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 Le meilleur des Mondes [PV Mata]

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Takeo Kikuta
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MessageSujet: Le meilleur des Mondes [PV Mata]   Lun 15 Sep 2008, 00:09

L'amour, c'est comme un mal de dents.
Quand on s'occupe le corps et l'esprit, on n'y pense pas, on ne souffre pas.
Mais il suffit d'une simple remarque, d'une simple déviance, pour que la douleur revienne au galop.

Une pluie fine et froide s'était abattue depuis le matin sur Kumo no kuni. C'était le genre de pluies perfides et sournoises qui se laissait facilement porter par le vent, passant outre les parapluies et les capuches, le genre de pluies peu bruyantes qu'on aime regarder par la fenêtre au chaud chez soi. L'air était pourtant chaud et les nuages bien sombres, laissant présager quelque chose de bien plus violent qui n'arrivait pas. C'était un petit orage du début de l'été, effrayant mais inoffensif.
Les rues du village étaient désertes: chacun s'était déjà trouvé un abris depuis longtemps. Ne parlons pas des terres aux alentours, où même les shinobi de garde étaient partis sous les larges branches des arbres pour se protéger. Pourtant il existait certaines personnes dans un état si lamentable, si délabré, que la sensation lourde et gelée de l'eau ne les affectait même plus.

Qu'il était insignifiant le Chef de l'Anbu de Kumo! Par ce temps il n'avait rien trouvé de mieux que de s'adosser à un rocher pour regarder fixement le ciel. Depuis longtemps déjà il n'y avait plus sur son corps une seule partie qui ne soit trempée. Malgré sa tenue sombre et ses protections, l'homme avait plus l'allure d'un clochard à la ramasse qu'autre chose. Cette impression était renforcée par les cheveux de neige du jeune homme, qui avaient viré au gris cendre et s'étaient collés à son visage au contact des gouttes. Les deux jarres se saké vides qui gisaient à côté de lui mettaient un point final à l'image du pauvre homme en perdition.

La journée n'avait pourtant pas si mal démarré. En se levant aux aurores Takeo avait pu voir les nuages noirs s'avancer au loin et, comme chaque jour d'orage depuis un mois, il prenait sa journée sans prévenir. Les hommes du QG s'y étaient de toute manière habitué et personne ne lui en voudrait. Ca avait des avantages d'être son propre chef.
Depuis son enfance le petit Vampire aimait se balader seul sous la pluie, les jours d'orage. Jamais il n'avait eu d'accidents. Jamais on ne l'avait grondé. Seuls la foudre et le tonnerre lui criaient dessus lorsqu'il s'enfuyait pour ses escapades. Sauf que depuis ces petits jeux avec la nature, Takeo avait bien changé. Il avait perdu des choses, et en avait trouvé d'autres. A présent, s'il sortait les jours orageux, c'était pour d'autres raisons. Il devait améliorer sa propre foudre. Le chakra converti en électricité était une chose, la véritable colère divine en était une autre. Takeo pouvait la provoquer, la mimer, la copier, la tromper, mais pas la plier à sa volonté, la faire sienne. S'il sortait chaque jour d'orage ces derniers temps, c'était pour défier la foudre et la contrôler. Sauf que la foudre est une amie bien lunatique...

Ce jour-là il s'était posté derrière ce rocher, dos à la pierre et au chemin étroit qui montait jusque là. Ce jour-là ses espoirs avaient été déçus, son amie n'était pas venue au rendez-vous. Mais plutôt que de rebrousser chemin il était resté là à fixer le ciel noir de ses pupilles écarlates, absent. Le saké l'avait réchauffé un minimum, mais s'était vite épuisé. le Vampire avait envoyé "quelqu'un" lui en chercher, mais avec cette gamine imprévisible il ne fallait pas se faire trop d'espoir. L'alcool avait eu pour effet de le plonger dans une sorte de brouillard où se mêlait le monde réel et celui de ses pensées, et, perdu, il avait ouvert la mauvaise porte de son subconscient.
Depuis quand venait-il ici? Pourquoi cherchait-il à améliorer son Raiton alors qu'il se savait déjà au plus haut niveau? C'était depuis cet orage-là, où il avait croisé plus fort que lui. Depuis qu'il avait compris que malgré tout ce qu'il pouvait faire dans un combat, il lui manquait quelque chose. Depuis qu'il avait lui-même déclenché la colère du ciel au bord des falaises et que ça n'avait pas suffit à faire disparaitre cette ombre. Depuis qu'il l'avait revu, et laissé repartir sans pouvoir la rattraper.

Le mal était fait. Bientôt d'autres souvenirs doux et douloureux à la fois lui revinrent.
Un jeu innocent au bord d'une mare. Un regard perdu dans un bar. Une surprise. Un cadeau.
Comme à chaque fois que Takeo n'avait rien à faire, rien à penser, son esprit était attiré par l'image de Mata, comme un moustique par la lumière d'une lampe. Peut-être l'image qu'il avait d'elle n'était qu'une illusion. Peut-être ne savait-elle même pas qui il était, ignorante du Rêve mortel dans lequel lui et d'autres s'étaient retrouvés piégés sans le savoir. Mais malgré cela, il ne pouvait s'empêcher de chérir ces quelques bribes d'affection qu'elle lui avait implanté, et qui petit à petit s'étaient étendue jusqu'à briser les barrière qu'il avait lui-même dressé autour de son coeur. Comment pouvait-il oublier ce qu'il lui devait? Ce qu'il ressentait? Ce qui presque tout les soirs lui faisaient serrer ses draps en imaginant que c'était elle? Et si la Mata de la réalité était différente de celle du Rêve? Où devaient aller ces sentiments? Vers celle du Rêve? Celle de la réalité? Quelqu'un d'autre qui sauraient les réveiller une nouvelle fois? Le shinobi disait toujours qu'il fallait trouver nos propres réponses aux questions existentielles, mais cette fois il n'avait aucune réponse. Et à présent que Mata était partie sans dire mot, ce jour-là, il doutait de ne jamais en avoir.
De toutes les douleurs qui peuvent accabler un homme, il n'en existe surement pas de plus pitoyable, de plus cruelle et de plus insupportable que celle de ne pouvoir poser les yeux sur la personne aimée.

Pour la première fois depuis plusieurs dizaines de minutes, Takeo retourna dans la réalité. Une goutte venait de lui rentrer dans l'oeil. Sa main gantée se leva pour aller frotter la paupière fermée, sans conviction aucune, puis lorsqu'il pu rouvrir le yeux il fixa les nuages, encore, toujours, insensible à la pluie et au froid qu'il l'envahissait. De là où il était, les nuages semblaient si proches. La main toujours levée du Vampire se tendit vers le ciel sombre, ouverte, puis se referma sur le vide, pour attraper les nuages, pour les déchirer, les énerver, faire venir cette foudre qu'il attendait et qui ne venait pas, pour les écarter, les ouvrir, et voir le soleil qui devait se cacher derrière, avec les réponses à toutes ses questions. Son soleil à lui.

La main retomba. Un soupir passa les lèvres closes. Il n'était que midi et le ciel d'orage n'était ici que mauvais présage.


Dernière édition par Takeo Kikuta le Mer 19 Nov 2008, 00:49, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Le meilleur des Mondes [PV Mata]   Sam 20 Sep 2008, 20:09

Parce qu’Arane venait de s’éclipser et que le soleil l’avait suivis dans sa fuite. Parce que les nuages au lieu de se disperser venaient d’apparaître comme la laine d’un mouton noir et le temps pourtant ne devenait pas plus froid. Parce que sortant de chez elle Mata arrivait pour venir dire… Adieu.
D’ailleurs pourquoi cette expression ? Cela voulait-il dire qu’elle s’en remettait à Dieu tout en quittant le village de sa vie ? Et si elle ne croyait en rien alors elle s’en remettait justement à rien ?

Mata, joli jouet de la fortune et de ce qui fit la conscience de l’Homme, la raison poussée à un seuil étrange pour le reste de l’humanité qui ne prenait plus aucun sens lorsqu’on s’offrait d’expliquer l’esprit de la jeune femme. Pas de fatalité, pas de destiné juste une raison déséquilibrée la poussant vers le précipices, vers le trou béant de la mort. Cette dernière ouvrant pleinement ses mâchoires pourries espérant quérir dans sa bouche putrides ce corps et cet être si beau et libertin. Figeant par la mort sa beauté pour que personne jamais ne se souvienne de ce qu’il aurait pu advenir de sa jeunesse…

~~

Marchant ainsi, le pas léger, vers ce qu’on appelait à Kumo le paratonnerre. En effet quelle autre vue ne serait-elle plus magnifique que celle de ce pic, dominant tout le village pour offrir un panorama sur chacune des maisons et boutiques. La pluie perlait sur sa peau encore une fois peu couverte, une simple robe lui arrivant jusqu’au genoux noire cette fois-ci. Habillée pour l’occasion dirons-nous. Faire le deuil c’était bien pour cela qu’elle avait décidé de partir non ? Tout abandonner pour finalement tout recommencer.
Mais comment réagirait certain du village ? Si elle n’avait pas la bénédiction de sa Raikage en partant pour toujours elle se proclamerait ouvertement ennemi publique, déserteur du village caché des nuages pour une cause inconnue, un abandon pur et simple de ses fonctions, de son grade et tout cela pour rien. Pourtant personne ici ne retenait son esprit, personne ne la touchait assez pour par une simple parole elle se mette à douter de ses intentions, de ses véritables envies, de son désir, de la fuite qu’elle organisait afin d’offrir un repos mérité ou tout du moins c’est l’impression qu’elle avait.

Village de malheurs et de mauvais souvenirs. Village en perdition et nihiliste.

