut être, je sais pas, et à dire vrai, j’en ai rien à foutre. La vie, elle vient comme elle vient et j’avancerais au même rythme, point barre.
Je pris une grande inspiration pour savourer avec délice l’air chargé de cette odeur d’humidité et de terre mouillée que j’avais finit par adorer. Y a peu de chose que j’aimais bien, mais on pouvait dire que cette odeur là – avec celle du sang et de ce qui était lié à la traque de près comme de loin – était une de mes préférés. C’est ça d’avoir un odorat plus développé que la moyenne, on aime des petites odeurs légères qui nous agressent pas les narines comme du parfum bon marché. Rien que d’imaginer sentir ça me fait grimacer de dégoût.

Le problème lorsqu’on est seul dans la rue, c’est qu’on fait forcément peu attention au fait qu’il peut y avoir, éventuellement, une personne dans la rue. C’est bête, mais ça arrive tout le temps, même aux meilleurs – la preuve. Pensant m’être pris une assez bonne douche comme ça, je me suis décidé qu’il était temps de rentrer dans mon espèce de clapier à lapin – où j’étais néanmoins à l’abri de la pluie… Mais c’était sans compter sur un truc qui me percuta de plein fouet et m’entraina tout bonnement dans un roulé boulé on ne peut plus désagréable. C’est souvent l’effet que donnent des pavés qui vous labourent le dos. Si la pente n’avait pas été si glissante ou si raide, peut être que j’aurais pas finis en crêpe contre la façade d’une maison - qui pour l’instant m’intéressais autant que la preuve de l’existence de Dieu - avec un poids sur l’estomac.

« Putain de merde… ! »


Fut le seul truc qui sorti de ma bouche après la réception violente. C’est rarement des trucs plus polit que ça qui sort en premier coup – et ça vaut encore plus pour moi. Le poids disparut comme si il avait jamais existé et j’ouvris un œil hagard en me frottant la tête, histoire de voir si elle était toujours à sa place. C’était le cas. Elle était à sa place et aurait bientôt une superbe bosse qui ferait pâlir la corne d’une licorne.

Puis mes yeux se posèrent sur une gamine aussi trempée que moi et qui me tendait sa petite main comme si elle voulait que je la prenne. La chute m’avais dérouté, aussi une minute a dut passer avant que je capte ce que ça signifiait. C’était elle l’espèce de poids qui m’avais fait dégringoler de plusieurs mètres et m’avaient fait rencontrer violement un mur! Mon regard turquoise à dut s’embraser de rage. Foutu gosse ! J’aimais pas les mômes en plus !

« Nan mais tu peux pas regarder où tu vas toi ? Ta mère t'as pas appris à te servir des yeux qu’elle t’as fait ? Putain c’pas possible ça. »

Et j’en avais encore à dire mais pour l’instant je préférais vérifier que tout mes membres étaient à leurs places et passer ma main derrière ma tête en frottant là où la bosse allait apparaître sans aucun doute. Un geste de gosse qui me revenait et qui servait strictement à rien. Je fais ce que je veux d’abord.
Mes yeux se posèrent une nouvelle fois sur la gamine dégoulinante d’eau qui me regardait toujours.

« Arrête de me regarder avec tes yeux de merlan frit, tu m’énerves. »


J’ai ponctué ma phrase d’un grognement purement canin. Ça aussi, c’était un réflexe que je gardais même sous ma forme d’humain. Mais c’est vrai quoi, pourquoi elle me regardait comme ça la gosse ?
Y a pas à dire, j’aime pas les mômes.



Dernière édition par Kuro le Dim 24 Mai 2009, 19:30, édité 1 fois
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Moana Tilika
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MessageSujet: Re: Un jour d'orage, le loup rencontre l'agneau...   Sam 16 Mai 2009, 18:11

~ Ambiance musicale ~

Hein? Non mais pour qui il se prenait, celui-là, à l'insulter aussi violement alors qu'elle était sincèrement désolée et lui proposait son aide pour se relever? Aide qu'il refusa d'ailleurs, à première vue. Qu'il insulte Tilika ne l'affecta pas outre mesure; les coups, quels qu'ils soient, elle y était habituée. Mais qu'il parle de sa mère, elle apprécia nettement moins. Ce que l'adolescent prit pour des yeux de merlan frits, c'était davantage de la stupeur mêlée de surprise lorsqu'il avait évoqué sa défunte mère de la sorte, sans respect aucun. Que savait-il d'elle pour se permettre de dire du mal d'elle, d'abord? Serrant les poings, après avoir ramené son bras et sa main offerte le long de son corps, Tilika hésita un instant sur la conduite à adopter face à pareil individu. Certes, elle l'avait bousculé, mais elle ne l'avait pas fait exprès. Quant à s'excuser, elle pensait que son geste et son regard auraient été assez éloquents; ils l'étaient généralement pour la plupart des personnes qu'elle rencontraient, et qui comprenaient assez vite son handicap. A première vue, cet adolescent grossier et agressif n'était pas assez futé pour l'avoir compris, lui.

S'excuser de façon plus claire? Levant son regard sombre en direction du ciel grondant et tonnant, qui les abreuvait encore et encore de cette pluie drue, tenace et épaisse, Tilika comprit que sortir un carnet de papier pour tenter d'écrire quoi que ce fut dessus ne servirait strictement à rien. Les pages en seraient détrempées et inutilisables dès lors qu'elle le sortirait de la pochette imperméable qu'elle emportait partout avec elle, dans pareilles conditions. A quoi bon tenter de dialoguer avec ce type? D'ailleurs, sur le coup, ses dernières paroles revenant à l'esprit de Tilika, la gosse grimaça, fronçant les sourcils, pas spécialement de bonne humeur à ce souvenir.

"Ta mère t'as pas appris à te servir des yeux qu’elle t’as fait ? Putain c’pas possible ça."

Sa mère... Ce n'était pas de ses yeux dont elle l'avait involontairement dépourvue en lui donnant le jour, mais de cordes vocales. Sinon, ce gars aurait déjà reçu sa dose de cris enfantins furieux dans les tympans, sans aucun doute. Mais voilà, crier, Tilika en était strictement incapable. Quant à son regard... qu'il l'interprète comme il le voulait, elle s'en fichait, tout comme des conséquences de ce qui allait suivre... Seridan le premier connaissait l'art de son élève à dépasser les bornes et à se laisser emporter par ses émotions. Kuro allait en faire les frais. La petite ne s'arrêterait pas au fait qu'elle arrivait à peine aux cuisses du jeune homme s'il se remettait debout, au fait qu'il était peut-être shinobi, peut-être très dangereux. Tout cela, elle s'en fichait royalement. La seule chose dont elle se souciait sur le moment, c'était de faire comprendre à cet abruti qu'il n'avait pas le droit de parler en mal de sa maman.

*Méchant! Abruti! On dit pas du mal de maman! Tu vas voir...*

Qu'il pense avoir affaire à une simple gamine haute comme trois pomme perdue en rue un jour de pluie... Tilika n'était certes encore qu'aspirante, et ce depuis à peine un an, sous la tutelle de Sarian Seridan, mais elle ne se laisserait pas faire pour autant par ce crétin se croyant tout permis. La chute qu'il avait subie et dont elle était la cause ne justifiait pas ses paroles, fussent-elles dites sous le coup de la colère. S'il voulait une raison de gueuler et sortir tant d'injures, elle allait lui en donner une bonne. Raide, la petite détendit enfin son corps, plaçant toute sa force, toute sa rancune, toute sa propre colère dans son poing, qu'elle balança sans scrupule aucun dans la figure de Kuro, encore en train de se masser la tête à l'endroit où pointerait sans nul doute sa bosse, mais comme il fallait s'y attendre, il bloqua son poignet avant qu'elle ne l'atteigne. Mais alors qu'il concentrait son attention sur ce fait nouveau, sur la réaction de cette sale mioche qui en plus de l'avoir renversé, osait tenter de le frapper en prime, Tilika déplaça son énergie dans son pied, qu'elle balança dans l'entrejambe du shinobi, sans autre forme de procès, tout en se débattant pour qu'il lâche son poignet.

*Lâche-moi, vilain! T'avais qu'à pas dire du mal de maman!*

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Dernière édition par Tilika le Sam 16 Mai 2009, 21:08, édité 2 fois
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Kuro
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MessageSujet: Re: Un jour d'orage, le loup rencontre l'agneau...   Sam 16 Mai 2009, 20:02

Je déteste les mômes. C’est clair et net, ces espèces de mini-humains qui chialaient dès qu’ils tombaient par terre et qui gueulaient à qui mieux-mieux pour un caprice débile. J’aimais pas les gosses pour plein de raisons qui tournaient principalement sur le fait que ça gueulaient fort pour rien, que ça pleuraient pour pas grand-chose de plus et que c’étaient tout simplement chiant. Un gamin c’est faible et inconscient, et j’aimais pas ça, c’est tout. Et cette gamine, même si elle gueulait pas ou pleurait pas, elle m’avait quand même fait dévaler une rue sur le dos, alors ça me confortait assez bien dans mon avis qu’un gosse ça nous apportait plein de problèmes et que c’était chiant. Et j’avais pas finit de le dire.
Je soupirais bruyamment.
Saleté. Je devais être dans un état de folie vu la glissade que je m’étais payé. J’allais survivre mais mon dos me lançait un peu, mes bras aussi mais ça je me doutais qu’ils étaient passablement égratignés sur tout les avants bras. J’aurais du mettre une autre veste, une qui avait des manches longues et qui aurait morflée à la place de mes bras. Borf. J’en crèverais pas, j’avais connu pire quand même dans ma vie – bien pire même mais bon, ça intéressait personne, pas même moi. Ça soignerait vite et m’handicaperais pas pour bouger.

Un autre coup d’œil à la gamine m’a rassuré sur le fait qu’elle me regardait plus comme une espèce de guimauve. Tant mieux, j’aime pas le mièvre. Au moins, elle chialait pas, et elle gueulait pas plus. C’était même limite bizarre ça. Normalement un môme qui fait ce genre de chute – bien que c’est moi qui est servis de matelas durant la dites chute et qu’elle allait pas vraiment l'air amochée en la regardant comme ça – ça réagissait comment ?
Bonne question, et j’en avais fichtrement aucune espèce d’idée. ça pleurait ou ça criait ?...ça faisait les deux non ? J’haussais les épaules. Je m’en fichais à vrai dire, j’avais pas de vocation de pédopsychiatre alors la réaction d’une enfant face à ce genre de situation c’était pas vraiment mon problème, mais quand même. Elle répondait même pas à ce que je disais... Alors en toute logique – si l’humain est un être logique bien sur, et je mettrais pas ma main à couper là dessus - ça pouvait dire qu’elle pouvait pas m’entendre ou bien qu’elle pouvait pas parler. Tant mieux. Ça ferait du bien à mes oreilles et ça me changerait la vie. De toute façon, c’est pas comme si je comptais m’attarder ici avec elle. J’ai jamais été particulièrement empathique ou sympathique – ou tout autres gentillesses du même type – envers mon prochain, nain ou non, et ça allait pas commencer maintenant. Surtout qu’après la dégringolade, j’étais pas d’une humeur guillerette, et encore moins envers la coupable de celle-ci, bien au contraire – qu’elle soit haute comme 3 pommes ne changeait pas grand-chose à la donne.

