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 Les passions de l'âme |PV Erayn|

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Kotori Ayuna
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MessageSujet: Les passions de l'âme |PV Erayn|   Dim 30 Nov 2008, 18:46

Spoiler:
 

Ayuna se retrouvait dans un endroit inconnu à sa connaissance. Le ciel d’un bleu azur était dépourvu de nuage, et laissait donc place à cet astre solaire qui brillait et caressait de ses fins rayons la peau de la jeune Kunoichi tel un amant bienfaiteur, et bienveillant à ce que cette dernière ne manque pas de chaleur. Alors qu’elle abaissait le regard, cette dernière distingua une forêt, dont les feuilles luxuriantes filtraient les rayons du soleil, la protégeant d’une lumière trop forte pour ses yeux. Vêtue d’une robe jaune pâle, sa préférée lorsqu’elle n’avait que 13 ans, Ayuna gardait pourtant son visage et sa taille réels. La jeune femme se sentait étrangement en sécurité dans cet endroit, allongée sur cette herbe parfaite et moelleuse, ce petit coin de paradis semblait peu à peu lui dire quelque chose, des détails d’un passé qui paraissait bien lointain dans son esprit comme enrobé dans un brouillard épais. Un savoir inconnu lui délivra que c’était dans cette forêt que tout avait commencé avec Lui. Pourtant, cette dernière ne ressemblait en rien à ce lieu, dont elle avait gardé un souvenir très net et à la fois flou. Cependant, peu importait, si elle était ici, Il devait être aussi présent. Pourtant, elle resta contempler cette voûte céleste dont seule une légère brise venait perturber ce silence reposant mais trop anormal. La jeune femme semblait reposée, heureuse et son regard semblait pétiller de nouveau rien qu’à l’idée de Le revoir.
Celui qui ornait constamment ses rêves depuis plus de 4 ans apparut devant ses yeux ébènes. Néanmoins, Il n’avait pas ce physique d’adolescent que son esprit avait figé avant Sa mort, mais bien celui des 19 ans dont Il devait avoir aujourd’hui, celui d’un adulte capable de la protéger, et de prendre des responsabilités bien plus importantes qu’avant. Tout semblait avoir changer en Lui, sauf ce regard opale qui le caractérisant tant. Mais sa stature était plus impressionnante, comme si Il n’avait pas cessé les arts Ninjas durant tout ce temps, comme si Il ne l’avait pas quitté. Des cheveux ébènes désormais court et sa tenue sombre faisait un net contraste avec son regard, et le mettant ainsi en valeur. Deux tatouages ornaient son visage fin, l’un était un trait qui s’arrêtait à l’arrête de son nez et en dessous le nombre 69 qui semblait énigmatique à ses yeux. Des anneaux couleur or se dévoilaient à l‘arcade de son oreille gauche, et son cou était pourvu d‘un collier noir possédant des pointes métalliques en son entier. Tous ces brusques changement n’altérait pourtant rien. Son amour pour Lui était toujours là, intact… Ce regard maintes fois contemplé ne lui offrant qu’amour et réconfort.

Ayuna lui offrit un de ses sourires qu’elle ne réservait qu’à Lui tout comme son regard empreint d’une véritable douceur amoureuse, Il lui fit un sourire à la fois calme et engageant et lui tendit une main secourable qu’elle prit sans la moindre hésitation, mais avec lenteur comme si, tout mouvement brusque était prohibé dans ce jardin d’Eden, le décor ne semblait plus du tout important puisqu‘elle avait rivé son regard dans le sien. C’était Lui son univers, rien d’autre…


-Argo

Ce fantôme perdu dans les limbes la serra doucement contre elle, noyant son visage dans la chevelure de la Kunoichi qui semblait bien petite par rapport à Argo. Elle-même réfugia sa tête au creux de son cou, pouvant rester ainsi pendant des heures, sans éprouver le moindre sentiment de lassitude. D’ailleurs, comment pourrait elle le ressentir, c’était ce qu’elle voulait, cette dernière était incapable de prononcer le moindre mot, l’émotion lui coupant littéralement sa respiration, son seul souhait c‘était qu‘Il soit en vie. Ce silence apaisant fut interrompu par Argo, murmurant au creux de son oreille en un seul souffle chaud et doux :

-Vis tes rêves, Ayuna.
-Tu es mes rêves…

Aussitôt prononcé cette phrase que tout semblait de dissiper comme un Genjutsu de mauvaise qualité. La forêt commençait à s’éclipser dans un néant dont pourtant elle gardait pied tel un tapis noir. Et cette stature semblait disparaître bien trop rapidement pour rejoindre le décor, la laissant de nouveau seul dans ce froid et ce néant sans fond. La jeune femme ne ressentait plus ce bien être qu’elle avait connu quelques secondes auparavant, mais bien la souffrance de cette perte. Cette chaleur qui s’éloignait d’elle…

~°¤°~°¤°~

Laissant échapper un gémissement de douleur, Ayuna se recroquevilla sur elle-même à cause d’un mal de tête qui la martyrisait la faisant momentanément oublié ce qu’il s’était passé récemment. Par réflexe, elle s’enfouit dans les couvertures ne laissant plus qu’apparaître ses yeux clos, telle une petite fille voulant se précipiter dans les bras de Morphée. Cependant, la réalité s’empara bien vite de la Kunoichi : elle prenait conscience de la chaleur qu’émanait son corps, sûrement un restant de fièvre qu’elle avait attrapée elle ne savait où. Ouvrant les yeux lentement, elle releva la tête et distingua des murs blancs dépourvu de décoration, tournant lentement la tête du côté opposé elle distingua la même couleur sur ces derniers, mais aussi à travers l’unique fenêtre dont un tapis neigeux semblait vouloir se former ; il n‘y avait personne dans cette pièce exigu. Un bref frisson parcourut son échine, et la demoiselle n’eut comme seul réflexe d’enfouir son visage dans les couvertures, voyant un flash apparaître dans son esprit, ce regard opale dont elle rêvait tellement de contempler à cause de la couleur des parois. Cependant, ce frisson ne suffit pas à refroidir un temps soit peu son corps brûlant, la jeune femme se mit soudainement à rêver de cette neige sous ses pieds, et de sentir ces flocons fondrent sur ses joues fiévreuses. Cette pureté délicate ne lui procurait que fraîcheur dans son esprit malgré qu’elle sache très bien qu’en allant admirer ces perles blanches, ses membres seraient engourdis et n‘arrangerait pas son état.

Ayuna trouvait étonnant qu’il neige alors qu’elle était à Kumo, d‘habitude la mer contribuait à réchauffer l‘atmosphère ne laissant qu‘une brume glaciale dans les rues, non un voile ivoirin. Kumo… Une vague image d’une traversé en mer pour venir à Kiri émergea dans sa tête. Bizarre, la Kunoichi ne se souvenait pas de son voyage du retour. Alors qu’elle aurait simplement pu essayer de se rendormir et attendre un réveil plus propice aux réflexions, son instinct la pressait de se remémorer les derniers évènements. Enlevant définitivement ses couvertures à cause de la chaleur devenue insupportable, elle remarqua une tenue qui n’avait rien avoir avec sa garde robe, un haut beaucoup trop grand pour elle, puisque la longueur lui arrivait au milieu des ses cuisses, et les manches un peu en dessous de ses coudes, de toute évidence, ce vêtement appartenait à un homme puisqu’il n’épousait aucune de ses formes féminines.


*Ah naaan, c’est passé quoi ?*

Devenant alerte, Ayuna commença à observer réellement son environnement, et réalisa qu’elle n’était pas chez elle. Tout était trop petit et trop blanc à son goût, un nouveau frisson la parcourut puisqu’une image très net s’imposa dans son esprit, en plus des sensations : un Kunaïs placé sur sa trachée artère, et la silhouette d’un homme qui semblait être engloutit dans les ténèbres possédant le Byakugan. Ayuna était certaine qu’elle s’était attirée des ennuis, c’est pourquoi des rides d’inquiétudes s’inscrivirent sur son visage, où perlait une pellicule de sueur, mais masqua bien vite ce sentiment. La jeune femme ne se sentait pas à l’aise ici, elle préférait encore sortir malgré sa petite tenue et affronter ce tapis blanc pieds nus.
La Kunoichi se redressa lentement pour ne pas souffrir de vertiges, mais sentie une douleur au niveau de sa main droite. Jetant un coup d’œil, elle se rappela de son ascension du début, apparemment son agresseur l’avait bander lorsqu’elle était inconsciente. Étrange… La demoiselle aurait plutôt cru qu’il l’aurait abandonné à son triste sort dans les montagnes, pas qu‘il se serait occupé d‘elle. Cette dernière ne savait pas vraiment si elle devait s’en réjouir ou non, puisque dans les deux cas, Ayuna ne se sentait pas vraiment en sécurité. D’ailleurs, la Shinobi des nuages se mit en quêtes de ses habits pour pouvoir s’en aller le plus rapidement possible. Une évidence apparut soudainement dans son esprit la mettant devant le fait accompli ; en soit ce n’était pas vraiment grave, mais plutôt gênant pour cette dernière. C’était sûrement cet inconnu qui l’avait changé, et au vu de son nouveau sous vêtement masculin, il l’avait vu en tenue d’Ève. Sentant le rouge lui monter aux joues, elle ne serait pas étonnée de pouvoir cuir un œuf sur ses deux joues, en plus de chaleur qu’elle devait dégager à cause de la fièvre.