Pour une fois le vent n’accompagnait pas l’eau se jetant comme suicidaire des nuages pour venir s’écraser contre le sol et se mêler aux flaques qui se dessinaient doucement au sol. Des ballerines noires au pied elle mit délicatement le bout de son pied vers l’une de ses dernières, se préparant comme un jésus à marcher sur l’eau pour que finalement l’on ne crie pas au miracle car ici cela semblait banal, alors dans ce monde sans miracle que faisait-elle, jolie poupée à la peau ivoirine et aux cheveux d’océan pacifique, à marcher sur l’eau. Etait-ce la dernière qu’elle foulait de ses pieds la terre de sa naissance ? Que la réponse fut oui ou non, elle ne semblait en tout cas pas d’une importance capitale puisque entre ses fines lèvres s’échappa une phrase douce et légère.

« Tu ne me manqueras pas. »

S’agenouillant près du sol sans pourtant déposer un genoux à terre Mata déposa sa main sur le sol, la pluie froide ne semblait par pour autant venir refroidir la chaleur de la terre et elle esquissa un tendre sourire. Alors que les gouttes s’éclatant sur sa chair avec avidité arrivait à la geler jusqu’aux os. Etait-ce pour la punir d’ainsi venir abandonner cette terre si chaude de vie et de mémoire ou pour lui intimer de fuir, de disparaître au plus vite.

Se relevant la jeune femme remonta encore d’avantage vers le paratonnerre. L’eau ruisselant sur son visage comme une fine cascade, ses cheveux collant son dos, sa robe devenant lourde et suivant chacune des courbes de son corps elle était là dégoulinante de pluie comme une enfant perdue qui attend qu’on lui offre du secours, observant l’air vague et blasé devant elle. Mais ce qui captait l’attention de notre jeune juunin n’était pas l’étendu du village. Elle pouvait voir une silhouette qui se dessinait à une bonne dizaine de mettre de sa personne.
Elle plongea ses belles prunelles d’écorces dans celles qu’il lui offrait sans égoïsme. Elle observait ses cheveux blancs si particulier, cette écharpe rouge et ces habits qu’elle connaissait sans vraiment les connaître. Elle se souvenait de la douceur de cette peau sans y avoir toucher, de la dureté de ces gestes sans les avoir subis. Voici que l’anbu d’un de ses rêves venait de faire apparition semant de nouveau le trouble dans son esprit qu’elle avait jusque là cru bien ordonné. Pourquoi fallait-il que maintenant qu’elle s’était décidé il lui arrive devant elle sans qu’un nuage ne vienne perturber cette rencontre. Elle entendrait sa voix qui lui serrait directement adresser maintenant, il en profiterait sûrement pour s’approcher.

Le cœur de la jeune femme cogna violemment dans sa poitrine, ses yeux s’ouvrant avec violence. Une image collant alors à sa rétine avec dureté, bougeant même pour lui faire découvrir l’affreux spectacle de sa propre mort… elle se souvenait très bien de ses rêves qui n’était pas comme les autres, une rêve dans lequel elle n’avait pas la même vie… et dans lequel la kunoichi avait appris ce qu voulait dire le bonheur mais aussi dans lequel elle avait connu une chose affreuse.
Ce fut comme si la douleur de ce dernier instant, avant qu’elle ne s’éveille, refaisait surface. Comme si son cœur ne brûlait plus d’amour mais de mort. L’horrible sensation d’un sang chaud qui coule sur un corps froid, d’une vie qui s’échappe et d’une mort qui s’installe à sa place…

Tombant à terre à genoux, ses mains se déposant devant elle. Mata se remit à tousser comme lorsqu’elle était aux falaises, comme lorsqu’elle avait revu son amant meurtrier… sauf qu’aujourd’hui personne ne serait là pour l’emmener loin ou les surveiller. Alors inconsciemment elle se mit à craindre pour sa vie, allait-il… Elle secoua vivement son visage, elle n’était pas décidée à s’en remettre à ses émotions, elle partait pour justement les abandonner alors aujourd’hui commençait son sevrage, elle ne flancherait pas comme une simple enfant.
Attrapant ses cheveux qui s’éparpillaient devant elle, Mata les enroula et les jeta derrière son dos, se releva et s’approchant de cet homme d’un pas lent se calma de part sa volonté, arrêtant sa toux mais pas pour autant les pulsations de son cœur qui étaient là pour tout lui rappeler… Encore une fois cette image et elle tressailli légèrement s’arrêtant pour lui faire face à un ou deux mètres…
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Takeo Kikuta
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MessageSujet: Re: Le meilleur des Mondes [PV Mata]   Mar 23 Sep 2008, 00:07

Sans fin, les nuages noirs et épais se mouvaient de manière subtile pour que l'on ne puisse les suivre du regard. Les nuages ne sont jamais rien de plus que des nuages à nos yeux... Mais pour l'esprit engourdi du Vampire ils étaient devenus voile. Un voile qui le séparait de sa vérité, de cette lumière que tous recherchaient en soi sans pourtant la trouver. Mais cette immensité sombre restait impénétrable, et aucune accalmie ne se présentait à l'horizon. Que lui manquait-il? Que devait-il faire ou trouver pour faire apparaitre une éclaircie?
Takeo devait se rendre à l'évidence, lui il ne savait que provoquer les orages. Il ne pouvait aucunement les dissiper.

Cherchant à s’occuper l’esprit, les yeux paresseux du Vampire se portèrent sur les montagnes aux alentours. Beaucoup de légendes parcouraient le pays de la foudre… La princesses des neiges qui guidaient les vagabonds dans les tempêtes, le Dieu de la foudre qui vivaient au sommet du plus haut pic, les renards qui prenaient forme humaine pour se jouer des hommes, les tengus qui détruisaient des falaises sur leurs passage… Au fond, un Vampire perdu avait parfaitement sa place au milieu de tous ces mythes de la nuit. Peut-être devrait-il rester ici et ne plus bouger pour finalement ne faire plus qu’un avec le rocher sur lequel il s’adossait. Qui s'inquiéterait pour lui s’il agissait ainsi de toute manière ? Sa mère ? Isamu ? Ses Anbu ? Kazumi ? Les Cobras ? …

Les yeux d'un rouge sang du jeune homme finirent par se fermer sur cette conclusion désespérante et ces questions sans réponses. Les pensées de Takeo filèrent et disparurent... Elles avaient trouvé une brèche pas laquelle s'échapper de la bouilloire qu'était devenue sa tête. Le ciel orageux avait maintenant envahi son esprit, prenant toute la place disponible jusqu’à pousser à l'asphyxie. La lassitude et la fatigue commençaient enfin à le rattraper. Son corps se figeait petit à petit de cette position assise, glacé intérieurement comme extérieurement. Son coeur lui-même semblait être devenu iceberg et répandait ce froid doux et perfide à travers son corps. C'était la mort, ou plutôt un avant-gout. C'était le moment où l'on abandonne, où l'on arrête de lutter contre le courant et qu'on se laisse emporter, épuisé, vaincu.
Pour le Vampire la journée était terminée.

Sauf qu'il y eut une petite vague, une onde faible, noyée dans la masse. Un tout petit bruit, indéfinissable dans la chute continuelle de la pluie sur ce sol déjà boueux. Sans doute Takeo n'y aurait-il même pas prêté attention en temps normal, mais maintenant qu’il était assis là depuis plusieurs heures à écouter les sons noyés de la montagne, la moindre petite perturbation lui était à présent perceptible. Et là il entendait nettement des pas légers, presque fantomatiques, qui gravissaient lentement le sentier vers le Paratonnerre. Avec un tel poids plume, il devait s'agir de la gamine qui revenait avec ce qu'il lui avait demandé. L'instant de sortir de sa torpeur arrivait donc. Peut-être quelques gorgées de saké parviendraient à réchauffer son corps. Mais son coeur, lui...
Takeo rouvrit ses paupières et tourna faiblement la tête pour observer le débouché du sentier. Sauf qu'au lieu d'une gamine aux cheveux noirs en bataille avec un parapluie, il eu droit à une toute autre vision.

Pour la première fois depuis qu'il était là, Takeo sentit le froid le transpercer de part en part, mettant à mal le peu de chaleur qui restait dans son corps. Rien à avoir avec le froid fourbe et lent qui l'avait assailli un peu plus tôt, cette fois c'était de véritables pics de glace qui s'étaient fichés en lui. Les yeux à présent grand ouverts et incapables de croire ce qu'ils voyaient, le Vampire dévisageait avec difficulté la femme qui se tenait devant lui. Comme toute droite sortie de son inconscient, Elle était là, trempée, le regardant comme lui la regardait, sans comprendre comment leurs pas avaient pu les conduire à cette impossible rencontre. Sous ces torrents qui s’abattaient, elle était l'esprit perdu d'une femme noyée, errant à la recherche de celui qui l'avait poussé dans les flots... Lui.

Vision effroyable et terrifiante, sortie de son terrible Cauchemar.
Mais pourtant vision brulante parvenant à raviver une flamme malmenée par des gouttes d’eau.

