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 Dur labeur...[Suite]

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Zolf J.Kimbly
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MessageSujet: Dur labeur...[Suite]   Sam 18 Avr 2009, 15:06

Plus tard, peut être une semaine voir un peu plus, cette idée m’était de nouveau revenue en tête, ravivant encore plus mon envie d’apprendre quelque chose qui pourrait me permettre de devenir quelqu’un de différent. Après mon entraînement qui avait duré une journée, j’étais certes devenu bien plus fort mais je n’étais pas encore satisfait car je m’étais rendu compte que tout le travail que j’avais fourni durant cette longue journée n’avait été que la première étape d’un voyage dont j’étais encore loin de la fin. Bien qu’il était dur de l’avouer, je me rendis compte que ce que j’avais fais la semaine d’avant n’avait été qu’un nuage de fumée qui était encore loin d’être assez consistant pour que je puisse le saisir et en profiter pleinement. La joie qui m’avait envahi après avoir cru que j’avais atteint mon but m’avait malheureusement aveuglé et ce ne fut que lorsque je revins au monde rationnel des hommes que je fis face à cette fatalité : je n’étais pas encore prêt.

C’était pour ça, qu’en cette journée couverte par d’épais nuages annonçant une tempête, que je m’étais lancé dans un petit voyage au bout duquel je trouverais ce qui m’intéressait réellement. J’avais annoncé mon départ et l’après midi même, j’avais pris la route en direction de l’inconnue qui ne me pouvait qu’être prometteur. Je ne savais pas encore où je devais me rendre mais toutes les directions étaient bonnes pour faire de moi un homme nouveau, un homme qui sortant des ténèbres du passé ferait face au monde présent ne craignant plus les lourds fantômes du passé qui s’accrochaient à lui comme des tiques assoiffés de sang. D’un simple geste, cet homme avait repoussé ces fardeaux les laissant crever sur le sol niant leurs cris de souffrances qui pensait-il ne le lâcherait jamais. Et désormais, comme un ange, ses ailes pouvaient de nouveau s’ouvrir le laissant alors profiter de cette magnifique liberté qui l’avait été enlevé il y avait bien trop longtemps. Cet homme, c’était moi…

Me trouvant alors face à une immense colline napée d’un tapis de fleurs de toutes les couleurs, je ne me retournais pas ne regrettant pas ce pays qui bientôt je devrais retrouver. L’heure n’était pas pour la nostalgie, même si ma vie se trouvait derrière moi, il fallait surmonter cet attachement à cette petite existence pour me lancer dans ce voyage qui ramènerait au pays du son un tout autre ninja. Tel était ma destinée semblait il, je devais partir même pour très peu de temps pour revenir ici totalement changé, je devais revenir ici avec la véritable connaissance, je devais revenir ici en possession de la réelle force. M’éloignant bien sûr de la sécurité de mon pays, je m’offrais désormais à un autre monde qui pour un criminel comme moi était dangereux. Bien sûr, ici je n’avais pas ma tête placardée sur tous les murs mais les rumeurs ne cessaient de courir et peut être que par malheur, mon nom était arrivé aux oreilles de quelques malveillants chasseurs de prime du coin qui en ce moment même pourraient essayer de retrouver ma trace. Je devais faire attention…

Après avoir passé une bonne heure à longer cette route qui par sa perpétuelle apparence me lassait énormément, j’arrivais à ce qui pouvait être défini comme une petite touche de bonne humeur pour cette journée commençante : un petit chemin de terre qui s’enfonçait dans la forêt. Bien sûr, il était tout à fait stupide de penser ça mais, alors que ma journée semblait dépourvue de toutes activités excitantes, ce petit écart sur la route principale ajoutait un peu de piment à l’ennui de cette interminable voie qui n’était vraiment pas décidée à changer. J’avais donc le choix entre suivre ce long chemin conventionnel faisant d’un moi un voyageur banal préférant la sécurité des routes principales ou être un voyageur tout à fait différent dont l’âme d’aventurier surpassait largement sa raison. Qui à être fou, autant bien le faire non ? Ce fut sur cette pensée que je me lançai alors dans ce petit chemin qui me mènerait vers l’inconnu.

