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 Je déteste la pluie... [PV]

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MessageSujet: Je déteste la pluie... [PV]   Sam 21 Mar 2009, 20:38




    Errances, vagabondages, déambulations. Autant de termes pouvant être utilisés pour qualifier les incessantes pérégrinations de l'atrabilaire enténébré depuis son impavide venue au sein du pays de la foudre et des légions de Shinobi qui en constituaient la défense majeure. Un changement de décor radical dont il se serait bien passé, tant était flagrant le fait que cela revenait à quitter une cage et prendre son envol pour voler droit s'enfermer dans un autre carcan du même acabit. De tous temps, il n'avait eu de cesse de voir ses ailes rognées par ceux qui le maintenaient dans une étreinte épineuse au sein d'une machination infernale. Combien de fois avait-il donc espéré percevoir la sortie de ce dédale inéxorable constituant sa vitalité obscurcie? Il n'eût sû le dire tant l'élévation de ce calcul atteindrait d'irrépressibles sommets. Le plus ironique de l'histoire devait certainement être le fait qu'il soit réellement nanti des protubérances nécéssaires à ce type de fantaisies aériennes... Mais ceci était une autre histoire, dont les méandres s'inscrivaient dans l'épitaphe de son sillage maculé de sang et d'ombre. Un passé dédaigné dont il n'oublait pas les aspirations nécéssaires, tout en nonobstant sciemment les plus douloureuses gravures que comportait le fragment d'éternité lui étant consacré. Autant de tribulations pour exprimer à quel point le flegmatisme marquait tant son psyché que son expression faciale en ces instants de perdition, sa haute silhouette s'avançant avec fort peu engouement dans ce qui n'était encore pour lui qu'une demeure étrangère au sein de laquelle il se retrouvait piégé, comme un lion en cage. Notion d'ordre paradoxal pour celui qui voit sa nature humaine mêlée, unie à celle d'un tigre ; et ce, encore, en nonobstant toute prise en compte de la mixité de ses origines animales.

    Après tout, cette dernière donnée relevait de la plus pure corruption génétique, donc autant faire mine de la méconnaître dans cette équation tout ce qu'il y a de plus anodine ne l'aidant guère plus qu'à tromper son ennui et sa somnolence tandis que son véhicule s'avance en rugissant au travers du dédale qu'était encore pour lui ce nouveau refuge. Il n'avait d'autre choix que de le parcourir incessamment de la sorte pour s'y accoutumer - puisque, qu'il le veuille ou non, c'était désormais une obligation. À vrai dire, sa découverte par cette manière louant l'évolution technique de l'homme au travers de son amour de sa moto en venait à exercer une influence sur cette dernière, puisque cela le poussait à l'utiliser d'autant plus en conséquence. Autant dire tout de suite que la bécane en question avait sans doute été aussi usitée en quelques jours consécutifs à son installation dans la localité alpine que depuis qu'il la possédait jusqu'aux jours précédant sa venue. Le trajet à lui tout seul avait déjà amplement usé la gomme de ses pneus, et même si la promenade champêtre que ça lui avait offert était de toute beauté, il s'en serait tout de même bien passé, surtout en prenant en compte le fait qu'il avait dû en tolérer toute la longueur en solitaire. En d'autres termes, personne sur qui se défouler pour déverser la frustration qu'était la longueur de cette pénible pérégrination. Mais au final, il y avait de quoi relativiser, étant donné qu'il n'était pas complètement seul dans cette galère qui ne faisait que commencer, aussi accablante qu'elle soit d'ores et déjà. Hayato, son camarade depuis les tristes faits qui lui valaient d'être tel qu'il l'est à ce jour, avait également été victime de l'injonction visant à les expédier ici sans leur offrir l'opportunité de donner leur avis sur le sujet.

    Même si cela devait être pour son comparse tout aussi désespérant que pour lui-même, ils pouvaient faire preuve de solidarité, et de plus cela lui faisait une connaissance au sein de ce village si radicalement différent de celui qui avait leur provenance. Et puis, aussi, ça lui donnait quelqu'un sur qui rejeter l'amertume que lui valait cette situation. C'était toujours ça de pris, aussi. Et tant pis pour la cervelle de piaf. Étant dans le même schéma, il ne pouvait que comprendre ce besoin, justification tout ce qu'il y a de plus agréable qui le disculpait. Sur certaines choses, il fallait avouer que parfois, la vie était bien faite. En tout cas, tout cela pour introduire leur récent débarquement au beau milieu de ce qu'ils ne pouvaient que voir comme un trou paumé, au sens premier du terme. C'était si différent de ce dont ils avaient l'habitude et de la noblesse des domaines du clan qu'ils ne pouvaient que constater une relative pauvreté dans ce décor dépouillé et minimaliste qui constituait désormais leur lot quotidien. Bien sûr, non contents que l'entente entre les autorités de Kusa et de Kumo aient orchestré cette décision les concernant à leur plus total insu, il fallait également qu'ils soient soumis aux directives de cette nouvelle direction planant au-dessus de leurs têtes sans pouvoir y faire quoi que ce soit. C'est pourquoi, à peine convenablement logés, ils recevaient malgré tout déjà ce qui avait tout l'air d'être un ordre de mission. Disons-le d'emblée : en remarquant le mot manuscrit rédigé de la main du Raikage qui avait été glissé sous leur porte le matin-même, Nataku n'avait pû réprimer un grognement approchant de la bestialité, en dépit du fait qu'il soit en train de se brosser les dents lorsqu'il avait remarqué la présence du feuillet sur le plancher.

    Froissant la convocation d'un poing agacé après l'avoir brièvement parcourue du regard, il avait ensuite jeté la boulette de papier au Suzaku qu'il n'avait d'autre choix que de supporter en tant que colocataire, se souvenant après ce bref énervement de sa présence ainsi que du fait qu'il en était aussi concerné. Sans prendre vraiment compte de la réaction crispée de son coéquipier après ce cadeau décoiffant qui semblait ne pas être tout à fait à son goût, il s'était empressé de refermer la porte branlante de la salle de bain pour l'empêcher de lui renvoyer ce don gracieux en plein visage, afin de finir sa toilette hâtive et de chausser sa sempiternelle tenue, accentuant son apparence délinquante. Les contingents locaux étaient donc si faibles ou si réduits en matière d'effectifs qu'ils étaient déjà sollicités alors qu'ils venaient à peine de poser leurs valises ? Il y avait de quoi en rire. Jaune, bien évidemment. Mais malgré tout, ils n'avaient pas vraiment le choix ; c'était le plus haut dignitaire local qui exigeait leur présence, et ils n'avaient donc pas l'opportunité de s'en désister si l'envie leur en prenait, même si c'était la première chose à laquelle le fauve d'opale avait songé à la lecture de cette missive. Rien ne les en empêchait, mais il fallait avouer que ne pas obtempérer tiendrait de la conduite suicidaire, particulièrement dans la mesure où ils ignoraient tout de celui qui souhaitait leur présence. Et puis, il n'était pas impossible de relativiser. Ils devaient de toute manière se retrouver face à lui un jour ou l'autre, et son identité n'avait pas manqué d'intriguer le métisse : ainsi, ce serait chose faite que cette rencontre nécéssaire. Voilà donc comment lui-même et son binôme se retrouvaient à devoir sillonner le labyrinthe des rues de Kumo à bord de leur unique moyen de locomotion, progressant incessamment dans un vrombissement persistant, comme tentant d'atteindre une fulgurance suffisante que pour échapper à la pluie battante qui les trempait jusqu'aux os.

    Bien évidemment, il n'avait pas été prévu qu'ils n'auraient pas le moyen de prévoir d'une quelconque manière cette perturbation météorologique. Également, nul n'avait été capable d'avertir le dirigeant de l'endroit qu'ils seraient incapable de trouver le point de rendez-vous donné facilement, ne connaissant aucunement la disposition des lieux suffisamment que pour avoir connaissance de son emplacement. Et à vrai dire, demander des indications aurait été quelque peu embarrassant, étant donné l'endroit désigné en question. Et puis, l'orgueil primait aussi, et ce serait y porter atteinte pour un mâle dans sa plus pure intégrité que de demander sa route. Stéréotype ? Certes, mais néanmoins applicable dans le présent cas, sans doute au plus grand dam du passager de l'irascible taciturne. Ainsi, ils ne pouvaient qu'arpenter chaque recoin du domaine afin de mettre la main sur ce qu'ils recherchaient. De toute manière, dans le fond, Hayato n'avait pas grand chose à dire sur l'obstination de son estimé confrère à ne pas demander d'indications sur sa route : la moto sur laquelle ils étaient tout deux hissés appartenant au belliqueux prédateur qui lui tenait lieu d'équipier, il aurait été plutôt risqué pour lui et pour la suite de leur avancée commune de lui faire une quelconque remarque dénigrante à ce sujet comme il eût si bien été capable de le faire. Se contentant de ronger son frein face aux suppliques exaspérantes de son collègue, il ne fit montre de cette frustration montante que lorsque le hasard finit enfin par mener leurs pas - ou plutôt leurs roues - jusqu'au bâtiment où ils étaient attendu. Regardant sa montre du coin de l'oeil, l'hybride constata que malgré l'heure qui s'était écoulée tandis qu'ils vagabondaient aléatoirement sous l'averse, ils avaient encore un minimum d'avance.
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MessageSujet: Re: Je déteste la pluie... [PV]   Sam 21 Mar 2009, 20:40

    Par conséquent, il n'y aurait rien eu d'étonnant à ce qu'ils soient les premiers arrivés. Freinant brusquement, calmant l'élan de sa bécane chérie aussi brusquement que possible, il s'échina à la faire déraper de manière tout à fait imprévisible dans le but évident d'éjecter son compagnon de voyage. Chose réussie et parfaitement calculée, avec l'aide de la flaque de boue située à un mètre à peine de la carosserie rutilante de la machinerie encore vibrante. Un crissement strident caractérisant cet arrêt brutal, il ne fût pourtant pas suffisament dérangé par cet indésirable bruitage que pour oublier de déployer brusquement ses ailes afin de dissuader aussitôt l'androgyne de s'accrocher à lui pour ne pas tomber - et donc, pour ne pas se faire entraîner dans sa chute. Il eût été idiot d'être pris à son propre piège. Par chance, il avait eu l'esprit mathématique sur ce coup, même si ça relevait sans doute plus de la motivation que lui valaient ses pulsions vengeresses que d'un autre facteur. Juste un instant de manifestation de ses origines aristocratiques pour ne pas être emporté dans cette déchéance salissante. Malgré tout, il avait omis un détail : son dos était vétu, et cela ne pouvait donc que nuire à sa tenue vestimentaire. Le réalisant tout en ricanant en observant le splendide vol plané de son cher ami, il déchanta aussitôt, se pinçant l'arête du nez face à sa propre stupidité. Mais cette nuisance lui échappa aussitôt face au spectacle ridicule d'un jeune "moineau" surnageant dans des eaux terreuses, s'embourbant plus qu'autre chose à force de se débattre. Descendant du véhicule, il poussa donc nonchalamment la porte de l'endroit en sifflotant un air joyeux, content de lui après cette malveillance aussi puérile qu'hilarante.

    Il fût aussitôt accueilli par des effluves suaves et insistantes qui perturbèrent ses sens, ces fragrances suffoquantes l'emportant dans une chaleur torride proprement inhabituelle. L'atmosphère avait quelque chose de dérangeant, et la musique de fond qui se mêlait au tout avait quelque chose... D'érotique ? Haussant un sourcil, il s'avança dans la pénombre du couloir d'entrée, intrigué par la nature de l'endroit. Il ne pût réprimer un soubresaut en sentant un contact frissonnant sur sa peau au niveau des deux lacérations que ses protubérances dorsales de Suzaku avaient laissé en guise de stigmate de leur passage, identifiant aussitôt le passage délicat d'un doigt sur sa peau. Sa veste lui fût ôtée tandis qu'il se cabrait sous ce toucher surprenant, sentant des présences proches de lui. Se requinquant aussitôt la surprise passée, il s'empara du vêtement abimé d'un geste brusque, l'arrachant aux mains manucurées d'une des hôtesses surmarquillés qui s'étaient précipitées sur lui aussitôt qu'il avait franchi le seuil de l'endroit. La fixant avec hostilité de ses prunelles rougeoyantes d'une couleur sanguine à même ses propres prunelles, elle ne lui répondit que d'un sourire charmeur dans un premier temps, laissant une dentition impeccable trancher fortement avec la teinte richement bronzée de sa beau. Faisant tinter ses boucles d'oreilles et autre bijoux et babioles en tous genres en inclinant la tête, la moue séductrice, elle posa les mains sur ses épaules, le fixant d'un regard qui se voulait explicite.

    « Hey... Calme tes ardeurs, beau gosse... » lui fit-elle d'une voix chaude et sans grande équivoque.

    Serrant les dents face à ce qui revenait pour lui à une vulgaire provocation, il se dégagea promptement, la repoussant du bras d'un geste rude sans vraiment chercher à la blesser. Ne lui laissant pas le temps de revenir à la charge, il brandit l'avant bras, laissant une flamme naître du néant au creux de sa paume, boule de feu miniature crépitant sagement, n'attendant que d'être lancée. Toisant de haut la demoiselle visiblement choquée par cette apparition flamboyante, profitant de son avantage en matière de taille, il rétorqua d'un ton sec qui n'offrait pas de douter du sérieux de ce geste menaçant :

    « Casse-toi y'a l'feu. »

    La voluptueuse apparition s'écarta aussitôt prudemment en acquiesçant faiblement, blémissant à vue d'oeil. Elle tourna les talons et s'en retourna à ses occupations de même que sa collègue, visiblement refroidie par une flammèche pourtant tout ce qu'il y a de plus brûlante. Soupirant, il volatilisa celle-ci. Au moins, elles avaient eu le mérite de le délester à sa place d'un vêtement qu'il s'apprêtait à ôter, mourant de chaud depuis qu'il avait pénétré cette baraque qui ne lui laissait rien présager de bon. Observant d'un coup d'oeil rapide le reste de la pièce, il se crispa légèrement, soudain en proie à une abyssale incrédulité en comprenant de quoi il retournait, cet accueil d'un genre particulier appelant à lui un mauvais pressentiment et une perplexité peu appréciable. Des barres verticales autour desquelles se trémoussaient en une danse lascive des demoiselles aux tenues affriolantes à la légereté provocatrice, des serveuses aux attitudes aguichantes ne manquant pas de sous-entendre des invitations tout à fait singulières aux divers clients en présence... Ajoutant à cela le reste du décor de cet environnement novateur, dont notamment les tableaux dépeignant des images plutôt représentatives, cela ne laissa plus aucun doute salvateur à l'esprit logique de l'incoercible.

    Se laissant tomber sur une banquette semi-circulaire autour d'une table ne pouvant accueillir que cinq personnes, il ferma les yeux, réajustant ses lunettes et secouant faiblement la tête comme afin de chasser des pensées malsaines, en venant à croire que tout ceci n'était qu'un mauvais rêve dans sa plus simple expression. Il était vrai qu'y croire était plutôt difficile, et ne portait pas vraiment à lui laisser une bonne première impression de son supérieur hiérarchique. Il s'attendait à tout sauf à cela, et ça n'avait pas manqué de le prendre au dépourvu. Il y avait de quoi. D'accord, il était clairement stipulé dans la lettre reçue qu'il leur fallait un endroit discret, où on ne penserait pas les trouver et encore moins les y voir discuter d'un sujet de la plus haute importance. Mais il y a des limites à tout, et il fallait bien estimer que là, elles étaient largement franchies. Décidément, ça commençait mal. S'allumant une clope pour évacuer sa fébrilité, il se cala les coudes sur le sommet du dossier de la banquette au centre de laquelle il s'était laissé tomber lestement. Rouvrant à demi les yeux, il jeta un nouveau regard sur l'endroit, ne parvenant décidément pas à réaliser.

    Un bar à putes...