Comme pris de fièvre par cette chaleur inconnue et inconsistante qui l'envahissait, le corps de Takeo se mit à trembler, réalisant pour la première fois à quel point son corps était gelé. Pris par un affreux mal de tête, le Ketsuki porta se main au front en grimaçant alors qu’Elle s’effondrait à genoux en toussant. C'était comme à la Falaise, exactement pareil... Quelle ombre devrait-il aujourd’hui affronter pour la voir ? Pour l’approcher ? Les membres tremblants, Takeo se releva péniblement, en s'adossant au rocher. L'eau qui imbibait ses vêtements pesait comme des pierres sur son corps et ne facilitait pas la tâche de ses muscles gelés. Il était comme un malade qui dans l'urgence cherchait à se lever de son lit. Faible comme un nouveau né, mais pourtant porté par des ailes. Les ailes de la peur. La peur qui donne des ailes.
Son regard embué restait fixé sur les yeux d’un brun si clair de Mata. Incapable de s’en détacher, il ne pouvait que l’observer se rapprocher, pas à pas, debout et terrible, venue ici pour le juger avec ces yeux impitoyables… C'était pas possible. Il l'avait cherché pendant des jours, et finalement elle se pointait maintenant, là, juste quand il désespérait de la retrouver... C'était dur à accepter. Trop dur.
L’histoire des renards lui revint alors à l’esprit. Toutes ces montagnes n’étaient-elles pas sensées être leur terrain de jeu ? L’endroit où ils lisaient au plus profond du cœur des hommes et changeaient d’apparence pour se jouer d’eux ? Le Vampire était donc devenu la victime d’une de ces créatures ? Il ne lui manquait plus que ça. Même les renards cherchaient à lui mettre sous les yeux ses faiblesses et ses souffrances… Avait-il été si mauvais que ça pour mériter un tel traitement ? Pas de son point de vue…


« C’est ressemblant, renard… »

La voix de Takeo avait passée ses lèvres, faible et saccadée sous l’effet de cet irrépressible frisson qui le tenait corps et âme. Il ne pensait plus, ne réfléchissait plus… Le visage à présent placide, il était convaincu que celle qui se trouvait devant lui n’était qu’une illusion, un châtiment pour le punir de tout ce temps qu’il passait à se lamenter sans trouver de solution. Sans nul doute les deux jarres de saké vides à ses pieds n’étaient pas étrangères à cet état…
Questions, regrets, désespoir, abandon, alcool, volonté et imagination. Mauvais mélange pour mauvais résultat.

Vacillant, le Ketsuki fit un premier pas vers la forme enveloppée de noir de la jeune femme. Un second le suivit, avec une lenteur exaspérante. Le cœur de jeune homme, un peu plus tôt silencieux, se remettait à battre, plus fort à chaque pas. Les quelques mètres qui les séparaient furent bien trop vite réduits à quelque dizaines de centimètres. Là Takeo ne put que lui offrir un regard rubis où toute crainte et gène avait disparue pour faire place à une douleur profonde et étouffée, à d'infinis regrets qui refaisaient surface maintenant que ce visage si doux et enfantin était de nouveau si proche du sien. Cette blessure qu’il devait cacher aux yeux de tous, surtout à ceux de cette amante rêvée, devant une illusion il pouvait la montrer. Cette blessure qui avait teinté ses yeux noirs de cette couleur sang, ce jour de Cauchemar où il avait commis l’impardonnable…


« Très ressemblant… »

Alors que ce soupir rêveur franchissait ses lèvres sèches, la main gantée de noir du Vampire s’éleva doucement pour se tendre vers le visage si pâle de ce fantôme. Convaincu qu’elle s’évanouirait dans les airs dés le premier contact, le geste se prolongea indéfiniment, jusqu’à ce que le fantôme s’échappe, ou que le bout des doigts meurtriers vienne effleurer cette peau victime.
Une nouvelle fois.
Pour la première fois.

Corps désespéré, à l’âme muselée par un esprit blessé.
Corps abandonné, à l’esprit disparu et à l’âme perdue.
Cœurs séparés, égarés dans leurs propres ombres.
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MessageSujet: Re: Le meilleur des Mondes [PV Mata]   Mer 24 Sep 2008, 21:50

Ses deux belles prunelles brunes se braquaient sur les iris rougeoyant du jeune homme, se laissant porter par la puissance mélodramatique de ces yeux sans même pouvoir s’en détacher. Elle pouvait y lire de la douleur, de la tristesse. Etait-ce elle qui provoquait ces vives émotions à en ruiner le cœur ? Il se rapprocha d’elle alors que son corps se couvrait d’un frisson d’effroi le souvenir de ses mains parcourant son corps avec volupté… puis de une autre image, plus de tendresse et de caresses, de la violence, du sang, de la haine et pour elle un sentiment inexplicable venant ébranler son cœur.
Il était un amant mais aussi une mort pour la jeune Mata.

Elle ne l’écoutait que d’une oreille, se doutant bien par la façon dont il l’observait que le jeune anbu ne pensait pas avoir à faire à la véritable Mata Hari de son rêve. D’une certaine manière ce n’était pas faux puisqu’elle partirait bientôt lorsqu’elle aurait finalement dis adieu et que le ciel finirait par cesser de pleurer son départ par des larmes froides de nuages.
Un renard ? Elle l’observa avec d’avantage d’intensité remarquant le voile sur les beaux rubis du shinobis, il ne la voyait donc qu’en mirage ? Pourtant il porta sa main jusqu’au visage de la jeune femme. Ses yeux prirent une expression qui intimait qu’elle était sur le qui vive prête à se défendre. Finalement le jeune Takeo était le seul à lui faire peur, dans un songe il avait été capable de toucher son cœur aussi bien psychiquement que physiquement.

Encore une fois le battement de son cœur se brutalisa, cognant dans sa poitrine d’un Po-pom violent… il avançait sa main vers son visage…

Mata aurait pu être tenter de l’en empêcher, de s’éloigner afin de ne pas être toucher par les doigts qui arrivaient près de sa joue. Elle put d’abord sentir le contact du gant. Froid. Mouillé. Doux… tout comme son geste, tout comme sa tendre caresse. Elle aurait presque pu croire qu’il la touchait comme s’il s’agissait d’une œuvre d’art aussi facilement brisée que le sable du sol se fait balayer par la bourrasque du ciel.
Ses paupières se fermèrent tandis qu’elle profitait de cette effleurement son même plus se soucier de qui la lui prodiguait, il y avait bien trop de délicatesse dans ce geste pour qu’elle se laisse étroitement guider par sa peur, elle se laissait tout simplement bercer sans même plus bouger.

Le ciel continuait de pleurer encore plus intensément sur les deux jeunes gens comme s’il pleurait de nouveau mais plus pour un départ cette fois-ci pour des retrouvailles, mais d’une durée succincte. Mata ne s’éterniserait pas ici, elle ne devait pas. Ses belles prunelles offrant de nouveau la splendeur de ses iris comme joyaux d’apparat elle fit un charmant à sourire à son ancien anbu, son ancien amant. Sa voix prenant une sorte de demi-mesure dans son ton entre la douceur et la volupté.

« Je ne suis pas un renard. »


Ce ne fut presque qu’un murmure s’échappant de ses lèvres si savoureuse, un sourire tendre et peut être même amusé par le fait qu’il la dénomme ainsi. La jeune femme déposa sa main sur celle de Takeo qui avait rejoint sa joue. C’était étrange qu’il la touche ainsi. C’était étrange d’entendre sa voix rien que pour elle. C’était étrange de le voir sans son masque.
Un nouveau sursaut de son cœur lui fit lâcher un soupir comme si le poids d’une chose encore inconnu s’échappait de sa gorge par un dernier souffle, se libérant pour finalement mourir dans l’air.
Elle attrapa la main du jeune homme dans ses deux paumes, l’ôtant de sa joue pour finalement retirer le gant noir qui cachait la chair de Takeo. Doigts par doigts elle fit finement glisser le gant pour le laisser tomber sur le sol sans s’en soucier plus que cela, tenant la main si grande par rapport à la sienne dans ses deux paumes ne lui offrant pas de chaleur mais plutôt la fraîcheur de sa peau. Ses mains étaient gelées comme toujours et alors que son regard c’était figé sur leurs mains elle le releva vers lui avec tendresse.

« Tu sais ce qu’on dit ? On dit que les mains froides sont le symptôme d’un cœur aimant, en proie à une passion. Mais l’on a oublié le sens de ce mot… et c’est ma passion qui offre la douceur du froid à mes mains car dans mes veines coule le sang d’une vie tourmentée et soumise, passive… »

Elle s’approcha alors de lui, relâchant sa main pour déposer ses paumes sur son buste. Mata se mit alors sur la pointe des pieds pour finalement arriver au visage du jeune homme. Ses lèvres se déposant sur sa joue gauche pour lui offrir un douce bise. Le vent balayant ses cheveux trempés tandis que sa bouche venait offrir un certaine chaleur à la peau de son visage. La jeune kunoichi se remit droite, quittant donc sa joue pour lui offrir la douceur de ses traits se laissant submerger par le flot de la pluie sur sa frimousse angélique, pouponne, désirable…

« Je vais partir Takeo… »
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MessageSujet: Re: Le meilleur des Mondes [PV Mata]   Lun 29 Sep 2008, 23:17

La pluie sur sa peau, il ne la sentait plus. Le froid dans sa chair, il ne le ressentait plus. Tout ce qui faisait son monde à présent, c'étaient ces yeux bruns rivés vers les siens.
Incapable de s'en détacher, Takeo ne pouvait que s'y perdre et plonger dans des souvenirs à l'étrange gout doux-amer. Encore une fois son corps était traversé par ces émotions inconnues qu'il avait découvertes dans ce Rêve. Joie, désir, amour, désespoir, frustration, remords... Tout cela en même temps… On dit que les monstres sont dénués de sentiments, mais ne sont-ils pas au contraire ceux qui en éprouvent le plus? Trop? La tempête incontrôlable des émotions est-elle alors ce qui fait l'humain? Ou ce qui fait l'inhumain?
Devant ce grand vide que sont les fenêtres de l'âme, le Vampire avait l'impression de se retrouver une nouvelle fois au bord des falaises de Kumo, ce jour d’orage, lorsque perdu dans la tourmente il avait fait un pas de trop, et chuté dans les abysses.