Le temps passait et les lourds chênes de cette forêt étaient peu à peu remplacés par les minces troncs des bambous. Ici, les oiseaux ne chantaient plus par manque de branches où se posaient, il n’y avait que les murmures grinçant des ces longues tiges qui elles même faisaient la mélodie de ce bois tout à fait différent. Le chemin de terre était désormais recouvert d’un tapis de feuilles tantôt sèches et tantôt encore vertes qui se froissaient sous chacun de mes pas. En l’espace d’une heure, j’avais été transporté dans un autre monde qui était bien plus paisible que l’ancien. Bien que je n’avais rien contre les champs des oiseaux et tout le tralala qui les accompagnaient mais ma nature sereine était plus attachée à un cadre monotone et paisible d’une forêt comme celle-ci qui à chaque grincement confiait aux humains un secret qui leurs étaient incompréhensible. Des secrets qui avaient traversés les âges et qui étaient maintenant inaccessible aux humains qui, à cause de temps présents, avaient refermé leurs cœurs au monde qui les entourait pour n’écouter que leurs semblables. Malheureusement, moi aussi je m’étais renfermé et maintenant comme pour toujours, ces secrets que ces êtres voulaient vainement me confier me seraient éternellement inaccessibles…

Enfin, après une autre heure de marche, j’avais débouché sur l’endroit propice pour passer un peu de temps au calme, une petite rivière à l’eau cristalline qui traversait une clairière de haut en bas comme un mince filet de sang coulant le long du visage d’un homme blessé à la tête. L’endroit était rêvé, il ne devait surement pas avoir grand monde à des kilomètres à la ronde et cette solitude était parfaite pour que je puisse mener à bien mon entraînement. Je m’avançai prêt de la berge pour y pouvoir me dessécher la gorge qui depuis plus d’heure de marche n’avait plus senti le frais contact de l’eau. Après m’être abreuvé, je partis installer mon campement qui était composé d’un morceau de tissu rembourré qui me servirait de lit, d’un briquet qui m’aiderait à faire un feu de camp et de quelques autres babioles nécessaires à un confort minimum. Une fois tout ce bazar mis en place, je pus alors me consacrer au début de mon entraînement qui jusque là n’avait été qu’une théorie qui durant tout mon voyage n’avait pas cessé d’être retournée pour enfin aboutir à quelque chose planifiée.

Je tournais mes mains pour faire en sorte que je puisse voir leurs creux et je regardai longuement ces deux marques qui étaient à l’origine de tout mon art, marques que mes parents m’avaient laissé comme dernier cadeau. Ces traits encrés dans ma peau était encore un mystère pour moi, je ne savais pas pourquoi je les avais et quel était leurs limites, limites qui peut être n’existaient pas ou limites que peut être j’avais atteint depuis longtemps. Mon art était pour moi un livre dont seuls quelques pages m’étaient lisibles, laissant le reste du contenu aussi incompréhensible que des feuilles blanches, me faisant passer pour un illettré qui, bêtement, ne pouvait comprendre la vérité qui était juste au creux de ses mains, livre ou marques… C’était pour ça que j’avais décidé de m’investir dans cette quête qui sans doute me permettrait alors de déchiffrer le reste de ce bouquin qui, après sa lecture, ferait de moi celui que mes parents avaient surement toujours avoir comme fils.

Je plaquai mes mains l’une contre l’autre créant alors ce lien qui, entre mes deux marques, faisait circuler mon énergie, puissance que seul moi était capable de manipuler. Concentrant petit à petit mon chakra dans mes paumes, je les sentais se chauffer comme le métal d’un lame qui, plongée dans les flammes du fourneau, devenait tranquillement rouge pour ensuite atteindre ses limites, ne laissant plus qu’un métal blanchi par cette étouffante chaleur. Mais la chaleur qui naissait peu à peu entre ces deux mains collées était loin d’être douloureuse, je dirais plutôt que c’était une chaleur plutôt agréable, pareil à cette chaleur que l’on ressent lorsque épris entre les bras de notre mère, on se colle contre sa poitrine sentant son pouls qui déverse à chaque battement un petit peu de cette douce chaleur, berçant notre âme blessée… Mais sentant rapidement l’excès d’énergie entre mes deux extrémités, je fus obligé de les décoller craignant alors une réaction qui pourrait être fatale à mes deux mains qui étaient mes seules armes.