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MessageSujet: Re: Je déteste la pluie... [PV]   Dim 22 Mar 2009, 18:25



Il pleuvait, et j'étais coincé à l'arrière de la moto de mon équipier, Nataku. Je déteste la pluie. Non seulement elle humidifie les vêtements et dérange les cheveux, mais elle rend tout lieu mélancolique, triste à pleurer. Savez-vous ce qu'est la pluie ? Il est aisé de deviner qu'il s'agit de précipitations aqueuses tombant des nuages, mais elle représente plus que cela à mes yeux. Se tenir sous la pluie, c'est recevoir toutes les misères du monde sur son crâne, et se remémorer toutes les siennes. Dix-huit ans d'aiguilles sales, de gouttes de pluie, coulent dans mes veines ! La pluie me fait sentir qu'il n'y aurait plus de lendemain maintenant qu'elle est partie. Ce qui se trouve devant moi n'aurait plus aucune saveur. L'eau qui tombe des nuages devient soudainement toute une marre de cochonneries lorsqu'elle touche terre. De ma vie, jamais plus je ne sentirai la paix et l'amour. C'est cela, la pluie. Si en plus de cela, elle est combinée avec un vent violent provoqué par la surprenante vitesse à laquelle l'engin de mon coéquipier roulait, elle est d'autant plus désagréable. Comment étais-je arrivé là ? Revenons un peu plus en arrière.

Après ma rencontre avec Nataku, nous avons à notre insu étés en quelque sorte «expulsés» de Kusa no Kuni, domaine de résidence originel des Kanade, pour nous déporter ensuite à Kumo, le village caché de la Foudre. Je n'étais heureusement pas seul dans ma galère, ma nouvelle connaissance, quoique peu agréable, était avec moi. De ma grande demeure familiale, luxueuse et spacieuse, je déménageais dans une baraque à peine solide, rudimentaire et pleine de crasse au beau milieu de nulle part. Avant de déserter mon ancien habitat à tout jamais ou presque, je tentai d'emporter quelques affaires, quelques denrées utiles à ma survie et quelques souvenirs de ma vie d'antan pour les transplanter dans cette nouvelle maison. L'ambiance s'annonçait rude et quelque peu … Singulière. Ce fut une véritable bataille quotidienne de maintenir mon espace vital présentable et vivable. De l'autre côté du taudis, la saleté, la vie «à la dure» ne semblait pas perturber le moins du monde l'hybride qui me servait de colocataire et seule connaissance en ce lieu. Chacun son mode de vie … Il faut avouer qu'ici, je n'étais pas vraiment dans mon élément. Je constatai avec dégoût de la vétusté des lieux. Cette habitation n'avait pas l'air d'avoir été fréquentée très récemment avant notre arrivée. L'espace n'était pas vraiment un problème, nous pouvions d'ailleurs avoir un étage chacun : mais comme le dit le célèbre adage, la qualité prime sur la quantité. Et en occurrence, la qualité était inexistante. On pouvait qualifier l'endroit de château branlant. La notion de lit n'existait pas : nous avions par contre le droit à un matelas douteux. Les murs étaient lézardés, parfois recouverts avec un papier peint des plus défraichis et dégoutants. L'eau était à peine potable et offrait à notre vue une couleur peu fiable, mais nous allions devoir vivre avec. Inutile de préciser que la cuisine et la salle de bain étaient situées à mon étage. Je ne tenais pas particulièrement à nager dans la moisissure ni a manger avec des blattes, vu le sens de la propreté de mon acolyte. Je lui laissai avec plaisir la télévision ainsi que la réserve d'alcool, le cœur cette fois un peu plus serré. Que ne ferions pas pour une hygiène potable ...

Quelques instants plus tard après notre installation dans notre palais, je vis Nataku se brosser les dents – je me demande d'ailleurs si les brosser avec cette eau ne les rendrait d'ailleurs pas plus sales qu'à l'origine, mais passons -, un document à la main. Je me demandai alors comment pouvions-nous recevoir du courrier dans un taudis pareil. A peine la note parcourue des yeux, il me la renvoya sur le crâne avec la plus grande délicatesse. Ou pas. Je la retirai avec la plus grande crispation de mes cheveux, ignorant cet énergumène et le laissant dans sa fange pour la lire. Un document officiel à vue de nez, écrit de la main du Raïkage en personne. Nous fûmes alors conviés dans un lieu qui m'était totalement inconnu pour avoir une discussion avec d'autres Shinobi de notre rang. A l'inverse de mon comparse, je fis preuve de bon sens et rangeai la note dans une poche de mon bas pour la conserver précieusement. Je finis ma toilette rapide tant l'eau douteuse sortant des canalisations de notre habitat me dégouta. Je revêtis une de mes rares vestes de soie de couleur bleue, changeai mes bandages au torse et mis un collier assorti, sans oublier de le passer par ma lèvre percée. Quelle classe.

Et me voilà a cheval sur cet engin vrombissant qu'était la monture de Nataku, sa chère et tendre moto. Fort laide, par ailleurs. Trop ancré dans son orgueil de mâle viril, ce dernier n'avait pas le courage de demander le chemin pour aller jusqu'au «Nid-Bar». C'était précisément le lieu de rendez-vous, au nom légèrement équivoque. Mais passons, une fois de plus. Cela devait faire plus d'une heure que nous tournions en rond sous la pluie et le tonnerre, parce que Monsieur ne daignait pas s'arrêter sur le bord de la route. Puis à force de passer Kumo au peigne fin, nous trouvâmes le lieu en question. Dans une petite ruelle isolée … Quelle surprise. Le porc qui me servait de partenaire s'arrêta en un dérapage violent, qui eut pour but de me faire voltiger dans une mare de boue non loin de l'entrée. Objectif atteint. L'idée de me rattraper à lui pour éviter l'inéluctable chute ne me vint pas, pour la simple et unique raison que ce dernier, dans un trait d'intelligence, brillant par sa rareté, avait déployé ses ailes de bouffon simili-Suzaku pour que j'évite de m'accrocher à sa veste. Quel abruti, il avait oublié que sa veste était encore sur son dos. Il l'a littéralement explosée. Bien fait pour lui. S'il avait été un réel Suzaku, il n'aurait pas omis ce petit détail. Jubilant de son action puérile, il entra dans le bar, me laissant seul dans l'obscurité. Mon kimono ouvert fut alors souillé d'immondice qui gisait sur le sol.

Je me relevai tant bien que mal de la fange dans laquelle j'avais été jeté, puis me dévêtis de ma veste salie par l'autre crétin. Je poussai la porte du Nid-Bar, l'habit à la main. Je fus immédiatement plongé dans une atmosphère étouffante, submergé par un flot conséquent d'effluves suaves et lourdes. C'était évident : ce lieu respirait la femme. Ce fut en m'engouffrant totalement dans le bar que je découvris sa véritable fonction: un bar à hôtesses … Alors, telles étaient les tendances de notre Raïkage ? Cela en disait long sur lui. Étant à moitié dévêtu, une des employées vint vers moi, l'air charmeur et aguicheur, à la limite de l'indécence :


« Jeune homme, serais-tu mon amant pour des honoraires moindres ? Tu es déjà prêt ? La chambre se trouve à l'étage, mon chou.

_ Vous faites erreur sur la personne … Veuillez m'excuser. »

Il fut difficile d'admettre cela, mais j'étais incroyablement gêné. J'avais à peine l'âge de fréquenter ce type d'établissements, et ma juvénile beauté avait l'air d'attirer les regards des femmes ici présentes. Mes regards et mon sourire sont devenus ma malédiction en ce lieu au parfum d'interdit. Lèvres serrées, jupes rouges moulantes et regards pervers tournés vers moi. Le corridor qui s'étendait devant moi, s'ouvrant des deux côtés sur des pièces occupées par des hommes en train de se faire plaisir avec quelques femmes, semblait ne jamais s'achever. Arrivé au bout, enfin, j'essorai mon habit boueux au dessus de la tête de Nataku qui en reçut sur ses cheveux semblables à un porc-épic. Je m'assis en face de lui, l'air de rien, en frottant les fragments de boue séchée restants sur ma veste bleue pour ensuite m'en revêtir. J'allumais mon semblant de calumet et commençais à fumer, l'ambiance de débauche ici présente pouvant me le permettre. Il ne nous restait plus qu'à attendre les autres participants, autour de deux bières commandées par mes soins, servies par une charmante demoiselles aux atours convaincants. Autant s'adapter à l'endroit ...


Dernière édition par Kanade Hayato le Jeu 26 Mar 2009, 18:36, édité 1 fois
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Asakura Kanna
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MessageSujet: Re: Je déteste la pluie... [PV]   Jeu 26 Mar 2009, 17:44

De la demeure d'un clan d'aristocrate reculée, une promenade pluvieuse s'était entamée au grand désarroi de son exécutant. En effet, cette situation climatique s'avérait assez déplaisante pour bon nombre de personnes, mais encore plus pour le condescendant Némésis. Le cas étant, ce n'était qu'une mauvaise passe, une dizaine de minutes suffirait à rejoindre sa propre habitation au lieu de rassemblement secret de son unité tout aussi... mystérieuse. Kanna ne connaissait aucun de ses membres, mais fort heureusement la mise en connaissance de ses futures compatriotes se voyaient imminente et pourvue de quelconques rebondissements suite aux tempéraments - encore lambdas pour le Palladium. - auraient pu faire chauffer les esprits de chacun. Quoi qu'il en soit, cette ballade maussade se ferait qu'il le veuille ou non. Revêtu de son ensemble de cuir pendant jusqu'à ses propres pieds. Cette combinaison aux teintes ténébreuses et inquiétantes le protégeant parfaitement des conditions météorologiques de son nouveau pays - auquel d'ailleurs il s'habitua avec une rapidité déconcertante. - Chaque pas le rapprochant de sa destination, mais également souillant ses bottines fermement serrées, style vestimentaire et affligé oblige. Certes, une réelle tristesse le domptait, mais quelques changements de son être le poussait à garder cette attitude hautaine et morose, lui offrant une aura imposante de par les sentiments qu'il inspire. Néanmoins, une socialisation acceptée, pas comme quelques trainées de boue sur son accoutrement.

Enfin arrivé au but de sa courte escapade, un bar dont la façade brillait de milles lumières éclatantes. Un bistrot en somme, mais le vingt-huitième n'avait pas idée de l'endroit choisi pour la rencontre de la protection du Raïkage. En seconde position dans la liste, il disposait d'une autorité sur tous les nombres supérieurs au sien de son groupe. Chose sans doute choisie par le leader du village caché des nuages, en raison de sa capacité à leader une corporation - secrète ou pas. - et guider amis ou alliés. Sans perdre de temps en raison du bon nombre des gouttelettes d'eau s'écrasant avec fracas sur sa veste déjà ouverte, une certaine chaleur demeurant tout de même sous son attirail. Une fois entré, la musique battait de son plein, quelques donzelles bien maquillées dont le décolleté croisait quelques regards depuis le début de la journée, la plupart de la gente masculine peuplant les bars de la sorte, début de soirée commençant. Froufrous et brillants se baladant, se promenant dans les allées étroites écartées par quelques personnes enivrées d'érotisme et d'alcool, une sensuelle odeur de plaisir perpétuel dans cet endroit déplacé. Nonobstant la présence de ces femmes de joies malgré quelques mains posées sur un attirail dont la fermeture éclair demeurait toujours au niveau du plexus de son porteur, il finit par l'ouvrir complètement après s'être extirpé tant bien que mal d'une foule qu'il n'appréciait guère.

Cigarette posée entre ses lèvres, quelques secondes avant d'inhumer cette fumée mortelle et nauséabonde. Le triste noble sorti son zippo de jais d'une poche de sa veste de cuir, tout en s'asseyant sur une chaise recouverte d'un tissu carmin aux boutons dorés. Ses bottines crasseuses sur la table et sa cravate dénouée, ainsi que sa chemise presqu'ouverte lui donnant un air désinvolte, l'on n'aurait pas cru s'adresser à quelqu'un de la haute caste. En effet, il avait décidé de changer et pour de bon, cela pouvait se remarquer. Une flammèche surgissant de l'outil carré afin de brûler ce morceau de papier recelant milles poisons. Première bouffée tant attendue, ce goût si aigre et habituel aux lèvres de Kanna à présent. Se balançant sur les deux pieds de sa chaise, pouvait-il encore se remettre en question? Ses convictions s'étaient tournées vers un changement radical envers son être depuis ces derniers mois. Certes il demeurait de classe bourgeoise, mais sans doute le moins représentatif d'entre-eux à présent. Quelques déductions étaient surgies de nulle part, ces lois familiales qui se devaient de montrer son clan comme le plus puissant et le plus respecté, peu importe les moyens mis en œuvre pour cet objectif primaire. Mais dans quel but? La gloire? Sans doute, mais aussi synonyme de force. Qui pourrait oser s'attaquer à un groupe influent? La réponse étant un inconscient, ou personne plus puissante que l'assemblée concernée. Une nouvelle vie, voilà ce qu'il espérait en intégrant l'unité spéciale des Raïu, en devenant à nouveau un leader, le second.

Infinis volutes sépulcraux se propageant tout autour de sa personne, une ultime fois, ses pensées tournées vers l'amour pour qui il tournerait définitivement les talons. Crois aux larmes et en la tristesse, mais s'il te plaît, n'espère pas cette chose hybride, machiavélique et si horrible qu'est ce sentiment. Enivrant et heureux, sans doute. Morbide et triste, tout autant. Une dernière fois, il l'amène à ses lèvres, une dernière fois, un baiser furtif apposé sur ce cylindre enfumé d'où la mort dessinait sa propre personne en ces arabesques insaisissables. Certes, il voulait encore aimer, mais n'aimait-il pas encore? Au plus profond de son être, non. Un traumatisme causé par cette perte, il voulait à présent ce changement, ce cœur de pierre tant convoité. Morosité de son âme, il cachait ces derniers espoirs d'un bonheur imminent en cette cigarette. Le calumet fut rapidement éteint, d'un geste lent, il l'écrasa dans un cendrier de marbre traînant sur la table. Malgré toutes ces pensées désagréables et accablantes, le romantique spadassin en demeurait néanmoins... Heureux de lui. Un mal du siècle le rongeait jusqu'aux os, mais il trouvait son compte dans cette mélancolie perpétuelle dégagée par ses soins et par son existence. Non il ne respirait pas le bonheur, il n'était qu'un de ces nombreux fous recherchant l'amour. Après quelques minutes de songes existentiels, il poigna dans une bouteille avoisinante et en englouti quelques gorgées. Toujours de cet air hautain, mais désinvolte, il passa sa main dans sa crinière de charbon, se balançant sur sa chaise, attendant quelconque signe de ses frères d'armes perdus en ce lieu si obscènes.

L'éternité, c'est long. Surtout vers la fin.
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Takeo Kikuta
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MessageSujet: Re: Je déteste la pluie... [PV]   Lun 06 Avr 2009, 01:06

Bêtes de la Nuit [Les Cachots] Arrow

La nuit était noire et silencieuse. Seule chantait la pluie sur les toits de Kumo, lancinante. Celle-ci avait fait son apparition, sans crier gare, voilant la lune des lourds nuages qui la précédaient. Dans cette obscurité que peinaient à percer les rares lampadaires du village, le doute régnait, faisait osciller les cœurs entre crainte et soulagement. Le danger était-il passé? Pouvait-on reprendre la routine quotidienne après cette brusque et violente agression? Personne ne répondait à ces questions silencieuses, et l'anxiété grandissait.
Pourtant, il existait des îlots d'insouciance et de lumières dans cette mer d'ombres. Ces lieux où rien ne changeait, où, chaque nuit, plaisirs enivrants et surprises nocturnes se succédaient dans début ni fin, apparaissaient comme un autre monde à ceux, perdus, qui marchaient sous le déluge. Pouvait-on trouver l'irréel rassurant? Bien évidemment, oui. Chaque homme qui passait devant lieux se demandait un instant avec espoir s'il aurait le courage de passer cette porte et de s'abandonner, avant de reprendre sa route, renfrogné et soucieux.