La main couverte de noir finit par toucher cette peau si blanche. A peine surpris de ne pas voir cette image disparaitre, Takeo fit remonter ses doigts jusqu'à l'oreille de la chimère, avec une infinie tendresse. La renarde semblait avoir été sur le qui-vive lorsqu'il s'était approché, mais à présent se laissait approcher, comme un animal intrigué et séduit par la caresse qu'on lui offrait. Alors que son pouce effleurait tendrement ce glabre si doux, le cœur du Vampire saignait, posé sur un doux coussin de ronces nommées amertume.
Les yeux de la renarde se rouvrirent avec un étrange éclat dans les yeux, un éclat encore inconnu à Takeo. Mais cette voix, elle, ne l'était que trop. Il l'avait entendu dans ses rêves et ses cauchemars, susurrer, murmurer, rire et crier... Cette voix adorable qui cette fois lui disait ce qu'il n'avait osé imaginer. Les renards, ils ne prenaient que l'apparence, pas la voix, preuve suprême démontrant qu'il ne pouvait qu'imiter, et non devenir l'homme. Et cette fois...
Les yeux rubis s'agrandirent de stupéfaction et leurs pupilles se rétrécirent. Une pensée, une seule, parvint à se faire entendre parmi toutes celles qui se bousculaient en lui, abasourdis. C'était bien elle.

Bien vite, la peur et l'affolement vinrent remplacer toute la douleur qui avait pu être visible dans son regard. Que devait-il faire? Lui parler, s'expliquer, s'excuser, avouer, raconter, aimer... Il ne voulait pas. Il ne pouvait pas. Takeo aurait volontiers préféré disparaitre, mourir, se retrouver à nouveau enfermé dans le monde de douleur dans lequel il avait été plongé que de devoir affronter cette mine adorable et aimée à qui il avait fait tant de mal. La petite main de Mata entra en contact avec la sienne. Doucement, tendrement, elle la sépara de son visage pour la mettre entre eux et entreprendre de lui retirer son gant, lentement. Pétrifié, le Ketsuki ne tenta rien pour lui résister. A présent son cœur semblait se tordre dans son torse, en battant un rythme effréné, comme atteint par le brusque besoin de s’arracher à ce corps pour fuir le plus loin possible, ou s’envoler dans le ciel... A nouveau il tremblait, et le sang lui montait au visage. S'il n'y avait eu cette blessure trop récente en lui, sans doute n'aurait-il pu résister à l'envie de la prendre contre lui pour la sentir bien là, avec lui. Mais il ne pouvait pas. Il ne pouvait plus. Il en avait perdu le droit.
La main à nue et serrée entre les siennes, le jeune homme regarda cet entrecroisement de chair et de sang qui les reliaient l'un à l'autre, mais sans pourtant percer le mur invisible les séparaient l'un de l'autre. Sa main se referma pour serrer celle de la jeune femme. Pour paroles, il lui donnait ce simple geste. Pour confession, il lui offrait un regard douloureux. Pour amour, il lui prodiguait cette simple étreinte.
Un rien qui veut tout dire.

Ses mains étaient gelées. Les siennes aussi. Elle le regardait avec tendresse, et lui ne savait comment réagir. Il s’était juré de ne plus jamais se retrouver impuissant, mais les paroles ne sont que des paroles, les actes sont autre chose. Sa voix mielleuse vint à nouveau s’offrir à ses oreilles, mais la douceur de ce ton contrastait avec ses paroles effrayantes. C’étaient des médicaments amers enrobés d’une trop fine couche de sucre. Des médicaments qui n’avaient aucun effet salvateur sur son corps.
Parlait-elle d’une passion brulante et dévorante ? Comme celle que le Juunin ressentait pour elle ? Ou pensait-elle à la souffrance qui compose cette passion ? Devait-il y comprendre qu’ils souffraient du même type de blessure ? Ou bien qu’elles n’avaient aucune comparaison possible ? Devait-il la croire lorsqu’elle se disait tourmentée, elle, adulée et aimée de tous, elle qui avait ce que lui rêvait d’avoir ? Etait-il la cause de cette souffrance ? Lui qui désirait de toute son âme des réponses, il ne trouvait que d’autres questions. Mais plutôt que de se perdre dans ses doutes, Takeo resta quelques secondes à réfléchir sur ces derniers mots.
"Tourmenté","soumis", "passif" ...
Toutes les caractéristiques d’une douleur que lui-même un mois plus tôt ne parvenait pas à chasser…

Les mains de Mata vinrent se poser sur son buste alors qu’elle approchait son visage du sien. Ses lèvres se posèrent sur sa peau froide et trempée. Les entrailles du Vampire semblaient l’avoir abandonné. Un étrange soubresaut agita son ventre alors que, n’y tenant plus, il refermait ses bras sur la taille de cette apparition plus réelle que nature.


« Alors ce n’est pas une vie… Ce n’est qu’une existence fantomatique dans laquelle tu ne peux ni avancer, ni reculer tant que tu n’en trouves pas la volonté… Une existence morte valant tout juste la peine d’être vécue et conduisant à une inévitable désillusion… »

Takeo ne savait rien de ce qui avait pu pousser la jeune femme qu’il avait connue si pleine de vie à prononcer les mots qui avaient été les siens. Il ignorait même si ce qu’il disait pouvait s’appliquer à elle. Mais ses paroles avaient résonné dans son être, et réveillé un souvenir douloureux qui leur avait fait écho. Sans doute ce faible murmure à son oreille s’adressait plus à lui-même qu’à Mata.
« Ca sent le vécu », comme un garou mal éduqué aurait dit…

Mata s’écarta de lui. Incapable de la relâcher maintenant qu’il la sentait enfin prêt de lui, ses bras restèrent posés sur ses hanches, l’empêchant de mettre plus d’une trentaine de centimètres entre eux. Ca avait été court. Trop court. Loin de le satisfaire ou de le rassurer, cette bise n’avait eu d’autre effet que de le troubler un peu plus. Mais ce n’était rien par rapport à ce qui allait suivre.
Aimer c’est souffrir. Souffrir c’est partir.

Le caractère volage et libre de Mata était connu de tous dans Kumo, Takeo ne faisait pas exception. Lorsqu’elle partait, c’était quand elle voulait, du jour au lendemain, sans jamais prévenir personne. Mais toujours elle revenait avec son sourire. Si cette fois elle annonçait un départ, c’était qu’elle partait bien plus longtemps, bien moins innocemment, peut-être pour ne pas revenir.
Difficile de dire alors ce qui glaçait le plus Takeo. La pluie qui tombait depuis des heures sur ses épaules ? La présence tant redoutée de ce Rêve personnifié ? Ou la perspective de cette brusque séparation ? Sans doute était-ce l’action conjuguée des trois qui faisait apparaitre cet éclat de détresse dans les yeux rubis du Vampire.

Le regard trouble et avec un gout amer dans la bouche, la main droite du Vampire remonta le long de la robe noire trempée de Mata pour atteindre sa nuque. Amoureusement, sans vraiment y penser, guidé qu’il était par son instinct et ses désirs. Ses doigts dégantés passèrent dans ses cheveux cyans imbibés d’eau de pluie, pour se perdre parmi eux et retrouver la sensation de picotement si agréable dont il se rappelait avoir rêvé tant de nuit depuis celle-ci. La voix de Takeo était devenue plus clair, mais restait enrouée, donnant un ton malade à sa voix d’habitude dure et tranchante.


« … A cause de moi ? »

Give me my heart back…
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MessageSujet: Re: Le meilleur des Mondes [PV Mata]   Dim 16 Nov 2008, 21:54

Elle pouvait apercevoir la douleur qui se dessinait dans les yeux de son ancien amant. Lui un amant ? Elle n’était même pas sûre de qu’elle entendait par là. Se souvenant de sa peau, son souffle, sa voix, ses cheveux comme l’on peut entrevoir les souvenirs d’un amour passé mais puissant, assez fort pour imprégner jusqu’aux os les victimes de cette passion peut être trop brûlante.
Dans ses rêves elle se souvenait avoir été sienne, lui avoir offert l’oxygène qui lui avait permis de s’enflammer. Elle le vent qui attise les flammes et qui ne prend jamais garde aux conséquences que cela entraîne. Sentant ses bras qui épousaient les formes de son corps dans une dernière étreinte elle pouvait lire dans ses gestes une prière qui ne s’adressait qu’à elle, un « ne part pas » déguisé qui arrivait à atteindre son cœur si gelé par la torture de son âme.

L’écoutant sans vraiment garde à ses paroles ses beaux yeux de chérubins remontant du maelström scrutaient les siens rougeoyant encore des abysses dans lesquels ils étaient plongés depuis qu’ils s’étaient réveillés. Car la belle de Kumo avait beau faire semblant, renier ce qui finalement leurs étaient arrivés, elle se souvenait très bien de chacun des traits qui courraient sur le visage de l’anbu du village caché des nuages. D’ailleurs elle ne pouvait s’empêcher de finalement reposer ses mains fraîches et tendres sur le fascié de l’amant auquel elle fut le plus fidèle et qu’elle ne trompa pas. Mais ça n’avait été qu’un rêve après tout alors si cela c’était passé dans la réalité physique où ils se trouvaient maintenant peut être que tout n’aurait pas été aussi beau et enchanteur comme justement un conte de fée, un rêve… qui avait fini en l’un des pires cauchemars de sa vie.

Les paumes de la jeune femme se trouvaient sur les joues du shinobi, épousant les formes de son visage avec adresse et habitude, comme si finalement ce geste ne lui était pas plus étranger que cet homme qu’elle touchait avec autant d’intimité pour la première car avant cela ne comptait pas vraiment.
Ses belles prunelles brunes observant le mouvement de ses lèvres, analysant avec intérêt les dernières paroles que prononçait cette bouche et qui portaient tellement de douleur que les yeux de la jeune juunin s’humidifièrent sans que pourtant on ne puisse vraiment distinguer ce changement dans ses iris puisque la pluie venait le dissimuler comme il fallait.