J’avais donc pour l’instant atteint cette ligne que j’avais tracée entre ce territoire de mon art conquis et cette autre partie sombre qui peut être renfermée d’énormes risques pour l’aventurier fougueux que j’étais. J’étais un chien qui, au pas de la porte, regardait un monde totalement inconnu qui pourtant l’attirait et qui malheureusement l’était interdit, ce monde d’intérieur qui n’était réservé qu’à ces bipèdes qui de ce royaume mystérieux regardaient la pauvre bête qu’elle était et qui restait sous la pluie battante espérant seulement entendre cette impossible autorisation… Bien sûr, le cas du chien espérant entrer dans la maison était bien loin d’être similaire à mon cas mais, c’était bien la seule situation qui était assez proche de ce que j’étais en train de vivre pour le moment. Mais ayant quand même bien plus de volonté qu’un animal, je me préparais déjà à franchir cette ligne qui bientôt ne serait plus qu’un souvenir, souvenir que plus tard je tâcherais de jeter aux oubliettes. Il était sûr que pour une personne extérieure qui me voyait travailler, il n’y avait rien de dangereux à simplement coller mes mains mais, j’étais persuadé qu’il m’était bien plus facile de survire à la fosse aux lions qu’à cet entraînement...

Mon entraînement ici, bien que capital à mon avancement m’était malheureusement tout à fait inconnu. Bien sûr, je m’étais déjà dressé la liste de toutes les activités que j’entreprendrais durant mon voyage mais, le long couloir à la fin duquel se trouvait mon futur était semé de bien trop de pièges qui malheureusement m’échappaient encore. Néanmoins, je n’étais pas prêt à gire ici comme un cadavre pourrissant et j’étais décidé à aller de l’avant. Incapable de dire réellement comment je devais m’y prendre, je décidais de commencer une activité qui m’était peu commune. Non loin, en amont de la rivière, se trouvait une cascade que j’avais entendue lorsque j’étais arrivé sur les lieux. Bien que je n’y avais pas porté attention, maintenant que je ne savais plus quoi faire, un vieux souvenir m’était alors revenu en tête. Avant d’arriver au pays des ninjas, j’avais longuement voyagé et durant l’un de ces voyages, j’avais trouvé logis dans un petit monastère qui se trouvait lui aussi dans une forêt de bambous. Ignorant qui j’étais, ces moines avaient accepté de m’accueillir et pendant une semaine environ, j’avais pris part à leur vie…

Cette courte période de ma vie fut sans doute celle où j’avais appris le plus sur moi et qui me permit de comprendre quel était le véritable enjeu de mon existence. Ces hommes qui s’étaient totalement détachés de la vie et de ses futilités avaient réussi à atteindre l’éveil qui avait fait d’eux presque des saints. J’aurais pu peut être en apprendre plus sur eux si ils ne s’étaient pas amusés à me vendre à un groupe de mercenaires et même si cette petite étape de vie se termina une fois de plus dans les flammes et dans le sang, je n’avais quand même pas oublié ce que ces traîtres m’avaient enseigné, que l’important n’était pas de vivre mais d’atteindre notre propre vérité. Bien sur, aveuglé par une rage vengeresse, je n’avais fais preuve d’aucunes pitiés à leurs égard mais maintenant que j’y repensais, je me disais que même si ces bonzes n’avaient été que des vendus, ils m’avaient quand même appris une chose qui aujourd’hui me serait plus qu’utile car pour atteindre la vérité, il fallait tout d’abord commencer pour accepter notre regard sur nous même et la meilleure solution pour ça était une bonne vieille méditation.