Ayuna se précipita hors du lit, tout ce qui comptait désormais c’était de sortir d’ici, ne songeant même pas à l’homme qui pouvait être n’importe où. Cependant, ses plans furent mise à mal, en effet, la Kunoichi n’avait pas récupéré toutes ses forces, et s’était relevée trop précipitamment, si bien, que ses genoux cédèrent sous son poids…
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Ueki
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MessageSujet: Re: Les passions de l'âme |PV Erayn|   Ven 26 Déc 2008, 07:54

C'était une errance entre les ombres qui avait mené les deux jeunes gens au-travers de la brume, subjuguée par l'avênement crépusculaire. L'apothéose obscure avait assouvi sa soif de conquête, étendant un règne sans partage sur les domaines terrestres en leur imposant le châtiment d'un ciel couleur d'encre. Les formes noires dansaient dans la pénombre, silencieux fantômes errant dans le calme poignant qui régnait, faisant circuler des brises glaciales dans l'atmosphère. Seul le souffle inaudible des deux êtes qui se confondaient dans cet océan de ténèbres soulevant imperceptiblement leurs torses à écarts réguliers troublait la sérénité imposée par la régence de l'orbe argenté, gouvernant sur ce monde. Couronnant ce climat empreint des crocs du givre, un fin afflux floconneux s'échappait des hautes strates, berçant leur incessante et effrenée progression au-travers de cette nature clémente de la chute et de la génèse progressive de la pureté immaculée du plus majestueux des manteaux de neige. Leur avancée se faisait laborieuse, et pour cause. Le fait que leur mode de déplacement commun se restreigne au fait qu'Erayn se doive de porter sur son dos une demoiselle évanouie, et visiblement en piteux état, ce qui le poussait à être plus prudent que de coutume, y était peut-être pour quelque chose. Mais le plus perturbant pour lui était le souffle chaud et saccadé de la nymphe qui parcourait inlassablement l'épiderme de son cou, au creux duquel s'était nichée la tête de sa passagère, la jeune légende de Kiri étant converti bien malgré lui en porteur de fortune pour mener la souffrante en des lieux plus accueillants qu'un domaine montagneux qui disparaîtrait bientôt sous une épaisse pellicule d'albâtre. En outre, plus encore que l'étrange sensation de cette respiration titillant son tissu cutané qui le faisait frémir incessamment, il y avait cette curieuse impression de déjà vu qu'il avait développé inconsciemment vis à vis de celle qui n'était pourtant qu'une étrangère pour lui. L'obscur palladium ne connaissait personne à Kumo, comment aurait-il pû jamais la rencontrer? Mais, au fil de leur traversée épique, la réponse lui parvint spontanément; tout simplement parce qu'elle n'était peut-être pas native du village caché des nuages. Mais il dissipa rapidement ces réflexions obsolètes. Après tout, il devait divaguer; qu'elle soit réellement originaire de là-bas ou non, qu'importe, il n'avait pas le souvenir de l'avoir jamais vue, ou que ce soit et peu importe les circonstances. Voilà qui réglait tout le problème, et lui permettait ainsi de se concentrer un peu plus sur sa course endiablée vers son domicile.

Il n'était guère des plus avantageux pour lui que de ramener de la sorte une étrangère d'un village potentiellement hostile, puisque n'étant pas sous le coup d'un quelconque pacte ou autre alliance avec Kiri. De fait, non seulement il devrait être extrêmement précautionneux pour que personne n'apprenne qu'il hébergeait une telle personne, mais qui plus est, il savait pertinemment qu'il risquait des ennuis majeurs s'il advenait que cela soit découvert. De fait, il fallait absolument que nul hormis lui ne soit au courant d'une présence potentiellement périlleuse pour le village en ces murs. Lui qui mettait un point d'honneur à protéger Kiri de toute menace extérieure, il fallait bien avouer que parier de la sorte sa sécurité en introduisant au coeur de ces terres une parfaite étrangère n'était pas des plus sensé. Mais il n'avait guère le choix, et ne la quitterait de toute manière pas d'une semelle. Tout cela tout du moins jusqu'à ce qu'il ait rencontré Arane. Mais dans quelle galère s'était-il donc encore aventuré? Il était qui plus est pratiquement sûr qu'il aurait laissé quiconque d'autre giser dans la neige tombante. Alors pourquoi? Il savait pertinemment qu'encourir de tels risques ne lui ressemblait pas. Alors pourquoi, pour elle...? Il ne le savait pas lui-même. Mais l'heure n'était guère à ce genre de méditation; il fallait se hâter, sans quoi l'état de la belle pourraît rapidement s'aggraver. Au vu de la manière dont elle était tombée inconsciente, il valait mieux s'occuper d'elle rapidement et faire en sorte de définir ce dont elle était victime afin de pouvoir la soigner efficacement. Malgré tous ses efforts pour dissiper ses songes, il ne pouvait s'empêcher de songer au fait qu'il se comporte si étrangement pour cette personne pourtant si anonyme pour lui. Il faudrait tirer ça au clair, par un moyen ou un autre, mais tout cela était d'un flou oppressant qui ne manquait pas de marteler ses réflexions enlisées. Après tout, à Dieu va, il fallait remettre cela à plus tard; la préserver était encore plus que probablement le meilleur moyen d'en apprendre plus sur ce trouble sybillin qu'il se voyait subir pour tout ce qui la concerne. C'est ainsi que leur épopée nocturne s'acheva dans une plénitude pas plus éloquente que précédemment, la jeune légende ne pouvant guère plus que s'affairer activement à faire baisser la fièvre de la jeune femme. Serviette trempée froide sur le front et changement d'habits pour la départir de la sueur ahurissante qui détrempait les siens, les flocons s'y étant fondus n'arrangeant également rien. Il profita également de la circonstance afin de bander et panser chacune des plaies apparentes de celle que le destin avait voulue son invitée d'un soir, s'acharnant avec application à faire tout ce dont il était capable en matière de soins pour qu'elle soit dans le meilleur état possible à son réveil. Après tout, moins elle serait bien traitée, et moins vite elle serait en état d'être questionnée.

La salle n'était pas vraiment des plus adéquates et elle en rirait certainement en l'apprenant tant le fait de mener un interrogatoire ici pouvait paraître cocasse, mais il n'avait guère le choix du lieu pour ce genre de tâche peu habituelle pour lui. Le voilà donc au final aux petits soins pour une illustre inconnue dans le but de pouvoir lui faire subir ses diverses questions quand à sa présence sur des territoires appartenant au pays de l'Eau, dans son propre refuge, le tout dans le plus grand secret. On pouvait bien affirmer qu'il était dans de beaux draps. C'était également le cas de cette jeune femme enveloppée de mystères; il avait même pris la peine de préparer sa propre couche pour accueillir cette pseudo-protégée. Lui qui se contentait d'ordinaire d'une étoffe fine avait dû s'accabler de nantir la couchette de plusieurs couvertures épaisses afin de la maintenir bien au chaud, rajoutant par la même occasion un oreiller supplémentaire sous son crâne. Le tout en s'assurant perpétuellement de la fraîcheur de la compresse froide. Un vrai travail d'orfèvre. Cependant, le fait de considérer les choses de la sorte virait bien vite à l'absurde lorsqu'on prenait garde au contexte dans lequel tout cela se produisait, ainsi qu'au fait qu'il s'agisse d'Erayn, bellâtre frigide dans l'âme comme tout un chacun le savait. Cela ne collait guère à sa personnalité, comme tout le reste d'ailleurs, d'agir ainsi, mais quoi qu'il en soit rien ne semblait tout à fait normal en cette nuit placée sous le signe de la perplexité. De fil en aiguille, le voici donc au final adossé au mur, calé confortablement sur une chaîse en bois quelconque. Il n'avait guère le choix et devait veiller au grain, à la fois pour pouvoir constater d'éventuelles évolutions quand à son état mais aussi pour s'assurer qu'il n'était pas tombé dans une magistrale supercherie, ou encore qu'elle ne chercherait pas à s'enfuir aussitôt revenue à elle. Le tout un livre à la main, s'y focalisant afin de sortir ses multiples pensées de son subconscient afin de pouvoir enfin délecter un minimum de tranquillité. En venant ensuite au fil des pages à échafauder qu'il serait sans doute bon pour elle d'ingurgiter quelque chose de revigorant une fois réveillée, il soupira en se pinçant l'arête du nez. Vivement que cette scène prenne fin, ça devenait grotesque. Mais, n'ayant guère le choix à présent qu'il y avait pensé, il prit d'un pas lent le chemin du réduit qui lui tenait lieu de cuisine. Après tout, ce n'était même plus à cela près tant il s'était enfoncé dans l'anormalité au cours de ces multiples attentions.

Il y avait de quoi se demander s'il n'était pas en proie aux prémices d'une douce et enivrante folie. Se préparant un café noir pour lui-même afin de profiter de la préparation, il adjoignit néanmoins à ce premier un chocolat chaud, qui devrait probablement aider l'assoupie à rouvrir les yeux en bonne et dûe forme. Parlant de cela, alors qu'il esquissait les premiers pas en direction de la pièce principale, soit la chambre où reposait la donzelle ensommeillée, il discerna avec rapidité la situation. À savoir, le fait qu'elle n'allait pas manquer de saluer le plancher avec enthousiasme dans quelques instants. Avec une fluidité et une adresse ahurissante, probablement qqualifiable de dépassant le commun des mortels, il parvint à se mouvoir jusqu'à elle vivement et à s'incliner afin de la rattraper de sa main libre. Omettant totalement à quel point ce genre de performance pouvait s'avérer choquant pour quiconque n'y était pas accoutumé, il la rejetta sans réelle précaution sur le matelas, s'efforçant toutefois de faire en sorte qu'elle ne heurte rien. Elle se retrouva simplement violemment projetée sur le meuble au creux duquel elle visitait les royaumes oniriques encore un instant auparavant. Il était à préciser qu'elle n'était à cet instant vêtue que d'un tee-shirt et d'un boxer, dont les points communs étaient à la fois d'être bien trop amples pour elles, de couleur d'encre, ainsi que d'appartenir au sombre bretteur. Celui-ci la toisa avec austérité, sans pour autant lui adresser un quelconque regard noir ou autre signe d'animosité. Soupirant une nouvelle fois face au statut critique d'une telle situation, il se contenta de baisser légèrement le plateau afin qu'elle puisse se saisir de la tasse qu'il avait pris soin de lui préparer, lui mettant la sienne en évidence.

~._¤ Désolé, mais je ne peux vous laisser vous échapper de la sorte. Vous ne seriez de toute manière guère en état. ¤_.~


Sans attendre quoi que ce soit en particulier, les yeux clos comme afin de se dissimuler à lui-même l'état des choses, il se saisit de son café avec habileté et en but une lampée, le liquide brûlant ne manquant pas de lui procurer un zeste bienvenu de bien-être.