Mata resta muette à cette question. Elle ne savait même pas si elle partait pour lui ou pour Elle ou pour les souvenirs, pour tout… Elle ne se souvenait même plus des raisons qui la poussait à ainsi fuir son village natal ; oui Elle était morte ici mais elle, en tant que kunoichi de Kumo pouvait encore vivre pour Elle dans ce même village… non ?
Ses yeux se fermèrent, elle lâcha un léger soupir alors que des larmes perlaient de ses yeux pour venir se mêler à la pluie sur ses joues comme si de rien n’était. Elle n’avait pas mal, ni à son âme, ni au cœur, ni dans son corps ; la jeune femme se sentait juste à présent totalement perdue comme dépassée par les évènements, repensant aux derniers moments qu’elle avait passé avec cet Arane elle écouta de nouveau la voix du jeune homme qui lui avait intimé de réfléchir à cette décision qui finalement avec un peu de recul se trouvait être plutôt arbitraire.

Rouvrant ses paupières pour offrir de nouveau le plaisir d’observer ses iris si particuliers qui avaient su venir à bout de nombreux cœurs, elle ne les braqua pas pour autant dans ceux de son interlocuteur. Se mettant sur la pointe des pieds, ses mains toujours sur les joues de Takeo elle opposa sa bouche au front du jeune homme, lui offrant un baiser muet mais chaud en douceur et tendresse, lui révélant ainsi l’affection qu’elle lui portait toujours même si elle ne laissait rien paraître.
Un sourire sur ses lèvres féminines et attirantes, une voix qui ne perd jamais de son ton si mielleux et savoureux, c’était cela même que représentait Mata, toujours égale à elle-même sans jamais ou presque sourciller de douleur ou de peine.

« Je devrais partir pour toi tu crois ? »

Ses mains fixent sur le visage du jeune homme descendirent légèrement afin d’encadrer son cou, passant derrière sa nuque elle l’attira avec une force inquiétante vers lui. Ses lèvres se déposèrent alors avec fougue et puissance sur les siennes pour lui offrir un baiser violent et aimant comme il ne les avait jamais connus chez elle qui portait la marque de la douceur mais qui finalement pouvait aussi se teinter de brutalité.
Humant l’odeur du shinobi sans relâcher ses lèvres, les écrasant contre les siennes sans pour autant coller son corps au sien comme pour garder une certaine limite entre elle et le vampire de Kumo. Un long, douloureux et savoureux baiser qui n’avait plus envie de se stopper si ce n’est dans le temps. Et une flamme qui se rallume dans son être alors qu’une phrase se laisse porter à son esprit en silence.

* tu m’as manqué…*
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MessageSujet: Re: Le meilleur des Mondes [PV Mata]   Mar 25 Nov 2008, 22:03

Quel était cet éclat triste qu'il voyait dans ses yeux? Etait-ce une brèche dans sa coquille, laissait voir cette fois seulement ce qu'elle ressentait vraiment? Ou bien était-ce ses propres démons qu'il voyait se refléter dans ces attendrissants miroirs? Peut-être était-ce la même chose... Il ne savait pas. Takeo ne savait plus ce qui était à lui, ce qui était à Elle... Il ne savait plus quoi penser, il ne savait plus quoi ressentir. Dans ces moments où souvenirs, désirs, décisions et sentiments se mêlent tous, que peut-on faire d'autre que se laisser porter jusqu'à ce que la tempête se calme? Jusqu'à ce qu'elle nous emmène là où elle doit nous emmener, vers l'aboutissement?
Tant de troubles pour un simple visage, pour ce simple regard. Qu'était-elle pour le mettre dans un tel état? L'Anbu lui-même n'était pas sur de le savoir. Qu'était-elle? Elle était femme, comme tant d'autres ici-bas. Mais avec quelque chose qui la rendait différente. Un quelque chose qui l'avait vaincu et conquis petit à petit, pour finir par faire d'elle quelqu'un d'unique et d'irremplaçable, quelqu'un qui ferait à jamais partie de lui. Qui était-elle pour lui? Mata. Tout simplement. Et parce qu'elle était Mata, Takeo devait prendre une décision.

Le Vampire sentit une légère vague lui traverser le visage lorsque les mains de la jeune femme l'entourèrent. Avec cette vague apaisante, tiède, venant à la fois de lui et de ces mains, il aurait pu s'endormir sur le champ, comme un petit enfant dans les bras de sa mère. Mais les grands yeux qui fixaient les siens étaient là pour le maintenir dans cette réalité froide et humide. Ces yeux où tout pouvait se lire étaient beaux, douloureux et effrayants. Ces yeux-là, Takeo les voyait pour la première fois et pourtant, comme ils étaient les siens, il les aimait déjà. Les paupières de la Juunin mirent pourtant fin à cet échange de regard, peut-être parce qu'il en dévoilait trop. Les larmes qui s'échappèrent de ces yeux clos se noyèrent bien vite dans la masse de la pluie, mais elles ne pouvaient échapper au regard attentif d'un cœur amoureux. A cause de lui? Peut-être. Takeo ne savait pas le pourquoi de cette douleur chez Mata, mais le simple fait de la voir suffisait à le faire souffrir, lui aussi. Si en effet sa vue lui faisait mal jusqu'aux larmes, il valait mieux qu'elle parte. Car lui il ne pouvait pas empêcher l'eau de tomber.
Mata ne tarda pas à rouvrir ses iris, mais fuit son regard couleur rubis, comme apeurée par ce qu'il évoquait. Le Vampire ne résista aucunement lorsque son visage se rapprocha du sien, il n'aurait de toute manière pas pu. Le contact de ces douces lèvres sur son front lui réchauffa un instant le corps entier, et son âme tout autant. Mais passé ce premier sentiment rassurant, les doutes revenaient, avec les peurs qu'ils engendraient. Car il fallait bien le dire, ce baiser ressemblait trop à un baiser d'adieu et le laissait avec un trop mauvais pressentiment.

Un sourire se forma ensuite sur ces tendres lèvres. Mais curieusement ce sourire semblait faussé après ce regard et ces larmes, il semblait être là pour rassurer et sauver les apparences. Mais sa réponse fut bien plus inquiétante.
Mata aurait put répondre oui ou non. Mais c'était par une autre question qu'elle lui avait répondu. Et lorsque l'on répond par une question, c'est que l’on n’a pas de réponse à donner, et que l'on s'est perdu. Ou que la réponse et si évidente, si idiote, que l'on ne la voit même pas. Ou les deux à la fois.
Et Takeo ne pouvait pas l'y aider.
Takeo ne connaissait sans doute pas grand chose à toutes les douleurs qui la vie recélait, et il n'était surement pas le mieux placer pour donner des conseils, mais ces derniers mois lui avaient enseigné nombre de petites choses qui avaient fini par former un grand tout. La plus importante, c'était que seuls les plaies que l'on montrait à l'extérieur pouvaient être consolées et soignées par les autres, et que celles que l'on gardait à l'intérieur de soi ne pouvaient être guéris que par soi-même. Cette leçon, c'était trois petites lumières venues le trouver dans les ombres de son cœur qui la lui avaient enseigné. Aujourd'hui, à travers le flot des souvenirs et sentiments qui s'agitaient en lui, Takeo revoyait ce tout qu'il avait acquis par lui-même, et, pour la première fois depuis le début de cette journée, il reprenait confiance. C'était le même sentiment que lorsque l'on se retourne après avoir marché à travers une forêt dense. Et Takeo avait beaucoup marché.

Brusquement, arrachant le jeune homme à sa réflexion avec une force surprenante, Mata lui fit pencher la tête pour faire siennes ses lèvres sans douceur mais plutôt avec la violence de la passion. Perdant complètement le fil de ses pensées, Takeo s'oublia pour profiter pleinement de cet instant qui n'était rien qu'à eux. Comme deux petits papillons, leurs lèvres s'effleurèrent plusieurs fois, de plus en plus fort. L'un et l'autre s'entre-dévoraient avec passion sans pouvoir rien y faire. Comme la première fois, Mata ne montra aucune répugnance envers ces dents qui en écœuraient plus d'un et, comme la première fois, il se laissa vaincre et emporter par cette jeune femme emplie de contradictions.
Peut-être était-ce ce baiser, peut-être étaient-ce ses résolutions... Toujours est-il qu'à cet instant, Takeo comprit, et prit sa décision.
Malmenée par la pluie, la flamme en lui venait de voir passer la tempête, et brûlait à présent de plus belle.
Le Vampire sépara doucement ses lèvres de celles de Mata sans pour autant s'en éloigner pour lui offrir, étonnant de sa part, un sourire dévoilant ses dents en croissant de lune. Pas un sourire heureux ou comblé comme d'autres savaient si bien le faire, mais un sourire bien à lui, confiant et amusé. Dans ses yeux, quelque chose aussi avait changé. Malgré la pluie et le ciel sombre, le voile qui voilait ses yeux de sang était tombé, et ils brillaient à présent comme deux soleils. Son nez longea sa joue pour venir se frotter tendrement contre son oreille, tout en humant ce parfum si particulier qu'il connaissait si bien tout en le sentant pour la première fois. Tout bas, mêlé au bruit des gouttes de pluies, il murmura quelques mots.


« Ce n'est pas à moi de répondre à cette question... »

Devait-elle partir à cause lui? Devait-elle rester pour lui? La seule qui pouvait affirmer l'un ou l'autre c'était elle, lui demander son avis ou ce qu'il pensait ne changerait rien à part l'embrouiller un peu plus en ajoutant ses sentiments à tous ceux qui étaient déjà en elles. Ce n'était pas la chose à faire, Takeo ne le savait que trop bien.
Les deux mains qui enserraient le corps de la jeune femme s'en détachèrent pour aller saisir celles de la jeune femme. Le Vampire les amena devant son visage en les serrant dans les siennes et posa ses lèvres contre ces adorables doigts. Mais son regard, lui, ne quittait plus les yeux de son aimée. Ce regard, il l'avait fait droit et pénétrant, tout autre que ceux qu'elle avait connue jusque là. Plus mature, plus éveillé. Oui, il avait beaucoup marché...
Son cœur se mit à battre plus fort alors que, la bouche toujours pressée contre ses mains, il exprimait l'inexprimable.