Après m’être dévêtis et m’être installé sous cette chute d’eau qui faisait couler sur mon torse nue de l’eau glacée, je fermais les yeux et commençai à respirer de plus en plus lentement, comme ces moines me l’avaient enseigné. Je sentais l’eau qui tombait sur mon crâne et qui longeait mes cheveux qui me retombaient sur les épaules aux extrémités desquels le liquide reprenait sa route pour baigner le reste de mon corps. Le souffle lent et régulier, je savourai le silence qui régnait autour de moi et qui n’était dérangé que par le son de l’eau qui s’écrasait sur les roches et les grincements des ces vieilles branches usées. Laissant tout d’abord mes mains posées sur mes genoux, j’essayai d’oublier le contact glacé de l’eau sur ma peau pour ensuite concentrer mon attention uniquement sur mon énergie intérieur qui peu à peu commençait à se faire sentir comme les mouvements incertains d’un nourrisson nageant dans la poche protectrice de sa mère qui renfermait ce trésor dans son précieux coffre arrondi. Lorsqu’enfin je réussis à me focaliser sur mon chakra, laissant loin derrière moi le son de l’eau, le grincement des bambous et le liquide glacé, je pus débuter cette longue méditation.

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MessageSujet: Re: Dur labeur...[Suite]   Jeu 25 Juin 2009, 10:48

Dans le monde, il existe tellement d’énergies différentes. Il y a celle de l’eau, fluide, calme mais imprévisible, celle du feu, dangereuse, destructrice mais apte au renouvellement, celle de la terre, solide, forte et pourtant mère de tant de beautés… Et j’en passerai sur celle de l’air, de la glace, de la foudre et tout ce qui compose la nature qui elle-même a sa propre énergie. Quant à l’homme, dans sa vie, rare sont les occasions où il peut user de ces énergies naturelles. Surement trop vaniteux pour user de ce qui l’entoure, il préfère puiser dans ses propres forces qui sont tout aussi redoutable. Car dans la nature, un équilibre vit entre toutes ces énergies qui s’équivalent tous. Il n’y a que la combinaison de plusieurs énergies qui révèlent les véritables puissances… Moi, à ce moment là, comme tous les autres hommes, je me penchai que sur ma propre énergie que j’avais façonnée durant toute ma vie. La sentant couler à travers mon corps renouvelant éternellement le même parcours, je me laissai tout d’abord porter par ce flot mystique et intérieur. Ma respiration s’était ralentie, décalée de plusieurs secondes et mon pouls, lui aussi, avait perdu de sa cadence comme tout le reste de mon organisme soumis à la force du flux de chakra qui lentement mais surement prenait possession de moi. Bien sûr, j’aurais pu à tout moment reprendre contrôle de mon corps mais, je n’aurais rien arrangé à la chose puisque si j’aspirais à vouloir atteindre une puissance bien plus grande, la voie de la compréhension de mes propres forces m’était obligatoire et je me devais donc de me laisser envahir par cet allié pourtant adversaire pour mieux le comprendre. Il était évident qu’user de cette technique pouvait m’être périlleux car laisser mon chakra autant de liberté pouvait me coûter sa fuite car maintenant qu’il n’avait plus aucun attachement à mon corps, il suffisait du moindre coup de vent céleste pour que celui soit balayé de mon être emportant avec lui mon flux vital. Mais, lorsque ces moines m’avaient enseigné cette façon d’évoluer, ils m’avaient bien mis en garde de ne pas dépasser une certaine limite. Et cette limite ne m’était pas inconnue car ces bonzes avaient bien pris le temps de me l’expliquer et me la décrire.

Mon corps commença peu à peu à réagir contre cette tentative de fuite de ma propre énergie. Mes muscles se crispèrent, devenant aussi rude que de la glace, mon pouls se mit soudainement à se lancer dans un train d’enfer, mes poumons rétrécirent, mon estomac aussi ce qui provoqua une sensation désagréable comparable à un feu intérieur qui me rongeait. La limite, je l’avais atteinte et sans chercher à défier le diable, je rouvris brusquement les yeux, laissai échapper de mes poumons l’air que j’avais retenu, détendis mes muscles et rattrapai mon chakra qui retrouva sa place au sein de mon corps reprenant sa perpétuelle route. C’était la première fois que j’avais mis en application cette façon de méditer et ce ne fut que lorsque mes paupières s’étaient levée que j’avais été le plus impressionné. Il faisait déjà nuit ! Les quelques secondes que j’avais ressenti lors de cette méditation avait été des heures durant lesquelles le soleil avait laissé sa place aux étoiles ! D’abord encore sous le choc d’avoir vécu une telle expérience, après une légère expiration avec laquelle partit ma surprise, je retrouvai mon calme sous ces étoiles. Et, en plus d’avoir passé autant de temps à rester immobile et inconscient, la fatigue de mon voyage avait disparu. J’avais l’impression d’avoir hiberné pendant toute ma vie !