~._¤ Vous vous êtes évanouie, et au vu de la chute que vous avez manqué de subir, je vous déconseille fortement de tenter quoi que ce soit... ¤_.~
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Kotori Ayuna
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MessageSujet: Re: Les passions de l'âme |PV Erayn|   Ven 02 Jan 2009, 01:22

L’esprit embrumé et endolori, Ayuna n’avait pas réfléchit aux conséquences que cela avait entraînées en sortant si vite du lit. La panique avait apparemment fait son œuvre, l’ayant réduite momentanément à l’état d’animal en voulant assouvir l’un de ses instincts primaire, à savoir, sa propre sauvegarde. Alors qu’un vertige s’était emparée d’elle, l’empêchant ainsi de voir correctement ce qui l’entourait, ses forces avaient déclinées si bien que ses propres jambes n‘avaient pu supporter son poids pourtant bien faible. La jeune femme s’était attendue à sentir la surface dure du sol sous ses mains, peut être même s’écorcher les paumes pour son manque de prudence. On ne jouait pas avec le corps, pour être médecin, Ayuna savait parfaitement de quoi elle parlait, combien de Shinobis n‘avait elle pas dû soigner parce qu‘ils avaient été au-delà de leurs forces ? Néanmoins, au lieu de sentir le contact froid du sol, ce fut plutôt celui des draps chauds qu’elle venait de quitter quelques secondes auparavant. La Kunoichi fut déstabilisée, ne comprenant pas tout de suite ce qu’il venait de se passer. Cependant, elle abandonna très vite sa quête du savoir, pour se concentrer sur le nouvel assaut de la douleur à la tête, qui la martyrisait à cause de ce nouveau mouvement brusque. Les yeux fermés, Ayuna n’avait pas pu retenir un gémissement de douleur s’échapper de ses lèvres fines et la jeune femme avait posé une de ses mains sur son front par réflexe, comme si cela pouvait calmer la souffrance.
En attendant, rien ne se passait comme prévu, puisqu‘elle ne maîtrisait plus rien. L’histoire de sa vie lorsqu’elle y songeait, et sûrement une des raisons qui l’avait poussé à douter de la valeur de sa propre existence, au point de se sacrifier pour les autres, de s’oublier en quelque sorte. Les habitants de Kumo disaient souvent qu’Ayuna était généreuse. Mais, il n’en était rien, certes, cette dernière aimait ce qu’elle faisait, mais elle le faisait principalement pour délaisser son histoire au profit de celles des autres, sauver ce qui pouvait l’être de son point de vue. Un bonheur par substitution en quelque sorte, puisqu‘elle le vivait à travers ces personnes. Plutôt pathétique lorsqu’elle y pensait, mais chacun avait sa façon de faire pour oublier la tristesse. Elle n’avait pas envie de changer son mode de fonctionnement, puisque ça marchait très bien ainsi.

La jeune femme interrompit ses pensées lorsqu’elle entendit un soupir, et elle fut incapable de l’interpréter, peut être parce qu’elle avait eu la bêtise de se lever dans son état et qu‘il pensait qu‘elle était idiote. Mais au moins, Ayuna avait le mérite de savoir pourquoi elle n’avait pas heurté le sol. Cet inconnu devait avoir une vitesse bien supérieure à la sienne pour qu’elle n’est rien vu, même le contact avait été bref, si bien que si on lui avait dit qu‘il ne l‘avait pas touché, la Kunoichi l‘aurait cru. Ou bien elle était bien trop faible pour distinguer quoique ce soit de haut niveau, ce qui ne l‘aurait pas étonné. Restant allongée encore quelques instants pour être sûre que son vertige était bien passé, cette dernière remarqua qu’elle tremblait. La dernière chose qu’elle aurait voulut devant cette personne, la jeune femme n’avait plus qu’à prier pour qu’il ne remarque rien ou fasse semblant. Soupirant de lassitude, Ayuna se sentait faible et impuissante dans cette situation, et la demoiselle n’avait jamais apprécié les pertes de contrôle, puisque cela avait toujours été synonyme de désastre dans sa vie, bien que courte.

Se redressant lentement pour ne pas souffrir d’un nouvel étourdissement, la demoiselle prit bien garde à masquer au maximum ses spasmes en prenant une des couvertures qu’elle avait eu à disposition durant son sommeil, pour s‘y réfugier. D’ailleurs le poids d’une de ces dernières lui indiqua à quel point elle manquait de force à cause de l’inhabituelle fatigue qu’elle supporta en la prenant, ajouté à celle du réveil qui la rongeait depuis le début et qui était loin d’être doucereux, elle avait connu meilleur état de santé. Ayuna resta sur le lit, tout en s’appuyant contre le mur pour ne pas trop s’épuiser. Elle avait un peu l’impression de sortir d’une longue maladie ainsi. Cette dernière refusa d’un signe de tête la tasse de chocolat qu’on lui proposait, lui donnant vaguement la nausée en l‘apercevant, bien que cela lui aurait sûrement fait du bien. De plus, elle n’avait pas vraiment envie de renverser le liquide chaud à cause de ses mains tremblantes, ou pire d’être incapable de soutenir la tasse longtemps. Rabattant ses jambes vers elle, Ayuna passa ses bras autour de ses genoux et posa sa tête sur ses derniers, les yeux dans le vague.
Dans cette posture, la Juunin semblait ne rien écouter, cependant, son attention était bel bien dirigée vers cet enténébré. Un frisson parcourut son échine, et cela n’avait rien à avoir avec le froid, lorsqu’il s’adressa à elle. Pourtant, malgré les tremblements et la couverture, la Kunoichi n’était pas sûre qu’il ait pu distinguer ce petit changement. Regardant brièvement ce dernier avant de plonger son regard une nouvelle fois dans le vague.


-M’échapper…

Un murmure à peine audible qui exprimait une profonde mélancolie inexplicable, mais surtout une résignation. En effet, malade, elle préférait rester calme, plutôt que de faire une action qui ne servirait strictement à rien, étant donné la différence de puissance entre les deux protagonistes. Ayuna acquiesça lentement pour signifier qu’elle avait compris, et qu’elle ne ferait rien qu‘il jugerait sans doute de stupide. Ayuna était donc prisonnière dans cet espace qu’elle jugeait trop étroit. Néanmoins, par pur réflexe, elle ne put s’empêcher d’évaluer la distance entre la sortie et le jeune homme… Elle n’y arriverait même pas avec toutes ses capacités, sans ruser. Autant ne pas poser de résistance… pour le moment. La jeune femme se demanda vaguement pourquoi elle n’était pas plutôt allée à Oto, là-bas, elle n’aurait jamais été dans cette situation. Peut être parce que ce pays était trop proche de Konoha, de plus, Kiri et Kumo était en bonne voie pour faire une alliance d’après ce qu’elle avait entendu. Mais cela restait à prouver avec ce qu’elle venait d’apercevoir.
D’ailleurs, que c’était il passé dans la montagne pour qu’elle arrive dans ce lit, et dans cet état ? La jeune femme se rappelait vaguement de son ascension et des écorchures qu’elle avait subit. Apparemment, elle avait été toutes été pansées, mais aussi d’un Kunaïs sur sa trachée artère et d’une égratignure sur la joue qu’il lui avait faite. Passant lentement ses doigts sur celle-ci, la Kunoichi vit qu’elle était aussi soignée.

Le bel inconnu lui informa qu’elle s’était évanouie dans les hautes altitudes. Étrange, lorsqu’elle était enfant, et qu’elle vivait encore à Konoha, son caractère énergique la poussait souvent à grimper les parois, des défis personnels dont elle avait pris plaisir à relever. Apparemment son corps n’avait plus l’habitude de l’élévation désormais, ou peut être était elle montée trop haut… Quoiqu’il en soit, se fut surtout la fin de sa phrase qu’elle retint. Un sourire désabusé apparut sur son visage quelques peu blafard.


-Vous me déconseillez ? Serait ce un conseil ou un ordre ?

Sa voix était faible et légèrement tremblante qui déconcerta un peu Ayuna, cependant il n’y avait nul trace d’ironie ou d’arrogance. Une simple constations, et une question futile puisqu’elle savait pertinemment que c’était un ordre. Il suffisait de savoir rien qu’avec ses gestes que cet individu avait l’habitude de donner des directives. Seulement, la jeune femme ne savait pas à quel point.

-De toute façon, ça n’a aucune importance.

La voix plus contrôlée, la demoiselle avait opté pour de simple murmure qui l’empêchait de sentir des frémissements au niveau de ses cordes vocales, ce qui rendait son timbre d‘autant plus apaisant et doux. Son état légèrement léthargique, ne l’empêchait pas de comprendre qu’il avait raison. Malgré qu’elle ne se sente pas vraiment en sécurité en sa présence, tel un oiseau de mauvais augure planant au dessus de sa tête, la Juunin pensait que si il avait voulu la tuer, il l’aurait fait depuis longtemps.
Ayuna n’avait accordé pratiquement aucun regard à ce jeune homme. Ce sentiment de déjà vu, la faisait frémir, et cette ressemblance qu’elle avait découverte avec Argo était encore trop récente pour qu’elle arrive à y faire face. Devait elle penser que le sort s’acharnait contre elle ? Aucune importance de toute façon, tant qu’elle respirait elle vivait et peu importe qu‘elle ait de la chance ou non.

Jetant un coup d’œil à ses vêtements, elle se rappela de la boîte que son bien aimé lui avait confié à sa mort. Il n’y avait pas la technique, que la jeune femme avait pris soin d’enlever lorsqu’elle était arrivée à Kumo quelques années auparavant, mais Ayuna avait gardé une des phrases fétiches qui caractérisait tant Argo.
Son interlocuteur était un Huuyga et avec l’aide de ses yeux, il n’aurait eu aucun mal à l’ouvrir, même sans, puisqu’elle y arrivait sans don héréditaire. Cette dernière se demanda donc s’il avait fouillé ses affaires durant sa perte de conscience, ce qui en soit n’aurait rien d’étonnant. Cependant, la Kunoichi n’était pas encore sûre de vouloir connaître la réponse. Ce petit objet faisait partie de son passé dont elle n’était pas encore prête à accepter. Tout comme le collier qu’elle portait, cadeau de son défunt père.

La mélancolie dansait à son paroxysme dans ses yeux avec ses souvenirs qui refaisaient inlassablement surface, lorsqu’elle décida de le regarder ressentant par la même occasion ce pincement au cœur à cause de cette ressemblance entre Argo et cet homme dont elle ne connaissait même pas le nom. Mais, il y avait aussi de la gêne lorsqu’elle pensait qu’il l’avait vu dénudée, bien qu‘elle comprenait pourquoi il l‘avait fait. Cette aura de ténèbre qu’il dégageait, comme si ce voile atteignait ses interlocuteurs, avait sûrement le don de les enfermer dans une prison de glace avec ce regard. Néanmoins, Ayuna ne pouvait dissocier ces yeux avec ceux de son passé doux et bienveillants, qui la protégeait de ces prunelles menaçantes, cependant, cela ne l’empêchait pas d’être sur ses gardes. Un bref sourire apparut sur son visage nostalgique qui n’avait pourtant rien à avoir avec la situation actuelle. Ce jeune homme la perturbait et la curiosité prenait peu à peu le pas sur ses réserves. La jeune femme avait de plus en plus envie de le connaître. Ce mystère qui l’entourait ne lui avait pas échappé le moins du monde.