La pluie glacée s'abattait devant lui sans faiblir, et pourtant sans le toucher. Le froid mordant le laissait de marbre, mais en son tréfonds il sentait ses serres gelées se resserrer sur ses entrailles. Dans cette nuit humide, Takeo n'était qu'une ombre guettant le moment propice pour s'avancer dans la lumière. Réfugié dans les hauteurs d'un immeuble dans le pur style de Raï no Kuni, le Ketsuki était niché dans l'espace protégé que lui offrait le toit incliné du bâtiment. De là il pouvait, au sec, observer toute l'agitation, ou plutôt l'absence d'agitation, en contrebas.
Il fallait dire que ce n'était pas le meilleur lieu d'observation pour rencontrer une activité humaine. Une petite rue, assez étroite sur la fin, éloignée des grands axes de circulation du village ne pouvait pas offrir à ses yeux un spectacle de qualité. Son attention était pourtant focalisée sur cette rue ou, plus précisément, sur un point de cette rue. Une porte. Une porte assez simple, banale. L'éclairage néon qui la surplombait l'était moins, lui. Son style ne laissait aucun doute quant au type d'établissement qu'il annonçait, du moins pour les habitués ou les observateurs. Le Vampire était du deuxième genre, n'ayant jamais trouvé d'utilité à entrer se perdre dans ce qui n'était rien de plus qu'un numéro de cirque pour adulte. S'il connaissait dans les détails ce qui se passait à l'intérieur, c'était uniquement parce que les différents points chauds du village étaient sous la surveillance de son service. Et ce bar-là en était.
Pourtant, cette nuit-là, ce n'était pas pour cette raison que le Chef de l'Anbu observait attentivement la porte de l'établissement. S'il restait là à attendre, c'était uniquement parce qu'il avait à faire ici. Attendre quoi? Attendre ses invités.

Un bref frisson parcouru le corps immobile de Takeo. Etait-ce le froid ou l'excitation? Sans doute un peu des deux. Cela faisait un moment maintenant qu'il était là à guetter l'arrivée de ses proies, et l'inactivité ne lui convenait guère. L'élément déclencheur de la traque pouvait survenir à tout moment, et pourtant son groupe n'était toujours pas arrivé... Quelle plaie.
Mais sa situation n'était pas à plaindre. Il était dans le froid, l'humidité, la nuit, mais au moins il n'était pas tout seul. A côté de lui, plus ou moins dans le même état, gisait Kuro. Encore moins enclin à la patience que "Gankutsuou", "Fenrir" commençait à gronder devant cette attente injustifiée. Le Vampire s'étonnait toujours de sa présence: il ne s'attendait pas à le retrouver dans le cimetière, presque à l'endroit exact où ils s'étaient séparés plus tôt, en train de pioncer parmi les tombes sous sa forme de canidé. Takeo avait alors pris son temps pour le réveiller, puis le convaincre à sa manière de se joindre à la "chasse" qu'il préparait. Chose surprenante, ses tentatives s'étaient révélées fructueuses. Kuro lui avait emboité le pas avec une étrange grimace, un sourire sans doute, en travers du museau. A présent sous sa forme humaine, celle d'un gosse de 19 ans mal nourri, la bête noire de Kumo lui lançait de temps à autre des regards courroucés pour lui faire part de son mécontentement. Son supérieur les ignorait, sachant pertinemment qu'il n'y pourrait rien changer. Pour la même raison, il avait abandonné l'idée de faire enfiler son masque au loup, et avait décidé de ranger le sien. Ainsi, ils attendaient dans la frustration que ceux qu'ils attendaient se pointent.

La chose finit par arriver. Cela se fit d'abord sentir par un bruit se rapprochant, brisant le son de la pluie par son puissant grondement. Une lumière apparue alors au bout de la rue, éclairant les environs et les gouttes tombant dans son champ. La bête ne décéléra pas alors qu'elle se rapprochait des néons et, durant un moment, Takeo pensa avec découragement que la moto allait continuer son chemin sans s'arrêter. Mais ce ne fut pas le cas cette fois-ci. Par un habile dérapage, le motard parvint à s'arrêter tout juste en face de la porte du bar. Par contre, ses bagages n'eurent pas l'adresse de se cramponner à quelque chose pour éviter de tomber dans la boue au sol. Tout fut répandu par terre avec un bruit mou... Avant que les bagages se mettent à bouger... En fait ce n'était pas des bagages. C'était un second homme. Dommage. Pour lui.
Le Vampire reporta son regard sur l'homme à la moto, ou plutôt sur les deux ailes de flammes qui dépassaient de son dos. Alors qu'elles disparaissaient, Takeo resta silencieux, à se demander ce qui le dérangeait dans cette technique. Il s'y connaissait un peu en clans, et les ailes de feu en elles-mêmes ne le surprenaient pas, surtout lorsqu'il connaissait le nom des deux shinobi un peu plus bas. Kanade Nataku. Kanade Hayato. Tous deux membres de fameux clan Kanade, mais de branches différentes. Ce fut là qu'il mit le doigt sur ce qui le gênait. Ayant encore les dossiers des deux Kanade à l'esprit pour les avoir parcouru un peu plus tôt, il savait que l'un était un Suzaku, un phénix, maitre du feu, et que l'autre était un Byakko, un tigre, un utilisateur de foudre. Sauf que, des deux, c'était Hayato qui était censé maitriser le feu. Et le grand baraqué qui possédait une moto, c'était Nataku, sans hésitation. Alors comment expliquer les ailes?
Affaire à élucider. Plus tard.
La seule réaction du Vampire à la chute et à l'apparition des ailes de feu fut un bref grognement appréciateur, inaudible du haut de son perchoir. Nataku, sans attendre son compagnon, pénétra dans l'établissement alors que son comparse, à l'apparence plus fragile, se relevait péniblement pour se dévêtir partiellement et pénétrer à son tour dans le Nid-Bar. Le pauvre. S'il avait su dans quoi il entrait, surement aurait-il gardé ses vêtements boueux sur les épaules. Maintenant, c'était trop tard. Il était livré aux pires fauves qui puissent exister. Cette gaffe arracha un sourire au Vampire qui lança un regard à Kuro pour observer sa réaction. A première vue, le loup avait apprécié le spectacle à sa juste valeur. Voilà qui allait détendre l'atmosphère... Entre ses lèvres closes depuis ce qui semblait une éternité, quelques mots s'échappèrent, prononcés pour lui-même.

« Ça nous en fait deux... »

Kuro ne sachant pas encore la raison de leur présence dans ce lieu, il ne pouvait tout à fait saisir le sens de ses paroles, d'autant plus qu'il ignorait encore combien de personnes ils attendaient. Le Vampire était pour le moment le seul à savoir qui manquait à l'appel. Et il s'agissait d'une seule et unique personne, et pas des moindres.
Un battement d'ailes arracha Takeo à son immobilité et le força à lever les yeux. Plus haut, suspendu à au rebord du toit par les pattes, se trouvait une petite chauve-souris, la tête en bas, qui le regardait fixement. Tout d'abord surpris, "Gankutsuou" fut ensuite ravi. Tout simplement ravi. Un sourire bestial s'étira sur son visage alors qu'il comprenait ce que la présence de la petite bête signifiait pour lui. Rapidement, le Chef Anbu tendit son bras en perchoir et la chauve-souris, bien dressée, vint s'y pendre pour rester par la suite parfaitement immobile. Il s'agissait d'une de ces chauves-souris que quelques shinobi spécialisés avaient dressées pour maintenir la communication dans le village et ses alentours de nuit. Celle-ci possédait un petit rouleau attaché à la patte droite. Takeo s'empressa de le détacher pour le déplier et lire avec une avidité certaine dans le regard les mots qu'il contenait. Son ravissement passa immédiatement à de la jouissance pure et dure. Son corps fut parcouru de tremblements qui devinrent bien vite un rire, bas et mauvais. Tout son plan, si incertain, venait de devenir réalité. L'élément déclencheur était survenu, et avec grands bruits semblait-il. A partir de maintenant, le sablier était donc retourné.
La nouvelle était réjouissante, mais à double tranchant. La chasse était lancée, mais il manquait toujours un participant. Le Vampire n'avait pas envisagé que tout s'enchainerait si vite: il avait espérer avoir un peu plus de temps pour réunir son équipe. Sur le coup, il était légèrement pris de court. Mais il devait faire avec. Pourvu que le dernier membre absent se dépêche d'arriver. En attendant que cela se fasse, Takeo sorti de sa veste un stylo avec lequel il ajouta rapidement une note sur le papier, avant de le replier et le replacer sur la patte de la chauve-souris. Le Vampire chuchota alors deux mots à l'oreille de son animal fétiche avant la faire s'élancer dans l'obscurité de la nuit, sous les lourdes gouttes de pluies. Il venait de l'envoyer vers le Temple, afin d'informer Kazumi de l'évolution de la situation et de ce qu'il comptait faire.
Ce fut Kuro qui, d'un discret toussotement, lui signala l'approche d'un nouvel individu. Habillé sobrement, discret sans être invisible, s'avançait la dernière personne qu'ils attendaient. Parfait timing. La fête pouvait donc commencer. Dès qu’Asakura Kanna, la dernière canaille, eut passé les portes du Nid-Bar, Takeo sourit et s'adressa à Kuro.

« Et de trois. A notre tour maintenant! »


Dernière édition par Takeo Kikuta le Lun 06 Avr 2009, 01:59, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Je déteste la pluie... [PV]   Lun 06 Avr 2009, 01:07

Voyant que l'animal qui lui servait de compagnon avait l'intention de se faire la malle, le Vampire attrapa de justesse son col par derrière pour le retenir. Loin d'en vouloir à son Anbu indiscipliné, le Ketsuki se félicita d'être parvenu à le convaincre de se joindre à la chasse. Tout était définitivement plus amusant avec ce sac à puces.
Alors que cette pensée achevait de prendre forme dans son esprit, Takeo se jeta en avant en entrainant Kuro dans sa chute comme s'il s'agissait d'un vulgaire sac à patates. Pendant une seconde, ils tombèrent à la même vitesse que les gouttes d'eau autour d'eux. Puis, passé cet étrange instant, le sol fut sous leurs pieds. Moins fourbe que Kanade Nataku, le Vampire s'était arrangé pour que son équipier ne se ramasse pas pitoyablement dans la boue et se retrouve debout à côté de lui, toujours fermement retenu par le col, comme on tiendrait gamin voulant détaler. Le loup noir fut donc trainé de force jusqu'à la porte du Nid-Bar qu'il ouvrit sans hésitation, d'un claquement sec. Le Vampire savait à quoi s'attendre en pénétrant dans l'établissement, il fut cependant presque étouffé, lui qui venait de passer un bon moment dans un air frais et humide, par l'odeur torride et lourde qui s'imposait dans la pièce. Le visage de Takeo se crispa un instant, dégouté qu'il était par l'odeur fausse de l'endroit, puis se força à adopter un faciès inexpressif. Le masque des Anbu était normalement fait pour ça, mais le porter ici aurait été tout bonnement stupide s'il voulait que son petit numéro marche.
Gankutsuou regarda autour de lui et repéra un groupe de femmes maquillés et savamment découvertes qui les observaient, le regard aguicheur, puis observa le visage de Kuro qui, à cet instant, ressemblait plus à un homme qu'on torture qu'au gamin chieur qu'il avait l'habitude d'être. Quoi? La mission lui déplaisait à ce point maintenant qu'ils la commençaient? Mais en voyant sa main sur son nez, Takeo percuta. L'odeur. Son odorat.
Il n'y avait pas beaucoup d'option: pour avoir un Kuro à peu prêt opérationnel, il lui fallait régler ce problème. Le shinobi opta donc pour la simplicité et attrapa d'une main sa longue écharpe écarlate pour l'envoyer à la tête du loup. Sans attendre plus longtemps, il entraina de nouveau la bestiole à travers le couloir qui devait les mener à la salle principale du bar. Deux des femmes s'étaient séparées du groupe pour les approcher, adoptant une démarche plus qu'évocatrice, mais Takeo passa devant elles comme une flèche, en leur lançant un regard courroucé et mortel qui eut pour conséquences de bloquer leurs paroles dans leurs gorges. Lorsqu'elles se remirent de leur choc, les deux hommes étaient déjà au bout du couloir.

L'air était toujours étouffant, les odeurs toujours aussi étourdissantes, les femmes toujours aussi peu vêtues, les hommes toujours aussi excités, mais au moins, dans cette pièce, il y avait de l'espace. Et lui comme Kuro passaient complètement inaperçus, les regards étant tous braqués ailleurs. Seuls une minorité tourna brièvement la tête pour identifier les nouveaux venus, parmi eux se trouvaient les trois intéressés, Nataku, Hayato et Kanna. Les deux premiers étaient à la même table et le troisième un peu plus loin. Décidant de ne pas perdre de temps, Takeo braqua son regard rubis dans celui de l'Asakura pour attirer son attention, puis lui intima d'un infime mais évident mouvement de la tête qu'il fallait le suivre. Ceci fait, le Vampire traina son ami loup-garou jusqu'à la banquette où s'était installé le clan Kanade, puis l'y enfonça sans cérémonie. Sans un mot ou un salut, le Vampire s'installa à son tour à côté de lui et s'accorda quelques secondes pour observer de plus prêt les deux hommes. Nataku était une vraie armoire à glace, comme il avait pu le voir à l'extérieur, mais c'était sans atteindre la corpulence ridicule que pouvaient avoir les adeptes de la gonflette. Ses cheveux étaient d'un noir profond, comme ceux de Kuro, et comme eux ils partant habilement en tous sens, mais ils étaient plus courts. Son regard lui, était d'un rouge rubis identique au sien, et on pouvait aisément y déceler une hargne voir une certaine bestialité que Takeo connaissait par cœur. Un homme de la plus pure espèce à n'en pas douter. Son compagnon Hayato était, lui aussi, d'une indéniable beauté, mais diamétralement opposée. Alors que Nataku possédait la beauté d'un mâle dominant, Hayato possédait les charmes de l'androgyne. Fin, fragile, avec un visage de porcelaine... Ses cheveux étaient d'un rouge flamboyant, alors que ces yeux en parfait contraste étaient du bleu le plus pâle qu'il ait jamais vu. Plus jeune que Nataku et lui, il semblait plus proche que Kuro sur ce critère.
Un drôle de duo, à n'en pas douter. Ils étaient opposés en presque tous les points, et pourtant...
Décidant d'arrêter là son bref examen. Takeo prit la parole.

« Alors? Vous avez trouvé sans problèmes? »

Un innocent sourire vint fendre le visage du Vampire, révélant habilement ses dents en croissant de lune. Sa petite mascarade était inutile, mais tellement divertissante. Kanna, Hayato et Nataku étaient venus ici sur un bref mot de la Raikage Kazumi Inochi, intimant qu'elle devait les rencontrer dans les plus brefs délais dans un lieu discret. Le tout était signé et avait été livré par des Anbu. Mais à la place de la clémente Raikage aux yeux émeraudes, les shinobi se retrouvaient en face d'un Vampire aux yeux rubis et d'un gamin enfoncé dans une écharpe écarlate, après avoir été attirés dans un des lieux les plus chauds du village. Takeo avait hâte d'observer leurs réactions. Son regard luisait d'une lueur maligne en les observant alors que Kanna venait de les rejoindre.

La meute était enfin réunie.
La chasse allait pouvoir commencer.
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MessageSujet: Re: Je déteste la pluie... [PV]   Lun 06 Avr 2009, 17:50

Il pleuvait. Une pluie fine et brumeuse, habituelle dans ce pays orageux. Une pluie froide et glacée qui gelait le corps. Il n’avait pas vraiment eut l’intention de s’attarder sous la pluie. Un peu plus tôt la nuit avait été plutôt agréable, ou tout du moins, moins humide, ce qui l’avait un peu poussé à rester là où il avait largué son sois disant chef.
Mais a son retour – parce que celui-ci l’avait trouvé, pas qu’il se cachait mais bon…- son intérêt était monté d’un cran.