Et d’ailleurs, celle-ci n’arrangeait pas son cas avec la suite des événements.
Ce que j’aimais pas aussi avec les mômes, et que j’ai compris par la suite, c’était qu’ils étaient plutôt imprévisibles, davantage lorsque le gosse en question n’avait pas de moyen de dire à haute voix ce qu’il pensait. C’est vicieux un gamin, et celle là, elle l’était particulièrement.
Elle a essayée de me surprendre, avec une colère que je pouvais presque sentir vibrer dans son petit poing qu’elle tenta de m’envoyer dans la tête. J’avais peut être été étourdit par notre chute, mais fallait pas pousser le loup dans les orties et j’attrapais le poignet de la gamine avec un claquement de langue agacé et un regard mi furieux, mi amusé – plus amusé que furieux sur le coup. Elle avait de l’énergie la petiote et de l’audace fallait l’avouer – et elle chialait pas, c’était des bons points pour elle.

Sauf que le premier geste en cachait un autre.
Une gamine ça a pas énormément de force, ouai, bah c’est pas moi qui le dirais – ou plutôt, je ne le dirais plus. Cette sale môme m’a foutu un coup de pied dans les valseuses !
Une plainte proche du jappement sortit de mes lèvres, mon souffle se bloqua dans ma poitrine mais je ne lâchai pas le poignet de la fillette, au contraire même. Elle allait avoir mal mais j’en avais un peu rien à cirer là, parce que c’est moi qui avais mal ! Quel sale gosse ! Si j’avais assez de souffle pour parler, elle s’en serait reçue plein la tronche mais je ne pouvais pour l’instant, que l’insulter par pensées. Je suis un mauvais télépathe mais ça s’arrangera dès que je pourrais respirer tranquillement. Je devais avoir l’air fin par terre, à moitié courbé, tenant dans une main le poignet de la gamine qui se débâtait comme un diable et l’autre serrée contre mon genou – aussi serrée que mes lèvres.

Il fallut plusieurs minutes pour que je reprenne du poil de la bête. Ça avait quelque chose de vaguement humiliant de se faire calmer par une petiote et j’avoue que ma fierté en a pris un coup. Mon amusement lui est allé rejoindre le loup dans les orties. J’étais déjà pas d’humeur, là, elle allait le regretter. J’inspira puis expira une dernière fois avant de virer mes yeux teintés de fureur dans ceux de la gamine qui était aussi énervée que moi visiblement. J’en ignorais la raison, et je ne m’en préoccupa même pas.

« Toi ma petite, je t’assure que tu t’es pas attaquée à la bonne personne pour déchainer tes pulsions d’Amazone. »

J’ai lâché brusquement ma prise sur le poignet de la fillette avec assez de force pour la faire tomber. Gamine ou pas, j’en avais rien à faire. C’est sans doute puéril, inutile et tout ce qui s’en suit, il n’empêche que j’avais la rage, et c’est rarement joli à voir.

Je me suis transformé. Mes mains se sont mues en pattes, ma tête a pris la forme d’un museau... Cela dura l’espace d’un clignement de paupière autant pour elle que pour moi. J’aimais être dans ma peau de loup, plus basse mais plus rapide, plus adaptée à la chasse et donc, à ce que j’aimais. Un loup noir c’est plus impressionnant qu’un adolescent ou qu’un gamin. Je me suis léché les babines en regardant la gosse. Ait peur du grand méchant loup ma petiote.

« Je crois que t’as pas mal de truc à apprendre ma petite. Que tu sois sourde ou muette, j’en ai rien à faire, mais il y a des choses qui se traduise parfaitement dans ma langue à moi. »

Je tournais autour d’elle comme un prédateur se jouant de sa proie.
« Quelque chose à dire ? »
Mon faciès de loup pris une mimique amusée, une sorte de parodie de sourire mais avec des crocs à la place des dents. Je crois que ça fiche plus la trouille...



Dernière édition par Kuro le Ven 29 Mai 2009, 09:43, édité 3 fois
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Moana Tilika
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MessageSujet: Re: Un jour d'orage, le loup rencontre l'agneau...   Sam 16 Mai 2009, 21:53

Un... loup? Le garçon ne l'avait pas relâchée lorsqu'elle lui avait balancé sa bottine dans la partie pourtant la plus sensible de son anatomie masculine, mais ensuite... Il avait lâché prise de manière à ce qu'elle retombe sur le cul, dans toute cette eau qui trempait autant le sol que les deux pauvres bougres assez fous qu'ils étaient apparemment pour rester dehors par pareilles intempéries. Cela dit, Tilika dégoulinait déjà assez pour qu'il soit impossible de la mouiller davantage, excepté peut-être en la jetant dans un lac. De même pour son adversaire, dont les vêtements... non... le pelage à présent, luisait, dégoulinait de trombes et de trombes d'eau. Il paraissait plus impressionnant qu'un loup dont le pelage aurait formé une épaisse toison, avec ses poils ainsi collés contre son corps, l'amincissant, lui donnant un air affamé en plus de l'air mi narquois, mi-féroce qu'affichait Kuro, sûrement ravi de l'effet que sa transformation pourrait avoir sur la mioche.

Ce n'était pas cet Hydro, qu'elle avait croisé il y avait un an de cela; le loup qui l'accompagnait était bien moins agressif. Celui-ci, c'était une autre paire de manche, et Tilika savait pertinemment qu'elle n'était pas de taille face à lui. Déjà, un humain se transformant en loup sous ses yeux, il y avait de quoi flipper! Mais Tilika n'était pas de ces gosses trempant leurs couches culottes dès qu'une chose effrayante leur arrivait. Non, elle en avait vu d'autres. Peu d'animaux féroces, certes, mais au final, les cauchemars dans lesquels avait déjà pu atterrir l'enfant l'avaient plongée dans des univers et des dangers bien plus sombres et inquiétants qu'un loup, aussi gros fut-il, face à elle. Kuro ne pouvait le savoir, ne connaissant cette gamine ni d'Eve, ni d'Adam. Mais s'il était vrai que la présence de ce gros animal au regard et aux crocs peu avenants n'avait rien de rassurant pour elle, Tilika ne cria pas, ne mouilla pas sa culotte, et ne tenta même pas de fuir, fixant son adversaire droit dans les yeux, avec un mélange de méfiance, de crainte toute justifiée, mais aussi... de colère.

*T'as dit du mal de maman. Je m'en fiche de ton tour de magie, je m'en fiche que tu sois plus fort que moi, je me laisserai pas faire!*

L'animal ne l'avait pas encore attaquée. Elle non plus, pour le moment, ne tentait plus rien. Calme malgré le léger tremblement qui agitait ses petits membres, l'enfant fixait l'animal, droit dans les yeux, plongeant sans retenue le violet sombre de son regard furieux dans celui, couleur ciel, du loup. S'il espérait lui faire peur par ce changement de traits, elle lui ferait comprendre qu'il ne l'impressionnait pas. Du moins pas assez pour espérer la voir fuir en courant. Tilika ne fuyait pas, elle affrontait. Quitte à dépasser ses limites ou risquer sa vie, la petite possédait une fierté assez forte pour vaincre ses peurs, et se laissait trop emporter par ses émotions que pour penser une seconde aux éventuelles conséquences de ses actes.

"Quelque chose à dire?"

A dire, non, elle ne le pouvait pas. En revanche, elle pouvait agir. Ou écrire. Bien sûr, la pluie ne lui permettait toujours pas de sortir son carnet, mais elle pouvait toujours communiquer par gestes, certains étant des plus éloquents, ou écrire sur sa paume ou ailleurs, du bout d'un doigt; elle était certaine que même sous cette forme, ce grand prétentieux se permettant d'insulter les gens comme ça pourrait être capable de lire. Alors, elle écrivit, dans le sol boueux aux pieds du loup, tout en le fixant du regard assez régulièrement pour surveiller une éventuelle réaction.

- Pardon. -

Pardon? Ben oui: vu que ce grand crétin ne semblait pas avoir compris son regard désolé, fallait bien qu'elle le lui dise autrement. Mais son regard n'avait à présent plus rien de désolé, lui. Et si Kuro la cherchait encore ne fut-ce qu'un tout petit peu, elle lâcherait et s'énerverait pour de bon, oubliant toute notion de politesse élémentaire, cette fois...

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Kuro
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MessageSujet: Re: Un jour d'orage, le loup rencontre l'agneau...   Dim 17 Mai 2009, 11:12

Je tournais autour d’elle comme un requin attendant le bon moment pour chopper son repas de viande fraiche. C’était presque pareil. Presque, parce qu’il y avait peu de chance que je la mange au final. Depuis longtemps, mon appétit n’était pas éblouissant et quand certains ado bouffaient à s’en faire péter le bide, moi je faisais limite moineau dans mes rations. Les habitudes ont la vie dure, et cette habitude là est restée gravée dans ma chaire – et mon estomac. Ça ne voulait pas non plus dire que j’étais incapable de la tuer si l’envie m’en prenait, mais y avait pas grand-chose de jouissif à chopper une gamine qui gueulerait même pas – bien qu’au fond, ça me ferais sans doute du bien de croquer dans la chaire de cette gosse rien que pour apaiser la boule de rage qui grondait.
Dur de c’être fait humilier par une si petite chose et je pouvais grincer des dents autant que je voulais que ça changerais pas grand-chose. C’était bien un problème ça.

Il n’empêchait qu’elle était plus audacieuse que les enfants lambda, ou alors c’était son inconscience qui parlait et ça n’était pas plus mal. Dans les deux cas, il fallait avouer que la fillette avait une certaine forme de courage. Je crois qu’on peut dire aussi que l’inconscience est une forme de courage – un courage stupide certes, mais courage tout de même. Fallait pas en attendre bien plus d’une gamine non plus. Je n’arrivais pas à savoir si son attitude m’énervais ou m’intriguais – m’amusais. C’était assez rare chez des enfants de faire face, les jambes bien campées sur le sol, le regard droit et fier qui affrontait le danger que j’étais sans le fuir, ni chialer dans les jupes de ses parents. Beaucoup d’adultes n’avaient pas cette réaction et préféraient fuir en hurlant.
Je claquais ma mâchoire dans un bruit sec en cessant ma ronde.
J’étais un peu déçu par le peu de réaction de la môme. Oh, elle avait peur, je le sentais, mais visiblement pas assez pour se carapater. Il fallait que j’aille plus loin.