-Je suppose que je dois vous remercier pour tout ce que vous avez fait…
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MessageSujet: Re: Les passions de l'âme |PV Erayn|   Lun 19 Jan 2009, 09:04

Il avait agi instinctivement, laissant son corps le porter dans une réaction fulgurante qui ne manquerait pas de laisser sans voix. Pour les non-initiés, la vitesse d'éxécution dont il venait de faire preuve avait de quoi laisser tout simplement pantois. Il ne savait même pas pourquoi il s'était laissé aller à une telle performance, particulièrement avec une telle soudaineté et alors qu'il portait quelque chose de fragile. Certes, il se savait par avance largement capable de reprendre la situation en main avec une pareille simplicité et sans le moindre dommage, mais il ne comprenait pas pourquoi il avait secouru cette fille une fois de plus. Décidément, cela le contrariait d'agir de la sorte sans même réfléchir, même s'il ne le démontrait pas un seul instant. Lorsqu'un conflit le travaillait, il était interne, et uniquement interne : pas la moindre trace ne s'en reflétait sur son imperturbable faciès, resplendissant de flegmatisme comme d'ordinaire, sans variation en fonction de la gravité de la préoccupation concernée. Mais c'étaient autant de chose qui venaient s'additionner à ses incessantes réflexions et remises en question personnelle, qui animaient sans discontinuer son for intérieur sous une activité cérébrale d'envergure. Nul doute que si la notion d'enseignement psychologique avait été développée au sein d'une extension de l'académie de Kiri, son cas eut été des plus intéressants à analyser de par sa complexité éminente. Mais trêve d'échafaudage superflus pour se consacrer à toute la curiosité de sa rapidité d'action, qui avait dû, pour elle, sembler tenir de la vitesse de réaction divine tant ses mouvements étaient fluides et rapides. Surnaturels, c'était sans doute le mot le plus adéquat pour qualifier clairement sa manière de bouger en elle-même et la manière dont il la mettait en application, chose dont la kunoichi avait donc eu droit à un bref aperçu dans le cadre de son propre "sauvetage" - le terme était abusif, dans la mesure ou cela ne lui avait évité que quelques bleus et bosses dans le pire des cas. C'était simplement qu'il lui avait évité ces modestes maux pour un quelconque sombre motif dont lui-même ne parvenait pas à saisir l'origine, troublé par son propre comportement et ce qu'il en résultait. Elle avait une bien curieuse influence sur lui. C'était indéfinissable, mais il sentait quelque chose de différent chez lui en présence de la demoiselle de Kumo, une sensation dérangeante qui le faisait dérailler.

Qu'est-ce qui pouvait bien lui arriver? Il n'en avait pas la moindre idée, mais en tout cas, c'était des plus déplaisants de voir à quel point cela parvenait à faire dévier les fondements-même de son psychisme en modifiant sa manière d'agir outre ses propres désirs et son unique volonté. Il y avait quelque chose de bizarre chez elle qu'il n'arrivait pas à cerner et qui provoquait tout cela, transfigurant jusqu'à ses faits et gestes en comparaison de leur naturel. Il fallait qu'il tire cela au clair, mais comment? Après tout, ce n'était jamais qu'un point d'interrogation supplémentaire au long tableau de ceux que la jeune légende de Kiri se devait d'élucider, et dont une bonne partie des actuels avaient trait à cette demoiselle bien envahissante à son goût. Quoi qu'il en soit, elle pouvait s'estimer heureuse de son intervention et des menues douleurs que son manque de discernement avaient failli lui imposer. C'était chose stupide que de se risquer à se mouvoir de la sorte en étant aussi fébrile qu'elle l'était depuis qu'elle s'était effondrée au sommet des pics où il avait fait sa rencontre. Et elle avait bien intérêt à mesurer dorénavant toute l'envergure de son état fiévreux, car il ne serait pas toujours là pour l'assister, chose qu'il comptait d'ailleurs ne pas reproduire dès maintenant. Elle n'avait de toute manière pas à chercher de bouger si elle avait un minimum de bon sens et de compréhension de la logique. Elle se trouvait en territoire potentiellement hostile sans raison quelconque, ce qui explicitait qu'elle n'avait strictement rien à y faire et qu'elle était passible de sanctions lourdes. Si elle ne comprenait pas que le mieux pour elle était de répondre de ses actes et de sa présence injustifiée, alors elle pouvait bien tenter de se débrouiller toute seule comme elle l'entendait, cela ne lui vaudrait au final que moults ecchymoses supplémentaires dans une tentative de fuite avortée par avance. Il n'avait pas à lui dicter ce qu'elle avait à faire, après tout : libre à elle de s'évader et de tenter de regagner sa propre demeure, si elle ne craignait pas de passer en cour martiale pour répondre de ses actes ô combien répréhensibles. C'était de sa simple volonté que dépendait son sort, et il n'avait après tout aucune raison que de tenter de la raisonner dans un sens ou dans l'autre afin d'influer sur son devenir. Il ne dépendait que d'elle et uniquement d'elle : ce n'était plus son souci désormais, et il la laisserait agir selon son bon vouloir concernant ce qu'il adviendrait elle.

C'est sa vie, ce sont ses choix, et l'incoercible palladium n'avait qu'à les respecter silencieusement pour la bonne marche des opérations. Autant ne pas s'attarder sur elle si elle jouait la carte de l'insouciance et de l'imprudence en réitérant sa tentative évidente de fuite, elle en paierait amplement les pots cassés aussitôt qu'il le faudrait, et il ne tiendrait qu'à lui de se laisser sombrer dans ses penchants moralisateurs à ce moment-là... Ramenant sa conscience au présent malgré la neurasthénie proéminente qui la définissait, il observa la jeune femme, visiblement déboussolée par sa situation et ce qui venait de survenir. Le fait qu'elle sorte d'un sommeil aussi profond qu'il avait été agité n'arrangeait rien, et il ne pouvait uqe le déplorer, étant donné qu'il s'interdisait d'éclairer la lanterne de la nymphe tant ce qu'elle venait de faire était déplacé. Après tout, même si elle se sentait en danger dans ce lieu qu'elle ne connaissait pas, la moindre des choses eut été de faire preuve d'une approche analytique de la situation pour ne pas réagir de manière aussi insultante envers lui, qui s'était sciemment incriminé en la recueillant. Il avait beau ne pas savoir ce qui l'avait poussé à montrer cette bienveillance à son égard, ce n'était pas une raison pour qu'elle se permette de bafouer son hospitalité de la sorte, chose qu'il ne tenait qu'à lui de mal prendre pour la traiter de manière bien moins délicate que ce à quoi elle avait eu droit jusqu'à présent. Embourbé dans le flot âpre de ses pensées, il remarqua pertinemment les fins tremblements dont était agité la silhouette si frêle et fragile à la fois de celle qui était son invitée par la force des choses. Malgré l'intensité du phénomène, il feignit de n'avoir rien vu, plongé dans son habituelle indifférence. Sa moue flegmatique, également intacte, ferait le reste et suffirait à persuader l'infant de Vénus du fait qu'il n'ait rien vu. Étant donné le peu de considération qu'elle avait pour ses bons soins, ainsi que le fait qu'il s'en veuille d'avoir procuré ceux-ci puisque c'était loin d'être dans son caractère, il n'y avait aucune raison pour qu'il ajoute ceci à la liste des comportement anormaux dont il faisait preuve aujourd'hui. La chose était déjà assez conséquente que pour qu'il ne prenne pas la peine de l'alourdir encore plus avec ça, sans quoi il serait définitivement bon pour traitement psychologique sous motif de schizophrénie avancée.

Adossé au mur à la décoration minimaliste, il la fixait avec insistance de la manière la plus dérangeante qu'il soit tant ses pupilles opalines accentuaient l'effet produit par son regard. Il était toujours avide de réponses la concernant, et même d'autant plus depuis qu'il agissait si bizarrement avec elle. Il avait hâte d'y voir plus clair dans toute cette affaire et le souhaitait vivement, peu importe ce qu'il lui en coûterait : c'était trop étrange que pour qu'il ne prenne pas la peine de se pencher sur la chose afin de l'élucider de manière nette et concise, sans quoi cela le torturerait jusqu'à sa résolution. Au vu de la manière dont elle semblait être désappointée et excessivement affaiblie, mise à mal par sa fébrilité, son état était encore plus préoccupant que ce qu'il avait soupçonné au premier abord lorsqu'il s'était chargé d'elle, et cela ne jouait pas en sa faveur. Il ne fit cependant pas montre de la légère contrariété que cela aurait pû provoquer, qui s'était heurtée au bloc de glace qu'était l'incoercible palladium. De fait, il ne s'étonna pas le moins du monde du peu d'appétit qu'elle démontra à la présentation du récipient contenant le chocolat chaud encore fumant, et posa tasse et plateau sur la table de chevet disposée non-loin du lit. Par chance, la photo des anciens temps qu'il possédait encore quelques jours plus tôt dans un cadre de bonne facture avait vu ce dernier chuter et briser son verre, incitant le shinobi à jeter le tout en estimant que c'était mauvais signe et qu'il valait mieux ne pas conserver cette trace d'un passé renié et banni de sa mémoire à tout jamais pour tout ce qu'il symbolisait. Quelle terrible coup de théâtre que celui qui aurait eu lieu si le cliché avait encore été disposé là et si elle l'avait ne fût-ce qu'entraperçu... Il la vit se recroqueviller sur elle-même sans réagir, ne pouvant que constater à quel point elle était affectée par son état peu glorieux et d'autant moins enviable. Il était vrai que sa position dans l'affaire n'était pas des plus confortable, et qu'elle devait à ses yeux être prise dans un piège inextricable dont elle devait attendre l'achèvement, sans autre possible alternative.