E
t après une petite pause pendant laquelle j’avais goûté à la délicieuse eau de la petite rivière, je repris mon travail. Je regardai longuement mes mains tatouées et éclairées par la lumière blanche de la lune essayant de comprendre le sens de ces dessins qui même si compris dans leurs applications, m’étaient encore inconnu dans leurs symbolismes. Une lune dans une main, un soleil dans l’autre et la connaissance de leur fusion, sans plus. Le jour, la nuit, la destruction, la création… et leur fusion, la destruction totale, le commencement. Je connaissais ce que ces tatouages représentaient mais ne savais toujours pas quel rapport pouvait-il avoir entre les dessins et leurs fonctions. C’est alors que je décidai de profiter de cette nuit fraîche pour sortir de mon sac un papier sur lequel, avec un stylo naturellement, je commençai à griffonner quelques suppositions. Avant d’aller plus loin dans la pratique, il me fallait au moins comprendre ces deux tatouages. La lune, mère de la nuit qui baigne le monde de sa douce lueur et le soleil, père du jour qui de sa force éclaire le monde et qui révèle toutes ses beautés. Deux symboles étrangement opposés et qui pourtant au creux de mes mains n’avaient pas autant de différences. Même si par l’utilisation de chacune de ces marques la méthode changeait, le résultat était toujours le même, le chaos. Le chaos, venons-y. Parent de l’univers, cette période avait changé à tout jamais l’existence même. Une violente explosion qui avait crée, plutôt ironique non ? Tuer pour créer, peut être était ce là la vérité de mes tatouages. Maintenant que j’y pensais, je commençais à songer de plus en plus à cette possibilité. Même si dans leur symbolisme le soleil et la lune représentait la vie sous deux différentes formes, entre mes mains, ils ne représentaient que désolation et souffrance. Et quand je me disais que leur fusion créerait des explosions des plus violentes, je me demandais vraiment si la création avait quelque chose à avoir avec moi. Je n’étais qu’une arme vouée à la destruction totale, je ne voyais pas à quoi servirait le fait de me donner le pouvoir de créer... Et si au commencement la vie n’avait pas vu le jour grâce à un créateur mais à un destructeur ? Un être qui malgré et à cause d’une colère sans limite avait fait naître ce qui aujourd’hui se trouvait partout ? La vie, expérience foireuse, source de regrets et de malheur. Il n’y a rien de plus désolant lorsque, animés par de mauvaises intentions, nos résultats n’aboutissent qu’à bonheur et rire. Qui pouvait le savoir, peut être que la vie elle-même avait été crée par la haine ? Car, cela m’étonnerait vraiment que si comme je le pensais, il n’y avait non pas eu un créateur mais un destructeur, celui-ci avait été guidé par de nobles intentions. Et, si comme cette entité, j’avais le pouvoir de faire voir le jour à la vie dans mes destructions ? Cela tenait la route puisque le symbolisme même de mes tatouages représentait les deux formes de vie : le jour et la nuit. Et pour une fois, je me mis à redouter ce pouvoir qui pendant toute mon existence avait été mis au service du mal. Je serais donc un être voué éternellement à avoir le contraire de ce que je souhaite ? Moi qui n’aspirais qu’à éparpiller la douleur et faire le mal, je me retrouvais avec la possibilité de créer la vie ? Ironique situation, mes parents s’étaient joués de moi. Quelle idée d’envoyer une personne ayant le pouvoir de créer la vie sur un champ de mort ? Pensaient-il réellement que m’envoyer à la mort m’aurait aidé à créer la vie ? Si c’était vraiment le cas, ils s’étaient fourrés le doigt dans l’œil et bien profond ! J’avais souffert pendant toutes ces années durant lesquelles malgré moi j’avais tué et maintenant que j’y avais pris goût, il fallait que j’apprenne que je n’étais qu’un pitoyable créateur ?!