L’eau dégoulinait toujours sur mon pelage sans que je n’y prenne garde, gardant mes yeux rivés sur la gamine aussi ruisselante d’eau que moi. Une pensée conne me traversa l’esprit : elle allait tomber malade si elle restait encore là. Quand je disais que c’était une pensée conne…Au fond qu’est ce que j’en avais à foutre? Elle pourrait agoniser au milieu de la route que ça me serais aussi égale – je l’aurais achevée peut être si j’avais été d’humeur. En fait la chute avait peut être retournée quelques connexions nerveuses…

La muette, toute petite même par rapport à ma forme lupine – je faisais plus d’un mètre au garrot - , se pencha vers le sol pour…écrire dans la boue. Une utilisation comme une autre de la terre mouillée fallait l'avouer et qui avait le don d’être utile présentement. Au moins ça confirmait qu’elle ne pouvait pas parler mais qu’elle pouvait très bien m’entendre par contre. Je penchais ma tête sur le coté en plissant les yeux pour déchiffrer le gribouillis boueux et lut un « pardon ». Mon sang ne fit qu’un tour alors que je replantais mon regard turquoise dans les yeux de l’enfant. La fureur tapit était revenue mais restait pour l’instant aussi froide que l’eau qui s’écoulait sur moi. Elle en avait de la chance…

« Et pardon pour quoi au juste ? »

Ça faisait bizarre de parler à quelqu’un qui répondrait pas à haute et intelligible voix. Y a pas à dire, le feed-back, c’est vachement plus important que se qu’on croit. En plus, elle avait l’air aussi désolée que moi…et ça voulait tout dire. Moi pour le coup, j’étais plus énervé qu’autre chose.
« La chute que t’as provoquée, le coup de poing que t’as voulut m’envoyer ou le coup de pied ? »
Je grognais et claquais des dents à la fin de ma phrase. Le souvenir n’était guère agréable pour moi – et faisait encore mal. Je restais d’ailleurs plus ou moins méfiant face à cette gamine haute comme un nain de jardin – et ça avait de quoi frôler le ridicule.
J’essayais de me dire que tuer une gamine c’était peut être pas recommandé quand on était un shinobi intègre et tout le tralala…Dans son petit malheur, ça ne me retiendrait pas forcément longtemps parce que j’étais loin d’être intègre. Il fallait voir, mais je préférais continuer sur ma lancée. C’est cruel de s’attaquer à une gamine…sans doute. Je m’approchais de la fillette, la surplombant malgré ma forme. Elle était vraiment petite, mais elle ne déviait pas son regard.

« Alors petite brebis, tu t’es égarée ? T’as perdu de vu le reste de ton troupeau ou c’est le troupeau qui t’a abandonné là à ton triste sort ? Après tout, c'est souvent le sort réservé à ceux qui ne sont pas comme les autres, des bon petits moutons tous pareil qui virent les brebis galeuses d'un coup de tête. »
Ce n’était qu’une métaphore qu’elle ne comprendrait pas forcément. J’haussais les épaules en me moquant au final de ce petit bout d’être mi fier et mi tremblotant sous la pluie battant drue, autant que des mots que j'employais, loin d'être sympathique à l'égard de la petite. C'était pas vraiment mon problème, je parlais juste en observant son comportement, il n'y avais que ça que je pouvais analyser de toute façon...Etre muette, c'était un peu être le maillon faible...
Qu’elle soit malade ou égorgée, finalement, ça ne concernait qu’elle.



Spoiler:
 


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Moana Tilika
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MessageSujet: Re: Un jour d'orage, le loup rencontre l'agneau...   Dim 17 Mai 2009, 12:35

~ Ambiance musicale ~

Pardon pour quoi? Pour l'avoir bousculé, naturellement. Après les piques lancées par l'adolescent en réplique à la chute dont Tilika était involontairement responsable, la gamine ne regrettait nullement les coups qu'elle avait portés à ce grossier et méchant personnage. A peine regrettait-elle d'ailleurs de l'avoir bousculé, à présent, fut-ce par mégarde. Elle ne lui avait présenté ces excuses que par soucis de respecter les règles de politesse élémentaires apprises par sa mère. Celles concernant sa sécurité face à plus fort qu'elle, elle ne s'en souciait même pas. Ses leçons, Seridan pouvait se les garder. Du moins était-ce l'état d'esprit de Tilika à l'instant, trop énervée pour réfléchir encore beaucoup aux éventuelles conséquences de ses actes. Et bien sûr, ce n'était pas Kuro qui apaiserait ses émotions actuelles. Que du contraire, le loup, sans doute intrigué devant pareille réaction de la part d'un si petit bout de mioche face à son impressionnante apparence, en rajoutait, comme s'il cherchait à voir jusqu'où irait le courage insensé de cette impertinente gamine.

Ses dernières paroles, toutes plus provocatrices les unes que les autres pour la dite brebis galeuse rejetée du troupeau, comme il disait, eurent l'effet escompté, du moins si son but était bien de la faire sortir de ses gongs. Oh, Tilika n'avait pas tout compris de son blabla, mais le gros de l'idée lui rappelant sa situation d'handicapée qui n'a rien à fiche avec les autres, juste bonne à crever loin du troupeau, elle l'avait saisie. Sauf qu'elle, contrairement au petit mouton noir rejeté qui n'a plus qu'à aller se faire manger par le premier loup venu, elle n'avait guère l'intention de se laisser manger aussi facilement. Façon de penser, mais l'idée était là.

*S'il croit qu'il me fait peur, ce vilain méchant pas beau, il se trompe!*

Les sourcils froncés, le regard fusillant toujours celui du loup, sans broncher, la petite fille tremblait encore, mais c'était le seul signe trahissant la peur qui lui enserrait les entrailles face au gros animal à la mâchoire puissante qui ne cessait de claquer d'un air menaçant devant elle, à quelques centimètres de cette gorge qu'il pourrait ouvrir si facilement, de ces petits membres encore en pleine croissance qu'il pourrait briser sans aucun effort... Pourtant, malgré la crainte toute naturelle qui s'était emparée d'elle, Tilika restait fièrement debout sur pace, face à son adversaire, portant même la main à un kunaï qu'elle portait à la jambe, avec quelques autres ustensiles typiques de l'arsenal d'un petit aspirant en pleine période d'entraînements. Remontant son bras, elle plaça l'arme entre elle et le loup, comme pour lui signaler qu'elle ne se laisserait pas croquer sans se défendre, même s'il devait se douter qu'à son âge, elle venait à peine d'entamer ses leçons quant à l'utilisation de ce genre d'arme. D'ailleurs, il était étonnant qu'une si jeune gosse, handicapée de surcroît, ait seulement eu accès à un quelconque entraînement, en fait.

"Tilika?"

Ouvrant d'énormes yeux ronds sous la surprise et la peur qui venait de lui paralyser tous les membres, une espèce de petite boule de laine blanche venait d'apparaître aux côtés de la petite fille, sortant de nulle part. Kiny avait ressenti la peur de son invocatrice et ni une, ni deux, avait débarqué, sans réfléchir une seconde au fait d'être vu et repéré par d'autres villageois. Le secret du don de Kushiyose de Tilika restait jusqu'alors bien gardé, mais lorsqu'il s'agissait de savoir son amie en danger réel, Kiny n'allait pas rester sagement caché ou dans le rôle habituel de peluche inerte qu'il jouait d'ordinaire! Et le danger, il ne mit pas longtemps à l'analyser... Un loup en plein village? D'où sortait donc cet animal?! Et puis, toute invocation et créature magique qu'il puisse être, le petit Kiny n'en restait pas moins un agneau, une proie idéale pour un loup, goûteuse et tendre à souhait sous la dent, pour autant que l'animal pense réellement avoir affaire à un simple petit mouton. Dans tous les cas, ce ne seraient pas les deux malheureux bouts de cornes naissantes sur le sommet de son crâne qui permettrait à Kiny de se défendre, ou de défendre Tilika, face à pareil adversaire. Tétanisé, il eut alors le réflexe le plus lâche qu'il eut jamais eu de toute sa vie de créature magique, de toute son histoire d'amitié avec l'enfant: il se planqua derrière ses jambes, tremblant de peur, prêt à mouiller son froc s'il en avait eu un. Même Tilika en fut surprise, sur le coup.

*K... Kiny?! Ben, qu'est-ce qu'il t'arrive???*

Une fraction de seconde, elle perdit toute son expression de colère mêlée de peur pour laisser voir à son adversaire sa profonde stupéfaction face à la réaction - ou l'apparition? - de l'agneau à ses côtés, qui venait ensuite de se planquer dare dare entre ses petites jambes à elle. Elle ne baissa cependant pas sa garde et maintient son kunaï bien droit en direction de Kuro, ne le lâchant plus du regard ensuite, même si la conversation qu'elle tint à son invocation, par télépathie, alla bon train... Mais ça, Kuro ne pouvait le savoir, ni le deviner, le regard de la fillette, décidé, toujours fixé sur lui, tandis qu'elle protégeait dorénavant l'agneau en plus de sa propre personne. En revanche, le loup venait peut-être d'apprendre le nom de sa minuscule adversaire... Tilika?

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MessageSujet: Re: Un jour d'orage, le loup rencontre l'agneau...   Dim 17 Mai 2009, 15:59

-"Où est elle encore passée........"

Parcourant le village à la recherche de son élève, Seridan arpenta les rues, observant chaque recoin, se moquant du temps qui de toute évidence, était de la même humeur que lui.
Combien de fois devrait il "s'amuser" à rattraper celle qui ne manquait pas, à chaque fois, d'échapper à sa vigilance pour marcher sans but aucun? Pas particulièrement inquiet pour celle qui, finalement, agissait comme lui à son âge, il était bien davantage contrarié par le fait de la voir préférer de longues et souvent inutiles promenades à de longues et nécessaires séances d'entrainement. Et le fait qu'il soit sous les ordres d'un Senseï plus que soucieux de le rendre fort et plus sociable n'arrangeait rien, l'obligeant à donner à la fillette des directives qu'elle ne suivait pas toujours. Comment, en outre, pouvait il surveiller ses faits et gestes? Si aujourd'hui, heureusement, son rendez vous avec Kamenchii se passait un peu plus tard que prévu, pour une raison quelquonque qu'il n'avait pas voulu préciser, il n'avait pas souvent cette chance d'enfin pouvoir veiller à ce que ses ordres soient respectés.
Gromellant sur sa recherche infructueuse, Seridan entendit un grognement et un claquement de dents de mauvaise augure. Des fauves? Dans le village? Au moment même où Tilika trainaillait, comme à son habitude? Très mauvais présage.
S'approchant rapidement de la source des bruits, dans le fond intéressé quant à l'éventuelle récompense qu'il pouvait toucher en chassant, voire capturant les créatures qui s'aventuraient dans Kumo, le Genin s'arrêta net en entendant une voix assez lointaine, mais audible et loin d'être rassurante.


« Alors petite brebis, tu t’es égarée ? T’as perdu de vu le reste de ton troupeau ou c’est le troupeau qui t’a abandonné là à ton triste sort ? Après tout, c'est souvent le sort réservé à ceux qui ne sont pas comme les autres, des bon petits moutons tous pareil qui virent les brebis galeuses d'un coup de tête. »

Foncant à toute allure, Seridan n'émit aucun doute quant à ce qui se préparait. Quelqu'un menacait Tilika, et ses allusions sur un troupeau pouvaient même indiquer que la personne en question connaissait son secret sur son Kuchiyose, chose extrêmement dangereuse. Bien plus encore si la personne n'était pas de Kumo.
En peu de temps, il arriva près de la ruelle où se trouvaient Tilika et la menace. Au même moment, il entendit, puis vit Kiny arriver pour "protéger" sa maitresse. Car loin de vraiment pouvoir user d'autant de courage qu'elle, le mouton se servit de celle qu'il était supposé défendre pour lui même se défendre. Outré, dans le fond, par le peu de loyauté que montrait le lâche compagnon de la fillette, Seridan était plus largement submergé par l'angoisse. Car la menace, s'il ne la connaissait pas, il en avait entendu parler.