Au moins, elle était désormais tranquille, et c'était sans doute le plus primordial étant donné l'état de santé lourdement impacté qu'elle avait à subir de plein fouet. Les yeux clos, parfaitement quiet, il ne prit même pas la peine de répondre à sa première interrogation qui n'était que futilité et inutilité. Pas la peine de gaspiller sa salive à répondre à ça. Il était loin d'être loquace d'ordinaire et ça au moins, ça ne changeait pas. Il fût satisfait de voir qu'elle remarqua par elle même à quel point sa demande était désuète et superflue. En tout cas, il y avait quelque chose qui transparaîssait dans son comportement, largement mis en évidence par ce dernier : elle se sentait mal à l'aise. Profondément. Ne serait-ce dû qu'à l'effervescence et les affects qui rongeaient présentement son organisme? Il l'ignorait, mais ne manquerait certainement pas d'en savoir plus à ce sujet. Les bras croisés, tout de noir vêtu, la posture rigide et immobile depuis qu'il avait pris place à ce même endroit il y a quelques instants de cela, il rétorqua avec la froideur inémotive et significative qui lui était propre à la phrase laissée en suspension par Ayuna :

~._¤ Oui, en effet. N'aie crainte, je ne t'ai délestée que de tes armes. ¤_.~


La seconde partie de la phrase était sans rapport, mais il venait précisément de se souvenir de la curieuse boîte qu'il avait trouvée dans les affaires que portait sur elle la native de Konoha lorsqu'il avait dû s'affairer à la changer, puis à fouiller ses affaires pour s'assurer qu'elle n'avait aucun objet dangereux à porter. Il avait laissé le réceptacle intact, se contentant de le ranger avec le reste sans chercher à en savoir plus, ne faisant que prélever les kunaïs et autres instruments shinobis en tous genres dont elle disposait ça et là. Au moins, comme cela, elle saurait et ne l'interrogerait pas à ce sujet : il y avait quelque chose d'étrange dans sa voix, qui la faisait sonner bien curieusement à ses oreilles. Un souci de plus la concernant, il n'était pas à ça près.
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MessageSujet: Re: Les passions de l'âme |PV Erayn|   Lun 09 Fév 2009, 19:58

Le temps paraissait étrangement long depuis son réveil, tout était à la fois trop lent à cause de cette ambiance tendue et froide dont cet inconnu s'évertuait à installer rien que par sa présence, et tout semblait aussi trop rapide dès son réveil, et particulièrement tout ce qui provenait de cette même personne qui l'avait accueillit dans sa demeure. Sa vitesse d'exécution, le fait qu'il l'obligeait à réfléchir rapidement dans cette situation alors que le sommeil lui aurait été plus salutaire. Une pression omniprésente sur ses épaules, dont elle se serait bien passée. Comme ci, c'était un cadeau de bienvenu qu'on lui avait dédié pour son inconscience, attention délicate qu'elle n'était pas prête d'oublier le moins du monde, de ça, elle en était certaine. Souvenir mémorable de son idiotie qu'elle fêterait peut être à l'occasion, quand tout cela serait fini et que ce jeune homme n'exercerait plus cette force inconnue sur la jeune femme dont elle ne pouvait se soustraire, à moins qu'elle ne le voulait pas réellement ? Ayuna était incapable de distinguer le vrai du faux en ce moment, ni ce qu'était cette force.
Tout ce qu'elle savait, c'était que depuis le début, la malchance lui prouvait qu'elle n'aurait jamais dû escalader ces hauteurs vertigineuses dont seulement une poignée d'êtres humains pouvaient se vanter d'avoir réussit à monter sans utiliser cette fameuse force qui déterminait très souvent la puissance d'un ninja. La malchance lui donnait le sentiment de n'être qu'une petite sourie entre les pattes d'un chat. Et cette malchance existait bel et bien, même si elle ne connaissait pas encore son nom, il la regardait avec une insistance désagréable. Quoiqu'elle fasse, il la rattraperait sans le moindre mal et ne ferait que refermer le piège sur elle, pour avoir tenter de s'enfuir. La Kunoichi ne pouvait qu'attendre que le chat cesse ce jeu en se pliant aux règles dicter par ce dernier, dont elle se devait de découvrir de façon prudente. Cela lui donnait l'impression de n'être que trop vulnérable, sa fragilité la perdrait un jour ou l'autre, la shinobi de Kumo le savait et en avait parfaitement conscience, mais Ayuna n'avait jamais penser que cela la mettrait dans ce genre de situation. Comble de la bêtise. Désormais tout un horizon de dangers inconnus s'ouvraient à elle, cette dernière n'était pas totalement sûre d'avoir bien fait de s'en rendre compte à cet instant précis... Parfois, mieux valait mourir dans l'ignorance que de vivre dans la peur. Néanmoins, à cet instant la question n'était pas là, malgré ce regard qui la dévisageait de façon déplaisante, Ayuna était toujours vivante, même si qu'elle se sentait terriblement mal à l'aise, et préférait se faire toute petite. La jeune femme avait beau s'imaginer le tendre visage d'Argo, tout dans la posture de cet inconnu montrait que c'était un être complètement différent. En effet, la demoiselle n'aurait jamais qualifié Argo de rigide ou de froid, même lorsqu'ils ne se connaissaient que très peu, avant qu'elle arrive à le supporter. Non, à ce moment là ce petit bout de femme qu'elle avait été à cette époque l'avait qualifié d'arrogant, et le début de leur relation amicale avait été une véritable catastrophe de part le caractère plus qu'impulsif de la petite Genin et le manque de confiance qu'elle lui accordait. Cependant, tout cela n'avait pas porté préjudice à son ancien petit ami, puisqu'elle s'était littéralement jetée dans ses bras lorsqu'Ayuna avait découvert qu'elle avait eu des sentiments pour lui. Sûrement grâce à cette foi inébranlable qu'elle lui avait donné après une mission. Il avait été la seule personne dont elle s'était véritablement attachée depuis la mort de son père. Mauvais coup du sort, ces deux Shinobis avaient rendu leur âmes à leur source première.
On naissait sans possession, et on repartait ainsi, mais on laissait toujours une âme en peine derrière soi. Si bien que désormais, ce n'était pas de la mort dont Ayuna avait peur, mais bien de se lier d'amitié envers une personne et de la perdre par la suite. Un scénario qu'elle ne voulait plus voir se reproduire et sous aucun prétexte...

Revenant dans la réalité, elle resserra la couette autour d'elle voyant que ses tremblements ne faiblissaient pas le moins du monde. Ayuna avait espéré que cela serait dû au choc de sa première péripétie du réveil, mais apparemment cela était dû à la fièvre dont elle souffrait, pourquoi n'avait-elle pas réfléchi avant d'essayer de se précipiter vers ses vêtements ? La peur sans aucun doute... L'un des plus grand maux de l'histoire des Shinobis, puisque lorsqu'on ne savait pas la gérer, on allait forcément droit à la catastrophe, et la jeune femme avait l'impression d'avoir attirer l'inimité de cet homme à cause de cela, à moins qu'il était toujours comme ça ?
Ce ninja était une véritable énigme à ses yeux. Une sensation de déjà vu flottait dans sa tête, mais impossible de savoir pourquoi. Au début, la Kunoichi avait mit cela sur le compte de ces yeux. Cependant, la demoiselle avait toujours su faire la distinction. Auparavant, alors que tout le monde pensait qu'Argo ressemblait à Neji, pour Ayuna, rien n'avait été plus faux. Celui qu'elle avait aimé était unique, et elle avait été capable de les différencier grâce à une multitude de petit détails... Était elle désespérée au point de trouver que cet étranger possédait une quelconque ressemblance avec Argo ? Il fallait croire que oui, et ça devenait beaucoup trop malsain. Arrivé à ce stade, Ayuna s'étonnait de ne pas avoir réussi à panser sa peine, mais au contraire, l'avoir rendue plus vive que jamais. Observant son geôlier pendant plusieurs minutes, la Shinobi trouvait étrange qu'un Hyuuga se retrouve à Kiri, ce dernier avait certainement dû déserté Konoha, étant donné qu'elle n'avait jamais connu toute cette famille dont les yeux opales les caractérisait tant ; il était même plus que probable que ce soit le cas. Au moins, ça leur ferait un point commun, une pensée sarcastique qu'Ayuna s'empressa d'oublier, ces deux là n'avaient et ne vivraient jamais quelque chose ensemble. Leurs caractères différaient trop pour pouvoir s'entendre. Alors pourquoi ressentait elle une étrange attirance ? Sans doute un mélange de peur, de méfiance... et de curiosité. C'était la première fois depuis quatre ans qu'elle ressentait un quelconque intérêt vis à vis d'une personne.

Cependant, cette méfiance l'avait amener à se demander si cet enténébré n'avait pas fouillé ses affaires, au point d'ouvrir la boîte qui refermait une grande partie de son passé. Ce dernier la rassura lorsqu'il prit la parole, avait il fait attention à son coup d'oeil ? Le Shinobi de Kiri avait l'air beaucoup trop perspicace pour Ayuna, alors que cette dernière rencontrait beaucoup de difficulté à relier les informations les unes aux autres. Tant, qu'à avoir la sensation de ne rien comprendre, autant commencer par des choses facile à assimiler, sans énigme, ni paroles mystérieuses...


-Merci de ne pas y avoir touché... Puis-je connaître votre nom ?

La Kunoichi n'était même pas sûre qu'il y réponde, mais, au moins elle se sentirait peut être moins vulnérable si elle savait quelque chose de lui, Ayuna avait toujours détesté l'inconnu. Cette situation la mettait très mal à l'aise, se rendant compte qu'il avait un contrôle totale de la situation si bien physique que mental, pauvre petite fille sans défense. La demoiselle en détresse n'avait qu'à attendre que le prince charmant vienne la sauver. Prince qui n'arriverait jamais, soit dit en passant. De toute façon, elle ne le supporterait pas, sa dignité passait avant tout, c'était à elle de reprendre les choses en mains, comme elle le pouvait, avec les moyens du bord. La jeune femme pouvait peut être attendre que tout cela cesse, toutefois, la Shinobi des nuages n'avait jamais été réputée pour sa patience lorsqu'elle sentait une perte totale de contrôle, tant ces cas là, elle ressentait toujours le besoin de faire quelque chose, sans toutefois foncer tête baisser.
Si seulement elle n'était pas tombée malade... Déjà, elle ne se serait pas retrouvée dans cette situation inconfortable, de deux, elle n'aurait pas eu besoin d'essayer de trouver des solutions pour s'en sortir. Cette dernière pouvait déjà mettre de côté les jutsus, puisque c'était elle qui s'en mordrait les doigts si elle tentait quoi que ce soit par la force. La ruse était la façon la plus intelligente de s'extirper de cette affaire sans trop de casse. Le seul problème, c'était qu'elle devait attendre d'avoir ses pleines capacités pour pouvoir tenter quelque chose, avec son état de faiblesse extrême, elle n'irait pas bien loin sous un temps pareil... A moins que ce soit une mauvaise idée ? Cet inconnu savait comment elle se nommait, et dans quel village elle habitait, ce ne serait pas difficile de la retrouver pour lui, et cela mettrait Kumo dans une situation délicate qu'elle préférait éviter. Soupirant de lassitude, la jeune femme se rendit compte qu'elle ne pouvait même pas inverser les tendances, ne pouvant que se languir de la fin de tout ceci, Ayuna était réellement prise au piège.