Lassé d’apprendre cela, j’abandonnai toutes recherches supplémentaires, sources de déception. A y regarder de plus prés, je me demandai vraiment si ma vie avait un sens. Dans ma jeunesse, alors que ma vie était guidée par de bonnes intentions, j’avais été envoyé sens aucun scrupules à la guerre. Période noire de mon existence, celle-ci m’avait totalement changé. Au fil des années et des batailles, je m’étais rendu compte que j’avais évolué. Même si la première hypothèse que l’on aurait pu avancer avait été que j’avais gagné en maturité et que j’avais été sur la voie des hommes, il ne m’avait fallu que très peu de temps pour vraiment comprendre qu’au contraire des attentes de mes camarades de fortune, la guerre avaient fait de moi un démon. La vie m’avait changé en monstre, tous en payèrent le prix fort et lorsqu’enfin j’avais réussi à accepter ce que j’étais, il fallait que j’apprenne que mon existence n’était pas vouée au mal. Un gros bordel, c’était comme ça que je définissais ma vie. Il semblait que quelqu’un là haut prenait un plaisir malsain à toujours me faire ce qui était totalement opposé à ma nature. On n’avait d’abord demandé à l’enfant que j’avais été de tuer et on demandait maintenant au démon que j’étais de créer… Rien qu’une vaste plaisanterie, rien qu’une belle idiotie, mon existence… Et, sans le savoir comment, sous cette lune de printemps, ma peine fut chassée par ma haine de la vie. Alors que je gardais la tête baissée, regard vers la terre, je la relevai lentement laissant paraître mes yeux de prédateurs, mes yeux de démons, mes yeux de tueurs… Ces yeux fauves qui pendant longtemps m’avaient intrigué, ces yeux qui par la suite furent compris, ces yeux emplis de mal, ces yeux qui reflétaient ma haine. Et doucement, mon visage ombragé laissa paraître un long sourire. J’avais enfin compris. Je n’avais peut être jamais eu ce que je souhaitais mais c’était grâce à cela que j’étais devenu ce que j’étais. Il n’avait fallu que douleur et déception pour faire de moi cette arme… Si mes parents avaient aspiré à faire de moi une arme bienfaisante, ils avaient été bien idiots. En me donnant ces capacités, ils ne m’avaient que lancé sur une route sombre au bout de laquelle se trouvait le véritable pouvoir. Et si je voulais atteindre la réelle force, je n’avais pas d’autres choix que d’emprunter cette route de la haine et de la violence. Même si j’avais été profondément déçu par ce que j’avais récemment appris, j’en savourai désormais la moindre miette. La vie s’était jouée de moi comme un enfant joue avec des allumettes et maintenant, elle s’en brûlait les doigts.

Après avoir murement réfléchi sur l’origine de mes marques et mon but dans la vie, je me décidai à prendre un peu de repos. Le lendemain de matin, après m’être préalablement préparé pour ma longue journée d’entraînement, j’avais pris place dans un bosquet de l’autre côté de la rivière. Cette fois ci, mon but était simple, grâce à des pierres que j’avais ramassées sur la route, je devais abattre tout ces arbres. J’avais plus d’une dizaine de pierres et autour de moi, ce n’était surement pas les arbres qui manquaient. Je me saisis alors d’un de mes projectiles et après l’avoir transformé en bombe, je le lançai brusquement sur un arbre dont le tronc explosa littéralement lorsque le morceau de roche explosif le toucha. Et bruyamment, un des résidents de cette immense forêt tomba entraînant avec lui un autre de ses compagnons. Il y eut un sourd bruit, un envol d’oiseaux et plus rien. Il n’y avait que dans ce genre d’endroits que je n’arrivais pas à prendre plaisir à la destruction qui était à mon avis bien trop rapide et pas assez savoureuse. Je me saisis d’une autre future bombe et l’action se répéta. Une autre explosion, une autre chute et de nouveau un calme plat… Il y avait déjà eu deux explosions et déjà trois morts. Et pendant une bonne vingtaine de minutes, les explosions s’enchaînèrent, les arbres tombèrent et les silences revinrent. Et une fois que je n’avais plus de caillou sous la main, je pus admirer ce merveilleux spectacle : ce ballet d’arbres couchés, tous morts et s’inclinant devant leur nouveau maître, moi. Une fois de plus, j’avais sévi et avais semé la mort dans un lieu qui pourtant avait connu la paix pendant des décennies. Cela était bien une preuve qu’il n’en fallait pas beaucoup pour détruire ce qui avait pris bien trop de temps pour voir le jour. Et, comme pour achever une tâche non finie, je plaquai mes mains contre le sol qui se souleva dans une violente explosion emportant les débris d’arbres. Une fois la tempête passée, il ne restait plus que les carcasses noircies de ces arbres et le sol sec et sans vie. J’avais passé plus d’une demi-heure dans cet endroit à massacrer et à détruire. Au moins, j’avais eu l’occasion de réutiliser ces techniques qui à mon vie n’avait pas eu l’occasion d’être utilisée depuis bien trop longtemps.