Ce qu’il avait toujours aimé dans les ANBU c’était les chasses. Ce qu’il l’avait attiré dès le début dans cette section était les missions de haut vol dans lesquels les ennemis à abattre lui donnait du fil à retordre et où il pouvait sans s’en inquiéter, donner libre cours à toutes ses pulsions. Alors lui proposer une chasse était le meilleur moyen pour le rallier à n’importe quelle cause, avec n’importe quel type. Takeo Kikuta n’était pas n’importe quel type, mais malgré son envie de le faire chier, le plaisir qu’il éprouvait lors d’une traque le surpassait de loin.

C’était seulement pour cela qu’il avait suivit le chef ANBU. Pour son plaisir. Son envie. Son désir. Et non parce que son supérieur hiérarchique aurait un avantage à l’envoyer en traque. Et celui-ci n’était sans doute pas assez idiot pour croire que Fenrir le suivait par obligation. Après tout, c’était le propre du loup noir de se désister lorsque celui-ci le souhaitait, n’étant pas une personne sur laquelle on pouvait compter en cas de problème et ne pensant qu’à lui.
On ne faisait pas confiance à un monstre. Le mot confiance était une totale aberration dans la bouche d’un tel être.

Alors il le suivait par jeu, la traque étant son univers propre.
Et puis il aurait toujours un moyen de rendre le jeu encore plus plaisant et tant pis pour ces pantins de chaire qui feraient visiblement partie de la mission. Grande dent n’avait pas été spécialement bavard lors de leur observation de la façade d’un bar qui ne lui disait absolument rien qui vaille. Il ne fallait pas être un sur doué pour comprendre quel genre d’endroit était ce bar, et lui peut être plus facilement qu’un autre. Il aurait sans doute parlé si la perspective de rentrer lui aussi là dedans ne l’en empêchait pas.
Rien ne l’empêchait d’attendre dehors sous sa forme lupine après tout. C’est pas comme si ce qui allait se dire la dedans l’intéressait spécialement - pour pas dire qu’il en avait rien à foutre.
Une moto avec un pigeon en feu et un idiot plein de boue lui arracha un rire. Son sourire lui restait malgré tout sur ses lèvres, sans doute l’anticipation de la chasse à venir qui le rendait aussi joyeux – ça ne durerait pas. Les phrases énigmatiques de son – peut être – supérieur le laissèrent perplexe. Il n’avait pas envie de se prendre la tête ou d’analyser toutes les lubies de la personne à qui il pourrissait la vie.

Par contre le « à notre tour » alluma une sonnette d’alarme dans son esprit. A notre tour de rentrer dans ce truc. Il n’eut pas le temps de mettre en place son plan de secours pour se barrer que celui à qui il allait pourrir la vie encore davantage à partir de cette instant l’entraina dans sa chute.

« Enfoiré. »


Il allait lui payer ça. La chute et le trainage par le col de sa veste – noire – pour l’obliger à entrer dans le bar. Il allait le crever. L’éviscérer. L’étriper. Et tout autre moyen de torture que son imagination de sadique pourrait bien créer rien que pour lui – et il en avait de l’imagination.
Si il n’était pas aussi occupé à fomenter divers plan pour le tuer, sans doute aurait il réussit à détaler réellement et à éviter la situation dans laquelle il se trouvait présentement.

Les odeurs assaillirent immédiatement ses narines dans un flot puissant et continu qui lui donnèrent le vertige. Si il n’y avait que des odeurs d’alcool ou de tabacs – déjà difficilement supportable à un certain point – cela aurait put être supportable, mais il avait également les odeurs tentant en vint d’en masquer d’autre, le parfum bon marché mélangé à la sueur. Son reflexe fut de placer sa main sur son nez pour tenter – en vain également – d’endiguer ce flux continu qui l’attaquait.

Enfoiré.
Il lui ferait payer chèrement cette situation. Même respirer par la bouche arrivait à attaquer son odorat tant les odeurs étaient fortes !
Puis on lui envoya quelque chose dans la tête. Un tissu. Enfin une écharpe rouge que lui avait lancé dans la gueule Grande dent. Il la choppa, les sourcils froncés en se demandant pourquoi il lui avait refilé sa sacro sainte écharpe rouge avant de comprendre l’idée.

Il hésita.

Supporter l’odeur de cet endroit en endiguant le mal de crâne qui perçait ses tempes ou bien supporter celle de celui qu’il voulait éviscérer… Il grogna en plaçant l’écharpe rouge autour de son cou et en la remontant sur son nez au maximum pour atténuer l’odeur extérieur.Des deux, il avait choisit le moindre mal. L’odeur propre du propriétaire de l’écharpe lui arracha une grimace mais au moins le reste était atténué et c’était presque supportable. Ce qui ne l’empêcherait pas de tuer le dit propriétaire.

Mais visiblement Takeo n’avait pas l’air d’en avoir finit, et continua de le trainer sans cérémonie dans le bar. Il se permit un grognement rauque purement lupin lorsque ils passèrent devant deux femmes de joies. Il n’était pas choqué, pas plus qu’il n’était gêné par l’endroit ou la situation, ayant déjà vu des lieux pire que celui-ci.

Ils arrivèrent à une table – Kuro n’avait pas vraiment analysé chaque fait et geste de son acolyte – et Takeo l’assit à une chaise sans cérémonie là où trainait le pigeon et le type qui avait fait son vol plané. Il nota qu’il en manquait un et se dit également qu’il devait avoir l’air vachement malin avec la grande écharpe du chef ANBU autour du cou et lui cachant la moitié du visage – et sa grimace boudeuse (tout en notant qu’il faisait plus adolescent que jeune adulte). Il croisa les bras sur son torse et lança un regard noir à Takeo qui aurait put le geler sur place.

En détournant le visage de celui qui l’avait trainé (et qu’il finirait bien par tuer), Kuro observa plus attentivement les deux lurons déjà attablé qu’il avait put voir dans un numéro digne du cirque un peu plus tôt. Deux contraires, parfaitement opposé en tout point. Pigeon (celui qui avait fait apparaître des ailes dans son dos) était le plus grand et le plus robuste de la tablé. Cheveux noir et court, regard rubis, il avait quelque chose de plaisant et de déplaisant pour le loup noir. L’autre était au contraire fin et raffiné (ce qui le plaça dans la catégorie « mademoiselle ») qu’on ne verrait jamais comme un tueur sanguinaire – les apparences étaient trompeuses il le savait. L’écharpe dissimula un rictus amusé qui disparut dès que Takeo prit la parole.

Tout à son examen, il en avait oublié ses envies de meurtres. Il se leva un peu brusquement en dardant son regard glacé dans celui de son supérieur hiérarchique et baissa l’étoffe rouge pour qu’on puisse comprendre ce qu’il disait :

« Connard ! Pourquoi tu fais une réunion dans ce genre de trou !? Tu veux m’achever ou quoi, débile ?! Franchement des fois je me pose de sacré question … »


Il ne termina jamais sa phrase. Il se rassit un peu abruptement en replaçant l’écharpe rouge sur son nez avec une grimace, sa tête disparaissant rapidement entre ses bras croisés sur la table en proie à une nouvelle vague d’odeur l’assaillant. ça faisait un peu 'je suis malade' cette histoire.
Il lâcha un dernier « connard », pour bien faire comprendre à Takeo qu’il allait regretter d’avoir fait ça.
Et Fenrir était du genre rancunier.
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MessageSujet: Re: Je déteste la pluie... [PV]   Mar 07 Avr 2009, 21:39



    Il y avait au moins un bon point à la nature débauchée de ce point de rendez-vous, qui gagnait à être original : il avait le mérite de réchauffer les deux Kanade de sa chaleur interne torride, fait appréciable lorsque l'on sait que la pluie battante qui avait accueilli leur pérégrination jusqu'ici les avait glacés jusqu'aux os. Il fallait voir le bon côté des choses, sans quoi il risquait fortement de très vite outrepasser son seuil de tolérance, qui tendait à être plutôt chatouilleux. Or, s'il venait à être trop titillé, son auguste propriétaire risquait fortement de démolir la bâtisse. Chose qui serait dommageable, tant pour le personnel en question que pour les finances du binôme d'immigrés. Les frais de réparation risqueraient d'être plutôt onéreux, et ils n'avaient pas vraiment besoin de ça : déjà qu'ils avaient du mal à assumer leurs dépenses en matière de besoins élémentaires comme la nourriture, l'eau et l'électricité pour l'heure, autant dire que s'endetter de la sorte risquerait fortement de lui valoir les foudres de son coéquipier. Il devait donc ronger son frein qu'il le veuille ou non, ne fût-ce que pour éviter de dormir dehors pendant une période à durée indéterminée. Malgré cette expectative forcée, plus les secondes filaient, plus il se crispait, ne cessant de se répéter psychiquement qu'il aurait deux mots à dire à leur convocateur quand à ses goûts et fréquentations. Ce qui était sûr, c'était que ce genre de refuge était une véritable utopie pour les délinquants de basse extraction : le sexe, l'alcool et l'argent coulant à flots. La décence semblait devenir inexistante dans ce genre de lieu, et plus le temps passait, plus il pouvait observer à quel point c'était malheureusement véridique.

    Or, malgré son aspect délinquant, il avait tout à loisir d'observer qu'il différait bien de ceux l'étant véritablement, s'adonnant aux jeux interdits qu'offrait ce commerce à la légalité plus que douteuse. Combien de produits illicites pouvaient donc bien circuler ici ? Les compter serait bien trop long et fastidieux, et n'aurait de toute manière aucune utilité. Ce genre de lieu échappait à toute emprise judiciaire, en marge de la société. Un bâtiment ou tout est permis. Dépravation et corruption, le tout baigné d'une luxure omniprésente au point d'en devenir écoeurante, ne manquant pas de saturer à outrance l'esprit retors du fauve immaculé de sa chaleur suffoquante. Une vraie pénitence. Et dire que ça aurait pû être pire... Il osait à peine imaginer l'effet désastreux qu'aurait eue cette atmosphère enivrante et suave s'il s'était trouvé sous forme de mutation féline. Cette faculté ayant pour attribut d'aiguiser machinalement ses sens de la même manière que ceux de l'animal qu'il symbolisait, autant dire que les fragrances agressives de l'endroit auraient eu tôt fait de le mettre à mal en l'espace d'une poignée de secondes à peine. Lui, la brute, le monstre, la bête féroce inébranlable, vaincu par ces parfums de vices si hostiles à son bien être. Si nuisible... Fait chier. Cette ambiance était étourdissante, et manquait de lui donnerl a nausée à peu de choses près. Il ne pouvait que prier pour ne pas devoir siéger trop longtemps dans cette géhenne mortifère, sans quoi il ne pourrait pas se contenir bien longtemps : ce serait lui ou ce troquet.

    Autant dire que vu les capacités défensives moyennes d'un bâti, il partait plutôt gagner, et son adversaire ne ferait donc par conséquent pas long feu. Piégé dans cette insondable turpitude, il ne pouvait que s'acharner à se focaliser de toute sa conscience sur la clope se consûmant lentement entre ses lèvres. Autant dire que même si une règle quelconque interdisait de fumer en intérieur - ce dont il doutait fortement étant donné les nuages calligineux caressant le plafond sans discontinuer -, les employés ne seraient pas vraiment très enclins à venir le lui stipuler scrupuleusement, étant donné son attitude et son tour de force précédent. Il le leur avait clairement sous-entendu : « Attention, je mords ». Or donc, s'ils souhaitaient ne pas prendre en compte cet avertissement plutôt alarmant, ce serait à leurs risques et périls, et advienne que pourra. C'était pas le moment. Et ça portait à être vu. Perdu dans sa distraite contemplation de cet environnement néfaste, cigarette au coin des lippes, il ne prêta pasl a moindre attention à l'arrivée de son comparse, quelques instants après la sienne. Entre le brouhaha assourdissant des lieux et la quantité de personnes circulant entre les multiples meubles en tous genres ponctuant la pièce, il aurait été plutôt difficile de localiser une personne précise dans ce - trop - chaleureux tumulte.

    Par chance, ses gênes bestiaux lui permirent d'éviter la majeure partie de l'effusion boueuse qui lui était si généreusement offerte par pur réflexe, se décalant d'une traite vers l'extrêmité inverse de la banquette... Laissant donc Hayato souiller abondamment ce qui allait être sa propre place. Fourbe ? Si peu. Depuis le temps qu'ils se connaissaient, le Piaf devait bien savoir que Nataku n'était pas du genre à se laisser prendre au piège si facilement... Le remerciant néanmoins d'un bref souffle enfumé pour la bière, il s'empara de celle-ci, empoignant fermement la bouteille d'un vert du même nom contenant la divine boisson, ignorant sans autre procédure le verre sensé accompagner la dégustation. Il avait bien besoin de ça pour oublier où ils se trouvaient, dans le fond. Engloutissant aussitôt une large rasade du délicat nectar et ne manquant pas de laisser s'ensuivre un soupir, à mi-chemin entre soûlagement et consternation. Vivement que l'instigateur de cette réunion se manifeste, qu'il lui explique son point de vue sur la qualité de ses choix en matière de salle de réunion. Se dédiant à cette pensée, il conserva cependant suffisamment de présence d'esprit que pour saisir un pan des étoffes couvrant son compagnon entre le pouce et l'index imperceptiblement, y laissant naître une flammèche, sans la moindre variation dans son maintien. Oeil pour oeil, dent pour dents : les bons comptes font les bons amis. Rira bien qui rira le dernier, donc. Laissant l'étincelle rougeoyante lécher le tissu et se propager goulûment, il acheva de vider le récipient d'alcool, le reposant sans ménagement. Aussitôt, son attention fût captée : deux silhouettes venaient de se glisser à l'intérieur non loin de leur emplacement, moins d'une dizaine de mètres les séparant.

    Leurs deux présences tranchaient radicalement avec le reste des paillards et autres vauriens jonchant la loge. Réajustant inconsciemment ses lunettes aux verres teintés sur le bout de son nez, il posa sur eux un oeil scrutateur, les dévisageant de sa vision écarlate. Oubliant totalement que son binôme ne devait pas être loin de se changer en bougie humaine, il jaugea donc les deux individus, ou plutôt l'aura si particulière qui se dégageait d'eux. Ils étaient spéciaux, cela se ressentait au premier coup d'oeil, mais en quoi ? Assemblant les pièces du puzzle, il comprit aussitôt que c'était certainement là leur nouveau dirigeant, accompagné de... De quoi, exactement ? Aux côtés de l'homme bien bâti à la crinière blanche et aux pupilles similaires aux siennes se dressait un garçon plutôt trapu, qu'il supposa aussitôt d'une grande jeunesse tant il était efflanqué. Quel âge pouvait bien avoir ce gosse ? Il sourcilla sans y prendre garde, rendu perplexe par ce duo plutôt hétéroclite. Si on y ajoutait sa propre personne ainsi que celui qui était en train de se changer en torche avec ses côtés, le groupuscule commençait à avoir des allures de troupe de saltimbanques tant ils étaient dépareillés. Enfin, il fallait encore pour cela que son intuition ait tapé dans le mille, mais il ne regrettait généralement pas de s'en remettre à elle. Observant l'évolution de ce tandem d'arrivants dans ce milieu de peu de foi, il vit le plus grand des deux émettre un bref signe à destination d'un quidam quelconque trônant non loin. Quoi, encore un ? L'hybride tua un nouveau souffle d'atterrement dans l'oeuf. Combien seraient-ils, à la fin ? Il sentit la frustration monter en lui, élan lancinant. Quoi de plus normal pour un associal pur jus que de grogner en constatant qu'ils seraient encore plus nombreux que prévu ?