-".....c'est donc vous que j'ai entendu.......que s'est il passé?"

Parlant d'une voix rauque, trahissant sa nervosité, Seridan n'attendit pas sa prise de parole pour aussitôt tenter de s'interposer entre Tilika et Kuro. S'il tenait à sa vie plus qu'à tout autre, il ne pouvait laisser l'un des Ninjas les plus déséquilibrés lui infliger un traumatisme qui viendrait s'ajouter au premier, déjà plus qu'handicapant. Les rumeurs qui couraient sur lui laissaient apparaitre un Monstre totalement fou, capable de nuire à n'importe qui sur un coup de tête, sans même se soucier des conséquences, sa puissance et son rang lui permettant de toujours s'en sortir.

-"Racontez moi.....ce qui s'est passé. Quoiqu'elle est vous ait fait, je suis responsable d'elle......"

Responsable d'une gamine insouciante et rancunière, et qui pouvait dévoiler à tout moment, si ce n'était déjà fait, ses pouvoirs cachés. Khanuk lui même pourrait choisir d'intervenir pour éviter que les choses ne dégénèrent. Mais espérer qu'il intervienne pour l'aider, lui.......

*Il......il n'aura pas le choix! Si ca devient trop tendu....si je meurs, Tilika sera seule! Toute seule, même si elle s'en sort........RAAAAAAAH, BON SANG!!"

Comme choqué par ses propres pensées, Seridan démolit tout ce qui lui passait par la tête d'un coup de marteau spirituel. N'avait il pas su se préserver de plus puissant, de plus cruel que lui, plus jeune? Rien ne garantissait qu'il réussirait, cette fois, mais il pouvait très bien calmer le loup simplement en discutant.
Même s'il fallait, pour cela, qu'il prenne la parole avant de le décapiter.
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Kuro
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MessageSujet: Re: Un jour d'orage, le loup rencontre l'agneau...   Dim 17 Mai 2009, 16:59

En parlant de brebis égarée, je n’avais pas imaginé que j’étais encore plus près de la vérité que ce que je pensais. La petiote en tout cas avait de la hargne, le même genre de hargne qu’un animal qui ce sait parfaitement pris au piège mais qui préfère se battre avec l’espoir de feinter son prédateur. Pas de supplication, c’était le plus fort ou le plus rapide qui survivait, point barre. J’aime cette simplicité dans le règne animal, même si je m’en référais rarement face aux humains.
Pauvre gamine, tremblotante sous la pluie en essayant de me tuer avec son petit regard mauve. Pas de quoi fouetter un matou quand on la regardait comme ça – et qu’on savait à quoi s’attendre surtout.
Mais pourtant, elle avait encore de quoi me surprendre ! Cette gosse regorge de surprise en tout genre et malgré ses jambes tremblotantes, elle pointa un kunaï dans ma direction avec une certaine détermination. Elle ressemblait de plus en plus à un quelconque animal devenu proie mais qui se rebellait contre l’ordre naturel. C’était…inutile certes…Mais je dirais que c’était intéressant. Ouai, on va dire ça comme ça, intéressant.

La situation avait tout de même quelque chose de vaguement irréelle. Foutez une gamine sous la flotte au milieu de la rue avec une arme ninja et un loup noir plus grand que la gamine en face. Faut avouer que ça fait limite bizarre comme vision, et pourtant, personne ne rêvait.

« Range ça, c’est dangereux ces petits trucs, tu risques de te couper un bras avant de m’atteindre. »

Parce que je n’avais nullement peur de sa petite lame, j’en avais vu d’autres et des biens plus menaçant aussi. Sa réaction eut le don de m’amuser légèrement, ce qui était peut être un bon point. Si je voulais la tuer, ce n’était pas un vulgaire couteau dans des mains tremblantes qui allait m’en empêcher.
Puis il y eut cette petite chose qui apparut près de la fillette téméraire – voir suicidaire -, une espèce de peluche en forme d’agneau qui couina un nom avant de se cacher lâchement derrière la dénommée Tilika – surement. Je penchai ma tête vers la bestiole vaguement curieux. C’était quoi ça au juste ? L’odeur avait à peu près tout d’un agneau, et j’eus le réflexe de passer ma langue sur mes crocs, l’air dangereux et affamé – ce que je n’étais pas en réalité, tout du moins pas au niveau de mon appétit. La petite boule de coton avait visiblement peur du grand méchant loup plus que la gamine.

« Hé bah ça…que vois je… ? T’es bien une brebis finalement, même si c’est pas le courage qui étouffe ton gigot sur patte. »

De corrélation en corrélation, je pointais la patte sur ce qui unissait les deux agneaux en face de moi mais un gars déboula avant que l’idée ne s’exprime. Je jetais un coup d’œil hargneux au nouveau venu, plus pour la forme qu’autre chose, avant de passer à une mine plus surprise.
Sa première phrase me laissa un peu perplexe. Déjà le vouvoiement me fit grimacer malgré moi, cette marque de respect que moi-même n’utilisait à peu près jamais me hérissait le poil par tant d’hypocrisie. Sa nervosité, sa peur et le fait qu’il aurait préféré être à dix kilomètres plutôt qu’ici me fit cependant plaisir.
Je me reculai ne cessant pas de regarder le nouveau venu qui avait décidé de faire barrage de son propre corps pour défendre la fillette. Mignon. Le tableau aurait put être profondément touchant si il y avait quelque chose à émouvoir en moi.
Sa question resta en suspend. Lorsque je ne parlais pas, c’était souvent mal venu pour les autres.

Un sourire plein de crocs accueillit la fin des paroles du garçon. Je pouvais presque entendre son cœur battre la chamade, et j’appréciais la mélodie.
Sa gamine. C’était drôle à entendre, les deux semblaient orphelins. Pathétique.

« T’as l’air nerveux mon petit, tu devrais te calmer avant de demander des explications à un inconnu. »

Bien sur je me foutais de sa gueule. Ce genre de réaction, c’étais pas la première fois que ça arrivait et il fallait pas croire que j’étais qu’un saleté de monstre psychopathe, j’avais aussi de la matière grise, et c’est notamment grâce à celle-ci que j’ai survécu aussi longtemps. En effet, j'avais pas envie de répondre à la question pour l'instant...
Trouver la faille et s’engouffrer dedans.

« Si t’es responsable d’elle, ça veut dire que c’est toi qui prendra à sa place non ? C’est si héroïque de ta part, alors que tu ne partages rien avec elle, pas un seul lien de sang, qu’elle n’en fait qu’à sa tête, tu serais près à te jeter dans la gueule du loup pour cette gosse ? »


Ce n’était que des suppositions, glanées ici et là grâce aux comportements de la gamine. Elle ne lui ressemblait physiquement aucunement, elle se promenait seule sous la flotte à une heure si matinale…Et puis c’était un comportement que je trouvais stupide. Protéger les faibles et tout le tralala, ça me semblait une belle aberration, un joli mensonge enveloppé de sucre.
Ça me faisait penser à des petits moutons. On dit que lorsque la tête du troupeau saute dans le vide, les autres suivent docilement même si ça va à l’encontre de leur instinct de survie.
J’avais devant moi, un joli troupeau de moutons…Qui allait sauter en premier?


Dernière édition par Kuro le Ven 29 Mai 2009, 09:45, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Un jour d'orage, le loup rencontre l'agneau...   Dim 17 Mai 2009, 17:36

Des moutons de Panurge; voilà ce que voyait Kuro dans le pitoyable spectacle que lui offraient ses trois adversaires. Sauf que sur le moment, l'arrivée de Seridan et les phrases qui s'ensuivirent entre lui et le loup n'eut pas l'effet qu'aurait pu attendre ce dernier sur une mioche haute comme trois pommes. Enfin, si tant fut qu'il pu encore s'étonner des réactions de l'enfant qui, après tout, venait jusqu'ici de lui prouver qu'elle n'était pas comme les autres, et que son évidente vulnérabilité face à lui ne l'effrayait pas suffisamment pour l'empêcher de lui tenir tête...

"Range ça, c’est dangereux ces petits trucs, tu risques de te couper un bras avant de m’atteindre. Hé bah ça…que vois je… ? T’es bien une brebis finalement, même si c’est pas le courage qui étouffe ton gigot sur patte."

Pauvre Kiny! Tilika savait qu'il l'avait déjà défendue contre des adversaires trop forts pour lui, mais lui demander de tenir tête au pire ennemi de son espèce, fut-il une créature magique et non un simple agneau comme tout autre, c'était trop lui en demander. Et puis, pour une fois, elle pouvait peut-être inverser les rôles, justement. Savoir qu'elle devait le protéger, et plus seulement défendre sa fierté personnelle bafouée par cet adversaire qu'elle n'avait pas demandé davantage que lui n'aurait voulu se faire bousculer par elle, voilà qui fit disparaître ce qui restait de signes de peur chez Tilika. Ses membres cessèrent de trembler, et son pied droit fit même un pas en direction du loup, la fillette s'interposant de son mieux entre lui et l'agneau.

*Touche pas à Kiny, sale bête!*

Etait-ce tant le fait d'avoir quelqu'un de cher à protéger qui animait désormais sa volonté, ou bien le fait que Kuro ait insulté son ami en plus de sa mère, à présent? Gigot sur pattes? Non mais il s'était regardé dans une glace, ce loup rachitique, tout maigre, tout moche avec son poil noir plaqué contre lui sous l'effet de cette pluie torrentielle? Pour qui se prenait-il? Parce qu'il était plus fort, il pensait avoir le droit de traiter les autres ainsi?! En tous cas, Tilika ne l'entendait pas de cette oreille, et si son geste alors fut stoppé, ce fut uniquement parce qu'un autre importun venait de se placer pile poil devant elle, lui gâchant sa vision de son adversaire.

"Quoiqu'elle est vous ait fait, je suis responsable d'elle..."

Rah, mais pour qui se prenait-il, encore, lui? La défendre? Pourquoi faire! Le loup, ne se gênant pas pour ajouter un maximum d'ironie au ton de sa voix caverneuse de prédateur, ne se priva pas d'en faire la remarque à Seridan, d'ailleurs. Pourquoi protéger cette gamine avec laquelle il n'avait aucun lien de sang, et qui s'était mise toute seule dans cette situation embarrassante? Aucun lien. Rien. Tout ce qui les unissait, c'était ce désir étrange et curieux du genin de faire évoluer ce jouet qu'il s'était trouvé en la personne de l'orpheline, et du côté de cette dernière, Seridan représentait tout simplement la seule personne lui offrant toit, nourriture, vêtements et formation ninja dont elle avait besoin. Niveau lien affectif, une espèce de pseudo respect s'était installé entre eux au fil du temps, mais cela mis à part, les piques ne cessaient de voler entre eux, même si, il fallait bien l'avouer, l'adolescent possédait l'avantage de la parole à ce jeu-là.