Jetant un coup d'oeil dubitatif à son geôlier, elle dirigeait son regard vers la fenêtre, un tapis blanc recouvrait ce paysage d'après ce qu'elle distinguait, la demoiselle n'avait jamais vu la neige, cependant grâce aux nuages de Kumo no Kuni, cela ne la dépaysait pas complètement, c'était plutôt réconfortant de trouver quelque chose de familier, même de loin, en ce lieu qui semblait hostile. Néanmoins, cette eaux cristallisée lui était étrangère. On disait que c'était froid, mais tout le monde savait aussi que le feu brûlait, cependant, on le savait vraiment seulement lorsqu'on avait fait l'expérience. Il en allait de même pour la neige. Ayuna se demandait comment une pureté pareil pouvait être parfois fatale pour les hommes qui ne prenaient pas garde. Cependant, était ce bien raisonnable pour elle ? La jeune femme n'avait plus de vertiges, si elle y allait lentement cela ne lui ferait pas beaucoup de mal, d'autant plus que la Kunoichi n'avait pas prévu de rester longtemps de peur de s'attirer les foudres de son gardien et elle pourrait se reposer ensuite dans le pire des cas, enfin normalement, si ce dernier n'avait pas d'autre projet pour elle, dont elle préférait ignorer l'existence pour le moment si cette éventualité se présentait bel et bien. Cette dernière pouvait aussi dormir et contempler la neige ensuite, toutefois, rien ne lui disait qu'il y en aurait encore à son réveille...
Seulement, il y avait un petit ennui, en effet, elle ne pourrait jamais y aller avec la couette sur les bras, il verrait alors à quel point elle tremblait et par la même occasion sa fragilité. Quoique, il l'avait vu nue alors qu'elle était inconsciente, il n'y avait pas plus humiliant à ses yeux, et Ayuna ne doutait pas un seul instant qu'il avait remarqué ses spasmes. Retirant lentement la couverture de ses épaules, la jeune femme prit bien soin d'éviter le regard du ninja de Kiri. De toute façon sa résolution était prise, la native de Konoha n'avait jamais aimé rester sans rien faire, et dormir sous des yeux inquisiteurs et menaçants, s'avérait plus dangereux de son point de vue. Cependant, il valait peut être mieux donner une petite explication, devant sa soudaine envie de mobilité avant de retourner de force dans son lit du moment. Au moins, ce qu'on pouvait dire, c'était qu'elle n'était pas restée tranquille bien longtemps.


-Je n'ai jamais vu la neige.

Le regardant dans les yeux, Ayuna avait prit un ton volontairement résolu, restait à voir si lui acceptait en la laissant y aller, bien qu'elle n'attendait pas la moindre réponse de peur qu'elle soit négative. Cette dernière se leva lentement, n'espérant aucune aide, maintenant que la jeune femme avait découvert qu'elle n'avait aucune autre alternative que de rester ici, alors autant tester les libertés dont elle pouvait bénéficier, même si ce n'était pas grand chose. Lorsque la Shinobi mit pied à terre, elle fut heureuse de constater qu'elle ne s'était pas lamentablement écroulée comme elle aurait dû le faire si on ne l'avait pas rattraper quelques instant plus tôt. Finalement, elle n'était peut être pas un cas si désespérée en cet instant. Néanmoins, cela aurait été trop beau pour qu'elle ait une démarche assurée, titubant à cause de son manque de force, Ayuna se dirigea lentement mais sûrement vers le balcon.
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MessageSujet: Re: Les passions de l'âme |PV Erayn|   Jeu 02 Avr 2009, 12:32

    Elle était en son emprise, soumise à ce qu'il voulait d'elle. Un cas de figure loin d'être dérangeant et même plutôt utile, particulièrement dans le sens où s'il l'avait gardée auprès de lui, c'était dans le but avoué de lui extorquer des informations en rapport avec sa présence sur le territoire d'une nation autre que la sienne, particulièrement alors qu'aucune alliance ne les liait à ce jour. Était-elle suicidaire, ou tout simplement inconsciente ? Il n'en savait rien, et continuait de s'interroger à ce sujet, comme sur nombre d'autres points entourant la jeune femme. Elle était à sa merci, affaiblie qui plus est, ainsi obligée de subir ses interrogations pour peu qu'il en ait l'envie. Alors, pourquoi ne les lui infligeait-elle pas à outrance jusqu'à ce qu'elle cède comme il savait si bien le faire, comme du temps où il commandant aux traqueurs de déserteurs eu qualité de dirigeant de cette section ? Cela aussi, il ne pouvait y répondre, et cela commençait sérieusement à affecter ses réflexions, bien qu'elles ne fassent que tourner en rond dans une absolue confusion. Lui si terre à terre, lui qui aimait sentir sa propre emprise sur la situation... Celle-ci lui échappait du tout au tout, évoluant sans aucun contrôle sur son flux tumultueux. Qu'allait-il en advenir ? Il ne pouvait plus rien prévoir. Tout ceci était aussi paradoxal que ces pupilles trompeuses dont il était muni, fruit d'un larcin tortueux dont les épines n'ont de cesse de lui rappeler l'existence passée, le lacérant intérieurement. Un regard mimant la cécité de par son immaculée clarté, mais pouvant pourtant voir bien plus loin que bon nombre.

    Un regard qui ne lui appartient pas, mais qu'il se doit d'héberger tout de même en son être, aussi obscurci soit-il, fût-ce en simple commémoration de l'esprit de celui qui lui en valut l'acquisition encore tant regrettée à ce jour. Tristes faits que ceux qui lui valurent cette vision divergente, nimbant d'opale l'optique ambrée qu'il possédait auparavant. Quelles ignominies que les machinations disposées sur le tracé de vie des âmes en peine par cette roue du destin à l'inébranlable développement, évoluant librement, sans contrainte, et imposant ses cruelles facéties à ceux à qui elle inflige son emprise corrosive. Ainsi vagabondent les errances du genre humain, perpétuellement hésitantes entre ombre et lumière, s'épanchant dans l'un ou l'autre au gré de leurs natures et de leurs influences. Glorieux que celui parvenant à s'éprendre du parfait équilibre sans se condamner à choîr dans l'un ou l'autre à force de tentations et chants de sirènes de tous acabits... Autant de songes existentiels l'occupant, encombrant son esprit et les multiples réflexions se croisant, se décroisant en une danse alanguie, se mouvant dans une symphonie hivernale semblable à celle que lui inspire le décor extérieur, éclatant de sa blancheur d'albâtre surréaliste. Jamais une situation n'avait sollicité à ce point sa perplexité intérieure, l'incitant à l'égarement tant il avait du mal à se dépétrer de ce tumulte novateur. La relation qu'il avait développé à l'égard de la donzelle évoluait librement, sans contrôle ni ligne directive, s'écartant de tout sentier battu pour tracer ses propres contours.

    Une sensation étrange s'était éveillée en lui par son biais, semblant hésiter entre statisme et attirance. De quoi intriguer davantage le taciturne à la crinière d'encre qui, mentalement parlant, n'avait de cesse de faire les cent pas pour trouver de quoi éclairer sa lanterne dans l'obscurité de ses doutes. Qu'avait-elle donc de si particulier pour l'ébranler à ce point ? Il n'en savait rien, et lui qui se revendiquait seul maître de son corps et de son esprit sur la voie rédemptoire qu'il empruntait, avait bien du mal à tolérer cette incohésion personnelle inopportune. Étant donné à quel point ce bouleversement le préoccupait, autant ne pas envenimer sa propre situation en le laissant clairement paraître ; il demeurait ainsi de marbre comme à sa plus humble habitude, étant très certainement aussi ouvert et aimable qu'une porte de prison aux yeux de son « invité forcée ». C'était bien sûr une éxagération, même si elle se trouvait réellement être captive, la jeune légende se faisant donc son geôlier. Ne fût-ce que pour l'empêcher d'aller à contrario de ce que lui imposait son état de fébrilité avancée, qui était fort loin de faciliter la tâche d'éclaircissement le tenaillant avec fermeté. Il se devait de la garder en ces lieux quoi qu'il advienne, même si ce ne devait être que l'expression de son professionnalisme. Bien sûr, les grands axes de ce pseudo-enfermement étaient tout de même aux antipodes d'une véritable réclusion : les limites établies étaient bien plus malléables, même si cela devait sembler être tout le contraire à la charmante prisonnière.

    Erayn lui-même ne se le serait point avoué, mais pour peu qu'elle soit capable de jouer de finesse dans pareil de cas de figure, elle pourrait certainement sans mal s'octroyer quelques privilèges échappant sans mal à ce que définissait cette analogie exacerbée. Bien sûr, encore fallait-il qu'elle sache s'y prendre, chose rendue encore quelque peu plus délicate de par sa santé vacillante à cet instant. Entreprendre ce genre de tentative revenait à s'aventurer en terrain miné : restait ainsi à voir si elle serait capable de détecter les zones piégées afin de parvenir à ce qu'elle souhaite. Une question de doigté, pour ne pas dire de manipulation, mais les deux n'en reviennent-ils pas au même lorsque l'on se trouve aux mains d'un si frigide gardien ? De surcroît, même si Kiri et Kumo n'étaient point en relation d'alliance, des négociations y visant étaient, de mémoire d'homme, en train de se dérouler au sein-même des terres du pays de la Foudre. Même dans le seul but de favoriser l'établissement d'une telle relation, il était de son devoir de se montrer un minimum conciliant afin que des répercussions négatives de leurs méthodes ne risquent pas de parvenir aux oreilles des hauts responsables du village des nuages : cela pourrait s'avérer des plus nocif dans l'entretien actuellement mené. Ignorant tout des considérations locales pour leurs pratiques, mieux valait se tenir à carreau à cet épineux point de vue. De tous temps, le village de la Brume n'avait guère été apprécié de par la barbarie ancestrale, notamment concernant leurs moyens de sélection des Genins, qui était, il est vrai, plutôt radicale et rudimentaire autrefois.