    S'efforçant de ne pas remuer ce détail agaçant, il repensa au bambin accompagnant l'initiateur de la missive qui les avait menés jusqu'ici. Voir un enfant ici avait de quoi surprendre, et suscitait immanquablement un léger mépris à l'attention de celui en étant responsable. En l'occurence, il prit plutôt le parti d'attendre une explication quand à la nature du môme en question, curieux mais patient. Une fois n'est pas coutume. Les laissant venir jusqu'à eux en une progression visiblement pressée, il laissa un léger sourire en coin mesquin décorer son visage en voyant comment l'opalin devait trainer son comparse jusqu'à eux. Comme quoi, il n'était pas le seul à ne pas vouloir se trouver là, apparemment... Ils prirent donc place à leur côté sans attendre, complétant leur menue assemblée, l'attention de l'irascible se limitant pour l'heure au propriétaire de l'interminable écharpe que portait désormais le mioche, pour l'une ou l'autre obscure raison. La mine sévère malgré son rictus, se contentant d'incliner la tête en guise de salutation dans un premier temps, il ne réagit pas plus. Après tout, c'était lui qui les avait appelés : à lui d'entamer la conversation en leur exposant les raisons de cette réunion, et surtout ce choix de site de regroupement. Laissant son orgueil proéminent prendre le dessus l'espace d'un instant, il répondit de manière tout aussi désuète que l'était la question leur étant adressée :

    « Ouais ouais, 'vous bilez pas pour ça. Par contre, si vous pouviez nous dire ce qu'on fout ici, ce serait pas plus mal. C'est vous le Raikage ? » aligna-t-il avec aplomb, loin de s'incliner.

    Que ce soit l'autorité susnommée ou pas, ça ne changeait rien : il était ainsi, et faire des courbettes n'était pas dans ses habitudes. Le respect était quelque chose de tout relatif à ses yeux, et sa pratique était une équation abstraite dans son savoir personnel. Quoi qu'il en soit, il ne mâcherait pas plus ses mots en présence d'un haut dignitaire que de la première tierce personne venue. Takeo n'allait certainement pas tarder à en faire les frais s'il le prenait à rebrousse-poil de par les paroles qu'il s'apprêtait à prononcer. Il était à espérer dans son intérêt qu'il n'avait pas provoqué ce conciliabule pour rien, sinon il risquait fortement de voir ce qu'il en coûtait de trop titiller un prédateur instable. Détournant son optique sanguine du vampire, il la dirigea aussitôt vers celui qu'il avait très visiblement contraint à le suivre, poussé par son intrigue grandissante. Toujours à destination du Ketsuki, il ajouta quelques paroles supplémentaires :

    « Et il fout quoi là, ce morveux ? C'est pas interdit aux mioches, ce genre d'endroit ? Lui apprendre la politesse, ce serait pas du luxe non plus. »

    Nataku, le tact à l'état pur. Il solda cette légère remontrance par un regard en coin en direction de celui qu'il supposait être à la tête du visage, faute de plus d'informations concernant son identité. Après tout, il n'allait pas tarder à en savoir plus, et les éclaircissements allaient tomber en pagaille, donc autant s'enfoncer dans ses premières impressions jusqu'à ce qu'on le détrompe. Se redressant, il se cala confortablement contre le rembourrage du dossier appartenant au siège où il avait pris place, oubliant complètement le tour pendable qu'il avait joué précédemment à son collègue. Une intense lueur indescriptible occupait ses prunelles grenat, avide de réponses aux questions s'amoncelant au coeur de ses pensées. Quelle serait donc la réaction de son partenaire ? Il n'allait pas tarder à le savoir également.
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MessageSujet: Re: Je déteste la pluie... [PV]   Mer 08 Avr 2009, 01:15

Me voilà dans un lieu bien étrange. Bien loin de ma nouvelle demeure. Bien loin de mon ancienne demeure, la vraie, celle qui me tient tant à cœur et que j'ai dû quitter à mon insu. Savez vous ce qu'est un foyer ? Un vrai foyer ? Je ne parle pas d'une maison, une habitation, un toit au dessus de notre tête, non : je parle d'un endroit, d'un lieu auquel nous appartenons. Là où toutes les misères du monde ne peuvent vous atteindre. Tout me rattrape. Je me réveille pour me rendre compte que je ne suis pas du tout où je devrais être. Et je n'ai nullement l'impression que je suis en train de toucher au but. Il est difficile de discerner le réel de ce que je prétends être. Car ma constante quête de perfection n'est qu'un masque: elle a beau être devenue mon chemin de vie, elle reste une mascarade. Ce n'est pas moi. Se défaire du lien qui nous retient; qui sait combien de fois j'ai essayé ! Pourtant, je suis encore à l'intérieur de toi, Mère. Tu m'emprisonnes toujours, même si tu n'es plus ici. Et j'aime ça. Je m'échappe de temps en temps, et je pense que je me retrouve de nouveau ici, mais non. C'est une illusion. J'avais l'habitude de savoir qui j'étais quand tu m'accompagnais. Je retourne au seul endroit auquel j'estimais appartenir. Je voudrais retourner auprès de la seule personne à qui j'estimais appartenir. Toi. Tu étais mon foyer. Un lieu où je me sens en sécurité, dans tes bras. Mais ils ne sont plus, tout comme nos souvenirs, nos joies. Sonnent les heures, passent les jours; pourtant, mon amour demeure.

Les effluves de parfum et de sueur ne semblaient pas s'arrêter. Depuis un moment, elles se mêlaient à celles du tabac : Nataku fumait ses habituelles clopes bon marché, tandis que je fumais moi-même à mon fume-cigarette la même substance – de meilleure qualité, certes – sans vergogne. C'était interdit ? Qu'importe, ce lieu n'est que débauche. Nous étions assis là, à une table boisée commune sur une banquette molletonnée où n'avaient sûrement pas seulement eu lieu que des parties de cartes … Mais je préférai ne pas y penser, de peur d'être pris par une nausée passagère, facilitée par les odeurs écœurantes du lieu. Aussi par précaution, j'examinai la propreté de mon siège. Qui sait s'il ne fut pas tâché par quelque substance dont je tairai la composition. Après quelques secondes de prospection, rien d'immonde à part un peu de boue séchée, due à la chute de ce qu'il en restait sur ma veste. Le porc qui me servait d'acolyte avait du connecter ses deux seuls neurones pour esquiver une partie de la boue. Quel talent ! J'en suis moi-même ébahi ! Ou pas. Ce dernier me souffla dans la figure l'odeur nauséabonde de son tabac de seconde main en guise de remerciement pour la bière. Ingrat. Je fis mine de l'ignorer pour mieux recracher cette affreuse fumée si différente de la mienne, possédant une fragrance bien plus raffinée et délicieuse. Cet imbécile n'ayant pas terminer de me prouver l'existence de son infinie bêtise, il laissa échapper une étincelle de ses doigts pour venir embraser ma veste ayant déjà souffert par la boue. Je mis quelques secondes avant de m'en apercevoir, à temps : si la chaleur ne m'avait pas alerté, il n'aurait resté de mon vêtement que poussière, de moi-même par la même occasion. Aussitôt je l'aperçus et d'une caresse sur l'habit, j'éteignis la flammèche. Ce crétin à pics avait sûrement omis que j'étais un des dignes héritiers de la branche Suzaku, maîtres du feu. Je ne sentis absolument rien, et sa plaisanterie, aussi inutile soit-elle, tomba à l'eau.

Je finissais tranquillement ma choppe de bière alors qu'une personne vint entrer dans la pièce déjà pratiquement noire de monde. Je le remarquai à peine, mais l'ennui que me procurait l'attente me forçait à examiner chaque personne de la pièce. Pour la plupart, elle était remplie de personnes à l'aspect malhonnête, plus que douteux. Maquereaux, bandits, pervers, voyous, filles de joie sur-maquillées et accoutrées de manière très légère… La faune était diversifiée, il n'y avait aucun doute là-dessus. Mais ce n'était pas le cas de l'homme nouveau venu. Lui, était sobre. Fumeur certes, mais pas vulgaire : il y avait sans doute beaucoup plus à tirer chez lui que chez n'importe lequel de ces personnes douteuses. Je ne pus identifier plus de sa personne : il alla s'assoir à une table vide derrière une autre tablée, inaccessible à mes yeux pâles. Était-ce une personne de notre rendez-vous ? Je laissai cette interrogation en suspens et sortis un autre cylindre de tabac à placer à l'extrémité de mon fume-cigarette, sans l'allumer encore. Histoire de patienter. Quelques instants plus tard, alors que je m'apprêtais à mettre feu à mon calumet, deux autres personnages firent irruption dans la salle à plaisir. Ceux-là étaient bien caractéristiques : un adulte, aux prunelles écarlates et à la chevelure ivoire, tenant pratiquement en laisse un adolescent malingre à la crinière ébène et aux yeux pâles. Le reste de son visage était caché par une longue écharpe de couleur pourpre. Peut-être à cause de l'odeur ? C'était fort probable. L'adulte avait l'air d'avoir une grande influence sur l'adolescent, qui avait tout de même l'air impudent. Tous deux se mirent à nous dévisager, mon comparse et moi. C'est alors qu'ils se dirigèrent vers notre table, en faisant signe au premier homme que j'avais aperçu de venir nous rejoindre. Nous étions donc au complet, il fallait croire.

L'ado se mit à jurer dans tous les sens, tandis que l'adulte, qui avait tout l'air d'être le Raïkage en question, nous questionna sur la difficulté à arriver à destination. Je m'apprêtais à répondre alors que Nataku prit la parole, toujours avec son élégance naturelle. Il est désespérant. Ce n'était manifestement pas une attitude à adopter avec un supérieur hiérarchique. Surtout s'il s'agit en l'occurrence du dirigeant du village. Je rangeai alors la cigarette non allumée, par pitié pour le jeune homme aux allures canines qui avait l'air de pâtir bien assez des effluves régnant dans la salle. Puis je pris à mon tour la parole, après une révérence, par politesse :


« Je vous prie d'excuser l'impolitesse de mon acolyte. Je me présente, Kanade Hayato. Trouver le bar n'a pas été chose facile en compagnie de cette tête de mule, mais nous sommes finalement arrivés, comme vous pouvez le constater. »
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MessageSujet: Re: Je déteste la pluie... [PV]   Mer 08 Avr 2009, 10:22



Son esprit était embrouillé, ne sachant qui était l'hôte de ce rendez-vous peu orthodoxe, mais surtout pourquoi avoir choisi ce lieu? La tour du Raïkage ou même un endroit reculé, tenu secret et invisible aux yeux de tous aurait pu être plus confortable pour les invités. L'odeur de tabac, de senteurs interdites et de transpiration envahissaient la pièce d'une manière déconcertante en ce lieu frauduleux. Kanna ne savait même pas qui il attendait et même ce pourquoi il s'était rendu ici. Malgré le brouhaha incommensurable ainsi que la quantité de personnes dépassant l'entendement, il ne semblait pas s'en incommoder. Certes, un endroit peu anodin pour un rendez vous -peut-être.- important, mais la lettre venant directement du leader de ce village, sans nul doute que cette réunion pouvait être intéressante, nécessitant une présence obligatoire de chacun de ses correspondants. Les deux détails qui auraient pu déranger l'enténébré restant la musique provenant de la Juke-box aux milles reflets dorés, au fond de la pièce. Une commode électrique illuminée de dizaines de néons luminescents, chacun d'une couleur différente, vous parliez d'un cirque... Chaque personne ici présente s'écartant de la normalité et de la décence de part son accoutrement léger ou inexistant pour certaines, le maquillage à en faire tomber les paupières de ses utilisateurs. Seconde chose, son acabit souillé par la pluie et la boue, rien de plus désagréable que de paraître -même dans un endroit si dépourvu d'importance pour lui.- sale et ingrat.

La même position tout aussi désinvolte, il ne se gênait pas. Toujours les pieds sur la table à quelques centimètres de lui, sa chaise se balançant d'avant en arrière, ses habits trempés presque défaits. D'une gorgée, il finit enfin le litre de la boisson de feu qui traînait sur la table quelques minutes plus tôt. Pourquoi s'abreuver et payer alors que la boisson était déjà présente? Certes, mais qui savait quelle substance aurait pu être déposée dans la bouteille aux reflets ténébreux? Kanna n'en avait que faire, c'était de l'alcool et rien d'autre voilà tout. Un premier contact du regard attira son esprit, un jeune homme aux cheveux de braises assis quelques tables plus loin, à côté d'un homme qu'on aurait pu qualifier de titanesque, sans doute trop imposant de par son physique, mais également de par l'aura de pseudo-supériorité qu'il dégageait à ses yeux. Même sans le connaître, il ne pouvait apprécier telle personne et se focalisa plutôt sur l'androgyne à sa droite, dont les iris se posèrent sur lui quelques instants. Le vingt-huitième le sentait, ce type là devait être aussi présent pour la réunion, d'autant plus que le balèze assis à côté. Le duo avait une attitude bizarre et mal à l'aise en ces lieux, peut-être ne venaient-ils que d'arriver à Kumo?

Seconde manifestation de la présence des membres de la dites réunion, un autre duo tout aussi bizarre entra dans la pièce. Un grand homme aux cheveux de platine, coiffés de manière anarchique. Et un jeune adolescent au regard vide, avec les cheveux tout aussi noirs que les siens. Après quelques minutes d'observations forcée, il dévisageait véritablement l'ancien porteur de l'écharpe pourpre qui ornait à présent le collet de l'éphèbe. Fumant cigarette sur cigarette par réflexe, tant que l'opalin ne présentait pas de signe précisant qu'il était hôte ou désignant à parler au condescendant, il ne bougerait pas. Après tout, c'était lui qu'on appelait, pas le contraire. Néanmoins un signe étrange, il avait le souvenir d'une apparence féminine en celle du Raïkage, après tout ne serait-ce qu'un détail, mais ce point noir sur la toile blanche le troublait. Mais s'en allait-il trop vite dans ses hypothèses, ce n'était sans doute pas le Raïkage ni le réceptionniste du groupe d'énergumène qu'ils étaient... À moins que.

Un signe de la tête du présumé leader acquiesça ses propos psychiques. Sans doute devait-il les rejoindre dans les plus brefs délais. Le reste de quelques centimètres de son tube de papier se faisait attendre, il la terminerait avant de changer de place. Quelques bouffées à nouveau tirées, cette courte attente allait enfin porter ses fruits. À son grand étonnement, les deux observés prirent place à la table du rouquin de tout à l'heure, Kanna visait juste aujourd'hui. Le groupe réuni, ce dernier n'attendant sans doute que sa présence ténébreuse afin de commencer la réunion. D'un geste du bras, il ôta sa cape du dossier de sa chaise en un bruit troublant semblable à un tissu balayé par le vent. Fantomatique apparition derrière l'argenté, tel un spectre dans les ténèbres. Une discrétion déconcertante, sans doute qu'on ne l'avait pas vu arriver. Dans une dégaine de héros underground, le regard morne se fixant sur le porc épique de neige, attendant un silence de la part des quatre concernés pour pouvoir prendre la parole. Après quelques injures de l'adolescent étrange, suivi d'une réponse questionnée de l'armoire à glace et de maintes excuses du roux, s'était sans doute au tour du déchu de prendre la parole. « En effet, dans quel but sommes nous ici? » Il marqua un court temps d'arrêt après quelques paroles interrogatrices. Le même timbre sombre de voix perçant le brouhaha des lieux débauchés.

« Par contre, je doute fort que vous soyez Kazumi Inochi... »
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MessageSujet: Re: Je déteste la pluie... [PV]   Mer 15 Avr 2009, 22:06

L'air vicié autour d'eux était stagnant, immobile, mais les senteurs âcres du bar venaient les agresser comme n'aurait pu le faire un vent des plus violents. Néanmoins, s'il fallait considérer l'air de ce lieu comme un tempête d'odeurs fourbes, les cinq shinobi se trouvaient à présent dans l'œil du cyclone. Indéniablement, il s'était formé une limite entre leur table et le reste du bar, une frontière qui séparait ceux qui se laissaient emportés par leur destin, et ceux qui avaient la force de le prendre en main. Ces derniers n'allaient d'ailleurs pas tarder à prouver qu'ils en étaient capables. Ou pas. Ainsi, leur environnement venait de passer au second plan, ou du moins il se devait de passer au second plan, car ceux à cette table qui ne pourraient s'en détacher passeraient à côté de l'essentiel. Ils devaient être seuls, entourés du monde.
Et la chose semblait plus dure pour certains que pour d'autres.