*Il va quand même pas se battre pour moi? Et puis, c'est à moi de défendre Kiny! Et il me fait pas peur ce gros chien mouillé tout moche, d'abord!!!*

Pas de possibilité d'exprimer oralement cette pensée, mais il fallait avouer que le regard de la fillette parlait bien assez pour que le loup, de l'autre côté des jambes de Seridan, puisse décoder le message... Le regard de la petite n'exprimait plus la moindre peur, juste une volonté de se battre, de ne pas se laisser faire, de lui montrer de quel bois elle se chauffait. Pour sur, s'il trouvait les gosses ennuyant et trop prévisibles, celle-ci devait bien l'amuser... Quant à Kiny, bien qu'il fut tétanisé par la peur, il resta courageusement derrière les pattes de la gosse en question. Il aurait pu fuir dans son univers à lui, d'un pouf et d'un petit nuage indiquant son précédent emplacement, mais non. S'il se sentait totalement incapable d'affronter pareil adversaire, du moins pour le moment, il ne laisserait pas non plus Tilika seule face au loup, même si Seridan venait d'arriver à la rescousse...

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MessageSujet: Re: Un jour d'orage, le loup rencontre l'agneau...   Dim 17 Mai 2009, 18:00

« T’as l’air nerveux mon petit, tu devrais te calmer avant de demander des explications à un inconnu. »

Pas si inconnu que ca. Loin d'avoir entendu parler de lui à chaque discussion, Seridan en savait suffisament pour savoir qu'il devait se modérer dans ses propos. Si la plupart des gens de Kumo n'étaient, dans le fond, que de simples personnes mal lunées ou ronchonnes, il y en avait d'autres qui méritaient largement un peu plus de respect.......et qui inspiraient beaucoup plus de peur. Quelle sorte d'allié pouvait massacrer sans aucune gêne ses propres camarades? La même sorte que celui qui se tenait devant lui.

« Si t’es responsable d’elle, ça veut dire que c’est toi qui prendra à sa place non ? C’est si héroïque de ta part, alors que tu ne partage rien avec elle, pas un seul lien de sang, qu’elle n’en fait qu’à sa tête, tu serais près à te jeter dans la gueule du loup pour cette gosse ? »

Tiquant à cette réaction, Seridan prit un air plus vexé, se débarassant au prix d'un effort énorme d'un peu de sa nervosité, sans pour autant qu'elle ne disparaisse. Il fallait qu'il calme un peu les choses, quitte à se discréditer un peu aux yeux de Kuro. C'était ca ou mourir pour le simple caprice du fauve.

-"C'est peut être aussi fou que d'espérer que le loup en question cesse de considérer que terrifier les habitants de Kumo est amusant.......mais ca ne me coutera que la vie de prendre ce risque, non? Et puis, coté comportement illogique, on peut aussi classer ma dévotion à Kumo, pas vrai, Kuro-san?"

Abandonnant son air vexé, Seridan reprit un visage inquiet. Avalant péniblement sa salive, il remua encore davantage le couteau dans la plaie en reprenant la parole.

-"Je ne suis lié de sang avec personne, mais j'ai juré de défendre ce village. Tout comme vous. Peu importe la paire de machoire qui me menace."

Jouer sur la dévotion d'un monstre envers Kumo était risqué, mais Kuro n'était pas un de ses Genins en mal de reconnaissance, humilié, rejeté par les autres à cause de son pouvoir. Il avait certainement pris sur lui, devenant hargneux par la force des choses, mais relié au village et à ses habitants par un serment qui lui tenait à coeur.
Et qui devait certainement lui faire penser qu'il avait le droit de faire ce qu'il voulait.
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Kuro
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MessageSujet: Re: Un jour d'orage, le loup rencontre l'agneau...   Dim 17 Mai 2009, 19:23

Derrière le jeune crétin, la gamine ne se laissait pas faire malgré tout. Je l’avais remarqué, sa soudaine prise de conscience et sa détermination nouvelle. Les deux faisaient la paire tien ! Entre l’un qui protégeait la gamine et la petite qui protégeait son gigot, ça faisait très théâtrale comme scène je trouve. Bien sur, dans cette nouvelle pièce de théâtre, c’est moi qui jouait le grand méchant, comme toujours. Ça ne me dérangeait pas, j’aime bien jouer ce rôle. C’était touchant de mettre tant d’énergie pour protéger autre chose que sa vie. Touchant et surtout inutile et particulièrement débile. Quand est ce que dans ce village, ils comprendront que se battre pour les autres ne servaient à rien ! Un jour ils se retrouveraient avec une épée dans le dos et ils feront moins les malins…Rah, que j’aimerais pouvoir la leur foutre moi-même dans le dos cette fichu épée !
En fait, cette vision m’écœurait.
Ça dégoulinait de guimauves et de sucreries et suintait la mièvrerie des genin qui se battent pour devenir un héro ou toutes autres conneries du même genre. Moi ce genre de personne me fait pitié.

La gamine – Tilika… normalement – avait du feu dans les yeux dans tous les cas. Je lui retournais un sourire moqueur, pas le moins du monde effrayé par sa bouille d’angelot tenant son kunaï toujours aussi fermement dans ses petites mimines. Terrifiant. Je levais les yeux au ciel pour accompagner mon état d’esprit sur les efforts de la gamine. Maintenant qu’elle était protégée par plus gros qu’elle, elle n’avait plus autant d’intérêt il fallait l’avouer. Son gigot encore moins.

« Dommage que tu ne puisses pas t’exprimer ma petite, je suis sur que ça aurait été intéressant pour la ligue de protection des herbivores. »

Je jetais un dernier coup d’œil sur la boule de coton qui était à ses pieds avec amusement. Puis l’occulta de mon esprit en m’intéressant à cette espèce de…Sauveur du dimanche. C’est que la veuve et l’orphelin pouvaient être rassurés avec un héro comme lui ! ‘Tention !
Sa mine vexée me fit plus sourire qu’autre chose. Bien, j’avais tapé là où ça faisait mal, c’était le but. J’aimais bien remarquer que mon flair était toujours aussi bon dans ce genre de circonstance. Ça avait quelque chose de gratifiant.

« Hé ! C’est mon boulot de terrifier les autres ! Si ce n’était pas moi, qui pourraient-ils détester avec raison hein ? »


Mon sourire avait quelque chose de venimeux. Difficile de traduire certaine mimique sur mon faciès lupin, mais mon aura trompait rarement les gens. Mon chakra avait toujours été changeant, dangereux, il reflétait avec clarté l’être ambiguë que j’étais.
Les autres mots qu’ils avaient dits par contre, me firent ranger mon sourire pour prendre une attitude plus sérieuse, presque mature. L’humain laissait sa place au loup désabusé. Je ne souffre pas d’un dédoublement de la personnalité qui sépare ma conscience de loup et celle d’humain, je ne suis qu’un tout, l’assemblage des deux. En réalité, je suis juste un monstre. Seulement la vie. C’était stupide, sacrifier sa vie pour une autre personne avec tant de…trop de mots me vint à l’esprit pour que j’en choisisse seulement un pour finir ma pensée. Stupide gamin. Une vie ne valait pas une vie, c’était stupide de pensée ça, navrant. Pour moi qui avais toujours vécu que pour moi même, sans aucune autre protection que mon propre corps, cette idéologie me révoltait.

« Ta dévotion… Oui, on peut même la mettre dans la catégorie des comportements inutiles et débiles. Un village, c’est qu’un bout de terre avec des maisons dessus, vouloir sacrifier sa vie pour ça, c’est une aberration. »

Jamais, au grand jamais je ne mettrais ma vie en péril pour ce lieu, pas plus que pour un autre être vivant. Mes missions, je les faisais pour mon plaisir, j’en mesurais les risques mais je m’en amusais. Tant que je trouvais un plaisir pour dans une mission, alors je la ferais. Mais si c’est juste une mission pour l’honneur du village alors j’en aie rien à foutre. Quedal. Ma vie je la protège de mes crocs ou de mon sabre, mais le village pouvait aller voir ailleurs si il y était pour que je lui donne ma vie, bien trop précieuse à mes yeux.
Mon regard turquoise se para de reflet métallique alors que j’observais, après sa dernière diatribe, le visage du jeune protecteur. C’était mignon, un petit soldat obéissant. On va bien voir si le soldat est bien programmé.
La pluie avait beau nous bassiner la gueule depuis tout à l’heure, je n’en prenais plus conscience et encore moins à l’instant où je sautai sur le shinobi, mes pattes avant se jetant sur ses épaules pour l’entrainer dans ma chute. C’est lui qui aura le plus mal dans le lot, moi j’avais déjà donné. Le garçon se retrouva donc gisant sur le sol avec mes pattes avant sur les épaules, une bonne partie de mon poids le clouant sur le sol trempé. Mon corps animal pouvait presque le recouvrir entièrement. Je baissai ma gueule vers sa tête avec un sourire mauvais.

« Alors, tu jure autant sur la protection de ton sacro saint village même avec la paire de mâchoire sous la gorge ? »

Ma voix était basse et grave, chargé d’un ton amusé. Mes crocs aussi proches de sa gorge pouvaient sans aucuns soucis la réduire en pulpe sanguinolente. Ça voulait clairement dire « si tu essaye quoi que se soit, je te réduis en charpie, village ou pas. ».
J’observai d’un œil la gamine à coté tout en gardant l’autre sur ma proie au sol, préférant n’en lâcher aucun au cas où ils viendraient à me faire un coup tordu. Je restais méfiant, faut pas croire.
« Et toi gamine, ton protecteur est aussi important pour toi que tu semble l’être pour lui, ou tu ne te fais pas d’illusion sur le lien factice qui vous unis ? »

Le spectacle prenait une autre tournure qui me plaisait davantage.


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Moana Tilika
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MessageSujet: Re: Un jour d'orage, le loup rencontre l'agneau...   Mar 19 Mai 2009, 12:34

~ Ambiance Musicale ~

Forcément, il y avait de quoi s'amuser pour Kuro, qui se délectait certainement de son incontestable supériorité sur l'adversaire. Incontestable? C'était sans compter sur la fierté de la gosse, additionnée à la rage incontrôlable qui s'emparait d'elle à chaque fois que Kiny ou sa mère étaient visés par des mots qu'elle estimais injurieux ou menacés physiquement. Plus sage, Seridan avait sciemment évité de provoquer davantage le Raïu, sachant qu'il ne ferait pas le poids face à lui en cas de duel véritable. Seulement voilà, pour sa plus grande malchance, Kuro s'amusait de la situation, et venait de provoquer davantage Tilika, tout en mettant son tuteur momentanément hors d'état de nuire, l'empêchant de par la position de ses crocs sur la gorge du genin de tenter quoi que ce fut. Seridan ne pourrait pas s'interposer si Tilika tentait quelque chose de stupide, encore une fois. Et bien sûr, la connaissant, il ne pouvait être que sûr qu'elle ferait cette bêtise.