    Si les diplomates adverses misaient sur un changement à ce niveau, il était ô combien préférable de faire en sorte de leur montrer que ce n'était guère un tort. Séquestrer sans autre forme de procès l'une des leurs risquant d'être nuisible, il devait donc demeurer bien plus enclin à la courtoisie avec la belle, même si cela n'avait pas déjà été dans ses intentions. La souplesse spirituelle n'avait jamais été l'une de ses grandes caractéristiques, mais il devrait s'efforcer de faire un effort, ne fût-ce que dans le bien de sa nation d'exil. Quoi qu'il en soit, l'incoercible se devrait d'aviser en fonction du tournant qu'adopterait cette situation corsée. Nonobstant ces multiples considérations superflues pour l'heure, il se contenta donc de l'observer de ses pupilles inquisitrices à la teinte laiteuse si bien connue de la jouvencelle. Elle sembla se détendre grandement une fois qu'il lui eût assuré ne pas avoir touché au réceptacle que comportaient ses maigres possessions par une allusion détournée, visiblement satisfaite. Aurait-elle craint qu'il ne la brise ? À moins qu'elle dispose d'une signification particulière ? Pas de réponse, et peu importait : elle se détendait à vue d'oeil une fois cette affirmation perçue, et c'était suffisant à ses yeux, le récipiendaire susnommé ne lui important que peu, pour ne pas dire pas le moins du monde. Il était bien plus soucieux de celle qui s'en faisait propriétaire. Inclinant faiblement la tête, fermant les yeux après avoir détourné le regard de sa fragile silhouette, il rétorqua froidement :

    « Ce n'est rien. »


    Ne redonnant qu'une infime lumière à ses prunelles dérobées, il déglutit imperceptiblement. C'était bien la première fois que mentir sur son identité l'incommodait, même si ce n'était qu'une légère mauvaise impression, à la manière d'un spectre parasitaire pesant sur ses épaules. Comme s'il n'avait pas assez à faire en matière de bagages avec le lourd passé qui n'avait de cesse de le suivre, ombre pesante, immortel lest.

    « Hyuuga Erayn. »


    Toujours autant de rigidité, tant dans ses mots que dans son attitude, vraisemblablement imperméable aux émotions. Ce n'était guère une offrande que de décliner cette identité usurpée, particulièrement dans la moindre mesure où elle-même lui avait confié son propre patronyme avant de choîr dans la froideur de cette saison mortifère, dont les vertus fatales se masquaient derrière l'émerveillante beauté de ce blanc manteau qui s'épanchait au dehors, suffisant à inspirer toute sa froideur. Semblable à celui colportant ce coloris immaculé en ses pupilles. La blancheur serait-elle donc synonyme de mort ? Après tout, ne dit-on point voir un couloir d'un infini blanc lumineux lorsque la mort vient nous prendre, nous berçant de la tendresse de ses bras en un éternel onirisme ? Serait-ce donc significatif de ce fait ? Bonne question que voilà, lui permettant de s'occuper l'esprit à autre chose que cette compagne imprévue. S'oubliant à nouveau en un intégral mutisme, il l'observe du coin de l'oeil, le faible entrouvrement de ses paupières lui permettant de masquer la destination où se pose sa vision de par sa coloration adamantine, dont le manque de visibilité de cette faible ouverture masquait sans mal l'atteinte. Retournant à sa méditation, il en vint à une nouvelle conclusion. La peur du noir évoquant par suite la peur de l'inconnu, à quoi amenait donc la peur de son antagoniste et de sa clarté idéale ? Il fût interrompu dans sa suite d'idées par une nouvelle interjection de la part de sa détenue, à mi-chemin entre constatation et affirmation. La première réaction qui lui vint fût donc de se demander s'il devait discerner là un quelconque sous-entendu, rouvrant aussitôt les yeux, dévoilant par la même occasion son optique dédiée à la donzelle. Demeurant parfaitement immobile, d'un calme souverain, silencieux comme jamais, il attendit donc la suite logique de cette première parole afin d'y voir plus clair.

    Sans ciller, les doigts posés sur le biceps opposé, toujours adossé à ce même mur dégarni, bras croisés, il suit donc attentivement du regard la jeune femme tandis qu'elle s'applique à se remettre d'aplomb avec une visible incertitude, encore légèrement maladroite et incertaine dans ses gestes. Malgré tout, elle parvient à se redresser avec délicatesse, précautionneuse. Sa première expérience rapidement avortée lui avait visiblement servi de leçon, et il apprécia ce fait en le remarquant, car il n'est que peu de personnes qui agiraient de la sorte. Ne démontrant en rien ce contentement, il poursuivit son examination, attentif. Malgré ce début concluant, sa faiblesse corporelle se faisait encore lourdement sentir, à commencer par sa progression chancelante. Soupirant, il quitta enfin sa posture, se passant la main dans les cheveux avant de se rétablir de toute sa hauteur, s'approchant quand à lui d'une démarche tranquille mais néanmoins bien plus stable, enfouissant une main dans sa poche par inutilité dans le présent cas. Devançant la captive, il lui ouvrit donc la porte de l'endroit qu'elle désirait atteindre de sa poigne gauche, lui en ouvrant donc la possibilité sans autre forme de procès. Une fois ceci fait, il appuya ensuite son avant-bras au creux du dos d'Ayuna, sa paume se posant au-dessus de sa hanche. Au moins, si elle chutait où glissait, le givre étant certainement au rendez-vous, il serait ainsi plus prompt à l'aider. Bien sûr, c'était un geste obsolète puisqu'il eût pû la recevoir même en ayant les deux mains enfouies en son bas, mais à quoi bon s'en soucier ?

    « Profite-en, ce sera court. Tu es trop fragile pour supporter le froid longtemps. » avertit-il, toujours sur le même timbre implacable.
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Kotori Ayuna
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MessageSujet: Re: Les passions de l'âme |PV Erayn|   Sam 09 Mai 2009, 02:04

Cet homme était à l’image même de son pays : froid et beau. Était bien courageux celui ou celle qui essayait de converser avec lui. Pour Ayuna, cela attendrait un peu puisqu’elle n’avait pas vraiment les capacités mentales en ce moment pour y arriver. En effet, cette dernière avait encore un peu de mal à tout saisir ce qui se passait autour d’elle, comme si les informations se perdaient avant d’arriver à son cerveau et qu’elle puisse comprendre le sens. Cependant, cette impression s’estompait au fur et à mesure, son environnement devenait plus perceptible, elle remarquait plus facilement les détails. Néanmoins, elle était encore loin de ses capacités normales, ses tremblements ne s’estompaient pas. Une impuissance implacable dont la jeune femme ne pouvait se soustraire. Enfin, pas pour le moment… Peut être qu’une idée germerait dans son esprit lorsqu’il serait plus clair. L’espoir faisait vivre, bien que parfois il pouvait précipiter les gens dans l’oubli le plus total. Des dérisions, des chimères dont seuls les humains étaient capable de se créer pour ne pas sombrer dans le désespoir, à la lumière des ténèbres. L’Homme était prêt à tout pour ne pas se laisser enlacer par le Diable, s’accrochant désespérément à la vie… A moins de n’avoir plus aucun espoir, et ne plus croire en ses frères.

Un frisson plus prononcé que les autres, Ayuna avait bien prit soin d’éviter le regard de son geôlier. Les Hyuuga… La plus noble famille de Konoha. Qu’est-ce qui avait bien pu lui donner envie de déserter ? Il semblait ne pas faire parti de la famille parallèle puisqu’aucun sceaux ne siégeait sur son front. De plus, la jeune femme trouvait bien étrange de ne l’avoir jamais vu lorsqu’elle vivait encore dans le pays du Feu. Cet homme devait avoir le même âge que son bien aimé… Il n’avait peut être pas vécu dans le village caché de la feuille au final. La Kunoichi ne put s’empêcher de se crisper lorsqu’elle songea que c’était peut être Erayn qui avait tué Argo quatre ans auparavant. Une apparition de cristal liquide apparut sur sa joue, la faisant détourner le regard pour qu’il ne puisse rien remarquer de son trouble soudain. Si c’était vraiment lui, elle ne pouvait rester sans rien faire, même si elle devait en perdre la vie, cela lui était égale. Cependant… Ayuna n’était sûre de rien. Cela paraissait invraisemblable, il l’avait amené chez lui, malgré les risques qu’il aurait pu encourir… Il avait prit soin d’elle lorsqu’elle avait été inconsciente. Le caractère ne pouvait pas correspondre avec cet être sanguinaire qui ornait ses souvenirs écrit en lettre de sang dans son esprit. A moins qu’elle ne voulait pas croire que c’était lui ?

La tête lui tournait et la dernière chose dont elle avait envie c’était de réfléchir à quoique ce soit qui serait autre chose que ses besoins primaires. Essuyant cette larme distraitement, la jeune femme souhaitait par-dessus tout se replier sur elle-même, et ne plus sentir la présence omniprésente et oppressante de cet homme. Pourtant, la Kunoichi éprouvait une étrange sensation de protection dont elle n’avait plus l’habitude. Comment pouvait elle réagir face à ces contradictions ? Ayuna préférait laisser cette eau couler lentement, même si cela pouvait la précipiter dans une situation délicate qu’elle n’aurait jamais voulu, la noyer dans des eaux froides qu‘elle devrait se remettre malgré le courant… Dans ce cas, le mieux serait sans doute de rester dans ce lit et se précipiter dans les bras de Morphée sans attendre. Pourtant, c’était sans compter le besoin de découverte qui s’était emparé d’elle de façon si soudaine. Une simple pluie cristallisée, révélant des nitescences d’un blanc pur rendant le paysage vierge de tous pêchés, malgré les rivières de sang qui avaient coulé à travers des siècles de guerres sanguinolentes. Des opposés qui pourtant se complétaient de façon si naturelle. La Terre était gorgée du sang de ses propres enfants, le ciel la purifiait, effaçant toute douleur sur son passage, comme pour la décharger d’un poids d’une infinie souffrance de tout être vivant. D’une couverture douce, le voile opalin annihilait délicatement tout tourment, pour éviter de faire le moindre mal à son amante. Cette étrange remède qui pouvait geler une vie et l’emporter dans le fleuve des enfers.