Après avoir laissé ce tas de cendre derrière moi, je m’étais rendu un peu plus loin dans la forêt, en aval d’une falaise d’une dizaine de mètre de haut, versent ouest d’une colline qui surplombait toute la région. Une fois de plus, je ne m’étais pas ramené dans ce coin pour faire du tourisme. Mes tatouages étaient encore chauds, j’en voulais plus. Une fois arrivée au pied de la sinueuse falaise, je posai ma main dans laquelle était tatoué le soleil sur la paroi. Lorsque je la retirai, apparaissait clairement sur la pierre ce magnifique tatouage qui symbolisait l’annihilation prochaine de cet amas de roche. Un autre touché histoire d’activer le sceau et je me retirai à pas lents, à quelques dizaines de mètres du lieu. Je ne tenais surement pas à être trop prêt lorsque cette charmante falaise sauterait. Je n’avais pas l’intention de me faire enterrer sous des tonnes de roches. Et lorsque le moment arriva, je pus apprécier entièrement cet opéra destructeur. D’abord, en introduction, cette brève mais violente explosion qui rapidement laissa sa place à l’écroulement sans fin des roches. Pour ce qui était du visuel, rien d’autre à blâmer à par peut être cet épais nuage de fumée qui m’empêcha d’apprécier totalement la destruction de ce qui était voué à l’éternité. C’était ce que j’appréciais le plus dans mon art, voir s’écrouler ce qui était éternel, une chose des plus jouissive. Car il suffisait de songer au fait que si je l’avais voulu, cette falaise aurait pu connaître l’apocalypse mais il n’avait suffit que d’un seul sceau pour faire écrouler ce colosse des âges. Voilà quel était mon véritable pouvoir, j’avais la possibilité de défier la nature, j’étais en mesure de détruire l’indestructible. Voilà pourquoi je ne me lassais jamais de détruire, c’était une chose bien trop merveilleuse d’avoir au creux de mes mains de telles capacités ! Si quelqu’un avait été témoin de cela, il aurait surement acclamé la colère des dieux puisqu’en toute logique il n’était pas dans la mesure des Hommes d’avoir la possibilité de faire cela ! Et c’était aussi ça que me faisait encore plus adorer ce que je faisais, sur le plan de la destruction, j’étais à l’échelle d’un dieu ! Une fois que le calme revint, après une bonne heure, je me rendis à mon campement où je passai tout le reste de ma journée à m’entraîner. Quelques lancés de senbons, d’autres explosions mais rien de plus, j’avais eu ce que je voulais. Mon entraînement était achevé. Une fois le soir venu, je repris ma méditation jusqu’au petit matin où je repris mon voyage non pas vers l’inconnu vers le pays du riz.




Entraînement achevé !
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MessageSujet: Re: Dur labeur...[Suite]   Dim 12 Sep 2010, 22:42

Citation :


°¤ Evaluation ¤°

¤ Whou .. je suis comme qui dirait : impressionnée.
A peine ais-je commencé la lecture, qu'on se sent, comme aspiré, au cœur de ton univers. La légèreté, la fluidité, le plaisir, l'originalité, tous ces ingrédients qui constituent cette belle fresque. Tu as été inspiré, et on sent que tu y as mis du coeur ^_^
Merci pour le partage [...]

Arrow Première Partie >> tu avais obtenu 6 points
Arrow 6 points + 2 points Bonus donc 8 points


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MessageSujet: Re: Dur labeur...[Suite]   

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Dur labeur...[Suite]

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