Takeo ne fut pas particulièrement touché par les insultes de Kuro. Le loup noir n'était de toute manière pas au meilleur de sa forme: il avait habitué le Vampire à bien pire. D'accord, il était passé à côté du problème de l'odorat lors du choix du lieu de rendez-vous, mais niveau torture Fenrir avait connu bien plus atroce. Pas la peine d'en faire tout un cinéma: ils n'en avaient pas le temps. Sans tourner le regard vers lui, la Lune de Sang se contenta donc d'une imperceptible moue pour toute réponse à aux invectives du sac à puces, laissant la tempête des odeurs donner la baffe à sa place. Une mauvaise réplique était apparue dans son esprit, tordue et acide, mais il s'était retenu, préférant opter pour une version courte.

« Fenrir, respire et calme-toi. »

Même s'il était conscient du véritable sens provocateur de sa réponse, sa voix était calme, mais autoritaire. De même, son sourire avait disparu. Takeo n'avait pas l'intention de jouer avec Kuro à "qui coule le mieux l'autre en public", pas cette nuit. Cette nuit, le jeu c'était "qui chasse le mieux l'autre".
Laissant son subordonné à ses odeurs et son écharpe, le Chef Anbu se reconcentra sur le reste de l'assemblée réduite. Kanna venait de s'asseoir à leur table, aussi silencieusement qu'un spectre mortel. Tout comme il avait fait avec le couple des Kanade, le Vampire s'accorda quelques secondes pour le détailler. Tout d'abord, il le rangea dans la catégorie des "ramoneurs", avec lui-même et Nataku. Tout de noir vêtu, contrastant avec sa peau pâle mais s'accordant avec sa chevelure d'ébène, l'Asakura avait toute la réserve et la dignité apparente d'un noble déchu. Son dossier en faisait pourtant un descendant modèle de sa lignée, tout en kimono et honneur... Le temps était-il la seule raison de ce changement? A vérifier...

S'arrachant à son étude pour écouter les mots de Nataku, Takeo réprima un sourire. Les Kanade étaient-ils donc si peu informés qu'ils ignoraient que le Raikage était une femme? C'était tout de même fou de débarquer dans un village sans un minimum de renseignements. En même temps, ils n'avaient pas tout à fait eu le choix... Le Vampire nota également que le Byakko ne retenait pas sa langue malgré les circonstances, mais ne s'en formalisa pas outre mesure. Il avait déjà Kuro dans ce genre-là, et lui-même n'était pas un modèle d'obéissance gratuite et servile. Nataku allait droit au but, et cela lui convenait. Il ne pouvait se permettre de prolonger sa mauvaise blague éternellement, en venir au fait n'était donc pas pour lui déplaire. Croisant les bras, Takeo se préparait à répondre lorsque la bête aux yeux rubis le questionna poliment sur la présence de Kuro. Surpris, la Ketsuki haussa tout d'abord un sourcil, avant de sourire franchement. Nataku se permettait de faire des remarques sur les bonnes manières? Étonnant. Tout laissait pourtant à croire que le loup noir et le Byakko avaient beaucoup en commun, bien plus qu'ils pouvaient l'imaginer. Qui était l'imbécile qui avait dit "qui se ressemblent s'assemblent"?
Sachant pertinemment que Fenrir n'allait pas particulièrement apprécier le fait d'être traiter comme un gosse, Takeo lui laissa le plaisir de répliquer à cette pique pendant que lui-même écoutait les excuses d'Hayato, l'acolyte. Les caractères des deux Kanade semblaient décidément aussi opposés que leurs apparences. Le Vampire ne préférait pas imaginer comment ces deux-là cohabitaient dans leur logement miteux. Il répondit brièvement à l'androgyne avec un simple « Pas la peine de s'excuser. » après avoir hoché la tête dans sa direction, réponse minime à son salut. Sur cela, Kanna enchaina immédiatement pour reprendre la question de Nataku, laissée en suspend, en ajoutant la première remarque censée de la discussion. Décidant qu'il était temps pour lui de parler, Takeo se poussa en arrière pour pouvoir observer le groupe dans son ensemble. Sa voix était calme et assurée, et un fantôme de sourire existait toujours dans ses lèvres, mais il y avait en lui un zeste de l'indifférence de celui qui ne fait qu'exposer une situation.

« En effet, je ne suis pas la Raikage. Mais ce soir mon autorité est à placer au-dessus de la sienne. Vous pouvez m'appeler Gankutsuou, et lui Fenrir. Nous appartenons aux services spéciaux de ce village.
Si je vous ai fait venir jusqu'ici c'est parce que j'ai un travail pour vous, mais avant d'en parler il me faut vous préciser quelques menus détails. A partir de maintenant, vous avez le choix entre partir et rester à cette table. Si vous restez, vous devrez garder pour vous tout ce que je vais vous dire, et tout ce qui touchera à la mission en général, vous devrez aussi suivre mes directives le temps de la mission, sans discuter. Si ces conditions ne sont pas respectées, vous mourrez. Mais vous avez toujours la possibilité de quitter cette table et retourner à votre vie de shinobi d'intervention moyen, il n'y a qu'un pas à faire et l'on ne vous en empêchera pas. Le choix vous appartient. »


Malgré les airs légers et anodin que le Chef Anbu donnait à la conversation, ses propos avaient été directs. Ses iris rougeoyants passaient tour à tour à chacun de ses "invités", sans crainte, toujours avec la même force dans le regard. On ne pouvait s'y tromper: ses menaces étaient réelles. Si les trois hommes ne se levaient pas dans l'instant pour partir, ils seraient considérés comme membres novices de l'Anbu, et donc tenus au secret et à l'obéissance. Certes certains, comme Kuro, ne respectaient pas toujours les règles, mais veillaient tout de même à ne pas en faire trop, sinon c'étaient tous les tueurs de Kumo qui se retrouvaient à leur trousse. Kanna, Hayato et Nataku devaient bien réfléchir à leur position avant de choisir: les conséquences seraient énormes sur leur petites vies.
Cependant, il fallait bien le dire, Takeo serait bien emmerdé si juste deux d'entre eux se levaient. Pour que les chances de réussite soient de son côté, il lui fallait une équipe complète. Pour ce qu'il avait deviné de leurs caractères respectifs, le Vampire avait bon espoir de les voir tous rester à leurs places, téméraires qu'ils étaient. Mais une mauvaise surprise à ce stade était à redouter.
Enfin... Vu ce sur quoi reposait son plan, il n'était plus à un risque prêt.
La Vampire laissa un instant son regard vagabonder sur les différents attablés, histoire d'être sur qu'ils ne se levaient pas, et foudroya au passage Kuro de ses yeux rubis pour bien lui signifier que ce choix ne s'appliquait pas à lui, qu'il ne se fasse pas d'illusion.
Après une minute d'immobilité, Gankutsuou considéra que le temps était passé. Il fallait à présent s'attaquer à la raison de leur présence ici. Mais avant cela, il lui fallait savoir jusqu'où les shinobi étaient informés de la situation.

« Bien. Pour commencer, savez-vous ce qui est arrivé à Kumo ces derniers jours? Ou bien dois-je tout reprendre depuis le début? »

Le ton las que Takeo adopta en décroisant ses bras pour appuyer ses coudes sur la table, prenant ainsi ses aises, laissait entendre qu'il n'avait aucune envie de s'attarder sur ce point. La pensée de son élément déclencheur en train de se balader dans la nature le hantait. Il ne pouvait se permettre de laisser trop d'avance à ses adversaires, et pour cela il allait devoir abréger un certain nombre de choses...
Tant pis. Il fallait savoir faire des sacrifices pour parvenir à ses fins. Même si cela voulait dire subir la mauvaise humeur de deux sacs à puces pour le prix d'un.
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MessageSujet: Re: Je déteste la pluie... [PV]   Mer 15 Avr 2009, 23:51

Il regrettait presque de ne pas en avoir fait à sa tête. Pourquoi fallait il toujours que ses pulsions ne l’entraine dans ce genre de torture tordu et difficilement supportable comme c’était le cas aujourd’hui ?
Bon il exagérait. Ce genre de situation n’était pas non plus réellement répandu dans sa vie, mais il préférait quand la simplicité était de rigueur. Un briefing rapide et concis et une chasse exaltante.
Fenrir avait toujours eut un sacré problème avec tout ce qui était paperasse – ou plus simplement avec tout ce qui n’était pas de l’ordre d’une mission de style traque ou affrontement – et si en plus, ce genre de situation se déroulait dans un endroit comme celui-ci, il ne pouvait que se donner raison.
A croire que cet imbécile l’avait fait exprès (et il ne raya pas la possibilité que ce soit effectivement le cas). Le jeu entre son chef et lui ne semblait ni prendre de fin, pas plus qu’il ne semblait avoir de limite, alors tout était possible.
Cette possibilité lui fit grincer les dents, dissimulé derrière l’écharpe rouge et ses propres bras.

L’envie de meurtre envers son supposé Chef atteignit des sommets après sa petite phrase assassine. Il se redressa, fusillant Takeo de ses yeux turquoise. Le garçon ajusta l’écharpe rouge pour qu’elle lui couvre davantage le nez et lui épargne de bien horrible effluve.

« Tu peux te le foutre là ou je pense ton putain de calme. »


Ou l’art du tact et de la délicatesse…
Et peux importe où il se trouvait et avec qui, Kuro ne changerait pas sa façon de parler pour rien au monde – même si les mots choisis étaient particulièrement mal venu dance cet endroit. Peu importait que l’on soit choqué, ce n’était pas son problème….Takeo avait l’habitude et avait du s’y faire alors les autres ferait de même.
En parlant d’autre.
L’autre en question n’était autre que Pigeon – il ne connaît toujours pas son nom et ce surnom lui allait bien selon son humble avis. Le dos calé sur la chaise, la moitié du visage voilé de rouge, il planta son regard dans celui rubis de celui qui lui avait fait cette réflexion déplaisante mais trop habituel – malheureusement. Ce vexé ne servait à rien…Répliquer ne servirait pas plus…
Sans doute.

« T’es de la police ? Tu veux ma carte d’identité et mon dossier dentaire pour savoir si je suis majeur ou mineur ? » Derrière l’écharpe, sa moue vexé devint amusé alors que sa voix – certes légèrement voilé mais suffisamment forte pour être entendu par le destinataire – se faisait l’écho de son sourire. « Navré de choquer tes chastes oreilles, mais c’est du foutage de gueule quand on t’écoute parler, alors fait pas de commentaire aussi débile, ça changera. »

Avec ça, il ne répondait même pas à la question du Pigeon, a savoir si il était vraiment mineur ou non. Répondre clairement aurait été rabaissant, et Kuro était quelqu’un de fier qui ne se rabaisserait pas pour si peu. Qu’il croit ce qu’il veut ce gus, il en avait rien à cirer.
Il fit à peine attention à l’arriver d’un autre trublion et ferma sa gueule, attendant que ce foutu briefing se passe et se raccrochant à cette chasse qui - et il l’espérait - ne tarderait pas. C’était d’ailleurs la seule et unique chose qui le poussait à rester assit sur une chaise au beau milieu d’un nid d’odeur pestilentielle (et avec une écharpe gigantesque lui remontant jusqu’au nez).
Et il fit même un effort considérable pour juste ricaner des paroles du dernier venu quand à l’identité de Takeo. Si ce type devenait Raikage, il partait à la retraite – ou désertait au choix. Heureusement que ce n’était pas le cas (mais l’avenir étant fichtrement con, il rirait moins dans peu de temps sur cette question).

Blablabla…

Vie de merde. Il en avait pas marre de parler tout seul le chefounet ?

« Putain abrège… »

Il grogna plus qu’il ne parla.
Il voyait le briefing durer en longueur et il n’aimait pas ça. D’habitude tout restait assez simple et basique, concis et il appréciait cela : au moins il n’attendait pas trois heures qu’on lui rabâche des trucs chiants et dont il en avait rien à cirer. Tout reprendre depuis le début…
Aie.
Oh que non il ne voulait pas, surtout que Takeo avait le don de parler beaucoup pour finalement pas dire grand-chose, ou c’était l’effet de cet endroit qui le rendait plus ennuyant ?...Non, Takeo était un type ennuyant quand il se foutait en mode Chef ANBU qui briffe ses petites armes.

« La Raïkage a juste faillit se faire buter par des déserteurs…Pas besoin d’épiloguer vingt ans la dessus. »


Avec le tact et le respect qui caractérisait le membre Fenrir. Il avait au moins résumé la situation en une seule phrase claire et concise. Ça permettrait peut être a son foutu supérieur d’accélérer l’allure et de se barrer d’ici.
Merde quoi, ils avaient d’autres chats à chasser !

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MessageSujet: Re: Je déteste la pluie... [PV]   Mar 21 Avr 2009, 07:59

    Ils se retrouvaient donc tous là, à se regarder dans le blanc des yeux, tous autant qu'ils étaient. Leur tablée était loin de passer inaperçue, particulièrement dans le contexte de ce bouge infâme. Leur petit groupement hétéroclite tranchait du tout au tout avec le reste des individus occupant l'endroit, et ce n'était pourtant pas faute d'essayer de se fondre dans le paysage. Après tout, s'ils avaient été priés de se ramener dans cet endroit infect, c'était bien dans un but de discrétion, à la base. Pour ce qui était des goûts de celui ayant initié l'invitation, ça restait encore à voir, mais à en juger par le fait qu'il ait tout l'air d'avoir un balai dans le cul - vous me passerez l'expression -, il était logique de songer que les distractions, surtout de ce genre, n'étaient pas vraiment faites pour lui. Les voilà donc au royaume des vices, tous divisés par leurs origines et leurs manière d'être, mais pourtant rassemblés en un seul et même point par l'unique personne qu'était le vampire. Niveau dysharmonie, on pouvait difficilement faire mieux. Seuls Kuro et Nataku lui-même se ressemblaient un peu mutuellement, et ce sur plus d'un point, mais ce n'était pas vraiment fait pour attiser leurs sympathies réciproques. Le mot était d'ailleurs un peu fort, et surtout peu adapté, puisque de toute évidence aux abonnés absents dans leur vocabulaire, de même que cette politesse qui avait précédemment été évoquée par les bons soins de l'irascible personnage.

    Celui-ci se contentait d'observer les différents protagonistes avec méfiance, ne pouvant s'empêcher de remarquer à chaque passage d'un visage à un autre les radicales diversités égayant ce groupuscule aux motifs de formations encore trouble. Bien trop troubles, d'ailleurs, mais ils sauraient en temps voulu. Et si le temps voulu en question n'arrivait pas très rapidement, ils n'auraient qu'à les envoyer chier. Bon programme, sans doute. Tout du moins voyait-il les choses ainsi, mais il choisit de garder cette opinion pour lui, se tenant tout de même prêt à l'appliquer si le besoin s'en faisait sentir et surtout si les choses trainaient trop en longueur. tant donné les conditions imposées pour amener à cette petite rencontre improvisée, le binôme sensé les éclairer n'avait pas intérêt à tergiverser, s'ils ne souhaitaient pas se retrouver privés d'un, voir deux membres. Car oui, s'il devait partir sous le coup d'un manque de patience, il était probable qu'il traine son androgyne camarade derrière lui, de gré ou de force. Pourquoi se compliquer la vie ? De toute manière, tout dépendrait de son humeur sur l'instant si c'était voué à se produire. Il était donc inutile d'élaborer l'une ou l'autre supposition sur ce résultat, qui serait sans aucun doute déplorable. Après tout, étant donné le charisme et la certaine aura que tous les membres de leur petite réunion, il était facile de deviner qu'ils n'étaient pas des rigolos, même si leurs allures et ce décor dans lequel ils se retrouvaient pouvaient porter à penser le contraire, plutôt deux fois qu'une d'ailleurs.