Se levant doucement pour éviter de faire plus de tords à son corps, mais aussi pour ne pas compter sur l’aide de cet enténébré, Ayuna n’avait d’autre choix que de supporter cette démarche mal assuré, et lente. Son exaspération fut bien plus grande lorsque son gardien la devança tranquillement pour lui ouvrir la porte et accéder au balcon. Il était donc disposé à la laisser contempler ce duvet déposer par les dieux, et l’y aidait même. Peut être qu’elle n’était pas aussi prisonnière qu’elle le pensait finalement… Néanmoins, une fois ceci fait, la jeune femme s’était attendue ce que cet homme retourne s’asseoir en gardant tout de même un œil sur elle, mais de loin… Au lieu de ses attentes, il l’aida à atteindre son but d’une façon incongrue venant de cet être. Alors que la Kunoichi avait prévu d’être avec un geôlier d’une froideur rigide, prisonnière dans une atmosphère exécrable… Cet enténébré était il aussi austère qu’il paraissait, où cachait il un cœur tendre ? C’était inconcevable aux yeux de la Shinobi de Kumo. Mais comment être sûr ? Après tout, elle ne le connaissait pas… Au moins, la pensée qu’il aurait pu assassiner cet être devenu fantôme dans son esprit s’éloignait, la rendant plus confiante. Il ne lui ferait rien… Au contraire, il semblait la protéger tout en gardant une distance. Paraissait elle fragile à ce point ?

Ses pensées ne l’empêchèrent cependant pas de rougir lorsqu’il l’aida, la jeune femme n’ayant plus vraiment l’habitude des marques d’affection, la mettant terriblement mal à l’aise. De plus, désormais en plus de pouvoir remarquer ses fins tremblements dévoilant un état de faiblesse plutôt conséquent, il pouvait sentir ses moindres soubresauts, la rendant d’autant plus gênée. Le comble du médecin ne pouvoir se soigner soi même. Ayuna ne pouvait que supporter son réveil mouvementé sans aucune forme d’échappatoire. Elle savait qu’elle pouvait toujours le repousser prétextant une envie de le faire seule, toutefois, la Kunoichi savait que cela ne ferait que lui nuire, et la faire perdre d’avantage de force pour une simple fierté qu‘elle perdra en s‘effondrant quelques minutes plus tard. La jeune femme ne voulait pas prendre le risque. Cependant, elle prit bien garde à ne pas s’appuyer sur son gardien, malgré cette envie irrationnelle d’aller dans ses bras et oublier tout ce qui pouvait l’entourer, avoir l’impression que tout était simple dans ce monde. Une douce tentation qui s‘offrait à elle sur un plateau d‘argent, mais cette dernière ne devait pas croquer dans cette pomme rouge, sa dignité devait passer bien avant. Et quand bien même, Ayuna ne connaissait pas cet homme, et il arrivait à la surprendre… les hauteurs vertigineuses avaient faillit lui coûter la vie par cet être hautain, maintenant il la soutenait… C’en était à ne plus rien comprendre pour un esprit tourmenté par la fatigue, noyé dans un brouillard de fièvre.

Lui prévenant qu’ils ne resteraient pas longtemps contempler ces flocons se déposer délicatement sur le sol, Ayuna ne fit qu’acquiescer, affichant un mince sourire à l’idée qu’elle pourrait bientôt toucher la douceur de ce tapis immaculé, malgré le ton plus que ferme de son interlocuteur. Le chemin lui semblait interminable, sa lenteur en était devenue agaçante. Cependant, elle y arriva malgré la protestation de ses muscles ankylosés après sa courte perte de conscience. Un doux sourire ornant ses traits fins, la jeune femme contempla le paysage d’un air serein, le regard perdu dans le lointain de telle façon qu’elle donnait l’impression de contempler quelque chose qu’elle seule pouvait voir. Le temps coulait le long de ses doigts comme de l’eau qu’elle essayait de retenir envers et contre tout. Mais tout avait une fin, les liens se brisaient comme un fétu de paille, les personnes prenaient des chemins différents sans vraiment le vouloir. Tout le monde changeait même si cela était imperceptible… L’être humain n’était qu’un flocon ballotté au gré du vent.

Revenant sur terre, Ayuna se tourna lentement vers Erayn un léger et apaisant sourire aux lèvres, se dégageant doucement de l’étreinte salutaire qu’il lui avait présenté pour arriver jusqu‘au balcon. Sa dernière intention était de le vexer et ne le connaissait pas suffisamment pour savoir si c’était une personne susceptible ou non. Néanmoins, elle espérait que son sourire lui ferait comprendre qu’elle avait simplement envie de se tenir debout toute seule sans avoir besoin d’assistance malgré ses difficultés chroniques. Tendant une main pour y recueillir une de ces nitescences éphémères, ces dernières fondirent instantanément dans sa paume encore brûlante, comme le reste de son corps, vestige de sa fièvre durant son sommeil. La jeune femme hésita à sortir, sa tenue légère composée seulement d’un haut sans manche et d’un sous vêtement masculin, n’était pas réellement adapté pour ce genre de temps froid. Cependant, la curiosité était bien trop grande, après tout, elle n’aurait peut être plus l’occasion par la suite de sentir la neige de déposer délicatement sur sa chevelure ébène. Posant lentement un pied dehors, le léger bruit mat et à la fois doux la surprit légèrement, bien qu’elle n’en montra rien. La seconde chose que ses sens lui firent ressentir furent ces eaux glacées coulant le long de ses pieds nus. Son sourire s’élargi, rajeunissant son visage de façon surprenante et lui donnant l‘innocence d‘une délicate fleur qu‘il fallait prendre soin. Ayuna se tourna légèrement vers lui, il était sans doute le seul à avoir contemplé un sourire aussi franc depuis la mort d’Argo. Lui-même avait été le dernier, depuis la jeune femme n’avait pas eu le cœur de sourire de nouveau pour qui que ce soit... Cet homme lui donnait il un second souffle de vie, malgré l’austérité et l’aura de ténèbre qu’il dégageait immanquablement ? La Kunoichi n’aurait su le dire, c’était trop récent, trop brusque pour qu’elle puisse réellement s’en soucier maintenant, de plus, rien ne lui disait que ce n’était pas la neige, découverte infantile qui la faisait sourire ainsi, rendant une légère étincelle de vie à ses prunelles noires ébènes.
Au milieu du balcon, la Shinobi de Kumo tourna sur elle-même, mais sans cette grâce digne des femmes, mais plutôt maladresse dû à la difficulté de tenir sur ses deux jambes, la faisant légèrement glisser sur le verglas, toutefois, elle réussit à se rattraper de justesse sans que son geôlier puisse intervenir. Cette perte momentanée d’équilibre la fit rire… Un rire reflétant l’innocence et la spontanéité, deux traits de caractères qui semblaient avoir disparut de la vie de cet homme pourtant bien jeune. Pourquoi s’en souciait elle ? Ayuna ne le connaissait pas et il l’avait agressé dans les montagnes de Kiri, certes, elle s’était rapprochée dangereusement du village, cependant la jeune femme ne s’était pas rendue réellement compte d’être aussi proche.

Néanmoins, le froid ne lui permit pas d’aller plus loin. En effet, ces flocons s’étaient insinués sous ses vêtements bien trop grands pour elle, la laissant frissonnante malgré la chaleur qu’elle dégageait, nonobstant la Kunoichi affaiblie continuait à afficher cette même expression innocente, et heureuse. Grâce à une simple poudreuse… Ayuna ressemblait plus que jamais à une enfant dans un monde sauvage et impitoyable. S’approchant lentement d’Erayn, la jeune femme avait étrangement une démarche plus assurée malgré qu’elle gardait ce même rythme. Le regardant dans les yeux, la jeune femme lui souriait étrangement, posant sa tête et ses mains lentement sur torse tout en fermant les yeux, frissonnante de froid, alors qu’il y avait quelques minutes la chaleur avait envahit son corps, un contraste qui fit sourire la demoiselle au cœur tendre. Cette dernière n’attendait aucune étreinte en retour, et préférait ne rien espérer venant de cette personne. Il était trop mystérieux, et semblait posséder une double facette dont Ayuna devait découvrir l’une à la suite de l’autre. Cependant, en cet instant plus rien ne semblait avoir réellement d’importance à ses yeux. Elle n’était qu’une simple adolescente de 17 ans, fragile et malade. Son statut de Prisonnière et de Kunoichi momentanément oublié...

-Merci…

Un simple mot murmuré perdu dans cette étendue d’un blanc pur et vierge de toute trace mise à part les siennes. Un remerciement pour lui avoir fait découvrir cette couverture opale… Un remerciement pour avoir fait renaître un véritable sourire… Un remerciement pour lui avoir montré qu’il lui restait encore énormément pour elle à découvrir… Grelottante, la douce se demanda vaguement s’il ne valait mieux pas retourner à l’intérieur, toutefois, Ayuna n’osait pas bouger et ne savait pas vraiment pourquoi. Peut être sa présence, elle préférait patienter d’entendre sa voix impassible et loin d’être agréable à l’oreille lui dire ce qu‘elle devait faire. Peut être qu’en définitive, la demoiselle attendait une quelconque forme d’affection de sa part. Pourquoi lui ? Sûrement parce que c’était un Hyuuga, et qu’Argo en était un, ce physique qui lui ressemblait… Comment passer à côté ?…

-J’ai dû vous causez du soucis par rapport à votre village… J’en suis désolée si c’est le cas…
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MessageSujet: Re: Les passions de l'âme |PV Erayn|   Ven 10 Sep 2010, 00:14

Citation :

°¤ Evaluation ¤°

¤ Ayuna =) Un très joli topic. On remarque une différence de style et de tonalité entre les deux premiers posts et les deux derniers. Plus fluide et bien plus légère, c'est toujours très reposant à lire. Tu es comme cette brise hivernale, une nuit, au printemps ¤ à méditer [ >> ]

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MessageSujet: Re: Les passions de l'âme |PV Erayn|   

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Les passions de l'âme |PV Erayn|

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