« Mais... Si tu choisis de rester, je serai avec toi. Si tu choisis de partir, je te poursuivrai. Si tu choisis de te cacher, je te trouverai. Parce que... »

Parce que...? Avait-il vraiment besoin de lui redire ces mots? De lui dire ce qu'elle savait déjà? Takeo ne préférait pas, car au fond elle n'avait qu'à se poser la question pour trouver la réponse. Ou, plus simplement, à lui faire confiance.
Pendant un instant, avec ironie, l'Anbu se demanda si Mata allait reconnaitre cet autre lui qui, au fond, était son "vrai" lui. Car, au fond, ce qu'il était à présent était l'aboutissement de ce qu'elle avait éveillé dans ce Rêve et qui, petit à petit, en rêve comme dans la réalité, avait grandit pour atteindre un entier accomplissement sous l'action conjuguée de ses souvenirs, et des personnes qu'il avait rencontré. Et ce n'était que ce jour-là qu'il s'en rendait compte, mais quel moment aurait put être plus parfait après tout?
Alors oui, ce jour-là Takeo était heureux. Son cœur était plein de cette joie pure et simple que l'on éprouve en regardant un feu d'artifice. Un grand feu multicolore. C'était simple et bête, mais vrai. Peut-être pouvait-on appeler cela une apothéose, mais cela aurait été donné bien trop d'importance aux joies d'un seul et simple être humain. Disons alors simplement qu'il s'agissait là de la pleine lune de Takeo, et que plus jamais il ne pourra être aussi brillant.
Avec a nouveau ce sourire confiant sur le visage, le shinobi vint chercher un autre baiser sur les lèvres de Mata, puis un second, pas vraiment violemment, ni vraiment tendrement, comme une invitation subtile à un jeu bien connu. Relâchant les douces mains qu'il serrait toujours, il l'entoura à nouveau de ses bras pour la serrer contre lui, avec le désir inavoué et réduire à néant cette distance, ce mur, qui les séparaient l'un de l'autre. Longuement, sans expliquer d'aucune manière ce brusque changement d'attitude, il chercha par un simple baiser à lui transmettre tout ce qu'il ressentait, tout ce qu'il voulait lui dire, lui ouvrant pour ainsi dire son cœur et mettant toute son âme dans ses lèvres.
Pourtant ce fut lui même qui rompit ce contact passionné pour plonger une nouvelle fois ses yeux couleur rubis dans les siens, pénétrants et rassurants à la fois. Sans guère éloigner leurs visages de plus d'un centimètre, ce fut avec une voix chaude et assurée qu'il s'adressa à elle.


« Dis-moi plutôt, Mata Hari, si tu crois que tu pourrais rester pour moi. »

Cette simple phrase avait été prononcée avec délice, comme si le simple fait de prononcer son nom devant elle avait suffit à le ravir. La question n'était pourtant pas anodine... Mais quelle qu'elle soit, le Vampire se sentait prêt à l'accepter. Si elle était négative, cela ne ferait après tout qu'un regret de plus dans sa vie avec lequel il devrait vivre. Mais il n'en garderait que les bons souvenirs. C'était sa décision.
Mais bien sur, il gardait l'espoir de compter assez dans la balance pour la faire rester. Car, ainsi, il pourrait rester à ses côtés pour peut-être jouer le rôle déclencheur chez elle qu'elle avait joué pour lui. Même si c'était un Rêve...
Car les rêves n'existent-ils pas, en fin de compte, pour qu'on cherche à les réaliser?
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MessageSujet: Re: Le meilleur des Mondes [PV Mata]   Lun 08 Déc 2008, 01:00

La jeune femme se laissait aller dans les bras de son ancien amant, déposant la paume de sa main au niveau du carré de sa mâchoire tandis qu'il relâchait tendrement ses mains. Appréciant le baiser qu'il lui rendait elle n'en tirait pour autant pas toute la puissance dont il avait un jour été capable de lui montrer. C'était comme si son rêve prenait pied en réalité à cet instant et que comme tous les songes il se révélait beaucoup moins féérique, avec une amplitude de plaisir inférieur à ce qu'elle avait imaginé jusque là. Néanmoins il ne laissait pas pour autant son coeur dans un étroit cocon d'où il n'était pas capable de battre et de reconnaitre la douce mélodie de son double tout près de lui. Oui, la jeune femme pouvait entendre le rythme régulier du muscle cardiaque de Takeo qui s'emballait doucement. Elle pouvait même ressentir la joie qui s'emparait de lui, ces joues qu'elle caressait de ses doigts toujours aussi froids sur lesquels il avait déposé ces lèvres comme un prétendant au titre de son coeur.

C'était d'ailleurs bien ce qu'il était mais malheureusement pour l'anbu, choisir Mata n'avait été la meilleur idée qu'il eut pris dans sa vie. Femme volage au multiple amant qui se déposait d'un homme à un autre comme un papillon se nourrit du pollen des fleurs. Effectivement la jeune juunin était ainsi, un beau papillon qui savait faire tourner la tête des hommes, les rendre avide ce qu'elle leur arrachait sans même qu'ils ne s'en rendant compte.

Elle appréciait encore les délectable baisers sur ses lèvres, savourant le goût de cette salive qu'elle prenait en bouche pour la première fois. Alors finalement c'était cela l'homme de ses rêves? Elle ne lui trouvait pas de goût si particulier et pourtant n'aurait pour rien au monde arrêter cette enlacée de langue charnelle. Car même s'il n'était pas celui qu'elle avait cru être dans ses rêves, il restait quelque chose d'inébranlable comme le souvenir d'un amour sans bornes. Un amour auquel elle ne semblait plus pouvoir goûter, qui avait disparu aussitôt qu'elle avait réouvert le yeux dans la réalité de ce monde que formait à présent son village et qu'elle doutait de déserter en ces instants. Lui aussi doux et charmant avec elle qui lui témoignant autant d'amour, chose qu'elle ne pourrait jamais lui rendre car elle en était dépourvu véritablement.
La jeune femme avait tout simplement rêver qu'elle était en mesure d'aimer... le coup n'était pas si dur à encaisser que cela puisque pour regretter ce que l'on ne peut avoir il faut déjà y avoir goûter et s'en souvenir comme il se doit. Malheureusement ou plutôt bien heureusement pour la jeune femme elle ne se souvenait plus qu'elle avait réussi à faire preuve d'une affection démesurée pour une personne.

Elle n'arrivait pas à comprendre ce qui pouvait bien se passer dans l'esprit de cet homme pour qu'il se comporte avec autant de tendresse à son égard, oui elle se souvenait de ce rêve qu'elle avait partagé en sa compagnie mais était-il seulement assez fort pour que lui, l'un des anbus les plus puissants de son village lui témoigne autant d'intérêt. Elle ne comprenait pas vraiment, se serait presque sentie gênée si elle n'avait pas perdu cette faculté trop proche des émotions humaines qu'elle avait rejetés lorsqu'elle s'était enfermée dans son doux cocon de solitude et lui il ne parvenait pas par la délicatesse de ses mots rien qu'à effleurer cet habile dôme de protection qu'elle avait construit autour de son être.

Elle l'écoutant et comprenait qu'il serait bientôt difficile de lui dire non, car rien qu'en voyant ce qui s'annonçait dans ses yeux plein d'espoir elle prenait même pas peur à ce qu'elle allait contempler dans quelques instants. Mais qui pouvait-elle?
Son petit coeur lui fit comprendre qu'elle allait avoir mal sitôt que les mots sortiraient de sa bouche...

" Je... "

Non finalement elle ne pouvait pas, ou plutôt ne voulait pas. Le doute qui s'installait dans son esprit était étrange, tellement inhabituel pour la jeune femme qu'elle en perdait de vu les objectifs qui l'avaient convenus à partir de Kumo. Elle baissa la tête vers le sol, reculant d'un pas afin d'échapper à l'étreinte chaude de cet amant. Secouant son beau visage de droite à gauche comme pour ôter la pluie qui dégoulinait de ses cheveux bleus aux reflets charmants sur la peau de son faciès tellement angélique. Elle s'entoura de ses bras, elle ne voulait plus parler de ça, c'était réveiller des choses étranges dont elle n'avait pas l'habitude et dont elle ne voulait pas l'avoir. Le temps où elle avait connu les émotions aussi banales des humains était révolu, elle ne souhaitait pas y revenir. Une nouvelle couche venait de se coller sur la première. Le renferment de la jeune femme enchainant encore plus son corps à l'aspect si fragile qui en réalité se révélait être d'une force surprenant afin de résister à de pareil assauts venant tout droit d'elle-même.

Relevant la tête elle ne regardait plus les pupilles de sang de Takeo et de sa voix si mielleuse et tendre s'échappèrent des mots qui même s'ils ne se voulaient pas blessant, étaient d'une rudesse qui ne ressemblait que trop peu à la jeune femme.

" Tu espères trop de chose de moi Kikuta-san. "
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MessageSujet: Re: Le meilleur des Mondes [PV Mata]   Mar 09 Déc 2008, 23:28

Une seconde passa, puis deux, puis trois, et ainsi de suite. Des secondes qui semblèrent n'être qu'une dans un instant où le temps s'arrêtait. Les gouttes elles-mêmes s'étaient presque tues en ce point culminant de Kumo où ce jouait l’un des dernier acte d’une pièce inconnue de tous. Lui avait déjà dit ce qu'il avait sur le cœur et avait déjà fait son choix. C'était à présent à son tour de faire de même, de décider si elle emprunterait le même chemin que lui, ou s'en détournerait.
Qu’est-ce qui fait un moment de vérité ?
La jonction entre passé, présent et futur.
Les yeux rubis du Vampire observaient, emplis de ses espoirs refoulés si longtemps. Ils observaient ce visage qui hésitait, penchait d'un côté, puis de l'autre. Anxieux, l'Anbu attendait un verdict qui au final risquait autant de le renvoyer dans ses propres ténèbres que de l'en détacher définitivement.