Bingo. Non pas que l'envie de défendre ce tuteur qu'elle respectait sans pour autant éprouver le moindre sentiment d'affection réel envers lui se fit sentir, mais simplement, Seridan occupant actuellement les crocs du monstre, l'enfant téméraire y décelait une ouverture pour attaquer. Audacieuse, elle s'était jetée en avant, kunaï à la main, dans le but de blesser l'ennemi tandis que son arme principale était coincée ailleurs, mais il avait esquivé d'un mouvement sur le côté, tout en maintenant Seridan. Il était plus agile et puissant qu'elle ne l'imaginait, soit, mais que lui importait: elle ne lâcherait pas prise! Par contre, les dernières paroles du loup stoppèrent net sa tentative d'attaque suivante.

"Et toi gamine, ton protecteur est aussi important pour toi que tu semble l’être pour lui, ou tu ne te fais pas d’illusion sur le lien factice qui vous unis?"

Sa relation avec Seridan? Ce qui l'unissait à lui? Il était son tuteur légal, et son professeur, point barre. Si ce loup pensait qu'elle le défendait dans l'espoir de protéger un quelconque lien affectif, il se fourrait la griffe dans l'œil jusqu'au garrot. Mais comment lui faire comprendre? Après tout, laisser Seridan se faire bouffer n'était pas non plus ce qu'elle désirait. Sans lui, qui l'entraînerait? Dormir dehors, elle s'en fichait. Être mal vêtue aussi. La bouffe, elle était trop jeune pour s'en soucier, en pareilles circonstances, c'était bien le dernier de ses tracas. Mais voilà, elle voulait devenir très forte, et s'il était vrai qu'elle n'aimait pas Seridan outre mesure et que leur relation paraissait surtout n'être qu'une suite de piques lancées d'une partie contre l'autre et réciproquement à longueur de temps, il représentait aussi et surtout celui qui la rendrait plus forte.

*Il m'énerve, ce loup! Grrr...*

*T... Tilika, fais... Fais attention, ne fais rien d'imprudent, je t'en prie...*


Toujours tétanisé, Kiny tenta de mettre sa petite invocatrice en garde, mais en vain. Il ne la connaissait que trop bien et savait pertinemment que même s'il avait été en état de crier et de s'interposer, elle l'aurait envoyé balader. Seridan lui-même avait assez travaillé sur l'esprit de la petite opur qu'elle prenne ses décisions sans se soucier de l'avis de l'agneau. Bravo... Ah, il était beau, le résultat, se disait ce dernier, à voir la gamine foncer tête baissée en n'écoutant plus que son propre cœur sans écouter la raison de ses amis! Car sa raison à elle, soit elle n'existait pas, soit elle consistait à, justement, profiter de la sagesse de ses invocations, alliée à sa force téméraire à elle, pour établir cet espèce d'équilibre qui lui avait permis de survivre jusqu'à ce jour. Mais ça, le sieur Seridan, il ne semblait pas l'avoir compris. Ce qu'il voulait, apparemment, c'était que son élève, au même titre que lui, ne vive que par et pour son propre Caprice...

*Kiny. Dis-lui s'il te plaît! Moi je peux pas!!!*

Lui dire? Ah, bien sûr, traduire tout haut les pensées de la gosse à l'égard du canin immense, noir et inquiétant juste devant lui? Euh... Sincèrement, Kiny s'en sentait incapable. De plus, ça aurait sans nul doute attisé le feu, mais que pouvait-il faire d'autre? Tilika aurait encore plus mal pris le fait que ce type ou Seridan ne se fassent d'illusions sur ce qui allait suivre. Si Tilika se battait, c'était pour son propre honneur, celui de Kiny et de sa mère, mais aussi, parce que ce genin entre les crocs de Kuro, c'était sa carte de sortie du monde des faibles pour celui des grands, des forts, des puissants shinobis. Oh, bien sûr, Seridan n'était pas le plus fort lui-même, mais en attendant senseï plus puissant, c'était toujours ça de pris, et avide de progression, Tilika ne laisserait personne lui ôter Seridan tant qu'il pouvait lui apprendre quelque chose.

Se planquant presque davantage encore derrière les jambes de la petite, Kiny, tremblant de tous ses membres, déglutit et finit par obéir. La voix plus qu'incertaine et aussi tremblotante que son tout être lui-même, il s'adressa au loup.

"Tilika a besoin de lui pour s'entraîner."

C'est tout ce qu'il parvint à dire. La gamine avait bien davantage de choses à dire à son adversaire, mais son pauvre ami venait déjà de faire un effort énorme pour oser ouvrir la bouche et annoncer ce fait. De plus, Kuro n'étant certainement pas stupide, il comprendrait tout de suite la nature, l'explication découlant de cette évidence que venait d'énoncer celui qu'il surnommait le gigot sur pattes: Tilika n'éprouvait aucun attachement sentimental à Seridan. Qu'il amoche le genin, elle n'en avait probablement rien à faire. Tout ce qui l'intéressait, c'était ce que Seridan pouvait lui apprendre. Elle ne se faisait plus la moindre illusion sur ce lien qui les unissait, après une année passée sous sa tutelle. Il ne l'aimait pas, elle ne l'aimait pas. Ils attendaient simplement chacun quelque chose de l'autre, et se respectaient pour ce fait tant qu'il durait.

Quant au village... Tilika ne se battait pas pour lui. Avec un peu d'analyse et suite aux paroles de Kiny, Kuro pouvait facilement conclure que cette gosse, malgré son si jeune âge, se comportait déjà presque comme une kunoïchi libre et solitaire, vivant de rêve et de puissance, prenant ce qu'autrui avait à lui offrir avant de passer à autre chose, déjà lassée ou ayant dépassé une nouvelle limite. Future nukenin? En tous cas, certainement pas futur pion au service d'un village: elle était bien trop orgueilleuse et indépendante, dans sa façon de se comporter, pour qu'on puisse un jour en faire un gentil petit soldat obéissant...

D'ailleurs, la voilà qui réattaquait, à présent que les choses avaient été mises au point. Kunaï en main, tenu fermement, elle bougeait tout autour du loup, qui n'avait plus autant de liberté de mouvement, avec le genin dans la gueule, cherchant à bondir sur lui à la moindre occasion, et ce dans un but qui n'avait rien d'amical, au vu du regard presque noir, à présent, avec lequel elle fixait l'animal, décidée, toute trace de peur ayant disparu...

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MessageSujet: Re: Un jour d'orage, le loup rencontre l'agneau...   Mer 20 Mai 2009, 09:27

Voyant que ses réponses ne vallaient rien ou presque pour le loup, Seridan se contenta d'observer attentivement. Tilika, à travers les paroles de Kuro, semblait vouloir lui faire payer la menace qu'il laissait planer dans l'air. Que pouvait elle faire? Absolument rien, pas plus que lui, d'ailleurs. Le peu de temps qu'elle avait passé à s'entrainer ne l'avait pas encore préparée au combat, et encore moins face à un adversaire aussi redoutable......faisant partie de Kumo, de surcroit. N'en déplaise à son caractère de......loup.
Malgré son attention, Seridan ne put empêcher un évènement pour le moins fâcheux de survenir. Bondissant sur lui, Kuro le plaqua au sol, lui bloquant les épaules avec ses pattes.


« Alors, tu jure autant sur la protection de ton sacro saint village même avec la paire de mâchoire sous la gorge ? »

Jurer dessus? Il l'aurait fait sans hésiter, si seulement la paire de mâchoire en question ne le forcait au silence. Pouvait seulement prononcer un mot? La moindre parole déplaisant le transporterait directement au cimetière, avec à coup sûr beaucoup moins de viande que prévu.
Jetant un regard inquiet vers Tilika, Seridan espérait qu'elle ne ferait pas n'importe quoi......ce qui semblait malheureusement perdu d'avance. Lancant un coup avec son Kunaï, sans doute confortée par le fait que Kuro ait désormais focalisé son attention sur lui, et plus sur elle, Tilika fut esquivée de facon presque magistrale, et plutôt prévisible. Son attaque n'avait pas porté ses fruits, et avait même provoqué une remarque de plus chez le loup, qui semblait adorer envenimer les choses.
Un long moment s'écoula, durant lequel la petite réfléchissait dans son coin. Qu'allait elle encore faire de stupide? De nombreuses questions sur les possibilités qui s'annoncaient, et qui pourraient aboutir à un séjour rapide à la morgue traversèrent l'esprit de Seridan, persuadé malgré tout qu'il ne devait rien faire pour le moment.


"Tilika a besoin de lui pour s'entraîner."
*..........*

Clair et concis. Kiny avait résumé sans mal le lien qui les unissait. Un "Maitre" et son élève, rien moins. Sentant que le moment était enfin venu d'en placer une, il baissa autant que possible sa gorge, l'éloignant des dents de Kuro.

-"Mon "sacro saint village" ne tient que parce qu'une tripotée d'abrutis de mon espèce se casse le dos à le protéger. Y en a qui préfèrent enquiquiner leur monde pour se marrer, c'est pas vraiment mieux."

Pouvait il vraiment se permettre de commencer à lancer quelques piques? De toute évidence oui. C'était même conseillé, s'il voulait en finir au plus vite, car rester au sol et sous la menace trop longtemps le rendrait fou. Il n'avait pas que ca à faire, et Tilika non plus.

-"C'est vous que ca regarde si vous voulez que tout le monde vous déteste. Mais si vous agitez les liens de tout le monde dans tous les sens, c'est soit que vous en voulez un qui soit moins négatif, soit que vous envisagez la pendaison en solitaire si vous ne vous défoulez pas.........dans un cas comme dans l'autre, Kuro-san......."

Soupirant aussi légèrement que possible, Seridan se détendit presque instantanément, son regard se faisant presque neutre, gardant malgré tout une teinte de peur, demeurant au second plan comme si s'en défaire était d'avance impossible. Le fait de faire face à la mort sereinement, peut être?

-".........sans votre puissance, vous seriez pathétique."