    Il manqua un instant de lancer une représaille immédiate aux remarques lancées à son intention par son propre acolyte, le dénigrant sans hésitation, à commencer par son irrévérence. Ce n'était pas comme s'il était complexé par son caractère dit « à prendre avec des pincettes » ou quoi que ce soit d'autre, ou même qu'il soit particulièrement sensible aux invectives et diatribes en tous genres. C'était plutôt qu'il était toujours désagréable de se faire prendre la main dans le sac, particulièrement par un camarade, et surtout quand celui-ci semble prendre un malin plaisir à le crier sur tous les toîts. Contenant son élan vengeur, il se contenta d'imprimer une petite pression à sa cigarette alors qu'il la tenait vers le bas, venant de se débarrasser d'un surplus cendreux au-dessus du cendrier mis à disposition, d'ailleurs orné d'une caricature de pin-up sur un fond rose bonbon criard de très mauvais goût. Profitant de la position du cylindre graduellement rongé par la flammèche qui avait été allumée à son bout quelques instants plus tôt, il en pressa donc l'extrêmité sur un pan de la plus que large manche d'Hayato pendant que celui-ci n'y prenait pas garde, laissant une auréole noirâtre sur son vêtement. L'odeur de brûlé était totalement impossible à repérer pour ses sens, très vite englobée par les effluves malodorants par surconcentration qui pesaient dans la pièce. Seul lui-même et le gamin aux yeux bleus étaient sans doute en mesure de capter ce fumet caractéristique dans sa brieveté éphémère. Tout sourire intérieurement après cette basse vengeance, ayant pris soin de ne pas éteindre ce qu'il restait de son poison favori par cette petite action pernicieuse, il le relogea entre ses lèvres dans un élan de bonté, témoin silencieux du petit échange qui prenait forme sous ses prunelles rubis habitées d'une lueur analytique.

    Observant donc un instant de silence, son attention se fixa un instant sur l'espèce de simili-nobliaud et ses grands airs à deux balles, sourcillant, l'oeil critique. Il manqua de grincer des dents tellement il le rebutait déjà, allant presque jusqu'à lui donner l'impression d'avoir entendu des ongles griffer un tableau noir. Pile-poil le genre de mec qui l'horripilait au point de lui filer la chair de poule. Pas de chance. Pour collaborer, si c'était bien ça qui était prévu, ça allait rendre les choses encore plus ardûes que prévu. Mais ça, c'était le problème du futur Raikage et de personne d'autre, après tout. En tout cas, si c'était un jour de rigueur - espoir qu'il s'était aussitôt mis à nourrir, cela va de soi - il serait le premier à lui arranger sa tronche de premier de la classe, c'était une certitude immanquable. Mais bref. Malgré le manque d'intérêt flagrant qu'il portait à Kanna, il avait néanmoins saisi au passage une bribe des palabres de celui-ci, à savoir le nom féminin de Kazumi Inochi. Et c'est naturellement cette appartenance par genre qui fit tilter le ténébreux colosse. Ils se seraient fait rouler ? Apparemment. Pour son compère et lui-même, c'était bien peu de chose : ils ne connaissaient ni les noms ni les fonctions de qui que ce soit ici, et l'absence de signature de la missive les appelant ici ne faisait que compléter le mystère.

    Homme ou femme, ils n'en avaient eu strictement aucune idée jusqu'à cette ouverture de discussion versée dans l'anarchie. Donc même s'il se serait sans doute énervé s'il avait été en pleine connaissance de cause et donc réellement affecté par cette escroquerie, ça ne lui faisait actuellement que ni chaud ni froid. Autant ne pas se prendre la tête, chose qui était déjà en très bonne voie, plus que nécéssaire. Avec cette petite mise en bouche, voir que les négociations seraient plus parsemées d'embûche que prévues n'était pas bien difficile, et à vrai dire, même s'il ne leur tenait pas rancune de cette petite entourloupe, cela le satisfaisait de voir à quel point les deux négociateurs avaient du pain sur la planche. Quelle joyeuse petite troupe nous avions là... Un croque-mort, un pseudo-vampire d'opérette, un mioche, un mec qui pleure quand il se casse un ongle et lui-même. Si c'était pour promouvoir la différence des ethnies et des éducations, c'est sûr, la gamme était exemplaire. Au moins aussi variés que les Village People, sans aucune comparaison péjorative, cela va de soi. Par contre, l'entente risquait de ne pas être au beau fixe. Écoutant le gamin répliquer à la petite remarque qu'il avait faite à son sujet, il découvrit un large rictus carnassier, bien sombre présage pour le lycanthrope. Tendant les doigts, collés les uns aux autres, en parallèle avec la surface de la table disposée entre eux, sa cigarette se dressant à la verticale, ajuster sa visée lui prit à peine une seconde. Sans plus attendre, il souffla, envoyant sa fumée droit dans le visage du loup noir - ainsi qu'une quantité conséquente de cendres par la même occasion.

    L'avantage avec le tabac bon marché, c'était qu'il brûlait plus vite, lui laissant donc largement de quoi faire en matière de ces déchets grisâtres qui recoloreraient ainsi le visage du nabot. Sachant qu'il avait effectué ce petit témoignage de sympathie aussitôt après le dernier mot lâché par ledit Fenrir dans sa tirade, il y avait de très fortes chances pour qu'il en ait également reçu en bouche, au vu de la vitesse d'exécution du Byakko. Il n'y avait pas vraiment prêté attention, mais que le destinataire de ce petit assaut perfide ait les lèvres derrière l'écharpe ou non au moment de parler, il en recevrait forcément une partie, fût-elle filtrée par l'épaisseur de l'écharpe rouge lui ayant été prêtée. En tout cas, il y avait de quoi recolorer son teint, qu'il en gobe ou non... Moqueur, il écrasa le peu qu'il restait de son mégot dans le récipient prévu à cet effet, ricanant de sa malveillance.

    « Tiens ! Avec ça dans l'bec, tu apprendras peut-être à fermer ta gueule quand il le faut... Laisse parler les grands, le mioche. »

    Le fait que le morveux en question se soit passé d'indiquer s'il était bien mineur comme supposé ou non voulait tout dire, et laissait donc toute la liberté au fauve au pelage neigeux de le traiter comme tel. Bien fait pour sa gueule, il avait qu'à être clair et docile dans sa réponse. Réajustant ses lunettes et jouant encore et encore la carte de la patience, dotée de bien peu de valeur pour lui, il haussa un sourcil interrogateur aux premiers mots de Takeo, sceptique. Son autorité était à placer au-dessus de celle de la Raikage ? Il ne se prenait pas pour de la merde, c'était sûr. S'empêchant un grognement, il choisit d'écouter la suite avant de faire quoi que ce soit. Les services spéciaux, hein... Un terme qui suffisait à le crisper légèrement, et étant déjà à cran dans cette situation pas forcément agréable, il ne faisait qu'avancer petit à petit vers l'ultime borne de sa tolérance déjà mince de coutume. Dit comme ça, les deux guignols avaient tout l'air de leur avoir tendu un guet-apens pour l'un ou l'autre méfait commis. Cependant, hormis des excès de vitesse en pagaille par simple amour de la pleine puissance de sa bécane, il n'avait, de mémoire, commis aucune infraction. Or, il doutait qu'on lui envoie des agents de ce calibre simplement pour lui coller une contravention, aussi salée soit-elle. S'efforçant donc de ressaisir toute l'essence de sa désinvolture, il se recala contre le dossier, les bras passés derrière la tête en guise d'oreiller improvisé tandis qu'il évaluait le Kikuta de ses yeux mi-clos, ses prunelles grenat cherchant à voir plus clairement en lui. Ce mec était bizarre, il le flairait comme jamais, et ce sans même avoir besoin de muter pour le discerner. C'était dire. Il avait toujours eu l'instinct plutôt développé, et là celui-ci sonnait l'alerte.

    Malgré tout, il choisit de le mettre en sourdine le temps qu'il faudrait, la curiosité titillée. Plusieurs mots vinrent cependant le heurter à rebrousse-poil dans ce que disait Takeo. Chef... Directives... Conditions... La proposition lui étant si gentiment faite, il manqua à chacun de ces termes de quitter la table, mais sût quand même l'endurer pour rester immobile, bien que tout ça ne lui plaise pas du tout. De toute manière, le fait que le Ketsuki tourne autour du pot suffisait à l'agacer. Qu'il en vienne au principal, au lieu de s'étaler en long et en large ! Qu'est-ce qui le faisait rester là, les pieds sur la table, avachi sur cette banquette dans cet environnement débauché ? Sans doute son orgueil, venu lui mettre un coup de fouet opportun. Il avait l'impression qu'à travers ses grands discours, Gankutsuou, comme il s'appelait lui-même, cherchait à voir s'ils auraient la témérité de ne pas bouger d'un poil. Malgré tout, tout dépendrait du contenu de ladite mission, et même si tout foutre en l'air n'était pas spécialement son but, il n'aurait aucune hésitation à le faire si l'ensemble lui paraissait trop contraignant et pas assez satisfaisant pour lui. Se demandant ce que pensait Hayato de tout ça, il risqua un coup d'oeil en direction de l'androgyne ayant pris place à ses côtés, cherchant un éventuel signe qui aurait pû lui être destiné. Depuis le temps qu'ils faisaient équipe, ils s'étaient habitués à se comprendre l'un l'autre sans avoir besoin d'ouvrir la bouche indispensablement, ce qui s'avérait bien souvent très pratique lorsque la discrétion était de mise.

    Les inconnus en présence les empêchant de pouvoir dialoguer clairement entre eux sans risque d'être entendus, cette expérience de coopération pouvait une fois de plus montrer tout son intérêt. Et même s'il avait déjà quelques griefs à son palmarès pour le narcoleptique, ce dernier ne pouvait que partager l'avis de Kuro lorsqu'il intima à leur hôte d'abréger - il l'aurait dit lui-même si le temps lui en avait été laissé. Lorsqu'il leur demanda s'ils savaient ce que comportait la rubrique des chiens écrasés du journal local, il failli laisser ses nerfs se délester de ce qui leur pesait en lui faisant savoir le fond de sa pensée. À savoir, qu'il n'en avait rien à foutre et qu'il était peut-être temps d'aller droit au but. À savoir que le peut-être était là pour faire illusion de proposition, évidemment. Trainer à ce point le gonflait tellement qu'il faillit remercier le surnommé Fenrir par spontanéïté lorsque celui-ci leur donna l'éclaircissement attendu en une phrase unique, rapide et concise. Parfait. Même si ses manières méritaient d'être revues - tout comme celles de l'hybride, d'ailleurs, mais passons -, il avait au moins le mérite d'être plus direct que son ainé. Soupirant un bon coup et extirpant un mouchoir d'un blanc immaculé de la poche de sa veste, il ôta ses lunettes pour en astiquer distraitement les verres à son aide, méticuleux comme son attitude n'aurait jamais pû le laisser croire.

    « Et donc, qu'est-ce qu'on vient foutre là-dedans, nous ? Si c'est pour jouer les nounous avec votre gonzesse parce qu'elle a les jetons de se faire agresser par un voleur de sac à main, comptez pas sur moi. Par contre, si vous voulez qu'on pète la gueule à quelqu'un ou autre du genre, alors là c'est une toute autre affaire... »

    Un sourire en coin narquois naquit sur ses lèvres, rendant son expression inquiétante tellement son air mauvais était surprenant. Un véritable prédateur, il suffisait de ça pour s'en rendre compte, aussi peu perspicace qu'on soit. La pression qu'il imposait autour de lui ne laissait planer aucun doute lorsqu'il créait une situation pareille, dévoilant donc la nature profonde qu'il avait acquise depuis le fameux jour où les ténèbres l'avaient englouti. Le jour de cette fameuse promesse. Le jour où ses mains se souillèrent de sang pour la première fois. Mais aussi, le jour d'une rencontre. Tournant la tête vers celui que concernait ce dernier fait d'archive, les lorgnons remis en place une fois parfaitement propre, il ne pouvait qu'attendre une intervention de la part de son associé afin de voir ce qu'il en était de son propre avis. Le duo de Kanade serait-il de la partie ou pas ? Il était plutôt mitigé, et sans doute la volonté de son binôme finirait-elle de trancher, sans espoir de changement quand ce serait fait à moins d'addition de nouveaux impondérables. Tout cela ne lui disait rien qui vaille... À tort ou à raison, l'avenir le lui dirait bien assez tôt.
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Asakura Kanna
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MessageSujet: Re: Je déteste la pluie... [PV]   Mer 06 Mai 2009, 13:15

En effet, de nombreuses questions persistaient encore dans les esprits de chacun. Propositions, demandes, révélations. Certes un rendez-vous hors du commun, mais son lieu de prédilection n'avait d'égal qu'à l'importance à laquelle il lui était attachée. Observant la scène en faisant abstraction de chacun des commentaires désagréables lancés à l'encontre du chef de la cellule, une simple analyse de la situation aurait pu aider Kanna à cerner ce qu'il allait advenir de la suite. Une histoire de service secrets, de traque et de recrutement, voilà qui l'intéressait tout de même. Changer ses habitudes et briser la lassitude habituelle de sa vie si monotone, sans doute que cet évènement pouvait mettre un peu de piment dans son existence. Nonobstant le douloureux endroit physique où il siégeait, le solitaire lui-même avait pris sa décision et rejoindrais ce groupuscule amusant et ténébreux, de quoi égayer un peu son esprit si morne. Son regard vide et abstrait scrutait son environnement sans aucun but, enivré par ses songes et ses pensées. Leur devoir n'était-il pas de servir leur village? Une nouvelle cigarette blanchâtre prit place entre ses lippes, un sourire en coin, une simple flammèche pour mettre au feu au nouveau cylindre funeste, addictif physique et esthétique de l'enténébré. D'un geste flegme et machinal, la nouvelle braise vint délicatement se poser dans un pot de porcelaine immaculé, nouvellement lavé pour les venus. L'entièreté du tube de papier pris place dans une encoche dégarnie par le temps, laissant les mains libres à l'aristocrate qui n'allait sans doute pas tarder à exprimer son point de vue sur la situation. Réajustant ses gants à la manière d'un médecin légiste, un faible crissement de cuir se fit entendre, plissant légèrement les doigts. Sa bague scintillante à l'annulaire, une moue pensive se dessina sur son visage à la suite du frottement de ses joues à l'aide de ses deux premiers doigts.

« Il n'est aucunement question de choix, Gankutsuou. Mais bien de devoir. Je mettrais fin moi-même aux jours de quiconque ose s'extraire de cette table. Ce village est le nôtre, vous avons le devoir de le défendre et de le servir, quoi qu'il advienne … »

Que de bien bonnes paroles, encore que des actes pourraient y être liés. Connaissant la détermination et le sérieux que Kanna injecte dans ses propos, la confrérie de l'éclair se verrait sans doute prudente quand à ses menaces. Encore que, sans doute que le colosse au regard de braise grognerait quelques railleries déplaisantes. Sa grossièreté hautaine et son humeur acariâtre commençaient à devenir plus que désagréables pour le noble -Bien qu'il soit tout autant détestable de par sa froideur.- Cela commençait à bien faire. Il clouerait rapidement le bec au bâtard névrosé de caste inférieur et immigrant qu'était le Kanade, aspirant cependant à plus de respect pour l'androgyne qui ne cherchait que donner une meilleure image du duo, tandis que le rustre impulsif ne se contentait que de lâcher mots et injures, advienne que pourra pour la suite. Après avoir remis un peu d'ordre et de sérieux dans cette discussion anarchique qui ressemblait plus à un règlement de comptes insensé, le vingt-huitième regagna sa place molletonné tout en extirpant son calumet de ses fins doigts, se laissant entourer par une fumée albâtre constamment imperturbable autour de sa personne. Le quintet se regardait en chiens de faïences, attendant une simple réaction quand à son court monologue, Kanna restait pensif et rêveur, comme à son habitude. Malgré le sérieux et l'intérêt qu'il portait à la situation, peut-être n'était-ce pas le cas -À première vue.- de deux de ses futurs compatriotes obligés de le suivre, dans le cas contraire en résulterait un affrontement plus que sanglant.