Tout d'abord ce furent ses yeux bruns qui se dérobèrent aux siens, puis son corps entier de ses bras. Le pincement au cœur qui saisit alors Takeo lui laissa présager le pire. Mata était en train de marquer la distance entre eux, de redresser un mur qui s'était effrité un instant. Il le savait, il le sentait, mais il ne comprenait pas ses raisons. Ce qu'il comprit bien, trop bien en comparaison, ce furent ces paroles d'apparence anodine qu'elle lui offrit en réponse, sans même lever les yeux vers les siens.
Kikuta... C'était la première fois qu'elle l'appelait ainsi. Même inconnu dans le Rêve, elle l'avait toujours appelé par son prénom. Ainsi, elle lui refusait désormais la simple douceur d'entendre son prénom dit avec sa voix, et brisait ou du moins entamait sérieusement le lien qui les unissait, elle et lui.
Etait-ce lui qui espérait trop?
Etait-ce elle qui n'espérait pas assez?
Sans qu'il puisse rien y faire, malgré les résolutions qu'il avait prises, Takeo ne put empêcher la froide robe appelée chagrin de le recouvrir. Ses lèvres se serrèrent pour résister à cet intense gout amer qui envahissait à présent sa bouche, sans doute amené par la boule qui était apparue dans sa gorge. Ses entrailles se tordaient comme atteints d'un brusque accès de maladie. Sans même s'en rendre compte, le shinobi avait tendu sa main dégantée vers elle, faiblement, presque imperceptiblement. Puis cette main s'était refermée sur le vide, encore une fois, impuissante, incapable de disperser les ombres devant elle. Inconsciemment, c'était tout son corps qui hurlait un dernier "non" de regrets et de douleurs pour tenter inutilement de la retenir. Sa respiration s'était arrêté, alors que le temps, lui, reprenait son court. Là où se trouvait un peu plus tôt son cœur, le Vampire ne sentait plus que le vide.
Poussant une expiration interminable, ce fut au tour de Takeo de détourner son visage du sien. Le levant vers le ciel, il observa une nouvelle fois cette étendue sombre et mouvante, noire et insaisissable. Il ne parvenait toujours pas à voir au travers. Ses yeux se fermèrent, gonflés, et laissèrent s'échapper dans la pluie quelques gouttes de plus, invisibles.

« ... C’est vraiment ce que tu veux? »

Ses mots étaient enroués, à l'image de ce qu'il ressentait en lui. Cette douleur née des éclats de ses espoirs brisés, plantés en lui. Pourquoi lui témoigner son affection de cette manière, si c'était pour ensuite le faire s’effondrer de la sorte? Avait-elle pensé à cela? S'en souciait-elle seulement? Préparait-elle cette réponse depuis plusieurs minutes? Jours? Mois? Si c'était le cas, elle n'en avait pas l'air. Mata doutait, l'évitait, fuyait... Cherchant à perdre sa propre douleur, sans même songer qu'elle provoquait celle des autres.
Mais le plus douloureux dans tout cela, c’était que Mata se refusait à être claire et nette. Encore une fois, Takeo n'avait qu'une réponse vague, dite en détournant le regard, qui brisait ses espoirs sans pour autant les balayer. Une fois, rien qu'une fois, le Vampire aurait tout donné pour recevoir une réponse franche, dite droit dans les yeux, avec force.
Force que lui-même ne semblait pas posséder...

--------------------------------------------


Bientôt, un fredonnement vint se mêler au chant de la pluie. Se répandant partout autour, on ne pouvait en déterminer la source exacte. L'air était simple et enfantin, si simple que n’importe qui semblait le connaitre, réveil d’anciens souvenirs oubliés. On pouvait le prendre pour un simple murmure du vent, mais quelque chose dans le rythme le rendait tout à fait humain. Humain ? Pas exactement.
Le fredonnement fut bien vite accompagné d'un bruit de pas dans des flaques d'eau, et le bruit de pas fut suivit par l'image brouillée d'une enfant aux allures de fantôme. Habillée d'un haut blanc agrémenté d'un simple ruban rouge, d'une courte jupe noire, de ses bas et de chaussures noires, la gamine ressemblait en effet à un esprit irréel. Encore plus si on lui ajoutait ses cheveux en bataille et ses yeux d'un jaune malsain. Abritée sous son parapluie, deux petites jarres de saké sous le bras, elle observait d'un air moqueur l'Anbu qui lui faisait office de maitre pour le moment.

« Eh bien! Tu as trouvé un autre moyen de te réchauffer? »

« Road... »

Oh là... Takeo n'avait pas l'air dans son assiette. Enfin, encore plus que lorsqu'elle l'avait quitté, ce qui n’était alors déjà pas beau à voir. Que s’était-il passé entre temps ? L'invocation sous Henge ne savait que penser de la situation présente. La fille lui était inconnue, mais semblait quelque peu déboussolée. Quant à Takeo il semblait être perdu à mi-chemin de la colère et du désespoir. La pauvre petite s'était-elle fait agresser par un élan sauvage du Vampire à moitié saoul? Peut-être. Ce garçon était un Kikuta après tout. Le viol, il avait presque ça dans les gènes quand on connaissait les origines de son clan...

« Moi je m'en fiche hein... Mais c'est moi qui garde ton saké. »

Quoi de plus normal? Elle avait quand même descendue une montagne, défoncé la porte du vendeur qui était fermé et payé la boisson de môsieur (ainsi que la porte) avant de remonter tout ce qu'elle avait descendu. La Cobra avait bien droit à une petite récompense pendant que l'albinos s'amusait avec la jolie dame non? Ca le réchaufferait sans nul doute plus que tout le saké qu'elle pourrait lui apporter.
Road marcha tranquillement pour aller s'asseoir sur le rocher où Takeo était appuyé un peu plus tôt. Agitant les jambes de manière gamine, la petite laissa glisser ses yeux brillants sur la scène, dévorant littéralement ce qui se passait devant elle sans retenue aucune. Cependant elle se stoppa lorsqu'elle croisa le regard de sang de son invocateur. Oh non, elle n'aimait pas du tout ce regard. Ces yeux rouges lui rappelaient trop de souvenirs désagréables. Et ceux-là ne rigolaient pas.

« Road, donne moi ton parapluie. »

« ... Tu te sens bien? »

« T'es un animal à sang froid non? La pluie tu t'en fous. »

« Ca va pas non?! »

L'invocation regardait son invocateur, choquée, comme s'il venait de lui demander de s'arracher la tête. Quoi?! Lui donner son parapluie? Elle?! A lui!? Le saké avait-il frappé un peu trop fort dans sa petite tête de Kikuta? Son parapluie, même Tyki n'avait le droit de le prendre qu'exceptionnellement. Comment pouvait-il seulement penser qu'elle allait le laisser entre ses mains boueuses? Pendant un instant elle serra son parapluie contre elle comme s'il s'agissait du bien le plus précieux de ce monde, en foudroyant le shinobi du regard, mais dut petit à petit céder aux yeux rouges sang de Takeo. Foutu contrat qui la forçait à obéir à ce type. Quand aurait-il l'esprit de l'employer dans un vrai combat plutôt que pour faire la livreuse?!
Avec un soupir d'exaspération, Road sauta au pied du rocher et marcha d'un pas vif vers Takeo, mais le dépassa sans lui accorder un mot. Elle alla droit vers la jeune femme aux étranges cheveux cyans pour lui mettre de force le parapluie entre les mains avec un sourire amusé. Bien sur... Takeo ne demanderait jamais un parapluie pour lui, même s'il était bourré... Il était déjà suffisamment trempé pour que parapluie ou pas parapluie ne change rien à son état. Non... S'il voulait un parapluie, c'était pour cette femme qui, finalement, n’était peut-être pas qu’une inconnue perdue dans ce sommet rocheux.

Lorsqu'elle lui avait touché la main pour lui donner le parapluie, Road avait presque frissonné au contact de cette douceur étrange. De plus prêt, cette femme trempée avait une toute autre allure. Cette peau pâle et maladive couleur ivoire... L’invocation se surpris à s’imaginer reprendre sa véritable forme pour mordre dans cette tendre chaire de lait. Son nature perverse refaisait surface à cette simple proximité, lui mettant l’eau à la bouche. La femme semblait délicieuse... Au premier sans du terme.
Mais la Cobra se ravisa en sentait la présence menaçante de Takeo qui devait lui foudroyer le dos depuis un moment. Tant pis. Aujourd'hui elle allait renoncer à ce fruit juteux si tentant et se retirer. Car en restant... Elle ne répondait plus de rien, dans son cas comme pour celui de Takeo. Avec un dernier sourire mauvais vers la jeune femme, Road recula d'un simple bond en se tournant vers son contractant pour affronter ses yeux rouges une dernière fois.

« Amuse-toi bien... »

Et l'esprit farceur disparue d'un simple coup de vent, devenu fumée grise dispersée par la pluie...