Un camion de brique dans une flaque d'eau. Toute la délicatesse du monde dans le pire moment qui soit. Etait ce le fait de savoir que Tilika ne laisserait pas Kuro le tuer, et qu'elle pourrait aller jusqu'à invoquer Khanuk? Impossible pour lui de le dire. Peut être avait il simplement perdu, pendant un court instant, toute notion de peur, et donc oublié dans quelle situation il se trouvait. Un sentiment qui tombait bien mal, tant sa vie ne tenait qu'à un fil.
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MessageSujet: Re: Un jour d'orage, le loup rencontre l'agneau...   Mer 20 Mai 2009, 19:52

Ahah… Quel drôle de matinée !
Qui l’aurait cru ? Pas moi en tout cas, mais dans tout les cas je m’éclatais bien. Les deux autres j’en doutais, mais après tout, ils m’ont cherchés à leur manière. Il fallait bien que mes nerfs en pelote trouvent de quoi se calmer un peu. C’était de leur faute de toute façon – plutôt cette gamine – il fallait assumer maintenant. Ils étaient ce qu’on pourrait appeler divertissant. Elle plus que lui. Le héro au grand cœur m’agaçait prodigieusement à parler à tout va de chose qu’il ne comprenait même pas. A croire qu’il était plus naïf que sa petite protégée ! C’est un comble quand on voyait leur différence d’âge. J’en venais à préféré celle qui m’avait fait rencontrer un mur et qui n’était qu’une môme, à l’autre. Trop pantin de chaire à mon goût. Je préfère vivre pour moi que pour un village qui ne fera que m’utiliser jusqu’à ma mort. Je ne lui ferais pas se plaisir, à ce village, de crever comme ça et surtout, pour lui. Mon âme est libre et Kumo n’est qu’un lieu comme un autre, un lopin de terre qui m’engage pour faire ce que j’aimais le plus et me fournissait un toit. Rien de plus.

Tilika. Elle avait de la hargne, quelque chose que son tuteur n’avait pas…Tout du moins était il différent peut être. Dans tout les cas, cette gamine ne se laissait pas faire et même si m’attaquer de front n’est pas la solution la plus intelligente, elle était malgré tout pleine d’audace. Elle tentait sa chance. Après tout, elle n’avait rien à perdre, et se défendait – ou plutôt attaquait - comme une proie acculée.
Puis la boulette de coton répondit à ma question, et je m’esclaffai. Ça avait le mérite d’être clair ! Brave petite, au moins elle ne se faisait pas d’illusion, et c’était un bon point pour elle. Après tout, ça avait toujours été le plus simple, et cette gamine malgré son âge l’avait déjà compris. Tout n’était que rapport à notre utilité propre.

« Au moins toi, tu as compris la nature humaine bien plus vite que beaucoup d’autre. »


Il fallait être égoïste pour survivre, c’était la dure loi de la nature et de la vie. Cette Tilika avait compris l’essentiel.
Et puis l’autre reprit. Ses idéaux lui tenaient vraiment à cœur ! J’avais presque l’impression d’avoir en face de moi un prêtre venu prêcher la bonne parole des dieux à l’humble mortel que j’étais. Je n’ai jamais été croyant, ou si je croyais en un dieu, ce serait celui de la destruction et non celui du patriotisme ridicule et inutile.
Ce gars s’enfonçait tout seul dans son discours et là-dessus, il parlait à un sourd : je me moquais de ce qu’il pensait, de ce village, de comment on me considérait.
Il devrait finir par comprendre que je ne vivais que pour moi, ou bien fallait il que je lui incruste sur la peau pour qu’il le capte ? C’était tentant…Tentant mais franchement inutile visiblement.
Mes pattes avant encore ancrées sur les épaules du shinobi, l’eau dégoulinante sur mon pelage, j’en venais a me demander ce que j’allais faire de lui, au final. Il m’énervait. Profondément. Je n’aime pas cette mentalité simpliste et naïve de « ensemble contre tous et nous vaincrons ». Juste une belle bande d’hypocrite, à mon avis.
Je voulais juste planter le clou. Encore un peu. Il restait accroché à ses convictions comme une moule à son rocher, bien sur, c’était ce qu’on lui demandait.

« Brave petit pantin. »


Jusqu’au bout, avec une passion presque anormal pour une marionnette de chaire. Le petit soldat avait ses propres flammes ardentes. Ses liens étaient juste les fils qui le maintenaient debout encore un peu et le déplaçait où cette instance supérieur le décidait. Lorsqu’ils disparaitront, le pantin s’écroulera de lui-même, privé de ses appuis, et a ce moment, il sera mort.

« Comme c’est triste. » Mes pensées se mêlaient à l’air humide. « Les fils qui te donnent la vie finiront par s’éroder avec le temps, et lorsqu’ils se désagrégeront, il sera trop tard pour te sauver… »

Ma voix était claquante d’ironie et de sarcasme. Qu’il pense ce qu’il voulait sur moi, mais moi, je les avait vus ses fils. Je les avais vus disparaître devant moi en remarquant que jusque ici, ses liens n’avaient été que des illusions. Mais moi, j’ai réussit à me sauver à temps, même si certaines cicatrices marquaient toujours mon corps de manière indélébile. Mon corps et mon âme.
Ses dernières paroles étaient étonnantes. Pas dans le fond, mais plutôt dans la forme. Il n’avait pas peur de dire ça, ou alors, il était inconscient…Dans les deux cas, il y avait danger pour lui. J’observais la gamine qui confiante et intrépide, cherchait une faille dans ma garde. Je lui jetais un regard amusé. Elle avait des tripes, bien plus que sa peluche parlante sur pattes. Je m’intéressai de nouveau aux derniers mots du gars. Je me fichais de ce qu’il pouvait analyser de mon comportement, il n’en savait rien, et je n’avais pas la moindre envie de le mettre sur une quelconque voie. Si il avait essayé de me mettre en colère, c’était rapé en tout cas. C’était amusant de voir des types qui essayaient vainement de me rabaisser alors qu’il n’était eux même que des sous fifres.

« Mais la puissance, je l’ai gagné…Moi. »
Susurrais-je doucement à son oreille, amusé mais implacable. « Et toi ? Où est ta puissance ? Ton village et ton serment te l’on donné ? »

Ma patte de loup se posa sur le sol près du visage du genin, allégeant ses épaules, puis la patte se transforma en main et le reste de mon corps suivit la transformation de loup en humain. Et je souriais. Un sourire plus facile à discerner sur un faciès humain, mais pas forcément plus agréable à voir. Mon sourire avait quelque chose de cruel.

« Qui est le plus pathétique au final…Celui qui se sert de sa puissance ou l’autre qui se complet dans son impuissance ? »


Une question anodine en plongeant mon regard dans celui du ninja que je maintenais toujours au sol d’une main, avec beaucoup plus de force que ce que supposait mon corps. L’autre alla récupérer un kunaï, en tout point semblable à celui que la fillette dardait sur moi, sauf que moi, je ne manquerais pas mon coup. C’était cruel et facile. Ça me rappelait une situation analogue, dans cette forêt près de Kumo, avec cette femme fière prise au piège. L’arme entra dans la chaire de la main du garçon d’un geste sur et rapide, j’ôtai le kunaï immédiatement en me relevant avec l’agilité née de l'habitude.

« Comme ça tu te souviendras comment acquérir de la puissance. »
Mon sourire c’était agrandit. Plaisir de sentir dans cette humidité ambiante, l’odeur métallique du sang « Souvient toi de la rage et de la colère qui t'envahit...Et puis de ta souffrance. Encore et toujours. La volonté de protéger ton village ne sera d’aucune utilité, mais la douleur et la rage, elles, elles te guideront toujours sur la bonne voie. »

Soufre.
On sort toujours grandit de la douleur, ou on n’en sort pas du tout d’ailleurs. Je me désintéressai de ma victime. Qu'il hurle ou gémisse, ma joie était là.
Il était temps de rentrer. Mon corps était trempé des pieds à la tête et j’écartais d’un geste négligeant une mèche de cheveux noir alourdit par l’eau en observant la petiote – un autre regard sur ma victime au sol puis de nouveau la fillette. Mon arme toujours à la main, le sang la délaissa rapidement, dilué par la pluie. Un pas puis un autre, je passa près de la fillette, planta mes yeux dans les siens sans m’arrêter puis mon sourire s’adoucit – sans doute.

« Bonne chance petite Tilika et bienvenu dans ton nouveau monde. »


Je m’éloigna un peu avant de me souvenir de quelques chose à dire, je ne m’arrêta pas pour autant et lança à la cantonade, un sourire invisible sur les lèvres.

« Et la prochaine fois, fais gaffe où tu fous les pattes petiote ! »


Et puis la pluie enveloppa ma présence. Mon ombre avait disparut dans la bruine de Kumo.
Étrange matinée...Drôle de rencontre entre un agneau, un berger et un loup...Qui avait remporté la bataille? Seul l'avenir saura le dire...

Spoiler:
 



Dernière édition par Kuro le Ven 29 Mai 2009, 09:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un jour d'orage, le loup rencontre l'agneau...   Dim 24 Mai 2009, 16:00

Ainsi, tel était le jugement final du loup concernant Seridan et Tilika. Le premier n'était à ses yeux qu'un pantin, tandis que la seconde, étrangement pour un type qui n'aime pas les gosses et se soucie bien peu de leur sort, passait presque pour plus mature que son senseï. Compris la véritable nature du monde plus tôt que la majorité? Forcément, lorsqu'on passait par là où était passée Tilika malgré son jeune âge, on n'avait généralement que trois options. Soit on trépassait, dans cette jungle de vie où seuls survivent les plus forts. Soit on avait de la chance et un bienfaiteur vous prenait sous son aile le temps que vous soyez capables de survivre par vous-mêmes. Et sinon, la dernière option ne vous faisant généralement aucun cadeau, vous vous battiez corps et âme pour survivre. Tilika se situait entre les deux dernières options. La chance ne lui souriait pas suffisamment pour lui permettre d'échapper à tous les maux qui la pourchassaient depuis sa naissance, mais lui avait néanmoins souri de temps à autres, juste le temps de souffler un peu entre deux périodes d'intempéries psychologiques. Plus suspicieuse que naïve, la petite fille n'attendait rien de la vie sans se battre pour l'obtenir, tout simplement.
Reprenant forme humaine, le shinobi qui s'en était pris à Seridan parut vouloir lui donner une dernière leçon avant de filer, et lui planta un kunaï dans l'une de ses mains, avant de s'en aller enfin, semblant se soucier bien peu de l'envie de combattre de la petite. Elle ne chercha cependant pas à le retenir ni à le suivre; elle avait d'autres préoccupations, pour l'heure. S'approchant de Seridan, elle examina sa main blessée. C'était moche à voir, mais avec des soins appropriés, ça guérirait sans doute sans problèmes, ne lui laissant alors qu'une cicatrice. Et Seridan n'était, à l'esprit de Tilika, pas du genre à se soucier de marques sur sa peau... Une de plus, une de moins, que lui importerait?

*Il n'a rien à part ça, ouf.*

Ouf? Et bien oui, elle aurait été bien embêtée si l'autre avait tué son maître, ou l'avait blessé assez méchamment pour qu'il ne puisse plus l'entraîner pendant un moment! Si aucun lien sentimental ne liait le maître et l'élève dans cet étrange couple que formaient Seridan et Tilika, l'un comme l'autre n'ignoraient pas avoir besoin l'un de l'autre. Seridan, par pure curiosité et caprice, voulait faire de cette gosse une puissante et intéressante kunoïchi. Pas pour en faire un pantin, à première vue, encourageant même autant le caprice de l'enfant qu'il ne laissait libre cours à l'imagination du sien, mais simplement dans le but de "voir ce qu'il adviendrait" s'il la dirigeait sur la voie de la puissance... De son côté, Tilika rêvait de liberté et de cette puissance que Seridan semblait vouloir lui procurer. Ainsi, sans s'aimer l'un, l'autre, ils se respectaient à leur façon, se protégeaient, même. C'était étrange, comme lien, et bien que moins puissant que s'il existait également un lien affectif les unissant, il suffisait à préserver le duo depuis un an, déjà.