Une décision importante et cruciale pour la suite des choses, le futur second de l'organisation venait de s'engager à faire partie de cette confrérie assassine dans un avenir proche, et cela dans le simple but de protéger le village ainsi que son représentant, nullement pour redorer l'image de son clan bafoué mais exhalant néanmoins un respect omniprésent quand à la vue de ses membres. L'odeur fébrile et nauséabonde de la cigarette, de la transpiration et autres senteurs érotiques commençaient à violemment agresser le psychisme de notre protagoniste. S'accoudant à la moquette carmin grossièrement coupée, il tint sa tête de manière affligée et blasée, quelqu'un aurait-il pu mettre un peu d'intérêt dans cette conversation afin que l'orchestre des ténèbres ne passe pas pour une simple réunion de gangs écervelés, tant les impolitesses et les écarts de conduite coulaient à flots? Certes sans conséquence dans ce type d'endroit, mais si ce comité secret venait à agir de la sorte lors de l'enquête ou de la mission même, Kanna n'osait imaginer les répercussions sur le but et l'avenir compromis de leurs futurs escapades. En effet et vous l'aurez compris, un certain pessimisme habituel émanant de la part du ténébreux solitaire, comme pour changer sa vie. Certes il deviendrait un des meneurs de par ses capacités et sa facilité à endosser plusieurs lourdes responsabilités, mais aurait-il su aider le groupe à se sortir de là? Il n'était aucunement l'hôte ou le dirigeant de chacun, mais s'exerça quand même à refroidir la température impolie et débauchée que certains osaient chauffer, à leur futur désarroi sans doute.

Nonobstant le peu de conduite quand à certaines personnes désagréables, il prit quand même la peine de se présenter peu de temps après. Un pseudonyme bien choisi, pour former un couple avec son futur grade dans l'organisation à venir. Il se cacherait sous une autre identité, tels des chevaliers vengeurs perçant la nuit. Des agents de la lune, il devenait la peur qui frapperait des ténèbres. Maîtres de la furtivité et de l'assassinat, ils deviendrait rapidement un important groupuscule, chacune des capacités de la communauté était à mettre à l'épreuve, tant la force brute que la force stratégique dont Kanna s'occupait, quitte à prendre plus de temps que prévu lors d'un affrontement venu. Son esprit de tacticien n'était plus à mettre à l'épreuve, et sans doute que la réaction de ses compatriotes était déjà calculée après les quelques phrases qu'il prononça par la suite, par un simple:
« Helheim, tel sera mon pseudonyme à vos côtés. » espérant un effet continu de la part de ses acolytes, il cherchait simplement à guider le groupe, que ces âmes perdues ne le soient pour le restant de leur journée. Ainsi montrait-il la lumière, prenant un initiative courageux, Kanna guiderait cette mission, tant bien que mal, mais de tout son cœur.
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MessageSujet: Re: Je déteste la pluie... [PV]   Lun 11 Mai 2009, 02:05

Takeo ne pensait qu'à une seule et unique chose pour le moment: le titre d'un bouquin qu'il avait vu dans la bibliothèque de son oncle.
"Comment travailler avec des emmerdeurs?"

En réunissant ces quatre énergumènes ici, le Vampire savait ce qu'il risquait, et pourtant il l'avait fait quand même. Avait-il des pensées suicidaires? Peut-être. On sait jamais avec lui. En seulement quelques minutes de présence commune on pouvait déjà sentir l'hostilité et les envies de meurtres de certains des membres de l'équipe, ce qui rendait leur future mission plus que compromise. Pourtant, tout cela ne semblait pas affecter Takeo. Certes, ça le faisait chier. Et pas qu'un peu. Mais il gardait bon espoir de voir au final ces personnages si différents se compléter en une équipe redoutable. Chacun d'eux avait ses propres forces, faiblesses, peurs et convictions, et pourtant il existait quelque chose de commun aux cinq personnes réunies à cette table. Le Chef Anbu avait parié sur ce petit quelque chose au moment former son équipe, et même si le résultat dépassait pour le moment tout ce qu'il avait redouté, il sentait qu'il ne s'était pas trompé.
Mais tout cela ne changeait rien au fait que certains étaient de purs emmerdeurs.

Tout d'abord, ce fut Kuro. Takeo était habitué aux conneries de son loup de chasse, mais présentement ce dernier aurait mieux fait de la fermer, surtout si c'était pour résumer une situation qui n'était plus du tout la même. Si encore il était venu avec lui pour interroger le prisonnier, il lui aurait pardonné. Mais que savait-il de ce qui s'était dit dans le cachot? Rien. Absolument rien. Et quand on ne sait pas, on se tait. C'est un règle.
Ensuite, c'était Nataku. Ce gars l'ouvrait trop pour un étranger tout fraichement débarqué dans un village dont il ignorait tout. Il était visiblement du genre à en faire à sa tête jusqu'à ce que quelqu'un lui foute une branlée et le remette à sa place, et Takeo pensa sérieusement à être ce quelqu'un durant un moment. De un, c'était son écharpe qu'il aspergeait de cendres et qui allait l'asphyxier durant la mission. De deux, le Byakko se permettait d'insulter la Raïkage Kazumi qui était surement capable de le tordre en deux pour lui foutre la tête dans le cul, le tout d'une seule main. C'était plus que suffisant pour faire se hérisser le poil du Vampire et lui donner à son tour des envies de meurtre, bien plus fortes et présentes que celles du loup ou de l'hybride, mais plus maitrisées aussi.
Résistant à l'envie de chopper la tête de l'un pour fracasser celle de l'autre, le Kestuki accueillit avec soulagement les paroles de Kanna. Au moins un qui avançait dans la bonne direction! Il avait même déjà son nom de code. Restait les trois autres.
Après avoir parcouru l'assistance du regard d'un air las (désespéré même, lorsqu'il passa sur Kuro et Nataku) Takeo s'attaqua à la partie importante du briefing. S'avançant pour poser les coudes sur la table, l'homme au cheveux de neige parla d'une voix impérieuse indiquant clairement qu'il ne souffrirait d'aucune interruption, qu'il s'agisse du loup ou du tigre.

« D'accord. Au temps pour les détails. La Raïkage a été l'objet d'une tentative d'assassinat il y a trois jours. Ils étaient six, avec des bandeaux d'Ame, on sait qu'un utilisait le Genjutsu et qu'un est mort durant les combats. Ils ont disparu et on les cherche toujours. Ce soir, on a une chance de les débusquer. Pour ça, il me faut les meilleurs, même si parmi ces meilleurs il y a deux imbéciles retournés à l'état sauvage. C'est assez simple pour vous? »

Le regard du Vampire foudroya Kuro, puis Nataku, qui ne cachaient nullement leur impatience de voir la fin de cette réunion arriver. Son introduction avait été un peu longue, c'était vrai. Mais c'était là une chose qui devait être faite. Il aurait été idiot de devoir tuer les Kanade ou Kanna s'ils se mettaient à raconter cette mission à tous les bars. Au moins, avec ce qu'il avait dit, ils étaient prévenus. Si jamais ils enfreignaient la consigne, Takeo aurait ainsi la joie de les tuer avec un magnifique "Je vous avais prévenu.", et sans aucun remord en plus. Que demander de plus?
Le Vampire calma les envies de violence qui l'animaient depuis plusieurs minutes, et ses pupilles écarlates perdirent leur éclat meurtrier. Il devait éviter de blesser ses hommes juste avant la mission: ils pouvaient encore lui être utiles. Par contre après... Mais ils n'en étaient pas encore là. Tournant la tête pour observer les alentours de leur table, l'instigateur de cette réunion nota que l'intérêt des autres clients dans la salle pour leur groupe était quasi-nulle, malgré l'allure des attablés. C'était peut-être le bon moment pour s'éclipser. Il n'y avait de toute manière plus grand chose à dire sur la mission, et les questions pouvaient bien attendre qu'ils soient à l'extérieur en route vers leur cible. Non?

« De toute manière, maintenant que je vous en ai parlé, vous n'avez plus d'autre choix que de participer à cette mission. Alors allons-y. Notre cible s'éloigne un peu plus à chaque seconde. »

Fatalité? Peut-être y avait-il un peu de cela. Mais ceux réunis à cette table n'étaient pas tout à fait du genre à croire en la fatalité. Ils étaient plus genre à se rebeller contre elle et tenter de prendre leur destin en main, afin de le diriger comme bon leur semble. Peut-être était-ce là ce qui les rapprochait, et ce que Takeo avait su déceler en eux. Ou peut-être pas. Un simple fait de vouloir contrôler sa vie ne suffisait pas à véritablement rapprocher deux personnes après tout. Alors cinq... Non. Il la ressemblance entre les cinq protagoniste était plus profonde que cela, qui avait marqué leurs cœurs d'une marque, au fer rouge, et qui ne partirait jamais.
Mais les énigmes de l'esprit torturé du Vampire n'étaient pas le sujet du jour. Il gardait cela pour plus tard, pour lorsque les orages se lèveraient.
Pour le moment, une chasse les attendait.


[Post en papier maché. Pas d'inspi et sommeil. Désolé. *va s'effondrer dans son pieu*]
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Kuro
Rokudaïme Raïu
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MessageSujet: Re: Je déteste la pluie... [PV]   Mer 13 Mai 2009, 19:08

Il en avait marre. Marre, marre et archi marre. Marre de ce bar de merde et son odeur pestilentielle, marre de ses abrutie qui se croyait plus fort que les autres parce qu’il faisait « virile », marre des autres aussi qui l’emmerdait rien que par leur présence et marre de la diatribe chiante de l’autre à coté de lui.
Il voulait de l’action lui ! Il voulait cette chasse que lui avait promit son chefounet et qui l’avait forcé à supporter cet endroit et tout le reste. Parce qu’il n’y avait que la perspective de la traque à venir qui l’obligeait à rester assit sur cette chaise car sinon, il n’aurait jamais été aussi loin dans le jeu de grande dents. Cela ne voulait pas dire qu’il supportait en silence comme d’autre, après tout, il n’avait jamais été un modèle de calme et de politesse et disait toujours ce qu’il pensait, dès qu’il le pensait. Aucun regret.

Plouic. Plouic. Plouic.

La situation était très chiante. Comment pouvait il davantage faire avancer les choses ? Le garçon hésita grandement à ne pas se relever et attendre dehors comme il voulait le faire au début. C’était risqué pour la mission, c’était un fait, Kuro était du genre fonceur mais pas non plus suicidaire même si les informations qu’il gardait en mémoire était au combien superficiel, elles étaient utiles à minima. Mais bon…
…Mais bon…
Instant de puissante hésitation. Il releva l’écharpe sur nez pour prendre une nouvelle bouffé de « ode au vampire » qui était tout de même plus agréable que le reste. Un peu. De toute manière il ne le dirait jamais alors il pouvait penser ce qu’il voulait, Takeo n’allait pas lire dans ses pensées – et encore heureux !

Ploc. Ploc. Ploc.

Et puis l’autre abrutit en face de lui. Cette espèce d’armoire à glace qui devait avoir le QI d’une moule cuite et qui faisait mumuse avec ses lunettes à la star – des lunettes de soleil dans un bar à pute ! Genre c’était trop lumineux pour ses petits neunoeils – en somme le gars qui le gavait le plus depuis le début de cette foutu réunion – plus que Takeo ! C’est dire !.
Il fit la chose la plus débile qui aurait put lui passer entre les deux oreilles…Lui envoyer de la fumé dans la gueule. De la putain de fumé de sa cigarette merdique et de la cendre en prime ! Entre la fumé qui s’insinua dans son nez – vous saviez vous que la plupart des trucs toxique dans une clope c’est dans la fumé ? Bah maintenant vous le savez ! – et la cendre qui s’insinua dans ses yeux, Kuro était bien lotis. Heureusement que l’écharpe de son voisin avait pris le reste – il n’aurait plus manqué qu’il en avale en plus ! Il toussota et une fois ses yeux débarassé de la cendre qui l’avait irrité, il jetta un regard mauvais à celui en face de lui. Regard pouvant se traduire par un regard revolver ou meurtrier ou haineux en fonction de ce qu’on voulait en faire. En bref, il l’aurait tué net si ces yeux était des mitraillettes.

Il écouta à peine la suite du discours de son sois disant chef, entendant quelques bribes qui ne l’intéressait de toute manière, pas. Il ne tiqua même pas sur le commentaire de Takeo quand a son état sauvage – alors qu’à l’accoutumé, il aurait envoyé un pic du genre « c’est pas comme si j’avais été un jour civilisé » - et écouta encore moins le reste – bien que le mot genjutsu se fraya un chemin dans sa tête et alluma la sonnette d’alarme attention. Là, à cet instant précis, seul une chose occupait ses pensées. Un seul visage. Une seule voix. Et ce n’était absolument pas du à un coup de foudre. Kanna pouvait aller jouer au noble plus loin, Takeo pouvait le briefer toute la soirée, la demoiselle pouvait faire la princesse tant que ça lui plairait…
En somme la terre pouvait arrêter de tourner que le loup ne l’aurait pas capté.

Plouf.

Vous connaissez la maxime « la goutte d’eau qui fait déborder le vase » ?
Et bien vous allez la voir en action. Attention les yeux.

Un cendrier, c’est très chiant et plein de cendre. Alors puisque c’était chiant et plein de cendre, la première chose qui traversa l’esprit du loup noir tenait en un mot : vengeance. Sans signe avant coureur, Kuro se releva brusquement attrapa dans le même temps le cendrier qui était à coté de Nataku pour lui envoyer la cendre et les clopes dans la tronche de son compatriote, cendrier en prime.

« Tu me diras quel effet ça fait de bouffer ta putain de cendre toi-même hein ?! Le mioche va te foutre son katana dans la gueule, et on va voir si tu vas arrêter de cracher des conneries ou si tu vas persévérer comme t’arrête pas depuis le début ! » Joignant le geste à la parole, il sortit son sabre de son fourreau, la lame rougeoyante dans sa main gauche.

Il pouvait se passer tout un tas de truc dans le bar que Fenrir n’aurait pas fait autre chose. Qu’il se foutait que ça cri ou que ça chiale, pour l’instant, seul sa rage avait de l’importance. Seule cette envie primaire de tout péter comptait. Et surtout cette envie de péter la gueule à cette personne là…Dont il ne connaît toujours pas le nom d’ailleurs.
Avec un respect qu’il ne se connaissait pas – ou simplement parce qu’elle le gênait – il retira l’écharpe de son chef pour la lui donner – et non pas lui jeter dans la gueule…Les odeurs étaient beaucoup plus supportables avec une bouffée de rage pure.
Et puis …A l’attaque ! Il joignit le geste à la pensée, utilisant la table comme si c’était son utilité d’être parcourut à pied – ou d’être un terrain de combat – pour se jeter – presque littéralement – sur l’homme qu’il avait envie de voir finir sur le fil de son sabre. C’était comme ça avec Kuro, j’attaque sans réfléchir et surtout pas aux conséquences de ses actes ou aux dommages collatéraux.

Quel soirée (au secours)…C’était sans doute ce que devait ce dire le mec à l’autre bout de la salle et qui se retrouvait là pile quand 5 ninja faisait un briefing qui dégénérait furieusement. Pas de cul mon pote.


[HRP: La fin est super bâclée mais bon, j'en peux plus là. Nataku, évite de tuer Kuro quand même, soit sérieux x) ]
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MessageSujet: Re: Je déteste la pluie... [PV]   Dim 12 Sep 2010, 23:49

Citation :


°¤ Evaluation ¤°

Quand j'ai relu ce topic, je me suis pas mal perdue dans la lecture, m'enfin c'était assez spécial.
Abandonné, encore une fois, mais par la force des choses dira t-on [ ... ]

Arrow Takeo/Kuro : 6 points chacun
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MessageSujet: Re: Je déteste la pluie... [PV]   

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Je déteste la pluie... [PV]

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