--------------------------------------------

Cette gamine l’emmerdait, il n’y avait décidemment pas de meilleur mot.
Mais l’emmerdement peut parfois s’avérer extraordinairement salvateur…
Takeo, vidé, à bout, aurait put rester un long moment debout sous les gouttes impitoyables qui se déversaient, jusqu’à la mort, qui sait ? Mais L’arrivée de Road lui avait plus ou moins remis les idées en place, tellement le réflexe de la remettre à sa place dés qu’elle ouvrait la bouche s’était installé en lui. Un coup de fouet qui avait été efficace…
Le Vampire était malade. Il l’était depuis longtemps. Pourtant, il avait cru s’être débarrassé de ce fléau quelque instant plus tôt, mais cela n’avait été au final qu’une accalmie avant que tout reprenne de plus belle. Mais malgré ce corps malade, il avait des choses à faire. L’inactivité n’était pas un remède contre cette chose qui le rongeait. Le piège était de ne pas succomber à la tentation du laisser aller. Le shinobi devait avancer, même sans savoir où il allait.

Takeo garda les yeux fixés sur l’emplacement où Road s’était évaporé, puis finit par baisser les yeux vers ses pieds. Sans vraiment y réfléchir, il se baissa pour ramasser le gant que Mata avait retiré, mais ne le remis pas en place. Il se contenta de le serrer de sa main à l’air libre et de se redresser en évitant soigneusement de regarder dans la direction de la jeune femme. Il ne voulait pas tenter le diable, lire quoi que ce soit sur le visage de la kunoichi aurait put le faire s’effondrer définitivement. Alors, au risque de passer pour un égoïste qui ne ressentait même plus la souffrance de cette séparation, il ne pouvait croiser son regard. Se dirigeant à pas lourds vers le chemin de terre d’où était arrivé Road, il luttait contre cette envie de vomir qui l’assaillait, provoquée par un dégout de tout ce qu’il voyait.
A demi-tourné vers Mata, sans la regarder, il parla d’une voix claire mais pourtant dépourvue de l’essence qui était ordinairement la sienne, éteinte.

« Kazumi te cherche depuis plusieurs jours. Tu devrais aller la voir avant de partir… Ca pourrait être important… Si après tu veux toujours partir, je ne t’en empêcherai pas. »

Le Vampire ne se retourna pas. Il continua d’avancer dans le chemin glissant de pluie sans même vérifier si la jeune femme le suivait. Il ne devait pas se retourner, sous peine de perdre le dernier vestige d’âme qui lui restait. Il ne devait pas penser à elle, sous peine de s’enfermer à nouveau dans sa propre tête. Il devait marcher. Avancer. Vers le grand palais qui dominait tout Kumo.
Et s’il tombait, au moins, il n’aurait pas le temps de comprendre ce qui lui arrivait. Il mourrait surpris tout au plus.
Les éclaircies n’étaient décidément pas son truc…

Arrow Temple du Raikage, Bureau


Dernière édition par Takeo Kikuta le Mer 10 Déc 2008, 01:35, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Le meilleur des Mondes [PV Mata]   Mer 10 Déc 2008, 00:47




Elle était debout comme seule sous cette pluie battante tandis que son cœur apprenait que ses pulsations de ie pouvaient être d’une faiblesse sans pareil. Elle ne connaissait pas d’état similaire dans le passé qui lui était proche mais dans celui qui se voulait lointain c’était là une autre histoire tout comme une autre mélodie se jouerait à ses oreilles. Une sorte de tambour à la tonalité puissante et forte qui s’élève dans une faible cadence pour finalement s’éteindre derrière la puissance des gouttes à gouttes sur sa peau. Non bien, le muscle cardiaque de la jeune femme ne s’arrêtait mais la chaleur qu’il avait appris à dissimuler dans ses recoins s’évaporait, se sentant comme inutile dans ce corps inattentif à ce qu’il provoquait par des paroles, des gestes, à ces tourments qu’il savait semé mais pas récolter.
Solitude doucereuse dans laquelle elle se perdait. Elle ne prêta pas d’oreille attentive à la question que lui posa Takeo comme une dernière complainte, une dernière supplication d’où se mesurait l’espoir d’une réponse négative qu’elle n’apporta pas puisqu’elle ne daigna même pas lui donner quelques mots salvateurs. Elle le plongeait de nouveau dans un doute anxieux dont elle se fichait. N’avait-il d’ailleurs pas parler assez fort pour qu’elle réagisse ainsi ? Ou alors s’était-elle immobilisée dans son esprit ? Mettre pause dans sa vie, ne plus prendre en compte le temps qui entoure pour se consacrer à son propre à temps, sa propre perception du présent.

Tout d’abord elle ne semblait pas prompte à sortir de sa léthargie. Ce n’est qu’en entendant arriver une nouvelle présence à l’aura inhumaine que ses iris laissèrent de nouveau la lumière les pénétrer, de nouveau ils réagissaient comme ressuscités par le semblant d’enfant qui se tenait dans son dos, elle avait déduit ainsi à cause de la voix plutôt fluette qui s’était élevée dans son dos. Ses prunelles s’agitant légèrement, observant Takeo avec violence presque car finalement elle savait ce que son regard pouvait provoquer chez le jeune homme et ne semblait nullement s’en soucier à présent. Il souffrait ? Peut être, peut être pas, elle en tout cas n’avait plus conscience de ces futilités humaines qu’étaient les émotions.
Un bref échange entre eux qui la laissa de marbre jusqu’à ce que l’enfant à la peau brune ne vienne lui mettre le parapluie entre les mains avec une certaine brutalité qui certes provoqua un certain mécontentement chez la jeune femme mais qui ne prit pas pour autant la peine de lui faire savoir par les mains. Leurs regards se croisèrent, l’un au sourire mauvais, l’autre celui de Mata intimait une toute autre vérité à savoir qu’elle n’aurait aucun remord à mettre à mord cet enfant inconnu après ce regard qui ne lui plaisait pas. Le jeune homme près d’elle devait y tenir de plus à cette étrange fillette aussi haute qu’elle mais à la nature totalement différente et pourtant malgré cela elle ne regretterait pas de vider ses viscères sur le sol afin de nourrir ses invocations.

La jeune juunin avait fait un petit pas de côté, prête comme un fauve meurtrier à sauter sur cette victime parfaite et pourtant sa frimousse si angélique et sereine ne symbolisait en rien son envie de meurtre tout à coup. Etait-ce à cause des derniers mots, des derniers gestes qu’elle venait de partager avec l’anbu qu’elle était aussi étrange ? Probablement.
Observant l’enfant partir de ses belles prunelles au couleur de l’écorce chaude des arbre, Mata serrait entre ses mains le parapluie que venait de lui confier la jeune fille. Peut-être avec un peu trop de force puisque les jointures de ses mains apparaissaient comme en flagrant délit, devenant les témoins d’une irritation qui pourtant n’avait pas lieu d’être.

Ses yeux se posèrent sur Takeo qui gardait pour lui ses iris de sang qu’elle avait aimé contempler un jour, lui avouant ainsi que Kazumi Inochi désirait la voir depuis quelques temps déjà. Très bien elle passerait par le Palais de son seigneur afin de lui offrir satisfaction et par la même occasion lui annoncerait son prochain départ probable et cela par pure et simple provocation.
Elle remarqua le pas qu’entamait déjà le jeune homme comme pour s’éloigner le plus rapidement possible d’elle maintenant qu’ils se retrouvaient de nouveau en face à face. Chose qu’elle n’appréciait que trop peu pour la supporter. Ne se souciant que trop peu de ce qu’elle allait provoquer comme réaction chez le jeune homme, elle le rattrapa en quelques enjambées vives. Sa main douce et froide comme le marbre venant se saisir de poignet libre qu’il n’avait pas encore couvert de son gant. Le faisant se retourner avec un délice dont elle n’avait pas confiance. Elle laissa couler entre ses mains le parapluie qui avait demandé pour Mata. Leur regard se croisant de nouveau il ne pouvait rien y déceler puisque rien n’y apparaissait, plus de douleur ou de bonheur, juste une profonde ataraxie.

Cependant elle pouvait lire dans cet esprit qu’elle venait de meurtrir et en lui mettant en main cet objet qui se voulait protecteur elle le laisserait sûrement dubitatif tandis qu’elle laissait ses pensées prononcer en son être les vicissitudes qui formaient son âme de par leurs changement instable de penser. * Ton cœur est malade, le miens mourrant. Tu as encore de l’espoir où te raccrocher. *

Sitôt que le parapluie quitta ses mains elle tourna le dos au shinobis d’un rêve éteint, lui offrant la contemplation de ses cheveux trempés tout en entamant le chemin vers le Palais de son Raikage. Affrontant la pluie comme si finalement elle ne représentait pas grand chose à ainsi venir s’éclater contre son corps à l’aspect si fragile. Elle se retourna quelques secondes pour croiser encore une fois le regard vermillon du jeune homme de Kumo.

« Je ne suis pas fidèle. Tu n’as pas à l’être. »

Elle se retourna. Son ton avait perdue de leur douceur sans pourtant être menaçant, ils coulaient toujours jusqu’au tympans avec plaisir grâce à leur intonation si particulière et mielleuse mais n’engageaient plus à la tendresse envers ceux à qui ils étaient destinés. Comme si finalement il n’était qu’un inconnu.
Elle était austère…

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MessageSujet: Re: Le meilleur des Mondes [PV Mata]   Ven 03 Sep 2010, 20:10

Citation :


°¤ Evaluation ¤°

Quand on vous lit, on oublie où nous sommes, on oublie qui nous sommes, on se laisse tout simplement porter par les flots styllistiques qui nourrissent vos RP. C'est comme si, assis au coin du feu, le lecteur posé sur un confortable fauteuil, un livre à la main, ouvert. C'est très reposant en tout cas, plein d'intensité et très bien écrit. Et on ne mentionnera pas quelques courageuses larmes chez le lecteur Razz / Je vais reposter une série de RP à lire, je rajouterai ce RP bien que lu plus de 345 fois, il mérite encore d'être lu.

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MessageSujet: Re: Le meilleur des Mondes [PV Mata]   

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Le meilleur des Mondes [PV Mata]

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