*C'est pas ta faute, Kiny. Il est parti, ça va mieux?*

Après avoir vérifié que Seridan ne souffrait de rien de grave, Tilika s'était rapprochée de son petit agneau, toujours tremblant, lui. Certes, Kiny ne pourrait que difficilement lui enseigner la puissance, mais il l'aimait, lui. Le lien les unissant n'avait rien de semblable à celui unissant la petite fille à son tuteur, mais il était tout aussi important à son cœur, si pas davantage. Après tout, n'était-ce pas pour protéger ces êtres tels que Kiny, auxquels elle tenait tant, que Tilika désirait devenir plus forte, en plus du fait de se sentir plus libre et indépendante?

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MessageSujet: Re: Un jour d'orage, le loup rencontre l'agneau...   Dim 24 Mai 2009, 20:52

Sans réussir à déstabiliser vraiment le Loup, Seridan avait en tous cas échappé de peu à la mort. Car son agresseur semblait plus s'amuser de ses paroles que s'en offusquer, comme s'il faisait partie d'un autre monde. Prétentieux? Oui, mais aussi et surtout très puissant. Suffisament, donc, pour effectivement avoir une vision des choses différente et pour pouvoir affirmer qu'elle était bonne. Mais pas assez pour parvenir à persuader le Genin qu'il poursuivait des chimères inaccessibles. Tilika n'était elle pas la preuve vivante que quand il voulait quelque chose.......

*Hmpf......il va bientôt me relâcher, ou bien? S'il veut m'égorger, qu'il le fasse au plus vite. Au moins, je serai fixé......*

La suite le tira rapidement de ses reflexions. Kuro redevenait humain, parvenant à le maintenir au sol avec une main, saisissant un Kunaï de l'autre. Préférait il l'achever avec une arme, pour ne pas se souiller du sang d'un "pantin"? Se raidissant legèrement, malgré sa tentative de rester impassible, Seridan aurait presque soupiré de soulagement si la situation n'était pas aussi tendue. D'un coup rapide, il se vit transpercer la main. Un geste purement gratuit, ne reposant sans doute que sur une seule hypothèse: Kuro adorait faire souffrir les autres. Pour oublier sa souffrance? Pour ressentir l'inverse? Qui pouvait savoir vraiment.
Mais sa main guérirait. Elle cicatriserait avec le temps, laissant peut être une marque, mais peu importait. Sa vie, elle, ne se soignerait pas, s'il la perdait.


« Souvient toi de la rage et de la colère qui t'envahit...Et puis de ta souffrance. Encore et toujours. La volonté de protéger ton village ne sera d’aucune utilité, mais la douleur et la rage, elles, elles te guiderons toujours sur la bonne voie. »

Les paroles de Kuro restèrent gravées dans la mémoire d'un Seridan, coincé entre la colère et la pitié. La douleur, la rage, la souffrance, le dépit.......tant de sentiments qui ne menaient, au final, qu'à une pseudo justification à tous les actes les plus bas, les plus indescriptibles qui soient, pour tenter de cacher une blessure qui ne cessait de saigner, qui se rouvrait lorsqu'on la guerissait, qui se montrait à nouveau quand on la dissimulait.
Enfin, après quelques mots, Kuro disparut, laissant Tilika et son mouton seuls avec la victime du moment. Soulagé que tout se termine aussi rapidement, sur la dernière partie d'une scène de theâtre qui n'avait rien de joyeux, Seridan attendit que Tilika vérifie sa main, sachant parfaitement qu'elle devait d'abord s'assurer que son "Distributeur de puissance" fonctionnait encore correctement, avant de retourner vers Kiny. Se relevant lentement, il observa les alentours, puis s'approcha de Tilika. Il lui fallait la débarasser des éventuelles mauvaises influences des paroles de Kuro.


-"Voila ce que la puissance apporte à ceux qui ne cherchent qu'à être forts. Protéger ou servir autrui permet de ne pas finir comme ce malade......inutile de te conseiller de l'oublier, je suppose."

C'était même certain. Par fierté, Tilika pouvait même manger un sac de sable si cela suffisait à rayer une personne aussi désagréable de sa tête. Surtout si elle ne lui servait à rien.
Le temps se gâtait. La pluie continuait de tomber, et menacait de doubler d'intensité d'ici peu. Il fallait qu'ils se mettent à l'abri.


-"Je vais prévenir Kamenchii-Senseï que je suis.....indisposé pour aujourd'hui. Ca me donnera l'occasion de m'occuper de toi chez nous......et de te rendre plus fort que lui"

Pas besoin d'en dire plus. Pas non plus besoin d'attendre des excuses, il n'en aurait pas. La petite n'aurait rien lâché, de toute manière. Reprenant aussitôt le chemin qui le ramenait à la maison, il redessina le portrait de Kuro dans sa tête. Sa facon de penser. Sa facon d'agir. Sa facon d'être. Tout ce qu'il avait vu, loin d'être oublié, allait rester dans un coin de sa tête, afin de savoir comment utiliser ces nouvelles informations en temps voulu.
Un sourire malsain au faciès, Seridan fit trembler légèrement ses doigts, signe d'un plan en formation, et généralement, nuisant fortement à la personne pour qui il le destinait. Un jour, il ferait payer ce qui venait de se passer. Comme toujours, sa patience le récompenserait, et lui permettrait d'emmagasiner suffisament de malice pour prendre grand plaisir à rendre justice. SA justice.


*Kuro-san.....vous allez comprendre pourquoi je suis satisfait d'être enchaîné à Kumo. Ce qui résiste à l'attachement peut parfois être très sévèrement étranglé.......*
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Moana Tilika
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MessageSujet: Re: Un jour d'orage, le loup rencontre l'agneau...   Mar 26 Mai 2009, 14:36

*Ce... ça va. Merci, et... Désolé de m'être comporté de façon si couarde... Je suis vraiment nul...*

*Mais non, ne t'inquiètes pas. Moi aussi je peux te protéger, parfois. Et je sais que les moutons ont toujours peur des loups.*


Plus amusée qu'autre chose, à présent que le danger était loin, Tilika berçait doucement sa grosse peluche aussi mouillée qu'elle, tentant de rassurer de son mieux le pauvre et pitoyable Kiny. Les états d'âme de Seridan concernant le village et la dévotion d'un shinobi à ce dernier ne la préoccupaient pas, elle. L'état de la main de son senseï constaté, elle avait vite vu qu'il s'en remettrait, et savait que la seule chose à faire à présent était de rentrer soigner ça. Pour lui du moins; elle comptait encore gambader sous cette pluie, si torrentielle fut-elle, car elle en aimait profondément la sensation, la puissance mêlée de délicatesse de ce phénomène naturel, presque autant qu'elle n'aimait observer et écouter un ciel grondant de tonnerres. Seulement voilà, Seridan avait d'autres plans, à présent.

"Je vais prévenir Kamenchii-Senseï que je suis... indisposé pour aujourd'hui. Ca me donnera l'occasion de m'occuper de toi chez nous... et de te rendre plus forte que lui."

Pas de chance pour Tilika; ses envies de douche sous ce ciel sombre ne seraient pas satisfaites autant qu'elle l'aurait souhaité. Devenir plus forte que "lui"? Que qui? Que Kamenchii, ou bien parlait-il à nouveau de ce loup shinobi, Kuro? Intriguée une fraction de seconde, l'enfant haussa finalement les épaules. Dans un cas comme dans l'autre, elle doutait fortement de la capacité de Seridan à la rendre plus forte que l'un ou l'autre de ces deux ninjas. Après tout, lui-même leur était de loin inférieur en puissance, non? D'ailleurs, les précédents mots de son senseï lui trottèrent un moment en tête à cette pensée...

"Voila ce que la puissance apporte à ceux qui ne cherchent qu'à être forts. Protéger ou servir autrui permet de ne pas finir comme ce malade... inutile de te conseiller de l'oublier, je suppose."

Là-dessus, le genin se trompait. Tilika n'oublierait pas de sitôt le shinobi étrange capable de se changer en loup, et qui lui avait mis une raclée en plus de lui avoir fait la morale... Il était certainement très fort, et si la gamine pouvait en profiter d'une quelconque manière pour devenir elle-même plus puissante, elle le ferait sans aucune hésitation. D'ailleurs, l'envie irrésistible de retrouver ce type pour lui demander de l'entraîner, lui aussi, la démangea dès cet instant, et Tilika se jura de ne pas lâcher cette idée de sitôt. Elle le retrouverait, et trouverait un moyen de le convaincre de l'entraîner. Oui, elle voulait protéger autrui, et ce n'était pas uniquement par envie d'être forte sans raison autre qu'un nombrilisme quelconque que Tilika désirait progresser à tout prix. Mais s'il fallait passer pour cela par la tutelle de Seridan, pourquoi ne pas également se faire entraîner par plus fort que lui, en prime? Toute notion de puissance supplémentaire serait bonne à prendre pour atteindre son but. Elle l'atteindrait, pas pour elle, mais pour ceux auxquels elle tenait. Et pour ça, oui, Tilika était prête à tout, ou presque...

En attendant, il pleuvait toujours des cordes, et tous trois étaient plus que trempés. Seridan, Tilika et Kiny n'auraient pu être davantage couvert de flotte, à l'instant, que s'ils se trouvaient dans une piscine géante. Niveau intempéries, Kumo no kuni n'avait sans doute rien à envier à Kiri no kuni, décidément. Bref, malgré son envie de folâtrer sous cette douche naturelle, la petite fille suivit docilement son senseï jusqu'à leur domicile, son Kiny dans les bras. L'entraînement avec ce Kuro, ce serait pour plus tard...

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MessageSujet: Re: Un jour d'orage, le loup rencontre l'agneau...   Jeu 09 Sep 2010, 23:41

Citation :

°¤ Evaluation ¤°

¤¤ Quand j'ai relu le topic dans l'après midi, je n'ai pas été sous le choc mais presque XD. Kuro est super violent et agressif XDDD

------

¤ Plus sérieusement Rolling Eyes >> Excellent topic. Les relations entre les divers personnages deviennent instables mais ouvrent de nouvelles perspectives. On se questionne beaucoup sur le lien Sarian Tilika qui reste encore très flou. Sarian possède une belle dextérité en ce qui concerne le jeu de son perso. Vous avez su garder le même rythme du début jusqu'à la fin, une chose assez difficile à faire in RP. Du sérieux et de l'humour, du plaisir et de la sincérité : tous les ingrédients sont réunis pour apercevoir un petit filet de bave couler le long du menton >> enfin vous m'aurez compris Rolling Eyes

Kuro =) Ta plume s'est épanouie semble t-il. Beaucoup de puissance dans les mots, des textes profonds nous incitant à passer les frontières du réel. Encore une fois, belle performance ^^

Arrow Tilika : 14 points / Kuro : 13 points / Sarian : 8 points
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Un jour d'orage, le loup rencontre l'agneau...

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